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Franz
Hals
est un peintre hollandais, né probablement à Anvers en 1584,
mort à Haarlem le 26 août 1666. D'une famille originaire de
Haarlem, on ne possède pas de renseignements très précis
sur son enfance; on a voulu parfois qu'il ait vécu à Anvers
où il aurait pu recevoir de Rubens ses premières leçons;
il paraît plus vraisemblable qu'il vint, dès 1602, à
Haarlem où il fut élève de Karel Van Mander. Il passa
le reste de sa vie à Haarlem. Tout ce que l'on sait de lui, c'est
qu'il avait un goût excessif pour la boisson et se brouilla avec
sa première femme pour cette raison. Cependant son grand talent,
sa bonne humeur et sa gaieté firent passer sur ce défaut,
et il n'en était pas moins estimé de la bonne société
de la ville, où on lui confia diverses fonctions : en 1644, il était
commissaire de la gilde. Sa vie joyeuse jeta un grand désordre dans
ses affaires et il se trouva constamment dans la gêne; en 1662, la
ville dut lui donner des secours et lui faire une pension annuelle. Malgré
tout, il vécut jusqu'à un âge avancé et resta
jusqu'au dernier jour en possession d'une santé vigoureuse, de son
intelligence et de son talent.
Le premier tableau
daté que l'on possède de Franz Hals est le portrait de Scriverius
(1613) qui se trouve à Paris; le suivant date de 1616 et représente
le Banquet des officiers des Arquebusiers de Haarlem (au musée de
Haarlem), tableau plein de vie et d'un coloris puissant. En 1627 viennent
deux nouveaux tableaux représentant le Banquet des officiers des
Arquebusiers de Saint-Georges et Saint-Hadrien : ils sont tous deux au
musée de Haarlem ou une salle spéciale contient un grand
nombre des compositions les plus caractéristiques du maître.
En 1633, il peignit le Banquet des officiers des Arquebusiers de Saint-André
(musée de Haarlem); l'attitude naturelle et la belle composition
de ce tableau sont remarquables. En 1637, Banquet de seize officiers (hôtel
de ville d'Amsterdam); en 1639, nouveau Banquet de dix-neuf officiers de
Saint-Georges (musée de Haarlem); dans ce dernier tableau, Franz
Hals s'est représenté lui-même au nombre des officiers.
En 1644, il peint les Régents de l'hôpital Sainte-Elisabeth
(musée de Haarlem); le ton général est gris et la
manière beaucoup plus simple que dans ses premières oeuvres.
Ce changement est encore plus sensible dans le singulier et triste tableau
qui représente les Régents et Régentes de l'hôpital
des Vieillards (1664). Hals avait alors quatre-vingts ans. Il a peint aussi
des sujets historiques, tels que la Levée du siège d'Ypres
par l'intercession de la Sainte Vierge, placé autrefois à
l'église des Récollets.
En dehors de ces
grandes compositions, Franz Hals a peint un très grand nombre de
petits tableaux de genre et surtout de portraits; pendant sa vie, il fut
surtout réputé comme portraitiste pour sa profondeur d'observation.
Sa manière large et simple, sa couleur puissante et hardie, que
l'on a pendant longtemps taxée de vulgarité dans la touche,
ses qualités de pittoresque et la composition railleuse de quelques-uns
de ses intérieurs montrent la force et la variété
de son talent; critiqué de son vivant, il a été pendant
bien des années tenu dans un dédain injuste; ce n'est qu'au
milieu du XIXe siècle qu'on a commencé à lui rendre
justice. On l'a alors considérer comme un maître et l'on citait
quelques-uns des peintres les plus réputés de l'école
anglaise, Whistler, par exemple, dont le talent procèdait de Franz
Hals. Celui-ci semble avoir subi vers 1635 l'influence de Rembrandt, les
tons chauds et le clair-obscur de ce peintre. Parmi ses meilleurs portraits,
nous citerons celui de Scriverius, le portrait d'Acronius (1627) au musée
de Berlin; la Famille Beresteijn (1629), à Haarlem; un portrait
de Femme (1630) qui se trouve au musée Van der Hoop; un portrait
de Jeune Homme (1632) au musée de Bordeaux; celui de Pieter Bor
(1634), au musée de Rotterdam; celui de la Chambre (1638) ; un portrait
d'Homme (1660); le portrait de l'artiste lui-même et de sa femme,
en pied, grandeur nature, au musée d'Amsterdam. D'autres tableaux
remarquables de Franz Hals sont dispersés dans toutes les villes
d'Europe : les Hille-Bobbe, Aix-la-Chapelle; le Fou, jouant de la mandoline,
Amsterdam; plusieurs portraits à Kassel ; le Rommelpotspeeler, à
La Haye; l'Homme à la baguette, à Londres; la Bohémienne
et le portrait si expressif de René Descartes, au Louvre ; le Bourgmestre
de Haarlem, à Paris, etc. Les musées et les collections de
Berlin, Bruxelles, Dresde, Gotha, Francfort, Munich, Saint-Pétersbourg,
Stuttgart et Vienne contiennent aussi des toiles de Franz Hals. Les principaux
élèves du maître hollandais ont été Ad.
Van Brouwer et A. Van Ostade. Suijderhoef a gravé un grand nombre
des compositions du peintre.
Rembrandt, Van der
Helst et Franz Hals sont les trois grands peintres de portraits du XVIIe
siècle de l'école hollandaise; mais Rembrandt est le seul
qui ait réellement fondé une école et formé
des élèves. Van der Helst, esprit sage, méthodique,
talent modéré, exact, qui plaisait tant à ses contemporains,
n'a pas fait d'élèves. Franz Hals, dit Havard, « le
peintre emporté, débordant, maître absolu de sa main,
admirablement servi par son oeil, forma beaucoup d'élèves
et n'eut pas un imitateur ». Ni son frère
Dirck Hals, ni Brouwer,
ni Adriaan Van Ostade ne cherchèrent à marcher sur ses traces.
Quant à Franz
Hals
le fils, il a peint de bons portraits, mais ne mérite pas une place
à part dans l'histoire de l'art. Le talent vivant, primesautier
de Franz Hals, est très séduisant. Ampleur de touche, coloris
brillant, vigueur d'oppositions, harmonies inattendues, l'art ne peut guère
aller au delà. La vigueur de son pinceau rappelle avec plus d'audace
le procédé de Rubens; mais sa lumière contenue, sa
manière d'éclairer ses tableaux, le choix et la composition
de ses sujets le rangent dans l'école hollandaise. Sa place y est
d'une grande importance : car son exemple a porté les portraitistes
à élargir leur facture. Jamais on n'a égalé
la certitude avec laquelle il juxtaposait les tons de ses chairs sans les
fondre; personne n'a dépassé la fermeté de son dessin.
Sa facilité extrême l'a parfois entraîné à
une largeur de touche excessive, voisine du genre décoratif ; la
liberté de sa vie, son amour de la bonne chère et de la bouteille
lui ont sans doute fait terminer trop hâtivement quelques-uns de
ses tableaux qui sont demeurés imparfaits; mais nul n'a manié
le pinceau avec plus de sûreté et de force. Nous ne pouvons
le juger par ce que nous avons de lui en France : le portrait de Descartes
au Louvre est secondaire; la Bohémienne, Hille-Bobbe et le portrait
de Femme du musée Lacaze sont de second ordre. C'est à Haarlem
qu'il faut voir son oeuvre : ses magnifiques réunions de gardes
civiques, ses Arquebusiers de Saint-Georges et, dans un autre ordre, les
portraits des Berestijn, sont les morceaux qu'il faut voir pour le connaître
et l'apprécier à sa valeur ; les tableaux que l'on a retrouvés
de lui sont très nombreux : on en compte cent soixante environ.
(Ph. B.).
Dirck Hals
est un peintre hollandais, né avant 1600, mort à Haarlem
en 1656. Il était le plus jeune des frères de Franz Hals.
Il fut un des premiers à peindre des « tableaux de société
» représentant des jeunes gens, hommes et femmes, dînant
ensemble, faisant de la musique, chantant, causant, dansant; ce genre devint
vite à la mode et fut traité par un grand nombre de ses contemporains,
dont le plus connu est Palamedes. Ses peintures, dans lesquelles les personnages
sont presque toujours de petite dimension, ont une tonalité fine
et ressemblent à des tableaux de son frère aîné
vus par le petit bout de la lorgnette. Resté longtemps méconnu,
Dirck Hals est devenu presque célèbre à partir de
la seconde moitié du XIXe s. Bode
lui a consacré une étude dans laquelle il énumère
une centaine de ses ouvrages. Ses meilleurs ouvrages se trouvent au musée
de Vienne, à la National Gallery et dans beaucoup de galeries particulières
de Paris, de La Haye, etc. (E. Bricon). |
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