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Hossaïn

Hossaïn, Hosaïn ou Hussein  (675-690), le second des fils que le calife Ali eut de sa femme Fatima, fille du prophète Mohammed (Mahomet). Jusqu'à la mort de son frère aîné, Hassan (669), qui avait renoncé à ses droits au califat en faveur de Moaouïa, Hossaïn ne put songer à revendiquer l'exercice du pouvoir suprême, mais à partir de cette époque il laissa volontiers entendre à ses partisans qu'il serait prêt, le moment voulu, à se mettre à leur tête. Cette intention se manifesta déjà d'une manière ouverte par le refus qu'il fit de prêter serment d'obéissance à Yézid quand celui-ci fut déclaré héritier présomptif par Moaouïa (678), puis, en 680, se rendant aux voeux des habitants de Koufa, qui lui promettaient de le reconnaître comme calife et de lui fournir une armée de 30,000 hommes, Hossaïn quitta La Mecque, on il s'était réfugié, et partit à la tête d'une petite troupe composée de soixante-douze personnes pour rejoindre ses partisans. Arrivé à Kerbala (auj. en Irak), près des bords de l'Euphrate, il fut attaqué par une armée de 4000 hommes, commandée par Omar ben Saad, et périt avec tous les siens en se défendant vaillamment (11 octobre 680). 

Cet événement, frappant le petit-fils du Prophète, eut un grand retentissement dans tout l'islam, surtout parmi les Chiites qui n'admettaient d'autres héritiers légitimes à la succession de Mohammed que les descendants d'Ali. Encore aujourd'hui tous les ans, le 10 du mois de Moharrem, jour de la bataille de Kerbala, les Chiites manifestent leur douleur dans des cérémonies instituées en souvenir du martyre de Hossaïn. Ces cérémonies, qui rappellent les mystères de la Passion, jouissent d'une très grande faveur parmi les Chiites d'Irak et surtout en Iran, où elles constituent de véritables représentations théâtrales réglées d'après des livrets appelés taazieh. La foule y témoigne de ses sentiments par des cris et des larmes, et bon nombre de fidèles y aboutent leur propre sang qu'ils répandent en se labourant le visage avec leurs ongles ou en se perçant le corps de leurs poignards. La tête de l'imam Hossaïn a été enterrée dans une mosquée du Caire, mais son corps est enseveli à Kerbala dans un magnifique mausolée, objet de la vénération des Chiites, qui, chaque année, s'y rendent en foule en pèlerinage. (O. Houdas).

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Dictionnaire biographique
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