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France (nom de personnes)

France (Joseph), gendarme puis publiciste né à Albestroff (Meurthe) le 10 septembre 1787, mort le 4 mai 1869. Il résida pendant plusieurs années dans les Antilles en qualité de chef d'escadron de gendarmerie. Sous le titre la Vérité et les Faits ou l'Esclavage à nu, il publia, en 1846, un tableau effrayant des cruautés commises par les colons sur les Noirs, donnant comme pièces justificatives le recueil des procès-verbaux dressés officiellement par lui. L'amiral de Mackau rappela Joseph France et le suspendit de ses fonctions; mais, après la révolution de Février, les Noirs émancipés de la Martinique choisirent leur défenseur pour les représenter à l'Assemblée constituante. Il a collaboré par de nombreux articles à la Revue abolitionniste.
France (Hector). - Publiciste et romancier de l'école réaliste, né à Mirecourt (Vosges) le 5 juillet 1840, fils du précédent. Élève du Prytanée militaire et de l'École de cavalerie, il guerroya pendant dix années en Afrique au 3e régiment de spahis et amassa des souvenirs recueillis plus tard dans l'Homme qui tue, sorte d'autobiographie où est décrite la situation lamentable des populations algériennes sous le despotisme des bureaux arabes, paru pour la première fois à Bruxelles (2 vol.) et réédité à Paris en 1889; l'Amour au Pays bleu (1880, réédité à Londres, 1885) et Sous le Burnous (1886), scènes de moeurs algériennes et militaires. Il quitta l'armée, entra dans l'administration des finances, et en 1870 reprit l'épée.

A la fin de la campagne Hector France était capitaine-commandant au 4e chasseurs à cheval. Rentré à Paris à l'armistice, il fut du nombre des officiers qui protestèrent contre la paix et se jetèrent dans le mouvement insurrectionnel. Après plusieurs dramatiques péripéties, il put passer en Belgique, de là en Angleterre. Ses débuts y furent pénibles comme tous ceux des proscrits n'ayant pas de profession manuelle. Tour à tour maître d'arabe, d'histoire, de français, d'escrime, dessinateur, comptable, journaliste, il obtint à la fin de 1879, après avoir passé par l'université de Londres et le collège de Douvres, le poste d'instructeur à l'Académie royale militaire de Woolwich. Tard venu dans le monde littéraire, Hector France y conquit immédiatement une place importante par son premier livre, le Roman du curé, publié d'abord à Bruxelles en 1877, réédité en 1879, et à Paris en 1884. Il fut à Londres l'un des fondateurs du Qui vive!, collabora au Vermersch Journal où il publia les Amours d'un prêtre, à l'Union démocratique, fonda et dirigea l'Avenir. Il n'a cessé, après 1880, de collaborer à un grand nombre de journaux parisiens. 



En bibliothèque - Outre les livres déjà cités, il a publié le Péché de sieur Cunégonde, Marie Queue-de-Vache, romans anticléricaux; les Va-nu-pieds de Londres, les Nuits de Londres, la Pudique Albion, l'Armée de John Bull, En Police Court, la Taverne de l'Eventreur, etc.

René Fayt a publié une biographie d'Hector France, dans le n° 11 (juillet-août-septembre 2002, pp. 90 à 128) de la revue Histoires littéraires. Plus anciens : Léon Cladel, Préface de l'Homme qui tue. - Les Hommes d'aujourd'hui, 1880. - Fernand Delisle, la Vie en exil, 1880. - Panthéon des lettres, des sciences et des arts, 1892.

Anatole France (Jacques Anatole Thibault, dit -), littérateur né à Paris le 16 avril 1844, mort en 1924. Fils d'un libraire du quai Malaquais, il acheva ses classes au collège Stanislas, publia en 1868 une Étude sur Alfred de Vigny, et donna ensuite deux volumes de poésies les Poèmes dorés (1873) et les Noces corinthiennes (1876). C'est de ce dernier livre que date la réputation d'Anatole France. Encore que l'auteur ait fait partie du Parnasse, il semble qu'un tel livre doive se rattacher à une tradition bien antérieure et que, si des noms étaient à prononcer, ce seraient surtout ceux d'André Chénier et d'Alfred de Vigny. Attaché en 1876 à la bibliothèque du Sénat, il avait publié entre temps un certain nombre d'études littéraires, dont la plupart comme préfaces à des rééditions de luxe de la maison Lemerre (Racine, Molière, Paul et Virginie, Manon Lescaut, le Diable boiteux, etc.).

En 1879, parut une étude détachée sur Lucile de Chateaubriand. Il débuta la même année dans le roman par Jocaste et le Chat maigre, que suivirent à intervalles très rapprochés le Crime de Sylvestre Bonnard (1881), couronné par l'Académie française; les Désirs de Jean Servien (1882); Abeille, conte (1883); le Livre de mon ami (1885); Nos Enfants (1886); Balthazar (1889); Thaïs (1890); l'Étui de nacre (1892), et la Rôtisserie de la reine Pédauque (1893), publiée d'abord dans l'Écho de Paris. Toute cette partie de l'oeuvre d'Anatole France a fait l'objet de son vivant de nombreuses études, parmi lesquelles nous citerons celles de Maurice Barrès (Anatole France, 1885), et de Jules Lemaître (les Contemporains). 
« M. France n'a guère donné au public, dit  Paul Morillot (le Roman en France), que des ouvrages achevés. Thaïs est un récit d'une forme rare et exquise... Quant au Crime de Sylvestre Bonnard, livre d'une ironie si fine et d'un tour si piquant, qui sait s'il ne survivra pas à la plupart des romans dont s'engoue la mode d'aujourd'hui? » 
Collaborateur de plusieurs périodiques, le Globe, les Débats, le Journal officiel, l'Écho de Paris, la Revue de Famille, le Temps, etc., Anatole France a succédé dans ce dernier journal à Jules Claretie et y publiera chaque samedi une Vie littéraire très remarquée. La réunion de ces articles a plusieurs séries publiées à partir de 1888 en volume sous le même titre. (Ch. Le G.).


En librairie - A. France, Oeuvres (4 vol.), Gallimard, coll. La Pléiade, 1984-94. - Les Dieux ont soif, Flammarion, 1993. - Vie de Jeanne d'Arc, Alive, 2000. - Au tournant du siècle, Omnibus, 2000. - En vacances, Proverbe. - Le procureur de Judée, Ombres, 1999. - Les pensées, Le Cherche-Midi, 1994. - Histoire contemporaine, Calmann-Lévy, 1994. - L'île des pingouins, Calmann-Lévy, 1994. - La révolte des anges, Calmann-Lévy, 1994. - Le Lys rouge, Calmann-Lévy, 1994. - Histoire comique, Calmann-Lévy, 1994. Le parti noir (l'affaire Dreyfus, la loi Falloux, la loi Combes), L'Harmattan, 1994. - Les fous dans la littérature, Le Castor Astral, 1993. - Crainquebille et autres récits, Garnier-Flammarion, 1993. - La vie en fleur (prés. Emilien Carassus), Gallimard, coll. Folio, 1983.

Pascal Vandier, Anatole France et l'antisémitisme, 2 encres, 2003. - Marie-Claire Bancquart, Anatole France, un sceptique passionné, Calmann-Lévy, 1994. - De la même, Anatole France, Julliard, 1994. - Collectif, Anatole France, humanisme et actualité, Bibliothèque historique de la ville de Paris.

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Dictionnaire biographique
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