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Daniel Houghton

Le major Daniel Houghton  est un voyageur né vers 1740, mort en 1791. Capitaine dans l'armée anglaise, il quitta le service en 1778. En 1779, il était à Gorée, sur la côte d'Afrique, comme major du fort de cette île; en 1788, il entrait dans l'Association de l'exploration de l'Afrique. La connaissance qu'il avait ainsi acquise des moeurs des Maures et des Noirs l'engagea, en 1789, à offrir ses services à la l'African society qui venait de s'établir à Londres.

Le comité le chargea de déterminer le cours du Niger, et, s'il était possible, la source et l'embouchure de ce fleuve mystérieux, de visiter les villes de Tombouctou et de Houssa dans l'intérieur du continent, et de revenir ensuite par le désert : mais ce projet était subordonné aux circonstances. Houghton partit le 16 octobre 1790, et arriva le 16 novembre à l'embouchure de la Gambie. Il remonta le fleuve jusqu'à une distance de neuf cents milles de la mer, et s'avança ensuite par terre vers le nord-est, traversant plusieurs royaumes, tantôt bien, tantôt mal reçu. 

Le 1er septembre 1791 il était à Simbing, village sur la frontière du pays de Bambouk : il fut volé; son domestique noir ne voulut pas le suivre dans le territoire des Maures. Cependant Houghton ne perdait pas courage, ainsi que le témoigne une lettre qu'il écrivit de ce lieu, et la dernière que l'on ait reçue de lui. Un peu plus loin, à Jarra, ville frontière de Ludamar, il fit connaissance avec des marchands maures qui allaient acheter du sel à Tischit, à dix journées plus ou nord dans le grand désert, et leur offrit un fusil et du tabac pour qu'ils le menassent avec eux. 

On ignore s'ils le trompèrent sur la route à tenir, ou s'ils avaient dessein de l'égarer dans le désert: mais au bout de deux jours. Houghton, soupçonnant leurs intentions, refusa d'aller plue loin; ils le volèrent et l'abandonnèrent. Il revint à pied par le désert. A son arrivée à Jarra (Djarra). Il n'avait pas mangé depuis quelques jours.

Plusieurs bruits différents coururent sur sa mort; on a parlé d'assassinat, mais il paraît aujourd'hui certain qu'il mourut d'une dysenterie. Son corps fut traîné dans les bois, et l'on montra de loin à Mungo Park l'endroit où il était resté. sans sépulture. On chercha vainement à recouvrer ses papiers. Sa catastrophe a été en partie attribuée à ce qu'il avait avec lui un bagage trop considérable, bien fait pour tenter les voleurs, et à ce qu'il avait pris sa route trop au nord. 

L'African society recueillit les lettres d'Houghton et les inséra dans le second numéro de ses Mémoires, qui parut en 1783, Londres, 1 vol. in-4°. Il en existe une traduction française tous ce titre Voyages et découvertes de l'intérieur de l'Afrique, par le major Houghton et Mungo Park. Paris, an 6, 1 vol. in-8°, avec trois cartes. Le traducteur, Lallemand, a, comme on le voit, réuni le second et le troisième mémoire de l'African society. Celui-ci avait été imprimé en 1788. Les détails fournis par Houghton étaient précieux et nouveaux à l'époque où ils furent publiés. (F.-s.).

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