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Les
gens
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| Ménard
(Louis Nicolas). - Littérateur né à Paris La révolution de 1848 qui flattait
les idées philosophiques, républicaines et généreuses
de Louis Ménard l'arracha à ses études de science;
son ardent socialisme lui fit prendre une
part active au mouvement de 1848. Il publia en 1849, dans le Représentant
du peuple, une histoire des derniers événements, intitulée
: Prologue d'une révolution, où il flétrit
les fusillades de juin. Le livre fut poursuivi et l'auteur condamné
à quinze mois de prison et 10000 F d'amende. Pour échapper
à la condamnation, il s'était exilé à Londres
d'abord, puis à Bruxelles, et y vécut dans la société
des révolutionnaires internationaux qui s'y trouvaient réunis;
pour vivre, il écrivait dans quelques journaux des critiques de
théâtre et composait quelques tableaux. Revenu à Paris
en 1852, il dut renoncer à s'occuper des revendications républicaines
et se réfugia dans l'étude des civilisations antiques dont
il admirait profondément l'élévation artistique et
l'organisation sociale. Ami de Baudelaire,
de Leconte de Lisle, de Banville, il partageait leurs rêves de gloire;
ses vers, d'une langue moins riche et moins sonore que ceux de Leconte
de Lisle, sont empreints d'une force philosophique égale, et d'un
sens profond de l'Antiquité Dans son recueil de Poèmes
(1855), il y a de très belles pièces comme Cremutius Cordus,
comme Adrastée
Louis Ménard. Louis Ménard ne poursuivit malheureusement
pas avec méthode ses études des civilisations antiques et
après 1860 il cessa brusquement de s'en occuper pour se retirer
à Barbizon avec la colonie des peintres qui y vivaient alors. Pendant
dix ans, il s'occupa : ses tableaux, qui n'étaient pas sans valeur,
manquaient cependant de métier; il avait comme toujours des idées
originales, et il exposa, en particulier, une Centauresse qui fit
une certaine impression et fut reprise par Fromentin
dont le tableau eut un grand succès. On peut citer de lui : Compagnie
de cerfs (1864), Matinée d'automne (1864), Pâturage
en Normandie En 1870-1871, Louis Ménard se trouvait
à Londres retenu près de sa mère par une grave maladie,
ce qui l'empêcha, à son grand regret, de prendre part à
la Commune. A son retour, il manifesta hautement ses sentiments révolutionnaires
et son exécration de la répression : il publia sur ce sujet
des pages d'une beauté antique. Mais cette attitude lui fit perdre
un grand nombre d'amis, et Louis Ménard vécut de plus en
plus dans la solitude : il s'y résigna avec une grande philosophie.
En 1876, il publia un petit volume de prose et vers mélangés
intitulé : Les Rêveries d'un païen mystique :
ce petit livre où l'on trouve des dialogues philosophiques, quelques
contes Après la mort de son frère
René, Louis Ménard lui succéda comme professeur à
l'École des arts décoratifs (1887). Plus tard (1895), il
a été choisi par le conseil municipal pour faire un cours
d'Histoire universelle à l'Hôtel de Ville En 1896, Louis Ménard a publié de nouveau un volume où il a réuni ses vers et les principaux extraits de philosophie et de littérature de son oeuvre, sous le titre de : Poèmes et rêveries d'un païen mystique, mais, par une fantaisie paradoxale, il les a fait imprimer en nouvelle orthographe, ne qui les a empêché de trouver auprès du public lettré le grand succès qu'ils méritaient. (Ph. B.).
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© Serge Jodra, 2006. - Reproduction interdite.