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| Atlas | |
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| On donne le nom d'Insulinde
(ou, dans les vieilles géographies, d'archipel Malais, de
Malaisie
et même d'Indonésie) à la région insulaire,
qui se trouve au Sus-Est de l'Asie Outre Singapour petit Etat insulaire à l'extrémité de la péninsule de Malacca, on y distingue trois groupes ou alignements : 1°celui du Sud formé des îles de la Sonde, Sumatra, Java et leurs dépendances, puis Bali, Lombok, Sumbawa, Flores, Samba, Timor, etc, qui appartiennent à l'Indonésie. On y peut joindre les îles Nicobar et Andaman, sises sur le prolongement Nord-Nord-Ouest de Sumatra, et rattachées politiquement à l'Inde;L'équateur passe au milieu de l'Insulinde, par Sumatra, Bornéo, Sulawesi, Ternate. L'ensemble de ces îles embrasse environ 2 millions de km² (1 994 960). L'unité géologique, botanique et zoologique est importante. Il existe cependant une séparation nette entre les faunes situées de part et d'autre de la ligne de Wallace (voir plus bas). Ces terres sont montagneuses et volcaniques, flanquées de récifs coralliaires; le noyau est cristallin (gneiss et micaschistes), recouvert de schistes et grès paléozoïques; le calcaire carbonifère se trouve à Sumatra et Timor, les sédiments secondaires et tertiaires sont peu développés; à Java, ces derniers reposent directement sur les formations cristallines. Le granite, la syénite, la diorite occupent de vastes espaces; les formations volcaniques plus récentes (andésite, trachyte, tufs basaltiques) abondent dans les îles de la Sonde; l'alignement du Sud et celui de l'Est renferment chacun une ligne de volcans dominant le rivage ou la plaine. Le climat est tropical et maritime, humide et uniforme; la température ne varie guère que de + 25°C à 27°C; les extrêmes sont +33,6°C et +20,6°C. L'alternance des moussons sépare la saison relativement sèche et la saison humide; au Nord de l'équateur, la saison des pluies va d'avril à octobre, celle de l'alizé du Nord-Est, de novembre à mars; au Sud de l'équateur, la mousson du Nord-Ouest amène la pluie, l'alizé du Sud-Est le beau temps. Il tombe à Singapour 240 cm d'eau ; 473 à Padang (Ouest de Sumatra); 187 à Djakarta, 446 à Buitenzorg (Java). Il pleut dans tous les mois, et il n'y a pas de véritable saison sèche. (A.-M. B.). |

| La
flore de l'Insulinde
Les îles de l'Insulinde sont généralement couvertes d'une végétation luxuriante, surtout dans les régions montagneuses et humides; les parties plates et naturellement peu irriguées sont moins fertiles. Les montagnes sont en général couvertes de forêts vierges atteignant quelquefois le sommet même; celles qui sont formées de roches primitives sont plus ou moins dénudées; les terrains primitifs, surtout les granitiques, et les terrains calcaires sont pou favorables à la végétation; les terres d'alluvion au contraire sont d'une fécondité exceptionnelle; parfois les deltas des fleuves forment d'immenses marécages qui rendent par exemple si insalubre une partie des côtes de Sumatra, malgré la luxuriante végétation qui les environne. La culture, dans les vallées et sur les alluvions, dispute le terrain aux forêts vierges tropicales. Ce qui frappe le plus lorsqu'on visite Java, Sumatra, etc., c'est de voir succéder à la végétation tropicale (Palmiers, Areca catechu, Barringtonia speciosa, Guttifères, Myrte, Figuier, etc., puis des Diptérocarpées, parmi lesquelles le Camphrier), sur les flancs des montagnes, des formes qui rappellent les montagnes de l'Europe. Ainsi la région alpestre offre une analogie frappante avec les zones similaires du continent, mais elle commence à une altitude d'autant plus élevée que la latitude est plus équatoriale. A Sumatra, qui s'étend de 2° de latitude Nord à 4° de latitude Sud, la région tropicale monte généralement jusque vers 2000 m; le Chêne y forme des forêts entières, mêlées de Diptérocarpées, le Pin (Pinus Merkusii) s'y étend de 1000 à 1500 m. La région tempérée (Ternstrœmiacées avec Podocarpus) s'étend de 2000 à 3000 m; puis c'est la végétation alpestre (Ericacées, etc.). Un cas particulier, c'est celui que présente, à 4° de l'équateur, le mont Gounong-Bonko, qui, dès 1700 m d'altitude, offre la flore alpestre (Vaccinium, Rhododendron, une Myrtacée, des Mousses épaisses, etc.). C'est à Sumatra qu'a été découvert l'extraordinaire Raflesia. Bornéo est également couverte d'une riche végétation; à 7° de latitude Nord (Kina-Bala), la région forestière arrive jusqu'à environ 2800 mètres d'altitude; au-dessus, jusqu'à environ 3200 m, c'est la région alpine; plus haut c'est la roche nue avec quelques arbrisseaux clairsemés. Java, qui s'étend de 6° à 8° de latitude Sud, est la plus fertile et la plus boisée des îles de l'Insulinde. La région tropicale s'y élève jusque vers 2500 m et se divise, d'après Junghuhn, en région des Figuiers et des Anonacées jusque vers 650 m, avec une température moyenne de 22-19°C, ou région forestière des Rasamala (Altingia) de 650 à 1500 m avec une température moyenne de 19-15°, enfin en région des Chênes et des Podocartus, auxquels vient s'ajouter dans la partie orientale de l'île le Casuarina, de 1500 à 2500 m, avec une température de 15-10°C. Au-dessus on rencontre la région tempérée (Ericacées, dont Agapetes) de 2500 à 3500 m, avec une température de 10-7°C. Dans les Philippines, Semper fait monter la région tropicale (Luçon, 15-18° de latitude Nord) Jusqu'à 800-1000 m, avec Tectona grandis et un grand nombre de Dipterocarpus; plus haut, c'est la région des Pins (Pinus insularis et P. Merkusii) qui s'élève à environ 2400 m. Envisagée à un autre point de vue, on peut dire que la flore des îles de l'Insulinde présente toutes les transitions entre la flore asiatique et la flore australienne; le caractère australien est déjà prédominant à l'Est de la ligne de Wallace, qui passe entre les îles Bali et Lombok et par le détroit de Macassar. (Dr L. Hn). La faune de l'Insulinde Comme nous l'avons dit en parlant de la faune de l'Asie, la faune de l'Insulinde forme une sous-région de, la région orientale ou indienne, et cette sous-région, la plus rapprochée de l'équateur, est celle qui présente les caractères les plus accusés, quand on la compare aux autres subdivisions de la région orientale. En dehors des particularités qui lui sont propres, en effet, la faune de l'Insulinde offre des rapports soit avec l'Afrique au Sud du Sahara, soit avec Madagascar; malgré sa situation insulaire, cette faune est très riche. On doit comprendre d'ailleurs dans cette sous-région la presqu'île de Malacca (au Sud du Tenasserim), puis les trois grandes îles de Sumatra, Java et Bornéo, enfin les Philippines. La limite entre la sous-région malaise et la région australienne est assez nettement indiquée par la ligne de Wallace qui passe entre Bali et Lombok, la première de ces petites îles n'étant qu'une dépendance de Java dont elle a la faune, tandis que Lombok se rattache à Timor et possède déjà les caractères de la faune australienne. Bornéo et la partie orientale de
Sumatra sont la patrie de l'Orang-outang (Simia satyrus), et les Gibbons.
(Hylobates) y sont plus nombreux que sur le continent, car ce genre a huit
espèces malaises, tandis que six seulement, dont plusieurs communes
aux deux sous-régions indochinoise et malaise, se trouvent en Asie.
Les Semnopithèques sont également plus nombreux que sur le
continent. Les Macaques, au contraire, n'ont que trois espèces à
Bornéo et Sumatra, et une quatrième formant un petit genre
à part (Cynopithecus niger), dans les Célèbes. Les
Lémuriens sont représentés parle genre Nycticebus
déjà signalé dans l'Indochine, par un type spécial,
le Tarsier (Tarsius spectrum), et par un animal très singulier qui
forme le passage des Lémuriens aux Insectivores, et dont on a proposé
de faire un ordre à part, le Galeopithecus. Les Chiroptères
frugivores et insectivores sont très abondants. Quant aux Carnivores Les Ruminants Les Oiseaux Les Reptiles L'Insulinde est, après le Nord du
Brésil
(Amazonie), la région du globe la plus riche en Insectes Paléontologie Tout indique que cette région est restée rattachée au continent asiatique jusqu'à la fin de la période tertiaire. La faune pliocène et quaternaire de Java et de Sumatra, étudiée au XIXe siècle par Martin et Dubois aux monts Kendeng, est identique à celle des Siwaliks dans le Nord de l'Inde. On trouve ici les genres Hyaena, Stegodon, Anoa, Hippopotamus, Sivatherium, qui caractérisent la faune des Siwaliks. En 1891, Eugène Dubois a décrit, sous le nom de Pithecanthropus erectus ( = Homme de Java), des débris provenant du même gisement et indiquent la présence de représentants très archaïques de la lignée humaine. (E. Trouessart). |
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