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Les
gens
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| Lassalle
(Ferdinand), socialiste né à
Breslau Il fit alors à Berlin la connaissance
de la comtesse Sophie Hatzfeldt. La comtesse, âgée de quarante
ans, était encore belle. Elle se trouvait dans une situation pénible.
On l'avait mariée à seize ans, pour des raisons de convenance,
au comte Edmond de Hatzfeldt-Weisweiler. Le mariage ayant été
très malheureux, elle s'était décidée à
se séparer de celui-ci, et, quand Lassalle la rencontra, le comte
qui dépensait avec des maîtresses une fortune énorme,
lui avait refusé tout moyen d'existence et voulait lui enlever le
seul fils qu'elle avait gardé auprès d'elle, le jeune comte
Paul. Lassalle offrit à la comtesse sa fortune et ses services et
se rendit avec elle dans la Prusse Quand il fut sorti de prison, il se jeta
dans la politique. II prit place parmi les chefs de la démocratie
radicale, à côté de Freiligrath et de Marx;
il se lia particulièrement avec ce dernier et devint socialiste.
Un discours tenu à Neuss Il fit paraître en même temps
une tragédie historique, Franz von Sickingen (Berlin, 1859),
qui témoigne de son enthousiasme passionné pour la cause
de l'unité allemande. Cette passion est plus visible encore dans
une brochure qu'il écrivit pendant la guerre d'Italie: Der italienische
Krieg und die Aufgabe Preussens (Berlin, 1859), et où il conseillait
à la Prusse Il exposa son programme dans une réunion publique (12 avril 1862), à la suite de laquelle il fut arrêté pour avoir compromis la paix publique en excitant les membres de l'État à la haine des uns contre les autres. Il fut condamné à quatre mois de prison le 16 janvier 1863, mais acquitté en seconde instance. Le 10 février 1863, un comité d'ouvriers, réuni à Leipzig et qui voulait convoquer un congrès général des ouvriers allemands, s'adressa à Lassalle pour lui demander son opinion sur ce congrès et sur la question sociale. Lassalle répondit au bout de deux semaines par une brochure où il exposait son programme socialiste : Offenes Antwortschreiben an das Zentralkomitee, etc. (Zurich, 1863; 5e éd., Leipzig, 1871). Il préconisait dans cette brochure la fondation de sociétés coopératives de production avec l'aide de l'État. Il engagea le comité qui s'adressait à lui à ne pas convoquer de congrès, mais à créer une «association générale des ouvriers allemands» (Allgemeiner deutscher Arbeiterverein), dont le but immédiat serait d'obtenir le suffrage universel direct au scrutin secret, pour conquérir ainsi la puissance légale nécessaire à la réalisation du programme socialiste. Le comité suivit son conseil; il chargea Lassalle de développer ses idées dans des discours tenus à Leipzig, à Francfort et ailleurs, et le 23 mai 1863 l'Allgemeiner deutscher Arbeiterverein était fondé à Leipzig. Il comptait environ 600 membres venus de toutes les régions de l'Allemagne. Lassalle fut nommé président. Il gagna au Verein plusieurs milliers d'adhérents. Ses attaques violentes contre la bourgeoisie libérale le firent impliquer dans une série de procès criminels. Il fut même accusé de haute trahison pour avoir publié une brochure (An die Arbeiter Berlins, 1863), où il engageait les ouvriers à entrer dans le Verein, afin de travailler à détruire la constitution prussienne. Il fut acquitté dans ce procès le 12 mars 1864, mais condamné dans d'autres procès. II publia la même année un volume où il critiquait la thèse des économistes classiques de l'école de Manchester et où il exposait les théories scientifiques qui servaient de base à son socialisme (deux traductions françaises Capital et travail ou M. Bastiat-Schulze [de Delitzsch], par B. Malon, Paris, 1880, 2e éd. 1881; Monsieur Bas tiat-Schulze de Delitzsch ou Capital et Travail, par E. Monti, avec une bibliographie par Cesar de Paepe, Bruxelles, 1884). L'activité qu'il déployait dans son rôle d'agitateur avait ébranlé sa santé et, après un voyage triomphal dans les districts ouvriers de la région rhénane (mai 1864), il se rendit en Suisse pour se soigner (juin 1864). Il y trouva Hélène de Doenniges, la fille d'un diplomate bavarois, qu'il avait connue antérieurement et qui était alors fiancée à un Valaque, Janko de Rakowitz. Lassalle, qui avait demandé sans l'obtenir la main d'Hélène de Doenniges, provoqua son fiancé à un duel au pistolet, qui eut lieu à Genève (28 août 1864). Lassalle fut blessé mortellement. (R. Berthelot). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.