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Les
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| Il Giorgione
(Giorgio Barbarelli, surnommé). - Peintre
italien, né à Castelfranco Giorgione laissait des oeuvres très
admirées, rivales des plus beaux Titien,
dont beaucoup sont perdues, ou se confondent encore dans la foule des toiles
anonymes. D'abord, il avait peint des fresques,
ou plutôt des peintures à l'huile
sur le mur, au palais Soranzo, sur la place San Paolo, au palais Andrea
Loredano (plus tard palais Grimani), à la Casa Flangini (près
de Santa Maria Giobenico); toutes ces oeuvres exécutées par
un procédé malheureusement éphémère,
avaient déjà disparu au temps de Vasari,
en 1544. Giorgione avait aussi décoré de figures équestres
et d'allégories une des façades du Fondaco de' Tedeschi,
bâti en 1508 par Fra Giocondo; Titien avait été chargé
en même temps de peindre l'autre façade : de l'oeuvre des
deux peintres il ne reste plus que des vestiges informes. Parmi les tableaux
de chevalet, il est au moins possible de distinguer quelques oeuvres certaines,
qui permettent de suivre Giorgione dans le développement de sa manière.
Les deux plus anciennes sont Moïse
L'Adoration des Bergers, par Giorgione. L'influence de Léonard
de Vinci, très sensible dans le modelé du tableau
de Castelfranco, achève d'assouplir le talent du peintre; en même
temps, sa couleur devient de plus en plus
riche et dorée, en perdant son poli métallique dans les tableaux
suivants : les Astrologues Mais les oeuvres capitales, celles qui
nous montrent l'artiste dans sa pleine maturité, sont deux toiles
de dimensions médiocres, conservées l'une au palais Giovanelli
(Venise), l'autre au palais Pitti (Florence). La première est appelée
depuis longtemps la Famille de Giorgione, et si l'on considère
la tendresse avec laquelle l'oeuvre est peinte, la paix et le bonheur qu'elle
respire, il semble en effet probable qu'elle représente l'artiste
avec sa maîtresse presque nue allaitant son fils : le paysage
éclairé au fond par le soleil couchant qui laisse les premiers
plans dans la pénombre, parait bien être l'admirable vallée
de Castelfranco D'après cet ensemble, il est facile
d'analyser le génie de Giorgione et de se rendre compte de son influence.
C'est avant tout un Vénitien
épris de la couleur et amoureux de
la nature. Il n'a aucun souci de la composition,
aucune force dramatique, mais une intensité et une profondeur admirables
dans l'expression des visages; de même il n'a que peu d'idées
et peu de sentiment religieux, mais il est riche en sensations voluptueuses
de la beauté féminine, de la grâce virile, de la splendeur
de la nature.
La Tempête, par Giorgione. Pour la couleur, pour le paysage,
pour le portrait même, Giorgione est
le maître direct de Titien; il a eu encore
comme élèves Morto da Feltre, Sebastiano del Piombo, Giovanni
da Udine, Francesco Torbido; et pendant longtemps sa tradition a dominé
toute une école, celle de Pordenone, des Pellegrino, des Cariano,
des Pâris Bordone, des Lotto, dont les
anciens historiens d'art, Boschini ou Ridolfi, ont mis instinctivement
les oeuvres sous le nom du maître. Parmi ces faux Giorgione, il en
est qui remontent sûrement à des types originaux : ainsi la
Sibylle Il en est qui n'ont aucun rapport avec
Giorgione, comme la célèbre Mise au Tombeau conservée
au Mont-de-Piété de Trévise, qui est sous l'inspiration
immédiate du Corrège, et la célèbre
Tempête
de l'Académie de Venise, attribuée par
Vasari
à Palma Vecchio. Enfin toute une série d'oeuvres continuent
souvent avec éclat la tradition du maître, et ne font pas
tort à son nom; telles sont la Sainte Famille au Donateur
(Louvre), peut-être par Pellegrina da San Danièle; Hérodias
avec la tête de saint Jean-Baptiste (Palàs Doria), par
Pâris
Bordone (?); la Rencontre de Jacob et de Rachel (Dresde), avec
l'inscription obscure G. B. F.; le prétendu Gattamelata et
son écuyer (Offices), l'Horoscope d'un Enfant (palais Giovanelli
à Venise);
Un Jeune Homme égorgé par un sbire
(Belvédère à Vienne), attribué à Cariani.
Il y eut à Brescia |
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© Serge Jodra, 2007. - Reproduction interdite.