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Les
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| Godoy
y Alvarez de Faria (Manuel), duc de l'Alcudia, prince de la Paix, célèbre
homme d'Etat espagnol Devenu favori intime de celle-ci, il sut aussi entièrement captiver Charles IV, et dès lors sa carrière fut vertigineuse. Adjudant général de sa compagnie en 1788, adjudant général des gardes du corps en 1791, lieutenant général en 1792, créé duc de l'Alcudia, major des gardes du corps, membre du conseil d'Etat, il succéda, à l'âge de vingt-cinq ans, au célèbre comte d'Aranda, comme premier ministre (15 novembre 1792). Il faut reconnaître que, dans les conseils du gouvernement, il avait fait preuve de beaucoup de tact et d'une maturité de jugement au-dessus de son âge. Mais il arriva aux affaires à l'heure des grandes difficultés. Sous l'influence
des sentiments profondément monarchiques de la nation, surexcités
par l'exécution de Louis XVI,
il crut devoir venger cette mort; mais ses velléités comminatoires
furent prévenues par la Convention qui déclara la guerre
à l'Espagne (7 mars 1793). Malgré quelques succès
de début des armées espagnoles, la France resta victorieuse
dans une seconde campagne, et la paix fut signée à Bâle
le 22 juillet 1795, La conclusion de ce traité valut à Godoy
le titre de prince de la Paix (principe de la Paz), la grandesse d'Espagne
de première classe, l'ordre de la Toison d'or et une dotation territoriale
de 50 000 piastres fortes de revenus. Méprisant les attaques d'une
opposition déchaînée par ces hautes faveurs, il fit
encore signer un traité d'alliance offensive et défensive
avec la République française (19 août 1796), pour essayer
de débarrasser son pays de la tutelle désastreuse de l'Angleterre.
Après une courte guerre contre cette puissance, Godoy s'appliqua
à panser les profondes blessures de l'Espagne, à la relever
de le ruine économique, à abaisser l'influence de l'Inquision
et les prétentions du clergé, à affranchir le gouvernement
de l'ingérence de la papauté.
Godoy, prince de la Paix, tableau de Goya. L'accomplissement
d'une aussi lourde tâche suscita contre lui toutes les haines et
une coalition de tous les intérêts lésés. Il
y prêta encore le flanc par sa vie fastueuse au milieu de la détresse
générale et surtout par son double mariage, l'un secret avec
Josefa Tudo, fille d'un officier; l'autre, avec Marie-Thérèse
de Bourbon, fille naturelle de l'infant D. Louis, frère du roi,
princesse que la reine lui avait fait épouser par jalousie (septembre
1797). L'Angleterre attisait encore cette animosité publique que
dirigeait l'héritier du trône, le prince des Asturies L'attaque brutale
par des Anglais de quatre frégates espagnoles en vue du port de
Cadix L'armée française,
envoyée à la conquête du Portugal, ayant pris des allures
inquiétantes pour l'indépendance de son alliée, Godoy
conseilla au roi de partir pour Cadix Sa fille, issue du mariage avec la princesse de Bourbon, avait épousé en 1820 le prince romain Ruspoli. Pendant son exil, il mit au jour ses mémoires : Cuenta dada de la vida politica de D. Man. Godoy, principe de la Paz, o sean memorias criticas y apologeticas (Madrid, 1836-1838, 5 vol. in-8, et 1842, 6 vol. in-8; trad. en français, Paris, 1836-1838, 4 vol.), mémoires bien instructifs pour l'histoire. Le rôle politique de Godoy a souvent été apprécié avec trop de passion. Maître absolu de l'Espagne pendant nombre d'années, mais au milieu des conditions extérieures et intérieures exceptionnellement périlleuses, il a été rendu responsable de tous les événements malheureux qu'il n'était pas en son pouvoir de dominer. Dans le cours de sa longue administration, il fit preuve de largeur de vues politiques, de clairvoyance, de patriotisme. de courage, d'habileté gouvernementale, et après sa chute, Napoléon lui-même le qualifia « d'homme de génie-». (G. Pawlowski). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.