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Hermès

Hermès (Isaac), peintre espagnol, établi en Catalogne vers le milieu du XVIe siècle; il est l'auteur des peintures qui décorent le grand retable de la cathédrale de Tarragone et de quelques autres qui se trouvent à l'entrée de la chapelle du Saint-Sacrement. (P. L.).
Hermès (Johann-Thimotheus). - Romancier né à Petznik, en Poméranie, le 31 mai 1738, mort à Breslau le 24 juillet 18821. Il fit ses études au gymnase de Stargard et à l'université de Koenigsberg, devint ensuite professeur à la Ritterakademie (lycée destiné aux jeunes gens nobles) de Brandebourg, aumônier militaire à Lüben en Silésie, prédicateur de la cour d'Anhalt, enfin premier pasteur de l'église Sainte-Elisabeth à Breslau et professeur à la faculté de théologie. Il écrivit une série de romans didactiques, imités de Richardson, qui eurent alors le mérite d'une certaine élégance de style, et qui sont, aujourd'hui à peu près oubliés.
Hermes (Georg). - Théologien né à Dreverwalde (Westphalie) le 22 avril 1775, mort à Bonn le 26 mai 1831. Il enseigna la théologie à Munster à partir de 1807 et à Bonn à partir de 1819. Il accepte le dogme catholique, mais il estime qu'on ne peut croire que ce qu'on comprend et que l'on doit douter jusqu'à ce qu'on comprenne, car si les vérités rationnelles dépassent les vérités révélées, la raison a cependant qualité pour trouver et formuler scienfiquement les vérités révélées. A ce point de vue, Hermes examine, par exemple, les décrets du concile de Trente, et en démontre rationnellement la vérité, rationalisme qui procédait de Wolf beaucoup plus que de Kant. Il exerça un ascendant considérable sur plusieurs générations d'étudiants westphaliens : il prétendait donner une évidence philosophique du dogme, et présentait cela avec une logique précise jusqu'à la subtilité et avec un grand talent de persuasion; enfin, il était protégé par le comte de Spiegel, archevêque de Cologne

Les hermésiens, comme on nommait les disciples de ce maître, fondèrent en 1832 une revue théologique et philosophique et s'apprêtaient à propager leur doctrine bien au delà du rayon de l'université de Bonn, quand, aussitôt après la mort de l'archevêque Spiegel, un bref de Grégoire XVI (26 septembre 1835) condamna l'hermésianisme. Toutes les démarches des principaux amis d'Hermes, qui s'efforcèrent de prouver que le maître n'avait pas enseigné ce que condamnait le pape, furent inutiles. Vers 1850, l'hermésianisme n'était plus qu'un souvenir. Cette extinction rapide est due en partie seulement aux rigueurs du successeur de Spiegel, Mgr Droste de Vichering; de fait, le rationalisme du XVIIIe siècle s'était survécu dans l'hermésianisme; en outre, l'intransigeance ultramontaine devint prépondérante en Allemagne à partir de 1830 et étouffa désormais toute velléité d'indépendance et de libéralisme. (F.-H. K.).

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