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Les
gens
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| Leopardi
(Giacomo, comte). - Poète né à Recanati (Marche d'Ancône Epuisé, il revint à Recanati
en mai 1823 et exprima sa hautaine mélancolie et son stoïcisme
désespéré dans sa canzone à Brutus le Jeune.
Elle fut publiée en 1824 à Bologne avec une préface
où l'auteur comparait les dernières pa-roles de Théophraste
sur le néant de la gloire aux der-nières paroles de Brutus
sur le néant de la vertu. Désormais célèbre,
Leopardi vécut à Milan et Bologne (1825-26), Florence (1827-33),
sauf un séjour à Recanati (hiver de 1829-30), et un autre
à Rome (1831). Ses amis toscans le soutenaient, s'efforçant
de lui épargner les privations; durant cette période, il
publia une édition des poésies de Pétrarque
avec excellent commentaire, deux chrestomathies La santé du poète empirait
toujours, lui interdisant le travail et ne lui laissant guère de
repos. La déformation des os du thorax avait précipité
les progrès d'une tuberculose à laquelle il succomba. Il
passa ses dernières années (octobre 1833 - juin 1837) à
Naples où les soins de son ami Ranieri et de sa soeur adoucirent
sa fin. Il y écrivit un poème satirique en huit chants, sous
forme d'une continuation à la Batrachomyomachie «Il est impossible, dit Joubert, de lire ses ouvrages sans éprouver pour lui quelque chose du tendre intérêt qu'il inspira à tous ceux qui l'approchèrent, sans désirer de connaître jusqu'auxmoindres détails de sa courte et douloureuse existence.»Sa Correspondance justifie cette universelle sympathie. Il mourut fidèle à ses convictions et fut, enseveli dans l'église San Vitale, près de la grotte du Pausilippe « Juste, humain, généreux, d'une rare loyauté, d'une fierté singulière, Leopardi méprisait les hommes pour les avoir trop estimés. Il aima deux fois et mourut vierge. Ce coeur ému des plus délicates émotions, cette imagination vraiment grecque, amoureuse de toute grâce et de toute beauté, cet esprit ivre d'amour étaient logés dans un corps misérable. Ce grand poète ne présentait aux yeux qu'une pauvre, malingre et souffreteuse créature, atteinte, à la fois d'hydropisie et de phtisie, et déformé par des gibbosités trop visibles qui lui faisaient honte et mal. Tout cela, relevé par un beau front bien saillant et attristé par deux yeux presque éteints, d'une langueur infinie ». (M. Monnier.).Ses travaux philologiques furent publiés partiellement par son ami de Sinner. Excerpta ex schedis criticis J. Leopardi (Bonn, 1834). Ranieri édita ses oeuvres complètes (Florence, 1846-80, 4 vol.) auxquelles il faut ajouter les Opere inedite publiés par Cugnoni (1878-80, 2 vol.) |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.