.
-

Jean XXII (ou XXIII)

Jean XXII ou XXIII, Balthasar Cossa, est le 212e, pape. Il a été élu le 17 mai 1410, déposé le 29 mai 1415, et est mort le 22 novembre 1419. Il était né à Naples de famille noble. Après une jeunesse désordonnée, où il avait été corsaire et avait commis tous lec crimes ce que cette activité comporte, il se mit au service de l'Eglise (1393) et devint successivement archidiacre à Bologne, cardinal-diacre au titre de Saint-Eustache, légat de Bologne et de la Romagne. Il contribua puissamment à l'élection d'Alexandre V. Après la mort de ce pape, il fut lui-même élu par seize cardinaux réunis à Bologne. La plupart des Etats de l'Europe le reconnurent.

Prétextant le besoin d'argent pour réduire ses deux rivaux (Grégoire XII et Benoît XIII), il recommença le système des exactions et publia des règles de chancellerie qui confirmaient les anciens abus et en introduisaient de nouveaux. On demanda de toutes parts un concile général; l'université de Paris et l'empereur Sigismond se firent les organes de ce voeu. Jean essaya d'y résister; mais poursuivi par l'armée de Ladislas, roi de Naples, et ayant besoin de la protection de Sigismond, il fut contraint de s'y soumettre (1413) et convoqua un concile à Constance pour le 1er novembre 1414. Il en présida les premières séances; mais bientôt il s'éleva tant de plaintes sur les scandales de sa vie que la pensée d'en délivrer l'Eglise s'imposa à la majorité des membres du concile. On lui demanda son abdication, et en le menaça, s'il s'obstinait à la refuser, d'employer contre lui le bras séculier, au nom de l'Eglise. Il s'enfuit, déguisé en palefrenier, et se mit sous la protection de Frédéric d'Autriche. 

Vainement, il écrivit aux princes que la convocation du concile avait été extorquée de lui par violence; le concile persévéra dans son entreprise d'épuration et de réforme. Le duc d'Autriche, mis au ban de l'Empire pour avoir aidé Jean à s'évader, promit de le livrer; il s'empara de lui et le retint prisonnier. Le 29 mai 1415, Jean fut déposé « comme notoirement simoniaque, dissipateur des biens et des droits de l'Eglise romaine et des autres Eglises, ayant mal administré le temporel et le spirituel, scandalisé le peuple chrétien par ses moeurs malhonnêtes et persévéré dans cette conduite mauvaise, de manière à se montrer incorrigible ». 

Il fut, en outre, condamné à être enfermé, sous la garde de l'empereur, aussi longtemps que le concile le jugerait nécessaire. On lui donna pour prison le château de Gotlieben, où quelques mois auparavant il avait fait détenir Jean Hus. Ce fut là que cinq cardinaux lui notifièrent la sentence du concile; il l'accepta avec une entière soumission. Transféré à Heidelberg, il se consola en écrivant des vers sur les vicissitudes de la fortune. En décembre 1418, il obtint sa liberté, moyennant 35,000 florins d'or payés au palatin. Il se rendit en Italie,  où fut accueilli avec sympathie par les Florentins, ses anciens alliés. Ayant reconnu Martin V comme son successeur et le seul chef de l'Eglise, il reçut de lui le titre de doyen du Collège des cardinaux. Six mois après, il mourut. (E.-H. V.).

.


Dictionnaire biographique
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

[Pages pratiques][Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.