 |
Hassan (Hassan
Ibn Ali Ibn Abi Tâlib), fils aîné d'Ali,
cousin et gendre de Mahomet, et de Fâtima,
né à Médine au mois de Ramadân ,
l'an III de l'hégire (février 625). Il avait trente-huit
ans lorsque son père fut assassiné à Koufa, le 19
janvier 661; les défenseurs de la cause alide le proclamèrent
aussitôt calife. Mais l'héritage
paternel était déjà trop lourd pour les épaules
de cet homme d'humeur pacifique et modeste, timoré de caractère,
trop accessible aux compositions de conscience et d'une piété
exagérée. Il fut inférieur à sa tâche.
Ayant tenté de marcher contre son
rival Mouâwyia, chef des Omeyyades, ses
soldats se soulevèrent contre lui ; il fut publiquement insulté
et perdit toute considération. Sur ces entrefaites, Mouâwyia,
proposant de lui servir une pension s'il voulait se démettre, il
y consentit et rentra au bout de six mois dans la vie privée. En
cette occasion, il montra comme toujours une faiblesse excessive; il demanda
vainement à Mouâwyia qu'il fit cesser les anathèmes
prononcés contre son père; il ne put même obtenir qu'on
s'en abstint au moins en sa présence. En outre, il ne pouvait, paraît-il,
s'accorder avec ses femmes et il en changeait tous les jours, ce qui lui
valut le sobriquet de Matlâq « le Divorceur ».
Ces défauts firent le plus grand
tort à sa cause que, pendant ce temps, son frère Hosseïn,
héritier de l'ambition et de la bouillante ardeur d'Ali,
soutenait vaillamment, mais sans grand succès. Hassan mourut à
Médine en 669 au milieu des plus fervents exercices de piété.
On croit qu'il fut empoisonné par une de ses femmes à l'instigation
de Mouâwyia ou de son fils Yazid.
Hassan, qui laissa onze fils suivant les
uns, quinze suivant d'autres et une fille, fut la souche d'un grand nombre
de dynasties princières : Edrissites de Fès
(788-961); Hassanides du Tabaristan (864-900) : Banou Okhaïdir de
La Mecque
(865-961) ; Hammoûdites d'Espagne
(10161057); Zeyyânides de Tlemcen (1359-1554); Hassanides du Maroc
(1529-1894); Imâms de Sanaa
(1597-1873). (P. Ravaisse). |
|