 |
Frédéric
II. - Empereur d'Allemagne ,
roi des Deux-Siciles
sous le nom de Frédéric I, né en 1194, fils
de Henri VI et de Constance,
succéda à son père en 1197; mais il ne fut paisible
possesseur de la couronne qu'en 1220, après la mort de ses deux
compétiteurs, Othon de Brunswick
et Philippe de Souabe .
Frédéric avait été protégé par
le pape Innocent III dans sa lutte contre
ses compétiteurs, et en retour il avait fait voeu d'aller combattre
les Infidèles; cependant ce ne fut qu'après avoir été
excommunié par Grégoire IX qu'il
se décida à partir (1228). Cette croisade
fut terminée sans combat : Frédéric traita à
prix d'or avec le sultan Mélédin de la reddition de Jérusalem ,
et se fit couronner roi de la ville sainte sa lâche conduite le fit
anathématiser par le pape.
A son retour, il trouva une partie de l'Italie
soulevée contre lui, mais il réussit à tout faire
rentrer sous son pouvoir. Une deuxième révolte ayant eu lieu
dans la Lombardie en 1240, il saccagea Milan ,
pilla les églises et commit d'horribles
cruautés. Il fut excommunié de nouveau (1245) : le pape Innocent
IV le déclara déchu, et appela au trône Henri
Raspon, landgrave de Thuringe ,
puis Guillaume, comte de Hollande. Accablé de fatigues et de soucis,
Frédéric II mourut en 1250, à Fiorentino (près
de Foggia
dans la Pouille) : on le crut empoisonné par Mainfroi, un de ses
bâtards.
Ce prince cruel et débauché,
possédait cependant une intelligence remarquable : il parlait plusieurs
langues, n'était étranger à aucune des connaissances
de son temps, aimait et cultivait même les lettres; on a de lui quelques
poésies en langue italienne, des Lettres
en latin, et un traité De arte venandi cum avibus. Il développa
les études à Padoue ,
à Bologne
et à Salerne, établit une université à Naples
jeta les fondements de celle de Vienne ,
apporta de l'Orient des manuscrits précieux, fit traduire en latin
les oeuvres d'Aristote, l'Almageste de
Ptolémée
et les principaux traités de Galien, favorisa
l'agriculture, l'industrie et le commerce, et réforma la législation.
On doit à Huillard-Bréholles l'Histoire diplomatique de
Frédéric II, Paris ,
1853-1860, 7 v. in-4. |
|