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Florian
(Jean-Pierre Claris de), littérateur né au château
de Florian (Gard) le 6 mars 1755, mort à Sceaux le 13 septembre
1794. Le père de Florian commandait une compagnie de cavalerie et
ne disposait que d'une fortune médiocre; son mariage avec Gilette
de Salgues, d'origine castillane, fut un simple mariage d'inclination et
qui ne releva pas ses affaires : ainsi s'explique-t-on que les parents
du jeune Florian se soient débarrassés de lui, sans plus
de forme, sur un vieil oncle millionnaire et prodigue, lequel, du reste,
ne se préoccupa point autrement de son éducation et eut le
tort grave de mourir intestat. Florian fut mis en pension à Saint-Hippolyte,
d'où il entra comme page au service du duc de Penthièvre.
Elève de l'école d'artillerie de Bapaume,
capitaine de dragons à sa sortie, il revint près du duc de
Penthièvre, qui l'aimait beaucoup, et fit par l'à-propos
et la gentillesse de son esprit les délices de la petite cour d'Anet .
Ses débuts dans les lettres datent
de 1782, où il donna au théâtre une comédie
en un acte et en prose : les Deux Billets, qui fut suivie d'autres
comédies et pastorales. Vint ensuite Galatée (1783),
conte romanesque à l'imitation de Cervantes
et qui eut le plus grand succès; puis, coup sur coup, le Bon
Ménage (1782), comédie en un acte, faisant suite aux
Deux
Billets; Ruth, églogue couronnée par l'Académie
(1784); Six Nouvelles (1784); l'Eloge de Louis XII (1 785);
le Bon Père et la Bonne Mère (1785), comédies
en un acte; Numa Pompilius, roman (1786); Eliézer et Nepthali
(1787); Estelle, roman (1788); Gonzalve de Cordoue,
roman (1791); Fables (1792), Nouvelles Nouvelles (1792),
etc. Il fut reçu à l'Académie française le
24 mai 1788. Sa traduction de Don Quichotte jouit d'un certain succès.
Florian, que ses vers et ses romans donneraient
volontiers pour un homme méditatif et doux, mena une existence bruyante
de libertin et de coureur de dots, où ses contemporains eux-mêmes
trouvèrent à reprendre. Emprisonné sous la Révolution
et délivré seulement au 9 thermidor, il traîna quelques
mois à peine et alla mourir à Sceaux où son buste
est chaque année, de la part des félibres parisiens, l'objet
d'une démonstration toute en dehors. Il a été publié
de Florian après sa mort des Nouveaux Mélanges de poésie
et de littérature (1806); des Lettres à M. Boissy
d'Anglas (1807); la Jeunesse de Florian ou Mémoires d'un
jeune Espagnol (1807), sorte d'autobiographie de l'auteur. Les oeuvres
complètes de Florian ont été éditées
par Raynouard en 1820 (16 vol.); il y faut ajouter quatre volumes d'oeuvres
inédites, publiées en 1824 par Guilbert de Pixérécourt.
On attribue enfin à Florian une adaptation d'une oeuvre anglaise,
publiée l'année qui suivit sa mort : Henriette Stuart
(1795).
Florian eut de l'esprit, de la grâce et une certaine imagination;
mais on lui a reproché une certaine fadeur; on ne lit plus guère
de lui que des fables pour écoliers et quelques contes. (Ch.
Le Goffic.). |
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