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Hawking

Hawking, Stephen, physicien né en 1942 à Oxford. Après des études à Oxford, il poursuivra ses recherches à Cambridge, où il occupe depuis 1977 la chaire de mathématiques qui fut jadis celle de Newton et plus récemment de Dirac. Il aconsacré ses principaux travaux à la cosmologie, et a notamment montré avec Roger Penrose que tout modèle cosmologique bâti à l’aide des équations de la relativité générale possède un point singulier dans son passé.

Influencé par les travaux de Dennis Sciama, il s'intéresse également aux trous noirs. On lui doit également la découverte d’un possible rayonnement des trous noirs (Rayonnement Hawking). Un comportement d’apparence paradoxale, qui naît du rapprochement entre théorie de la gravitation et théorie quantique.

Le grand public a pu le connaître grâce à son ouvrage Une Brève Histoire du temps, paru en 1988. Atteint d’une maladie neuromotrice très handicapante, il continue toujours ses recherches.

"En attendant, me vois-tu essayant toujours de répondre à des questions telles que : y a-t-il une réalité derrière, extérieure, consciente et à jamais présente, etc. accessible par n'importe quelles voies acceptables pour toutes les religions et croyances et adaptables à tous les climats et pays?"
( Malcolm Lowry).

Plus que deux ans à vivre. Voilà ce que peut encore espérer Stephen Hawking, qui vient tout juste de fêter ces 21 ans, lorsque en février 1963, les médecins diagnostiquent le mal qui vient de l'atteindre. Une maladie neuromotrice incurable. Le brillant étudiant en physique de Oxford, à l'époque vaguement à la recherche d'un sujet de thèse, sombre alors dans la dépression. Il brûle ses jours et noie ses nuits dans l'alcool. Mais les mois passent et le mal semble se stabiliser et, surtout, Stephen a rencontré Jane. Jane Wilde, une étudiante préparant un doctorat en littérature médiévale portugaise, qu'il a connue tout juste quelques semaines avant que ne se déclare la maladie. C'était au cours du réveillon du jour de l'an. Typiquement, le rituel par lequel nous exorcisons d'ordinaire le temps qui passe...

Jane et Stephen se marient et trois enfants naîtront de leur union. Désormais en charge d'une famille, Hawking doit trouver un travail, devenir professeur, et donc en finir avec cette affaire de thèse. C'est alors qu'il découvre un article de Roger Penrose sur les trous noirs. Ces impasses du temps, où tout est englouti à jamais, explique le physicien, conduisent nécessairement à la formation d'une singularité. Comment cela n'aurait-il pas constitué un déclic pour un Hawking, plus que tout autre pénétré du sens de l'inéluctable? Comment aussi le jeune homme n'aurait-il pas été tenté alors de renverser, au moins par la pensée, le cours impitoyable des choses? Il comprend ainsi qu'il suffit d'inverser la flèche du temps pour que les résultats de Penrose concernent également du big bang. Il tient son sujet de thèse.

Au cours des années 1970, alors que la progression de la maladie le condamne peu à peu au fauteuil roulant, Hawking se consacre à l'étude des trous noirs. Mêlant relativité générale et physique quantique, il montre que, contre toute attente, ces objets rayonnent de l'énergie. Il s'évaporent... On peut attribuer aux trous noirs une température, une entropie, et cela restera certainement sa grande découverte. En 1974, Hawking accède à la chaire de mathématiques occupée avant lui par Isaac Newton et Paul Dirac, à Cambridge. A partir de 1980, le physicien se tourne vers la cosmologie quantique. Avec James Hartle, de l'université de Californie, il commence à envisager sa célèbre hypothèse "pas de bord", conduisant à lisser la singularité initiale du big bang par des effets quantiques. L'ironie veut que ce soit au Vatican, lors d'une conférence organisée par les jésuites, qu'il présente pour la première fois cette théorie Une théorie selon laquelle, écrira-t-il plus tard, "l'univers se contient tout entier, n'ayant ni frontières ni bords, il ne devrait avoir ni commencement ni fin : il devrait simplement être", avec, à la clé, la question : "quelle place reste-t-il alors pour un créateur?". On comprend que l'entrevue avec le Pape qui a suivi la conférence se soit terminée sur un malentendu!

Dieu va pourtant devenir le centre de la réflexion du physicien. Mais un Dieu à sa façon. Car Stephen Hawking, qui à l'âge de 13 ans, lisait et admirait le mathématicien Bertrand Russell, et qui, devenu adulte, se déclare toujours fidèle au héros de sa jeunesse, se veut, comme lui, athée. Son Dieu, c'est donc plutôt le "Dieu des savants et des philosophes", déjà évoqué par Blaise Pascal, bien différent du Dieu personnel, doué de conscience et de volonté, des religions. Il s'agit d'un Dieu qui, avant de répondre aux tourments de l'Homme, a vocation à résoudre ce mystère qu'est l'ordre et de l'intelligibilité de l'univers.

En 1985, une trachéotomie consécutive à une pneumonie emporte la voix du physicien. Sa santé ne cesse de se dégrader et nécessite des soins de plus en plus lourds. Hawking, qui a alors besoin d'argent pour payer ses infirmière écrit et publie en 1988, sa Brève histoire du temps. Un ouvrage dont on a dit qu'il avait été le livre scientifique le plus acheté de toute l'histoire, et aussi le moins lu. Mais surtout un livre où Hawking se montre de nouveau préoccupé d'inverser le cours du temps ou, plutôt, cette fois, de le nier, de figer dans le chaud cocon de l'être la marche d'un devenir, qui ne serait plus que pure illusion. Prophète d'une fin prochaine de la physique, Hawking vise ouvertement à la connaissance de "la pensée de Dieu". Cette expression qui termine son ouvrage vient en écho à une phrase d'Einstein, qui affirmait lui aussi n'être intéressé que par la pensée de Dieu, à côté de quoi tout le reste n'était que vétille...

Dans un livre-dialogue reprenant le texte de conférences données en 1994 avec Roger Penrose, Hawking se montre hanté par la perte irrémédiable du sens des choses. On découvre alors, en filigrane, un penseur plus que jamais taraudé par cette question à laquelle les religions, et aujourd'hui aussi la cosmologie scientifique, prétendent apporter la réponse ultime - cette même question qui, pour chacun de nous, accompagne immanquablement tous les désastres : pourquoi?

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