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Kâlidasa
(proprement Kâli-dâsa, serviteur de Kâli ),
le plus célèbre des poètes hindous de l'époque
classique. La tradition le fait vivre à la cour de Vikramâditya
d'Oujjayîni au Ier siècle
avant notre ère : il ne saurait être en tout cas postérieur
au début du VIIe siècle ap.
J.-C.: on incline généralement à le placer dans la
première moitié du VIe. Des
légendes se sont chargées d'expliquer son nom : d'abord bouvier,
devenu par la vengeance d'un ministre l'époux d'une orgueilleuse
princesse, il aurait dû l'éveil soudain de son génie
à la déesse Kâli. Il serait mort, tué par l'une
de ses maîtresses qui voulait s'assurer la récompense promise
par le roi à quiconque terminerait une stance commencée par
lui, ce qui n'avait été qu'un jeu pour le poète.
II doit sa réputation en Europe
à son drame de Sakounîalâ, révélé
par W. Jones à la fin du XVIIIe
siècle et qui excita à si haut point l'admiration de
Goethe
(traduit par Bergaigne en collab. avec P. Lehugeur, Paris,
1884). On a encore de lui deux autres pièces de théâtre
: une comédie de harem, Malavikâ et Agnimitra, et Vikramorvasî
(titre qu'on a traduit par le Héros et la Nymphe) qui met
en scène une des plus anciennes légendes de l'Inde, l'histoire
des amours du roi Pouroûravas et de l'Apsaras Ourvast. On attribue
encore à Kâlidasa deux poèmes épiques ,
l'un en 19 chants sur la famille de Raghou (Raghu-vamça),
l'autre eu 16 chants sur la naissance du dieu de la guerre (Kuniara-sambhava),
et une élégie
amoureuse, le Meghadûta ou le Nuage messager, où
un génie
exilé confie à un nuage un message d'amour pour sa bien-aimée.
L'attribution du Ritusamhûra
(la Ronde des saisons) et du Nalodaya (la Restauration
du roi Nala) est plus douteuse. Citons enfin un ouvrage de prosodie,
le Shrutubodha.
Les critiques européens s'accordent
à reconnattre dans Kâlidasa la grâce des images et la
délicatesse des sentiments; surtout ils le louent d'avoir su, mieux
qu'aucun poète indien de l'époque classique, se préserver
de l'affectation et du mauvais goût. D'après un dicton courant
parmi les pandits, la qualité pour laquelle il est le plus prisé
dans l'Inde serait le bonheur extraordinaire de ses comparaisons. Ses oeuvres
ont été traduites en français par Fauche. (A.
Fouché). |
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