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Garnier (Jean-Louis-Charles),
architecte français, né à Paris le 6 novembre 1825,
mort le 3 août 1898. Elève de Léveil, H. Lebas et de
I'Ecole des beaux-arts, Charles Garnier remporta le premier grand prix
d'architecture en 1848 sur un projet
de conservatoire des arts et métiers, et, comme pensionnaire de
l'Académie de France à Rome, adressa de nombreux envois parmi
lesquels il faut citer les suivants : études sur le Forum de Trajan
à Rome, état actuel du temple de Vesta à Tivoli, relevé
du temple de Sérapis à Pouzzoles et, outre quelques dessins
de monuments de la Renaissance italienne, la restitution, en onze feuilles
de dessins et un mémoire, du temple de Jupiter Panhellénien
à Egine (Grèce). Ce dernier envoi, adressé d'Athènes
en même temps qu'un mémoire sur l'île d'Egine dû
à Edmond About, alors pensionnaire de l'Ecole française d'Athènes,
fut des plus remarqués, autant peut-être par l'Académie
des inscriptions et belles-lettres que par l'Académie des beaux-arts,
comme reproduisant après d'heureuses découvertes, dans tous
ses détails et avec une large part faite à la polychromie,
le temple de l'architecture hellénique du VIe
siècle le plus complet et le plus voisin de la perfection.
De retour en France, Garnier fut attaché
comme auditeur au conseil général des bâtiments civils
en même temps qu'il devint bientôt architecte d'une des sections
(Ve et VIe
arrondissements) de la ville de Paris; mais il ne devait pas tarder à
voir s'ouvrir le plus brillant avenir d'artiste dès le concours
édicté, à la fin de 1860, pour la construction du
nouvel Opéra de Paris. En effet, de ce concours à deux épreuves,
la première, sur esquisses, à laquelle prirent part 171 concurrents
de toutes les écoles et dont quelques étrangers, et la seconde,
sur projets rendus et réservés aux 5 lauréats de la
première épreuve, Garnier sortit classé le premier,
à l'unanimité des membres du jury appartenant à l'Institut
et au conseil général des bâtiments civils, et dès
lors, pendant quinze années, jusqu'en 1875, et même encore
ensuite, ne cessa de donner tous ses soins à la conception, l'exécution,
la décoration et la machinerie de cet immense théâtre
sans précédent et sans pareil jusque là dans les temps
modernes, par ses dispositions, son allure originale et sa richesse, qui
a nom l'Opéra de Paris.
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Buste
de Charles Garnier, à l'Opéra de Paris. ©
Photo : Serge Jodra, 2011.
Malgré la place considérable
que tient ce grand travail dans la carrière et l'existence de Garnier,
et malgré aussi le temps qu'il dut consacrer à ses fonctions
officielles et au Conservatoire de musique et de déclamation dont
il est l'architecte ainsi que du magasin de décors de l'Opéra
qu'il eut à faire reconstruire rue Richer, Garnier est l'auteur
de fort intéressantes constructions parmi lesquelles : le Cercle
de la librairie et une maison à location avec hôtel pour la
famille Hachette, boulevard Saint-Germain, et les panoramas Valentino et
Marigny, à Paris; le grand Observatoire de Nice, les salles de concert
et de jeu, à Monte-Carlo; des villas, l'hôtel du Belvédère,
l'église et l'école communale, à Bordighera (Alpes-Maritimes);
les casino, bains et hôtel de Vittel (Vosges); la villa Sarcey à
Rosenthal et l'église de La Capelle en Thiérache; de nombreux
tombeaux dont ceux de Bizet, d'Offenbach et de Victor Massé, à
Paris, et celui de la famille de Luynes, en collaboration avec Fr. Debacq,
à Dampierre, et enfin les charmantes improvisations, malheureusement
provisoires, mais d'une restitution si ingénieuse, qui retracèrent
les principaux types dans le passé de l'habitation à travers
les âges, et qui furent une des attractions de l'Exposition universelle
de Paris en 1889.
Garnier, honoré de diplômes
d'honneur aux expositions universelles de 1867 et de 1878, de la grande
médaille des beaux-arts de la Société d'encouragement
en 1880 et de la royale médaille d'or de l'Institut royal des architectes
britanniques en 1886, a été commandeur de la Légion
d'honneur à partire de 1889, membre de l'Académie des beaux-arts
et de plusieurs académies ou sociétés d'architectes
de l'étranger, ancien président et conseiller d'honneur de
la Société centrale des architectes français et de
la caisse de défense mutuelle des architectes, inspecteur général
et vice-président du conseil général des bâtiments
civils, membre du conseil supérieur des beaux-arts et du conseil
d'architecture de la préfecture de la Seine, etc.
On lui doit, outre de fort nombreux rapports
ou articles critiques concernant l'architecture, l'archéologie et
les beaux-arts et aussi de nombreuses fantaisies versifiées, les
ouvrages suivants : la Restauration des tombeaux des rois angevins en
Italie (54 pl. in-fol.), pour le duc de Luynes; A travers les Arts
(Paris, 1868, in-12); le Théâtre (Paris, 1876, in-8);
le Nouvel Opéra (2 vol. in-fol. de planches et 2 vol. de texte);
l'Ile d'Egine, Restauration du temple de Jupiter Panhellénien
(gr. in-4, texte et pl.); l'Observatoire de Nice (texte et pl.
gr. in-4) et l'Histoire de l'habitation, en collaboration avec Ammann
(1892, in-4, pl. et nombr. gr.). (Charles Lucas). |