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Henri-Dominique Lacordaire, le deuxième des quatre fils d'un
médecin d'un village de Bourgogne Son départ pour l'Amérique fut retardé, et le journal l'Avenir fut fondé, au mois d'octobre de cette même année 1830. S'associant alors à la nouvelle pensée politique de l'abbé de La Mennais, il entreprit avec ardeur de concilier le catholicisme avec la liberté entendue dans le sens des idées nées de la Révolution. Il avait signé en 1830 un Mémoire des aumôniers des collèges de Paris que l'université regarda comme diffamatoire. L'affaire passa de la police correctionnelle à la cour d'assises, et Lacordaire fut couvert d'applaudissements en participant à sa défense avec son avocat, lorsque repoussant le reproche adressé aux aumôniers d'être les ministres d'un pouvoir étranger, il répondit : "Nous sommes les ministres de quelqu'un qui n'est étranger nulle part, de Dieu."Ramené devant la cour d'assises, avec l'abbé de La Mennais, à l'occasion de deux articles publiés dans l'Avenir, il obtint, par l'éclat de sa parole, une victoire judiciaire en 1831. Athlète intrépide de la lutte pour la conquête de la liberté de l'enseignement, promise par la charte de 1830, il ouvrit, avec Montalembert et Coux, ses collaborateurs à l'Avenir, une école libre que le gouvernement fit fermer. Sur ces entrefaites, le comte de Montalembert fut appelé héréditairement à la pairie par la mort de son père, et il en résulta que les trois accusés furent traduits devant la chambre des pairs. Une condamnation à une peine légère prononcée par la noble assemblée, émerveillée de l'éloquente revendication d'un droit sacré surtout dans la bouche d'un jeune ministre de l'Église, n'empêcha pas la cause de la liberté fondamentale de l'ordre social chrétien d'être gagnée une première fois devant l'opinion publique. La défiance de l'épiscopat ayant obligé les rédacteurs de l'Avenir d'en suspendre la publication. Lacordaire partit pour Rome L'effet du pèlerinage à Rome sur Lacordaire est constaté par lui-même en ces termes (Considérations sur le système philosophique de M. de la Menais, 1834) : "Arrivé à Rome, au tombeau des saints apôtres Pierre et Paul, je me suis agenouillé, j'ai dit à Dieu : Seigneur, je commence à sentir ma faiblesse; ma vue se couvre; l'erreur et la vérité m'échappent également; ayez pitié de votre serviteur qui vient à vous avec un coeur sincère; écoutez la prière du pauvre. Je ne sais ni le jour ni l'heure; mais j'ai vu ce que je ne voyais pas, je suis sorti de Rome libre et victorieux."Revenu à Paris "Né démocrate et presque révolutionnaire, Lacordaire a comprimé, sans l'étouffer jamais, a dit son ami le conte de Montatembert, cette lave qui, de temps à autre, faisait explosion dans sa parole," et qui, peut-on ajouter, déborda lorsque, la révolution de 1848 étant survenue, il s'associa à la rédaction du journal l'Ere nouvelle, instigateur d'une alliance du catholicisme et de la démocratie, et se fit élire représentant à l'Assemblée nationale. Mais il ne tarda pas à reconnaître qu'il faisait fausse roule sur le terrain de la poli tique, et il retourna à ses magnifiques conférences. Quelques mois après
le coup d'Etat du 2 décembre 1851, il prêcha dans l'église
de Saint-Roch Dans son Eloge funèbre de Mgr de Forbin-Janson, il a exprimé sa pensée dominante lorsqu'il a dit : "La vieille société a péri parce que Dieu en avait été chassé; la nouvelle est souffrante, parce que Dieu n'y est pas suffisamment entré. "Elu membre de l'Académie française, il prononça, en janvier 1861 son discours de réception, qu'un souffle de Tacite anime, et qui respire l'amour de la liberté et l'horreur du despotisme. . |
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© Serge Jodra, 2009. - Reproduction interdite.