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Mythologie et histoire des constellations
L'astérisme des Hyades
Les Hyades , comme les Pleiades, font partie du Taureau. Ce sont les étoiles du front de cet animal (Germanicus) céleste. Phérécyde en comptait sept, ou un nombre égal à celui des Pléiades (Théon, Hyginus) ; d'autres n'en comptent que cinq (Germanicus), Euripide, dans sa Tragédie d'Erechthée, en réduisait le nombre à trois; Thalès le réduisait même à deux , et appelait l'une la Boréale, et l'autre l'Australe : un autre en comptait quatre (Théon). Ainsi l'on voit, que les Anciens ont varié sur le nombre des étoiles du front du Taureau, connues sou le nom d'Hyades , et que cette variation a été depuis deux jusqu'à sept; le nombre cinq et sept ont été le plus communément adoptés (Hyginus). Le nom général de ce groupe d'étoiles est Hyades, nom dont on a cherché différentes origines. Les uns veulent, qu'il vienne du verbe grec Hyein, qui signifie pleuvoir (Aulu Gelle), parce qu'elles sont censées distribuer la, pluie, a leur lever et à leur coucher. Aussi Virgile les appelle-t-il les Hyades pluvieuses (Enéide, Isidoe, les Origines, Ovide, les Fastes)). Ceux-ci prétendent, que la forme, sous laquelle ces étoiles sont groupées, qui est celle du V  ou de l'Y, les a fait ainsi appeler (Nonnus). Ceux-là disent, qu'elles s'appellent ainsi, parce qu'elles ont nourri Dionysos / Bacchus, que l'on nomme souvent Yes (Germanicus). D'autres veulent, qu'elles prennent leur nom d'Hyas, qu'on fait tantôt leur frère, tantôt leur père (Hyginus).  Les Latins ,
qui ont cru que ce mot Hyes venait du mot grec Hyes, qui signifie des Porcs. l'ont traduit par Succulae, et c'est sous ce nom qu'elles sont souvent désignées (Hyginus, Aulu Gelle), dans leurs calendriers rustiques. Ils leur donnent aussi le nom de Parilicium (Pline) ou Palilicium (Germanicus), et de Suceidas, par a.llusion au mot grec pleuvoir et humecter (Isidore de Séville). Les poètes les ont désignées souvent dans la mythologie, sous le nom de Nymphes de Dodone, et de nourrices de Bacchus (Hyginus).

On a varié sur les noms particuliers de chacune d'elles. Les plus connus sont (Hyginus) : Ambroisie, Eudorai, Pedile, Coronis, Polyxo, Phileto, Thyenê ou Thyoné (Ovide). D'autres la nomment aussi Phaesule (Hyginus), Phaeta ou Phaiot, Eustephanos, Nymphes semblables aux Charites, suivant Hésiode.

On peut mettre aussi au nombre des noms des Hyades d'autres dénomina
tions données aux Nymphes de Dodone, aux filles de l'Océan , et aux nourrices de Bacchus, puisque les Hyades ont cette triple qualité. Hyginus nomme ces diverses Nymphes Idothea, Althea, Adrasta. D'autres les appellent les filles de Melissus, Nymphes de Dodone, et nourrices de Bacchus. Ceux-ci les nomment des Naïades, et ils les appellent Cisseis, Nysa, Erato, Eriphie, Bromie Polyhymno. Dionysos les avait, dit-on, placées sur le mont Nysa, et il avait prié Medée de les rajeunir (Ovide, Métamorphoses); ce qui ayant été fait, il les consacra ensuite aux cieux. Cette dernière circonstance jette du jour sur le mythe de Pélias et de ses filles, à qui Médée promet de les rajeunir. Ceux-la les nomment, ajoute Hyginus, Arsinoë, Ambrosie, Bromie, Cisseis et Coronis.

D'autres les appellent (Julius Firmicus) : Steropé, Aethusa, Zeuxippe, Arsinoë, Prothoë. Cette dernière semble désignée dans Ovide sous le nom de Prothius, dont le lever cosmique et le coucher héliaque sont fixes au six des calendes de mai, à la fin du premier printemps, quelques jours avant les fêtes de Flore.

Ou donne aussi a Arsinoë, qui est incontestablement une Hyade, pour sœurs, Hilaria et Phébé, et on les fait filles de Leucippe (Pausanias).

Ailleurs on compte parmi les amantes d'Apollon ou du Soleil du printemps : Arsinoé, Aethusa, Hypsipile, Marpessa, Zeuxippe, Prothoë et Daphné (Arnobe).

On peut donc regarder la pIupart de ces noms, comme des noms différents des Hyades, désignées souvent sous le nom générique d'Héliades, ou de filles du Soleil, et de Titanides. Toutes les fois que, dans un mythe, une nymphe de ce nom joue un rôle, c'est toujours dans cette partie du ciel, qu'il la faut chercher.

Parmi les étoiles du front du Taureau, ou parmi les Hyades, on en distingue une surtout, remarquable par son éclat et sa couleur rouge. Elle est placée sur l'oeil du Taureau; et les Arabes la nomment Aldebaran , Debiron, Addebiris (Caesius), Ain al-Tor, ou l'oeil du Taureau (Al Ferghani).

Hesychius l'appelle Monosillé; Ptolomée la nomme Subruffa ou Hypocirros; d'autres Lampadias (Bayer); les Hébreux , Adom.

Aldébaran est une des quatre étoiles royales : aussi Riccioli l'appelle-t-elle Stella Dominatrix; il la nomme encore Atin et Taur, ou Ain.

On fait les Hyades filles du même père et de la même mère, que les Pléiades (Théon, Hyginus), et on leur donne pour frère Hyas, qui, ayant été à la chasse en Libye, fut blessé par un sanglier, comme Adonis, ou par un serpent et périt. On remarquera que toutes  les étoiles, qui se couchent au lever du Scorpion, deviennent des héros fameux, par leur mort, occasionnée par la morsure d'un Sanglier ou d'un Serpent. Cette mort les plongea dans la douleur, comme celle de Phaéton y avait plongé les Héliades ses soeurs. Zeus, touché de leur sort, les plaça aux cieux , sous le nom d'Hyades (Germanicus, Hyginus).

On suppose aussi, qu'elles furent poursuivies par Lycurgue, et qu'excepté Ambroisie, elles se jetèrent toutes dans les eaux (Hyginus). On voit aussi cette version dans Nonnus. Quant à l'exception faite en faveur d'Ambroisie, qui ne se mêle pas aux eaux, on apperçoit aisément l'allégorie.

Euripide, dans sa Tragédie d'Erechtée, ne compte que trois Hyacdes, qu'il fait filles d'Erechtée. Myrtile les fait naître de Cadmus, ou du Serpentaire, qui par son coucher fait effectivement lever le Taureau, et conséquemment les Hyades (Théon).

Tous les auteurs s'accordent à y voir les nourrices de Dionysos / Bacchus, ou du dieu, qui prend la double forme du Serpent et du Taureau, ou des signes de printemps et d'automne, saisons auxquelles présidaient les Hyades.

Columelle place, à la veille des ides d'avril, une disparition des étoiles appelées Succulae, ou des Hyades. Il marque au quinze des calendes de mai le passage du Soleil dans le Taureau, accompagné de pluies; au quatorze des mêmes calendes, un coucher du soir des mêmes Hyades, avec indication de pluies. Il fixe aux nones de mai, le lever des Hyades avec le Soleil, accompagne du souffle du vent de Nord, quelquefois du vent auster, et de pluies.

Columelle marque aux calendes de novembre, et les jours d'avant, le coucher de la tête du Taureau , accompagné de pluies; au quatorze des calendes de décembre, le lever du matin des Hyades, avec indication de tempête; au douze des mêmes calendes, le coucher des Cornes du Taureau; vent de Nord, froid et pluie; au onze, coucher du matin; à la veille des mêmes calendes, coucher total des mêmes Hyades; le fa-vonius ou l'auster soufflent. Il y a quelquefois de la pluie. Germanicus César marque, au quatorze avant les Calendes de Mai, un coucher du soir des Hyades, accompagné de mouvemens orageux sur terre et sur mer. Il en est aussi question au douze des mêmes calendes, sous le nom d'astre Parilicium.

Ceux qui comptent sept Hyades, au lieu de cinq., comprennent sous ce nom les deux étoiles, qui sont à la naissance des cornes (Hyginus). (Ch. Dupuis).

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