.
-

Les Fables de La Fontaine
1668
Livre I Livre II Livre III Livre IV Livre V Livre VI
Livre VII Livre VIII Livre IX Livre X Livre XI Livre XII

L'Oracle et l'Impie

La Fontaine
Vouloir tromper le ciel, c'est folie à la terre.
Le dédale des coeurs en ses détours n'enserre
Rien qui ne soit d'abord éclairé par les dieux :
Tout ce que l'homme fait, il le fait à leurs yeux,
Même les actions que dans l'ombre il croit faire.

Un païen qui sentait quelque peu le fagot,
Et qui croyait en Dieu, pour user de ce mot,
Par bénéfice d'inventaire,
Alla consulter Apollon.
Dès qu'il fut en son sanctuaire :
" Ce que je tiens, dit-il, est-il en vie ou non? "
Il tenait un moineau, dit-on,
Prêt d'étouffer la pauvre bête,
Ou de la lâcher aussitôt,
Pour mettre Apollon en défaut.
Apollon reconnut ce qu'il avait en tête :
" Mort ou vif, lui dit-il, montre-nous ton moineau
Et ne me tends plus de panneau.
Tu te trouverais mal d'un pareil stratagème.
Je vois de loin, j'atteins de même. "

.


[Littérature][Textes][Bibliothèque]

[Pages pratiques][Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2006. - Reproduction interdite.