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Gay (John).
- Poète anglais, né
à Barnstapie (Devonshire )
en 1688, fut d'abord commis chez un marchand de soie. La duchesse de Monmouth,
qui avait eu l'occasion d'apprécier son talent, le prit pour secrétaire,
et il put dès lors se livrer à loisir à son goût
pour les lettres. Il accompagna comme secrétaire le comte de Clarendon
dans son ambassade en Hanovre. Il jouit quelque temps des faveurs de la
cour; mais ayant été disgracié, il en conçut
un vif chagrin et mourut peu après, en 1732, à 45 ans. On
a de lui des comédies (The wife of Bath; What d'ye call it? Three
weeks after marriage); des opéras,
dont les plus célèbres sont le Gueux (The Beggar)
et Polly qui y fait suite; des tragédies et des poésies
diverses, mais il est surtout connu par ses fables, qu'il composa en 1726
pour l'instruction du jeune duc de Cumberland, et par des Églogues
rustiques (la Semaine du Berger), pleines de naturel. Ses fables
ont été traduites par Mme de Kéralio,
Paris, 1759, et mises en vers par Joly de Salins, 1811. |
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Gay (Sophie de La
Valette, dame). - Femme d'esprit, née à Paris
en 1776, morte en 1852, était fille du financier La Valette. Mariée
fort jeune à un agent de change, elle divorça en 1799 pour
épouser M. Gay, qui fut sous l'Empire receveur général
du département de la Roër. Son salon devint le rendez-vous
de la plus brillante société : elle était particulièrement
liée avec Pauline Bonaparte (princesse
Borghèse).
Elle débuta dans la carrière
des lettres en 1802, par un roman assez faible, Laure d'Estell, donna en
1813 Léonie de Montbreuse, son chef-d'oeuvre, en 1816 Anatole,
récit plein d'intérêt, dont le héros est un
sourd-muet, en 1818 les Malheurs d'un amant heureux, où elle
peint au naturel la société du Consulat et de l'Empire. A
partir de 1830, elle fit paraltre une série d'ouvrages dans le goût
du jour : la Physiologie du ridicule, la Duchesse de Châteauroux,
la Comtesse d'Egmont, le Comte de Guiche, etc. Parmi ses oeuvres dramatiques,
on a remarqué le Marquis de Pomenars, donné à
la Comédie-Française en 1819; le Chevalier de Canolle,
à l'Opéra Comique, 1836.
Poète et bonne musicienne, elle
a composées paroles et la musique de plusieurs romances qui ont
eu la vogue, entre autres, Moeris. Elle a laissé des mémoires
: les Souvenirs d'une vieille femme, publiés en 1834, en
sont un fragment. Tous ses écrits brillent par un esprit naturel,
un style net et courant, et respirent un rare parfum d'élégance
et de bonne compagnie. Elle eut pour fille Delphine Gay (Mme Em. de Girardin)
: on a dit, sans vouloir rabaisser par là ses mérites personnels,
que sa fille était son plus bel ouvrage. |