49
15 N, 2 10 W |
Jersey est la principale des
îles Anglo-Normandes, au Sud de cet archipel, à 25 kilomètres
à l'Ouest de la presqu'île du Cotentin
et à 140 kilomètres au Sud de la côte d'Angleterre ;
116 km².; 22 km de long du Sud-Est au Nord-Ouest, 10 km de large;
91000 habitants. La forme de l'île est celle d'un quadrilatère
dont les côtés se coupent à angle droit selon les points
cardinaux. La côte Nord est formée de falaises de 100 m où
se creusent de nombreuses grottes, des criques, mais pas de port naturel;
on y remarque le cap Gros-Nez au Nord-Ouest, auprès duquel se dressent
les falaises de Plémont, la pointe Sorel; la côte orientale
comprend les baies de Sainte-Catherine et de Grenville entre lesquelles
s'élève le roc de Montorgueil; la côte méridionale,
profondément rongée par la mer et bordée à
3 km de rochers submergés qui représentent l'ancien rivage,
comprend les baies de Saint-Clément, Saint Aubin et Sainte-Brelade;
la seconde est la principale de l'île dont elle recueille presque
toutes les eaux. La côte occidentale comprend la pointe de la Corbière,
déchiquetée en cavernes, piliers, etc., la pointe de la Moye,
la triste grève de Saint-Ouen, le cap Gros-Nez.
Le climat est très doux. Le sol
est très fertile, creusé de vallons ravissants. Les prairies,
plantées de pommiers, occupent la plus grande partie du sol; dans
les jardins poussent en pleine terre les végétaux des pays
méridionaux. On cite les poires de Jersey, le chou cavalier qui
dépasse 2 m. Les vaches laitières sont petites, mais excellentes.
Les chevaux, issus d'un croisement de normands et de cosaques, sont très
vigoureux. Jersey est une villégiature très goûtée
des Anglais qui y vivent en grand nombre. Les 9/10 des habitants sont protestants.
La seule ville notable est Saint-Hélier, la capitale. - Il existe
près de 600 km de routes, trois ports (Gorey, Saint-Aubin et Saint-Hélier)
et une piste d'aéroport.
L'île de Jersey, ainsi que les autres
îles Anglo-Normandes, est placée sous la souveraineté
directe de la couronne d'Angleterre : elle ne fait pas partie du royaume
(realm) proprement dit. Ces îles appartiennent au roi ou à
la reine d'Angleterre, non pas comme souverains du Royaume-Uni ,
mais comme ducs de Normandie .
En d'autres termes, elles ne sont pas régies par la constitution
anglaise, mais par des coutumes séculaires qui, du temps du roi
Édouard II, étaient déjà qualifiées
d'immémoriales. En 1769, dans des remontrances qui furent écoutées
du gouvernement anglais, William Le Marchant exposait en ces termes, d'une
grande précision, le régime politique de ces îles :
«
Nous formons un État distinct et séparé de l'Angleterre,
quoique sous le même souverain. Nul acte du Parlement n'est considéré
ni suivi dans ces des, quoiqu'elles y soient mentionnées, à
moins qu'il ne nous soit transmis avec un ordre du conseil, et même
ces actes, ces ordres, quelque respectables qu'ils soient, n'ont point
force de loi ici jusqu'à ce qu'ils aient été vérifiés
par la cour royale et enregistrés sur nos Records. »
Les îles n'ont pas de représentants
au Parlement anglais; elles jouissent de privilèges et d'immunités,
reconnus et confirmés à plusieurs reprises par les rois d'Angleterre
agissant comme ducs de Normandie ,
qui leur donnent le moyen de contrôler et, au besoin, de repousser
toute loi impériale qui porterait atteinte à leurs franchises
traditionnelles. Normalement, le pouvoir législatif est exercé
dans les îles Anglo-Normandes par les États de chacune d'elles.
Ces lois locales, pour devenir définitives, doivent être confirmées
par un ordre de la reine en conseil. Les actes du Parlement et les ordres
du conseil sont enregistrés et publiés en anglais; les lois
et les règlements votés par les États sont rédigés
et promulgués en français. Le français est d'ailleurs
resté la langue officielle des États et des cours de justice.
L'organisation des États varie dans les diverses îles.
A Jersey, les États sont présidés
par le bailli associé à un chef du gouvernement. L'office
de bailli n'est donné « que durant le bon plaisir du prince
»: en fait, il est conféré à vie. Le gouverneur
a droit de séance aux États, et il peut suspendre l'exécution
de leurs décisions en opposant son veto. Les États de Jersey
se composent, outre du bailli, président, de douze jurés
justiciers, membres de la cour royale et élus à vie par les
contribuables de l'île, des douze recteurs anglicans des paroisses
de l'île, nommés par la reine (ou le roi), et des douze connétables
de ces paroisses, élus pour trois ans par les contribuables de chacune
d'elles.
-
Source
: The World Factbook.
L'économie
de Jersey est basée sur des services financiers, l'agriculture,
et le tourisme international. En 1996, le secteur financier a contribué
pour environ 60% du revenu de l'île. Les pommes de terre, le chou-fleur,
les tomates, et particulièrement les fleurs sont les récoltes
importantes d'exportation, embarquées la plupart du temps en direction
du Royaume-Uni .
Le cheptel laitier, reconnu dans le monde entier, représente une
importante source de revenu à l'exportation. Les produits laitiers
sont dirigés vers le Royaume-Uni et les autres pays de l'Union
européenne. Le tourisme représente un quart du PIB. Ces
dernières années, le gouvernement a encouragé l'implantation
d'industries légères dans l'île : cette politique a
eu pour conséquence le développement d'une industrie d'électronique
qui s'est ajoutée à la fabrication traditionnelle des tricots.
Tous les matières premières premières et l'énergie
sont importés, comme une grande part des besoins en nourriture.
Les impôts et les droits de succession de succession légers
font à l'île un paradis fiscal populaire. Le niveau de vie
y est proche de celui du Royaume-Uni. (A.-M. B. /
J. Dubois). |
|