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Les
gens
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| Hincmar,
archevêque de Reims Tout-puissant alors,
il dirige tous les conciles; c'est par lui que l'évêque Hincmar,
de Laon, est déposé en 871; il excommunie Carloman,
qui avait conspiré contre le roi son père, et contre le pape
qui protège l'évêque et le prince il revendique avec
succès les droits des métropolitains et des conciles provinciaux;
il proteste, lors de la nomination d'un primat des Gaules, l'archevêque
de Sens, et compose son De Jure metropolitanorum et une vie fabuleuse
de saint Rémy pour soutenir ses droits à la primatie. Il
aide
Louis le Bègue à se faire
couronner; mais, malgré ses efforts, son influence décline
à partir de cette époque (877). Il eut de grandes difficultés
avec Louis III au sujet des élections
épiscopales de Noyon et de Beauvais Dans sa conduite politique Hincmar a fait preuve d'une certaine indécision, cherchant à ménager à la fois les deux partis; on le constate non seulement en 858, mais encore en 875 par son Epistola de fide Carolo regi servanda. Dans ses écrits, tout en désirant raffermir l'autorité royale, en voulant qu'on en revînt au gouvernement de Charlemagne, en posant le principe du droit divin, il s'est prononcé nettement en faveur de la subordination de la royauté à l'Église et du gouvernement aristocratique. Il a exposé ces vues dans son traité De Regis persona et regio ministerio, sorte de manuel des devoirs des rois, fait d'après les Pères, et où se trouve développée surtout l'idée que le premier devoir du prince est de punir; ce traité a été dédié très vraisemblablement à Charles le Chauve, qui semblait à Hincmar trop clément. Son ouvrage le plus complet en la matière est l'Epistola de ordine palatii, où il a pris pour base de son sujet l'écrit analogue de l'abbé Adalhard et s'est appuyé sur les traditions qu'il tenait des conseillers de Louis le Pieux (éd. avec trad. fr. par Prou, 1885, in-8, 58° fasc. de la Bibl. de l'Ecole des hautes études). Son Instructio ad Ludovicum Balbum est le plus important de ses opuscules politiques après le De Ordine; il y montre très clairement qu'il voudrait un gouvernement où le roi ne fît rien sans le consentement des nobles. On a de lui encore une lettre De Institutione regis, adressée à Charles le Chauve et qui a pour objet spécial l'éducation des princes Louis et Carloman et n'offre que peu d'intérêt. Hincmar est aussi l'auteur de la dernière partie des Annales dites de saint Bertin, qui va de 861 à 882 (éd. Waitz, Hanovre, 1883, in-8; trad. fr. dans la collection des Mém. publiée par Guizot, t. IV). Parmi ses nombreux autres écrits on doit citer son traité sur la prédestination et ses ouvrages de polémique contre l'hérétique Gotteschalk, puis l'ensemble de sa correspondance. Une partie du recueil des Fausses Décrétales lui a été enfin attribuée, mais probablement à tort. Si l'on tient compte de la haute personnalité d'Hincmar, il faut reconnaître que sa connaissance de l'Antiquité fut relativement imparfaite et que son style est pénible. Ses oeuvres ont été éditées par Sirmond en 1645 (Paris, 2 vol. in-fol.) et rééditées par Migne d'une façon plus complète en 1852 (t. CXXV et CXXVI de la Patrol. lat.). (Marius Barroux). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.