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| Abou
Zeïd Abd er-Rahman Ibn-Khaldoun (autres orthographes : Ibn
Khaldun, Ibn Haldun), surnommé Ouéli ed-Din,
est un historien, littérateur et philologue, né à
Tunis,
en l'année 732 de l'hégire (27 mai 1332) et mort au Caire,
le 17 mars 1406. Sa famille, originaire du Hadramaut Après avoir
étudié,
dans sa ville natale, le Coran Ibn Khaldoun passa
ainsi au service du souverain de Fès,
Abou Othman (ou, comme le nomme Kasiri, Abou Anan) Farès, fils d'Ali,
fils d'Othman, et ce prince le combla de faveurs. Après la mort
de Farès, il s'attacha au sultan Abou-Salem, aussi roi de Fès
et d'une grande partie de l'Afrique septentrionale Renonçant enfin à cette vie agitée et pleine de déboires (1374). Ibn Khaldoun se retira dans une de ses terres près de Tiaret et là il composa ses Prolégomènes. L'auteur nous apprend lui-même qu'il les composa en l'année 779 (1377), et n'y employa que cinq mois, qu'ensuite il les revit, y mit la dernière main et commença la rédaction de son Histoire universelle, qu'il ne put achever à ce moment faute de quelques renseignements. Il se décida alors à aller à Tunis consulter les ouvrages dont il avait besoin et, en l'année 781 de l'hégire (1382) poursuivit sa route dans le même dessein jusqu'à Alexandrie et de là au Caire, où il fixa sa résidence et enseigna publiquement dans divers collèges. En l'année
786 (1384), le sultan d'Égypte
Statue de Ibn Khaldoun, à Tunis. Photo : © Angel Latorre, 2008. Lorsque Tamerlan L'oeuvre d'Ibn
Khaldoun.
Les Muqaddimah ont joui très tôt d'une grande estime en Orient, et il en a existé existé une traduction turque à partir du début du XVIIIe siècle, qui a été considérée par les Turcs comme le livre le plus propre à former des hommes d'Etat. Cependant, l'oeuvre d'Ibn Khaldoun a encore tardé à être reconnue en Occident : les premières traductions ne datent que de la seconde moitié du XIXe siècle. Le texte arabe des Prolégomènes a été publié par Quatremère dans les t. XVI, XVII et XVIII des Notices et extraits; la traduction due à Slane, forme les t. XIX, XX et XXI du même recueil (Paris, 1858-1868). Le texte de l'Histoire universelle y compris les Prolégomènes a été édité sous le titre de : Kitâb el-Ibar ou diwân el-Mobtada ou'l-Kheber li Ayyâm el-Arab ou'l-Adjem ou'l-Berber à Boulaq (près du Caire) en 1867 (7 vol. in-8). Slane a en outre publié à part le texte de l'Histoire des Berbères (Alger, 1847-1851, 2 vol. in-4) et la traduction de cette partie de l'Histoire universelle (Alger, 1852-1856, 4 vol. in-8). La deuxième traduction en français des Muqaddimah, due à Vincent Monteil, date seulement de 1967-1968 (Beyrouth). Ces Prolégomènes ne sont pas au-dessous de leur réputation. Les
Muqaddimah.
Ibn Khaldoun (1332-1406). Nous croyons convenable de donner ici une idée de cet ouvrage. Après un court avertissement, qui indique le sujet du livre et son plan, vient une préface, où l'auteur traite de l'utilité de l'histoire, de la manière de l'écrire, et de la critique historique. Ibn Khaldoun y indique les diverses sources des erreurs dans lesquelles peuvent tomber ceux qui écrivent l'histoire. A cette occasion, il discute plusieurs faits importants de l'histoire ancienne des Israélites et des Arabes, ainsi que de l'histoire des califes; et il fait voir l'invraisemblance de divers récits répétés par la plupart des historiens. Cette préface se termine par quelques observations sur l'orthographe qu'Ibn Khaldoun a adoptée pour exprimer diverses articulations étrangères à la langue arabe. Des considérations générales sur l'origine de la société qui est naturelle à l'humain ouvrent la première section. A ces considérations succèdent une description succincte du globe et des réflexions sur l'influence physique et morale que la diversité des climats, de l'air, du sol et de la diète, exerce sur l'humain. Cette première section se termine par un long chapitre sur toutes les manières naturelles ou artificielles de connaître les choses secrètes ou futures, sur les révélations, les visions, les songes, la divination, les sorts, etc. Dans la deuxième
et la troisième section, la société et la civilisation
sont considérées dans leur état chez les peuples nomades
et les Bédouins, c'est-à-dire les habitants du désert,
et particulièrement chez les Arabes le passage de la société
de famille à la formation des tribus et à leur confédération,
le genre de gouvernement, de domination, de conquête propre à
cette constitution de la société; l'influence de la religion
sur la formation de grands empires parmi les Bédouins; la manière
dont se forment ces empires, leurs limites naturelles, leur durée,
les conditions nécessaires à leur conservation, les causes
de leur destruction, la condition des princes, celle des sujets; les diverses
natures d'autorité souveraine, la définition du califat et
de l'imamat, la conversion du pouvoir pontifical des califes
en une souveraineté monarchique purement
temporelle, la distinction entre la royauté et le sultanat, tels
sont les principaux objets traités dans ces deux sections.
Ibn Khaldoun auprès de Tamerlan, à Damas (1400). L'auteur parcourt ensuite toutes les parties essentielles de l'administration, le gouvernement général, la cour, la justice, la religion, les finances, les impôts, la guerre, le commerce, etc.; il fait connaître leur objet, leurs attributions, les formes avec lesquelles on les exerce, et les variations survenues dans chacune d'elles; puis il traite des vices qui s'introduisent dans le gouvernement, de leurs effets, des remèdes qu'on peut y apporter, et de la ruine inévitable qu'ils entraînent à la longue. La quatrième
section considère l'état de la société
et de la civilisation chez les humains réunis en grandes masses
dans les villes, réunion qui prend sa source dans la tendance vers
la monarchie temporelle : cet état de
la société est le plus favorable à la construction
des grands édifices et des monuments durables qui exigent le travail
constant de plusieurs générations; il favorise les arts Dans la cinquième
section, l'auteur traite du travail en général, considéré
comme moyen de production et d'acquisition des choses nécessaires
à la subsistance de l'humain; des diverses professions libérales
ou mécaniques, telles que les sciences, les fonctions de la religion,
de la magistrature, de l'administration, le commerce, l'agriculture, la
médecine Enfin, dans la sixième
section, qui forme plus du tiers de l'ouvrage, Ibn Khaldoun parcourt tout
le domaine des diverses branches des sciences
: il en présente le système
encyclopédique, la classification et les divisions. C'est dans
cette sixième section, qui manque dans beaucoup de manuscrits,
que Hadj Khalfa a puisé les articles concernant les diverses sciences
dont il a enrichi son grand dictionnaire
bibliographique.
Ecriture manuscrite d'Ibn Khaldoun. (source : éd. Actes Sud, 1997). Toutes les parties de l'ouvrage dont on vient de lire une analyse bien imparfaite sont, entremêlées d'une multitude de faits curieux et d'exemples instructifs, pris chez les Arabes, les Persans, les Berbères et chez d'autres peuples anciens et modernes. On ne peut, en le lisant, que concevoir une très haute idée de la justesse d'esprit d'lbn Khaldoun, de sa sagacité, de son érudition, de la variété et de l'étendue de ses connaissances. Son style est serré, et quelquefois un peu obscur. Les idées manquent assez souvent des liaisons nécessaires, ou des développements que le lecteur pourrait désirer; les chapitres aussi ne sont pas toujours liés par des transitions bien sensibles. Nous avons déjà
dit que ces Prolégomènes historiques ont été
traduits en turc : l'auteur de cette traduction
est Mohammed Pirizadeh, qui vivait sous le règne du sultan ottoman
Achmet (Ahmed) III (
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| Abou Zalcarya Yahya lbn Khaldoun, frère du précédent, né à Tunis en 1334. Il vécut surtout à Fès et à Tlemcen et périt assassiné dans cette dernière ville par Aboû Tachfin, fils du sultan Aboû Hammoû. Il est l'auteur d'un ouvrage historique d'une forme très littéraire qui a pour titre : Nodjaet er-Rouwâdd fi Zikr el-Moulouk min Beni Abd el-Ouâd. Au milieu de périodes d'un style prétentieux, on y trouve quelques renseignements intéressants sur la dynastie des Abd el-Ouâdites. |
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