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Jordanès, évêque et historien goth du VIe siècle. Il se pourrait que son nom primitif eût été Jornandès; mais il se donne celui de Jordanès, qu'il accepta peut-être en entrant dans le clergé. Avant cela, il avait été notaire d'un prince dont on ignore le nom. On ne connaît pas davantage le siège épiscopal qu'il occupa; c'est peut-être celui de Crotone. On sait seulement que Jordanès a été à Constantinople avec le pape Vigile en 551. Il se donne pour peu cultivé; pourtant il maniait la langue latine et entendait le grec.

C'est en latin qu'il a rédigé De Origine actibusque Gotarum (éd. princeps de Peutinger, Augsbourg, 1545, in-fol.); mais c'est un latin barbare, un style obscur, sententieux, recherché. Le tout est un résumé de l'Histoire des Goths de Cassiodore, et n'a de valeur que parce que l'oeuvre de Cassiodore est perdue; Jordanès présente les Goths comme identiques avec les Gètes; il veut ainsi faciliter l'union des Ostrogoths avec les Romains de Byzance; son grand espoir est donc de voir régner sur les Goths le jeune Germanicus, fils de Matasuinthe, la petite-fille de Théodoric, en même temps que fils de Germanicus, le frère de Justinien Ier; comme catholique, il travaillait, en outre et pour les mêmes raisons, à la conversion de ses compatriotes ariens

L'empire romain était pour lui le cadre de la vie qui devait durer jusqu'à la consommation des temps. Son second ouvrage, De Summa temparum vel origine actibusque gentis Romanorum (éd. princeps de Beatus Rhenanus; Bâle, 1534, in-fol.), souvent faussement intitulé De Regnorum ac temporum successione ou encore De Breviatione chronicorum, est une sèche et servile compilation de l'histoire romaine. (F.-H. K.).

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