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Lanfranc

Lanfranc, archevêque de Canterbury, né vers 1005, mort le 24 mai 1089. Fils d'un jurisconsulte de Pavie, de rang sénatorial, de bonne heure célèbre à cause de sa science et de son éloquence, il fonda en 1039 une école à Avranches. Accompagné d'un de ses compatriotes (son fils, dit-on), nommé Paul (plus tard abbé de Saint-Albans), il entra comme moine dans l'abbaye du Bec, dont l'abbé et fondateur, Helluin, lui donna en 1045 la dignité de prieur. 

Là, il ouvrit une école qui fut bientôt fameuse dans tout l'Occident; il y eut pour élèves une foule de personnages plus tard éminents dans l'Église : deux évêques de Rochester, un archevêque de Rouen, le futur pape Alexandre II,etc. En 1080, il se rendit à Rome, avec une mission de Guillaume, duc de Normandie, qui était désireux d'obtenir une dispense pour son mariage avec Mathilde. II y combattit, devant un concile, l'hérésie de Bérenger de Tours qu'on l'accusait de partager. Dès lors, il ne cessa point de lutter contre Bérenger, par la parole et par la plume, notamment au concile de Latran (1059) et dans son livre si célèbre De Corpore et sanguine Domini

C'est au mois de juin 1066 qu'il quitta le monastère du Bec, pour devenir, à la prière de Guillaume, abbé de Saint-Étienne de Caen. Quelle qu'ait été sa part dans les négociations entre Rome et le duc de Normandie qui précédèrent l'expédition de 1066 et la conquête de l'Angleterre, Lanfranc fut élu archevêque de Rouen en août 1067. Mais il refusa; il est probable qu'il avait en vue une récompense plus haute. Après la déposition de l'archevêque anglo-saxon, Stigand (1070), Guillaume le Conquérant lui fit accepter en effet le siège primatial de Canterbury.

Archevêque de Canterbury, Lanfranc resta le premier conseiller de Guillaume et ne cessa jamais d'agir d'accord avec lui. Il contribua beaucoup à rattacher l'Église anglaise aux Églises du continent; il la peupla d'étrangers; il y introduisit l'habitude du célibat ; il conseilla sans doute cette mesure capitale : la constitution de tribunaux ecclésiastiques à côté des tribunaux laïques. Il convoqua souvent des synodes, mais des synodes exclusivement composés de gens d'Église, bien différents de ces assemblées saxonnes on clercs et laïques délibéraient en commun sur toutes les questions, même sur les questions ecclésiastiques. 

Avec Rome, ses relations furent fréquentes : il visita Grégoire VII en 1076, mais il obéissait plutôt au roi qu'au pape, et c'est en vain que Grégoire l'ajourna en 1082 à comparaître devant lui, sous peine de suspension. Canterbury lui doit beaucoup; outre qu'il défendit très énergiquement les droits de son siège contre les prétentions de Thomas, métropolitain d'York, il fit reconstruire son église cathédrale, brûlée en 1067; il dota en outre la ville de deux hôpitaux et de l'église de Saint-Grégoire.

Pendant les voyages du Conquérant en Normandie, il exerça plusieurs fois en Angleterre une sorte de régence. C'est lui qui couronna Guillaume le Roux (septembre 1087). Son dernier acte fut, en novembre 1088, de prendre part, et une part très active, au jugement de Guillaume de Saint-Calais, évêque de Durham, accusé de rébellion..



En Bibliothèque - Ses écrits ont été publiés par Luc d'Achery, à Paris, en 1648, en un volume in-fol. Il n'est pas l'auteur de l'Elucidariurn qui lui a été souvent attribué et que Giles a imprimé parmi ses oeuvres complètes, dans la série des Patres ecclesiae anglicanae (Londres, 1844, 2 vol. in-8). (L.).
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