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Jean XII

Jean XII , Octavien, est le134e, pape. Il a été élu en janvier 956, à l'âge de 18 ans, et est mort le 14 mai 964). (Dans l'exercice du pouvoir temporel, il garda son nom; mais, le trouvant d'une consonance trop païenne pour le chef de l'Eglise, il choisit de s'appelerJean XII).

Tous les historiens s'accordent pour présenter ce fils du patrice Albéric et petit-fils de Marozia comme le pape le plus dépravé qui ait occupé le siège de saint Pierre, et pour lui attribuer tous les vices : luxure impudemment étalée, cruauté, avarice, trafic éhonté des offices ecclésiastiques, dérision sacrilège de la religion dont il était le pontife suprême. Deux vieux historiens disent, l'un qu'il aimait colleclio faeminarum, l'autre que le palais pontifical était devenu prostibulum meretricum

En 960, pour se défendre contre Bérenger II, roi d'Italie, il sollicita le secours du roi de Saxe, Otton Ier. Ce prince vint en Italie et fut couronné roi des Lombards. En 962, il reçut à Rome la couronne impériale, après avoir juré de respecter tant ce qui appartenait à l'Eglise romaine et de ne rien entreprendre dans la ville contre la volonté du pape, celui-ci jurant, de son côté, de ne rien entreprendre contre Otton; il renouvela, en outre, les donations de Pépin et de Charlemagne, à la condition que l'élection des papes restât soumise à la confirmation impériale (13 février). Mais, bientôt après, Jean s'unit aux ennemis de l'empereur, Bérenger et Adalbert, son fils, et il s'efforça d'exciter contre lui les Grecs et les Hongrois. Otton revint en armes et entra à Rome (3 novembre 963), tandis que le pape, qui avait pris le heaume et la cuirasse, campait aveu ses troupes de l'autre côté du Tibre. 

Le clergé et le peuple jurèrent fidélité à l'empereur, et s'engagèrent à ne plus élire ni consacrer de pape désormais, sinon avec son approbation et celle de son fils, et d'après le propre choix de l'un et de l'autre. Trois jours après un concile fut assemblé pour juger le pape. Il y fut accusé d'avoir fait du palais sacré un lien de débauche, d'avoir commis des meurtres et des sévices odieux, d'avoir simoniaquement élevé à un évêché un garçon de dix ans, d'avoir consacré un diacre dans une écurie, d'avoir, jouant aux dés, invoqué Jupiter et Vénus, d'avoir bu à la santé du Diable. Tout le clergé et les Romains attestèrent solennellement la vérité de ces accusations. Il fut condamné et déposé comme impudique, homicide et sacrilège. 

Le protonotaire de l'Eglise romaine fut élu pour le remplacer et prit le nom de Léon VIII (22 novembre). Il reconnut la légitimité du serment prêté à l'empereur, et son droit de donner l'investiture aux évêques et aux archevêques. Jean, sommé de comparaître devant le concile, menaça d'excommunication tous ceux qui oseraient le juger. Lorsque Otton était encore à Rome, ses partisans tentèrent une première insurrection, qui fut énergiquement réprimée (janvier 964). Mais dès que l'empereur eut quitté l'Italie, Léon fut chassé de Rome, et Jean y rentra, exerçant de cruelles vengeances contre ses adversaires, faisant couper aux uns le nez, aux autres la main, la langue ou d'autres membres. Le 26 février, il tint un concile qui condamna Léon et annula tous les actes de son administration spirituelle. Comme Otton marchait sur Rome pour le châtier, Jean mourut, après une maladie de huit jours, selon quelques historiens, ou, suivant d'autres, tué par un mari qui l'avait surpris avec sa femme. (E.-H. V.).

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Dictionnaire biographique
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