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Grandville
(J. J.). - Dessinateur, né en 1804 à Nancy ,
mort en 1847, reçut les premières leçons de son père,
peintre de miniatures, vint se perfectionner
à Paris ,
et s'ouvrit une voie nouvelle en créant la caricature philosophique
et sociale. Il débuta par les Tribulations de la petite
propriété, que suivirent les Plaisirs de tout âge,
la Sibylle des salons, puis les Métamorphoses du jour,
dont les piquantes figures, moitié hommes, moitié animaux,
rendirent son nom populaire. Il enrichit de ses dessins
la Silhouette, l'Artiste, la Caricature, le Charivari, illustra
Gulliver ,
Robinson ,
Béranger,
Jérôme
Paturot, interpréta avec un admirable talent les Fables
de La Fontaine, donnant aux animaux l'expression
de la physionomie humaine, puis en vint à composer des livres en
estampes
où la texte n'est plus que l'accessoire (Scènes de la
vie privée et pu blique des animaux, Petites misères de la
vie humaine, etc.). Il donna dans les derniers temps de sa vie les
Fleurs animées, les Étoiles animées, l'Autre monde,
compositions empreintes d'un certain mysticisme
qui avait sa source dans la tristesse : il avait perdu coup sur coup une
femme qu'il aimait et trois jeunes enfants. Grandville était parvenu
à exprimer avec autant de justesse et de concision que d'esprit
les sentiments les plus secrets du coeur humain les traits les plus fins
du caractère. |
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