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Bonaparte
(Lucien), prince de Canino, né en 1775 à Ajaccio,
mort en 1840, vint en 1793 habiter la Provence avec sa famille, exilée
de Corse ,
et remplit d'abord des fonctions subalternes dans l'intendance militaire.
Nommé en 1791 membre du conseil des Cinq-Cents, il se fit remarquer
par son éloquence, et devint président de l'assemblée.
Il prépara avec son frère le renversement du Directoire,
et assura le succès du 18 brumaire. Napoléon,
devenu premier consul, l'appela au ministère de l'intérieur
(1799); mais, d'un caractère trop entier, Lucien ne tarda pas à
tomber en disgrâce. Il fut néanmoins envoyé comme ambassadeur
en Espagne
: il y fit prévaloir l'influence Française contre le parti
anglais, et regagna par là les bonnes grâces du premier consul;
mais, s'étant marié contre la volonté de son frère
(il avait épousé Mme Jouberthon, veuve d'un agent de change),
il fut de nouveau disgracié (1804).
Lucien Bonaparte se retira à Rome
auprès du pape Pie VII, dont il s'était concilié l'amitié
dès 1801 en soutenant le Concordat; puis se fixa près de
Viterbe, dans la terre de Canino, que le pape érigea pour, lui en
principauté; plus tard (1810), voulant éviter tout contact
avec Napoléon, il s'embarqua pour les
États-Unis ,
mais il fut pris en mer par les Anglais ,
qui le détinrent jusqu'en 1814. Pendant les Cent-Jours, il revint
en France
pour solliciter l'évacuation des États du Pape ,
que Murat avait envahis, et fut retenu par son frère. Il fut un
des premiers à proposer l'abdication de l'Empereur en faveur du
roi de Rome. Après le départ de Napoléon pour Sainte-Hélène ,
il retourna en Italie ,
où il vécut en simple particulier. Il cultivait les lettres
et composa deux poèmes épiques
: Charlemagne et la Cyrnéïde
ou la Corse sauvée. Il avait été admis à
l'institut dès 1803. Il fut un des, premiers protecteurs de Béranger. |
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