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Hita

Hita (Juan Ruiz, plus souvent nommé l'archiprêtre de). - Poète castillan du XIVe siècle, mort probablement aux environs de 1351. On ne sait au juste s'il naquit à Guadalajara ou à Alcala, mais il dut résider à Hita. pour un motif resté inconnu, il fut enfermé par ordre le l'archevêque de Tolède, Gil de Albornoz (plus tard cardinal), et c'est en prison qu'il écrivit la plupart de ses poéses. Comme Albornoz occupa l'archevêché de Tolède de 1337 à 1350, c'est donc entre ces deux dates qu'il faut placer la captivité de l'archiprêtre. 

Les oeuvres burlesques et satiriques de ce poète étonneraient si on ne connaissait l'extrême liberté des gens d'Eglise au Moyen âge. Juan Ruiz mélange tous les genres et tous les mètres avec un art inconnu jusqu'alors en Espagne. Chez lui, le sacré coudoie sans cesse le profane : hymnes à la Vierge, réminiscences païennes, légende du magicien Virgile, invectives éloquentes contre l'avarice du Saint-siège, amour de Dieu, contes, fables d'Esope, dissertations morales appuyées d'exemples fameux, érudition, mysticisme et crudités. L'archiprêtre, d'ailleurs, ne semble pas s'être piqué de chasteté dans sa vie plus que dans son style. 

« Comme je suis homme et pécheur ainsi que tout autre, nous dit-il lui-même, parfois j'eus grand amour pour les femmes. » 
Dans un prologue en prose, plein de citations latines empruntées à la Bible, l'auteur affirme n'avoir écrit que pour corriger les humains et les conduire au salut. 

Les oeuvres de l'archiprêtre de Hita ont été publiées par l'érudit Sanchez, en sa Coleccion de poesias castellanas anteriores al siglo XV (Madrid, 1779-1790, 4 vol.), réimprimée par Eugenio de Ochoa (Paris, 1842); une édition plus exacte en a été donnée, par P.-J. Pidal et F. Janer, dans la Biblioteca de Rivadeneyra, t. LVII. (Lucien Dollfus).

Hita ou Hyta (Ginés Perez de). - Littérateur espagnol, de la seconde moitié du XVIe siècle. Il était originaire du royaume de Murcie et servit Philippe Il pendant le soulèvement des Alpujarras. Perez de Hita écrivit une histoire romanesque des guerres civiles de Grenade, terminée en 1597 et qu'il prétendait être traduite d'après un manuscrit arabe. La première partie porte ce titre : Historia de los vandos de los Zegries y Abencerrages [...] y batallas particulares que huvo en la Vega entre Moros y Christianos, etc. (Saragosse, 1595). C'est un récit, plus brillant qu'exact, des dernières luttes entre Maures et Chrétiens, depuis la bataille de Los Alporchones, sous Juan II, jusqu'à la mort d'Alonso de Aguilar, en 1501, au temps d'Isabelle et de Ferdinand. L'auteur mêle à cette narration des épisodes d'amour empruntés au pseudo-romancero moresque. Les derniers chapitres racontent la tragique légende des Abencerrages et celles de la reine, femme de Boabdil, faussement accusée par les Zegries et défendue par des chevaliers chrétiens.

Perez de Hita fit paraître une seconde partie : Guerras civiles de Granada y crueles bandas entre los convertidos Moros y vezinos Christianos (Alcala, 1604). Cette suite, beaucoup moins connue, contient cependant un grand nombre de détails historiques sur les cruautés commises par les Espagnols, durant la révolte des Morisques, sous Philippe Il. On sait que Perez de Hita prit part à cette guerre atroce, ce qui donne à son témoignage une irrécusable valeur. Un épisode, peut-être de pure fantaisie, celui du Maure Tuzani et de la belle Maleba (ch. XXII et XXIV) a fourni à Calderon le sujet d'un drame Amar despues de la muerte. Une des singularités de cette seconde partie, ce sont les discours en vers, véritables exercices de rhétorique, que l'auteur met dans la bouche des personnages au milieu d'un récit en prose. 

Les Guerras civiles de Granada ont été réimprimées à Madrid (1833, 2 vol.), dans la Biblioteca de Rivadeneyra, t. III (1846), et à Paris (1847). Il existe deux traductions françaises de la première partie, l'une anonyme (1608), et l'autre de Sané (1809). (L. D.).

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