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Les
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| Hutcheson
(Francis), philosophe né en Irlande Dans son premier livre, il traite des affections, des inclinations de la nature humaine et du souverain bien; dans le deuxième, des lois propres à la nature humaine, des devoirs et des droits de l'humain en tant qu'individu; dans le troisième, enfin, des devoirs et des droits de l'humain considéré comme être social. Il procède, à la manière de Locke, en faisant de la psychologie empirique. Il étudie d'abord la volonté et divise les actes de volonté en actes égoïstes et en bienveillants; dans chacune de ces deux classes, il distingue les actes constants et ceux qui ne le sont pas. Parmi les égoïstes inconstants, il faut, comprendre, par exemple, ceux qui se rapportent à la faim et à la soif; parmi les égoïstes constants, le désir de son bonheur propre. Comme exemples des deux sortes d'actes bienveillants, on peut citer, d'une part, la pitié, l'amour de ses parents, etc.; de l'autre, le désir du bonheur pour l'ensemble des êtres raisonnables. Hutcheson passe ensuite aux actes indépendants de la volonté, aux perceptions supérieures. Il examine ainsi : le sens de la beauté et de l'harmonie, comprenant sous ce nom le sentiment naturel de la proportion, de la symétrie, de l'harmonie musicale, de la convenance, de la grandeur. Ce sentiment est par lui-même et sans aucune considération intellectuelle accompagné de plaisir. Il étudie ensuite le sens moral. C'est le sentiment qui fait qu'aucune action ne nous est indifférente, mais que toutes nous causent joie ou approbation, peine ou remords. Ces dispositions sont naturelles et universelles ; elles se mêlent et se combattent dans l'humain. Quelles sont celles qui doivent l'emporter? C'est le sens moral qui décide. Le fondement de la morale est dans un instinct naturel, que rien ne peut remplacer ni contrôler. Sitôt qu'il nous apparaît, il apparaît comme notre souverain légitime. Ce qu'il commande avant tout, c'est la bienveillance; il commande ensuite le courage, la droiture, la véracité. La satisfaction de ces tendances constitue le souverain bien. De là dérive la doctrine des devoirs sociaux et les lois du droit naturel. Les idées juridiques et politiques de Hutcheson trahissent clairement l'influence de son pays d'abord, de Rousseau ensuite. Il décrit les avantages d'un gouvernement mixte, sur le principe de la balance des pouvoirs. D'autre part, le pouvoir politique n'a d'autre légitimité que celle que lui ont conférées les conventions primitives des peuples. Ces idées ont une assez grande importance dans l'histoire de la philosophie anglaise. Elles marquent le commencement de l'école écossaise. En esthétique, en morale, elles semblent avoir eu une certaine influence sur la formation de l'esprit de Kant. (Cramaussel).
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.