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Les départements français
Le Vaucluse
[Histoire du Vaucluse]
Le département du Vaucluse doit son nom à la célèbre fontaine de Vaucluse, située à l'est de la ville de l'Isle. Il est situé au sud-est de la France et fait partie de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA). Avignon, son chef-lieu, est à 690 kilomètres de Paris par la route (A6 et A7). 

Il a été formé en 1793 du comtat Venaissin, de la principauté d'Orange et d'une partie de la Haute-Provence (comté de Sault et viguerie d'Apt). Après la réunion du comtat Venaissin à la France, le 14 septembre 1701, on en fit 2 districts : Vaucluse, chef-lieu Avignon, qu'on joignit au département des Bouches-du-Rhône, et l'Ouvèze, chef-lieu Carpentras, qui fut joint au département de la Drôme. Le 25 juin 1793, on créa le département du Vaucluse et on le composa de 4 districts : le district de Vaucluse (Bouches-du-Rhône), le district de l'Ouvèze (Drôme), et les districts d'Apt et d'Orange, enlevés au département des Bouches-du-Rhône.

La superficie de ce département est de 352 000 hectares, et sa population de 542,370 habitants (2010). Sa plus grande longueur, du nord-ouest au sud-est, depuis le point où le Rhône commence à servir de limite au département jusqu'à celui où la Durance reçoit le Verdon, est de 110 kilomètres. Sa plus grande largeur, au nord-ouest au sud-ouest, est d'un peu plus de 60 kilomètres. Enfin son pourtour est de 555 kilomètres, si l'on ne tient pas compte des sinuosités secondaires.

Le Vaucluse se divise en deux parties : à l'Ouest, entre le Rhône et une ligne menée par Orange, Carpentras et Cavaillon, ce sont des plaines peu fertiles naturellement, mais bien cultivées et arrosées par des irrigations établies à l'aide de nombreux canaux ou béals. On y cultive le minier, l'olivier, la vigne, la garance dans le Palus, les fruits et les melons, mais peu de blé, et il n'y a que peu de prairies et de bétail. La partie orientale du département, à l'Est de la ligne menée par Orange, Carpentras et Cavaillon, est couverte de montagnes, quelquefois revêtues de bois et de pâturages, mais  souvent déboisées, nues et stériles.

Principales communes

Rang Arr. Commune Population
1
2
Avignon 93 566
2
2
Orange 30 755
3
3
Carpentras 29 601
4
1
Cavaillon 26 105
5
2
L'Isle-sur-la-Sorgue 19 298
6
1
Pertuis 18 937
7
2
Sorgues 18 764
8
2
Le Pontet 17 760
9
2
Bollène 14 309
10
1
Apt 11 450
Rang Arr. Commune Population
11
3
Monteux 10 921
12
3
Pernes-les-Fontaines 10 703
13
2
Vedène 10 131
14
2
Valréas 10 093
15
2
Le Thor 7 881
16
2
Morières-lès-Avignon 7 718
17
3
Entraigues-sur-la-Sorgue 7 595
18
3
Vaison-la-Romaine 6 392
19
3
Sarrians 5 783
20
3
Mazan 5 628
Codes des arrondissements : 1 = Apt, 2 = Avignon, 3 = Carpentras.
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Limites

Le Vaucluse est borné : au nord, par le département de la Drôme; à l'est, par le département des Alpes-de-Haute-Provence; au sud, par le département des Bouches-du-Rhône; à l'ouest, par le département du Gard et l'extrémité sud de celui de l'Ardèche.

A l'ouest et au sud, un fleuve, le Rhône, sur une longueur de 63 kilomètres, et une grande rivière, la Durance, sur une longueur d'environ 96 kilomètres, forment ses limites. Au nord et à l'est, ses limites sont en majeure partie conventionnelles; cependant le Toulourenc, affluent de l'Aygues, les crêtes des montagnes de Bluye, celles de la chaîne du Ventoux au nord-est, le haut cours du Coulon et les sommets du Luberon vers le sud-est, lui servent çà et là de frontières, sur de faibles parcours, avec les départements de la Drôme et des Alpes-de-Haute-Provence.

Un canton, celui de Valréas, situé sur la rive droite de l'Aygues, est en entier enclavé dans le département de la Drôme.

Physionomie générale

La vallée du Rhône forme à elle seule environ le tiers du département, dont la région orientale est entièrement hérissée de collines et de montagnes qui, çà et là, s'élèvent à une hauteur considérable. Le fleuve, resserré au passage du Robinet entre les rochers de Donzère (Drôme) et les collines de l'Ardèche, pénètre tout à coup dans une vallée qui appartient au département du Vaucluse et dont la largeur est de près de 10 kilomètres. Un peu plus bas, aux rochers de Mornas, la vallée se resserre de nouveau; mais, peu après, elle forme une plaine qui atteint sur plusieurs points 25 kilomètres de largeur, et qui s'étend jusqu'aux confins du département, au point où la Durance se jette dans le Rhône. En aval du département les collines s'écartent plus encore : la vallée se transforme en une vaste plaine au sud de laquelle s'élèvent les crêtes aiguës de la chaîne des Alpilles. Cette large vallée, comprise entre les collines du Gard, que baignent les eaux du fleuve, et les derniers contreforts des Alpes, qui se dressent à l'est, est la partie la plus peuplée, la plus fertile, la plus industrieuse du département. Des villages qui, pour la plupart, sont de petites villes, sont disséminés en grand nombre depuis les rives du fleuve jusque sur les pentes des coteaux. Une ligne de collines peu élevées part d'Orange, et se dirige vers Avignon; un autre petit chaînon de collines minuscules, peu éloigné du premier, se montre à l'est d'Avignon, et va s'abaissant jusqu'à la Durance. Ces petites hauteurs, qui interrompent la monotonie de la plaine, séparent le territoire qu'arrose la belle rivière de la Sorgue, du fleuve dans lequel elle tombe, un peu en amont d'Avignon. Elles divisent l'immense vallée du Rhône en trois plaines : la première, au nord, celle d'Orange la seconde, au centre, celle de Carpentras; la troisième, au sud, celle de Cavaillon.

Le canton de Valréas, situé au delà de la rivière de l'Aygues, au nord du département, dont il est séparé par une étroite bande de terre qui appartient à la Drôme, est, comme toute la partie orientale du département, hérissé de collines dont les plus élevées atteignent seulement 420 mètres d'altitude.

Au-dessous de la vallée de l'Aygues, qui appartient presque entièrement à la Drôme, s'ouvre une autre vallée plus étroite, mais pittoresque, arrosée par l'Ouvèze. Une courte chaîne de montagnes, dont la plus élevée, le Saint-Amant, a 734 mètres d'altitude, dérobe aux habitants de la plaine d'Orange la vue de cette vallée. Au-dessus du Saint-Amant et des crêtes dentelées des collines de Vacqueyras se dresse le mont Ventoux (1926 mètres, soit plus de 22 fois l'altitude de la tour du palais des Papes, à Avignon, qui est de 84 mètres). 

« Cette superbe montagne, écrivait Élisée Reclus, à l'énorme base toute ruisselante de sources et ceinte de verdure, est l'une des plus fameuses des Alpes, grâce à son isolement, à la majesté de son aspect, à l'immensité de l'espace qu'elle domine. Comme le Canigou et l'Etna, on la voit dessiner son profil régulier sur tout un côté de l'horizon, et, quoique beaucoup moins haute que ces deux montagnes, elle est d'une apparence à peine moins grandiose. »
Le Ventoux se relie aux Alpes par les montagnes de Lure, et aux monts de Vaucluse par les collines qui séparent la riante et pittoresque vallée de Sault du reste du département. A Monieux, ces collines, coupées par la vallée de la Nesque, atteignent encore 940 mètres.

Les monts de Vaucluse vont en s'abaissant du nord-est au sud-ouest. Le point le plus élevé de cette chaîne est le signal de Saint-Pierre (1242 mètres), à l'est de la commune de Lagarde, qui est la plus élevée du département (1087 mètres).
A l'est de la route de Sault, à Saint-Saturnin, se dresse le signal de Berre (1187 mètres); mais le château de Saint-Lambert n'est qu'à 700 mètres et les rochers à pic qui dominent la fontaine de Vaucluse atteignent seulement 400 mètres.
Parallèlement aux monts de Vaucluse, au sud-est du département, s'élèvent les montagnes du Luberon, qui séparent la vallée du Coulon de celle de la Durance. Cette chaîne de montagnes, qui pénètre dans le département au-dessus du Castellet où se trouve son point culminant (1125 mètres), s'abaisse aussi graduellement jusqu'à Cavaillon, où elle s'arrête brusquement. Sur les versants nord et sud sont disséminés de charmants villages, cachés dans des gorges boisées ou bâtis sur de pittoresques rochers.

Ces trois chaînes de montagnes, aux plateaux froids, aux croupes nues, aux rochers arides, déchiquetés, coupés à pic, forment un contraste frappant avec les plaines qu'elles dominent. Ces plaines, grâce à l'innombrable réseau de canaux qui les sillonnent, ont une fécondité surprenante, et, dans une région brûlée par le soleil, rappellent par la verdure sombre qui les couvre les fraîches et riantes campagnes du nord de la France.

Sur les bords du Rhône, dans les îles du fleuve, autour des nombreux étangs formés par ses débordements, se pressent, les uns contre les autres, des platanes, des peupliers, des aubes, des aulnes, des saules, des frênes, qui poussent vigoureusement au milieu d'un fouillis inextricable de roseaux, de lianes de clématites, de vignes sauvages, etc., qui rendent ces bois poresque impénétrables.

Les trois chaînes parallèles du département appartiennent au grès vert et au calcaire; elles sont séparées par des plaines de terrain tertiaire. Les terrains miocènes du Ventoux, et plus encore ceux du Luberon, sont d'une richesse extraordinaire en débris de vertébrés, grands lions, sangliers, gazelles, hipparions, etc. Les plaines d'Orange, de Carpentras et de Cavaillon, que la mer a primitivement couvertes de ses eaux, ont été formées par les alluvions du Rhône, de la Durance et de leurs affluents.

Ainsi que l'indique le cours des affluents du Rhône, le sol du département est généralement incliné du nord-est au sudouest. Le point le plus élevé est le sommet du Ventoux (1926 mètres) ; le point le plus bas (12 mètres) se trouve au confluent du Rhône et de la Durance, à quatre kilomètres au sud-ouest d'Avignon.

Régime des eaux

Région moderne géologiquement parlant, sans aucunes roches paléozoïques, fait surtout de craie, d'oolithe, de collines tertiaires, d'alluvions quaternaires, le département du Vaucluse se signale, hydrographiquement par un beau fleuve, un immense torrent, une fontaine magnifiquement grande, des pertes de rus, des puits naturels innombrables, et par un réseau de canaux d'arrosage tirés du Rhône, de la Durance, de la Sorgue et d'un certain nombre de rus et de sources. Toutes ses eaux gagnent, immédiatement ou non, la rive gauche du Rhône.

Le Rhône.
Le Rhône est extérieur au département, nulle part il ne le traverse, il ne fait que le frôler, par la rive gauche, en bordure avec l'Ardèche et le Gard, pendant 63 km, d'en amont de Pont-Saint-Esprit et du confluent de l'Ardèche jusqu'à la rencontre de la Durance, dans la direction Sud-Sud-Est jusqu'au-dessus d'Avignon, puis vers le Sud-Sud-Ouest.

Il est ici, comme partout à peu près, large, rapide, orgueilleux, souvent embarrassé «-d'îles » dont les unes sont rattachées au département du Vaucluse, les autres domaine de l'Ardèche ou du Gard. Il coule avec violence sous les vingt et une arches du Pont-Saint-Esprit, long de 840 m, dont 616 sur les eaux du fleuve. Il laisse Mondragon à 2500 m à gauche, Mornas à 1500, Piolenc à 3 km, la ville d'Orange à 6 km dans sa grande plaine d'Orange, autrefois fond d'un lac fluvial, et embrasse des îles allongées : îles du Colombier, qui a 4500 m de bout à bout; île de la Piboulette, longue de près de 7000, devant le bourg de Caderousse; île d'Oiselet, longue de plus de 5000, devant Châteauneuf-Calcernier; île de la Barthelasse, longue de 7 km, grande de 1100 hectares. Ces quatre îles sont vauclusiennes, et la dernière appartient à la ville d'Avignon; des deux bras qui l'entourent, devant cette « cité des papes », l'un a 225 m de largeur, l'autre 437; à 6 km en aval, le fleuve cesse d'effleurer le territoire, par 12 m d'altitude, pour séparer les Bouches-du-Rhône du Gard, se fondre en delta et s'abîmer en Méditerranée, à raison de 460 mères cubes par seconde en étiage, 8000, 10.000, 12.000 en crue, 13.900 au grand maximum, à Beaucaire, 2000 en moyen volume, et 3100, à la hauteur moyenne de 2,66 m au-dessus du 0 de l'étiage, à Arles. Donc grand fleuve, navigable et navigué malgré la force de ses courants et l'embarras de certains seuils de peu de profondeur. Il a deux étiages : en janvier, parce que les glaciers de son bassin sont commode la pierre dure que nul soleil ne dissout; en août, après la fusion annuelle de ces mêmes glaciers en Suisse, en Savoie et en Dauphiné. Ses tributaires vauclusiens se nomment Louzon, Lez, Eygues, Sorgue, Durance, desquels un seul n'appartient qu'à Vaucluse.

Le Louzon.
Du Louzon, rien ou peu de chose à dire : cours supérieur dans la Drôme; 30 km de tours et détours, bassin de 124 km², crues énormes ravageant les deux rives. 

Le Lez.
Le Lez, issu de monts crayeux de 1340 m, dans la Drôme, n'a dans Vaucluse que 15 à 16 km sur 67; il passe devant Bollène, Mondragon et s'achève près de Mornas; conque de 460 km²., étiage 1 mètre cube par seconde, volume normal 3, crues terribles. 

L'Eygues.
L'Eygues ou l'Aygues, relève des Hautes-Alpes, encore plus de la Drôme, et, dans le bas de sa course sauvage, du département du Vaucluse, qui réclame 36 à 37 de ses 100 km en une conque de 1100 km² de montagnes déchirées. Elle commence par le border de sa rive gauche, au bas de coteaux de 300 à 400 m, dans une gorge, puis entre par ses deux rives et s'avance dans la plaine d'Orange, ville qu'elle laisse à 2 km à gauche et à 6 km à l'Ouest de laquelle elle s'abîme dans le Rhône entre Mornas et Caderousse. Son ampleur moyenne, en plaine, est de 250 m, sans eau ou presque pendant la moitié de l'année; module estimé à 10 m3/s; crues, 870.

La Sorgue.
Bien autre est la glorieuse Sorgue, rivière inépuisable s'il y en a, qui n'a que 35 à 36 km, mais dont le bassin atteint quelque chose comme 1230 km², et qui prend naissance à la source de la Fontaine de Vaucluse.

La fontaine de Vaucluse.
La fontaine de Vaucluse, qui donne son nom au département, est fermée par les eaux qui s'engouffrent dans les nombreux « avens » ou abîmes creusés dans le terrain du vaste plateau compris entre les communes de Vaucluse et de Sisteron. Elle jaillit, à 90 m d'altitude, à l'extrémité Sud-Ouest de la chaîne des montagnes de Vaucluse, au fond d'un cirque que domine une vaste masse rocheuse d'environ 200 m de hauteur. Incliné de 15 centimètres par mètre, sur une longueur dé 200 m, le lit de la rivière, au sortir de la caverne, est obstrué de blocs énormes sur lesquels ses eaux roulent et rebondissent bruyamment et avec une vitesse vertigineuse. C'est au pied de la cascade que naît la limpide Sorgue chantée par Pétrarque

La Sorgue de l'Isle et la Sorgue de Velleron..
La Sorgue, superbe eau verte, ne reste pas longtemps dans son « bout du monde »; dès qu'elle a passé sous un bel aqueduc du canal de Carpentras, elle entre dans la vaste plaine du Comtat et se divise, en amont de l'Isle, en deux Sorgues, la Sorgue de l'Isle et la Sorgue de Velleron, celle-ci prenant 5400 litres des 13.000 de la Sorgue moyenne, celle-là 7600; et toutes deux se fractionnent en une foule de sous-Sorgues et Sorguettes. 

La branche de l'Isle baigne Thor, la branche de Velleron s'annexe Nesque et Lauzon, puis, réunissant ses deux bras, la rivière s'empare de la Grande-Levade, et de l'Ouvèze à Bédarrides; enfin la Sorgue passe à Sorgues et s'évanouit dans le Rhône, ou plus exactement, dans le bras de gauche de l'île de la Barthelasse.

La Nesque.
Parmi ses affluents, la Nesque, partie des Alpes-de-Haute-Provence, court d'abord, dans une fissure, sous le nom de Croc, au versant Sud du Ventoux, au bas du ruban septentrional du plateau de Vaucluse; elle n'augmente guère de l'amont à l'aval, ses flots étant bus à mesure par les fêlures du lit, au profit de la fontaine de Vaucluse; elle passe en contrebas de Sault, et n'ayant guère d'eau qu'en grands orages, devant la vieille ville de Venasque, et passe de ses longs étranglements à la plaine du Comtat, où Pernes est sa dernière bourgade. Cours, 70 km; bassin 480 km²; étiage, zéro; régime normal, 130 litres par seconde seulement; crues, 75 m3/s. 

L'Auzon.
Le Lauzon, mieux l'Auzon, dit Auzon du Comtat ou Auzon de Carpentras, provient du Ventoux, versant méridional, de rus que boit le sol poreux, mais qui reparaissent en tout ou en partie par des fontaines au voisinage de Flassan; c'est le torrent de Mormoiron, Mazan, Carpentras, Monteux, et, grâce aux fontaines ci-dessus, il participe quelque peu à l'irrigation de la plaine de Carpentras : cours, 45 km; bassin, 150 km²; eaux normales, 235 l/s; étiage, 195; crues, 30 m3/s.

La Grande-Levade.
La Grande-Levade ressemble à l'Auzon de Carpentras par sa participation au versant Sud du Ventoux, ses torrenticules originaires filtrant volontiers sous le sol; ce cours d'eau de 38 km en une région de 268 km², peut sécher entièrement; débit normal, 500 litres / (?); crues, 150 mètres cubes par seconde.

L'Ouvèze.
L'Ouvèze, tributaire majeur de la Sorgue, procède du département de la Drôme : sur ses 85 km, il y en a 41 en Vaucluse, et 346 km² sur 765 ; issu dde terrains du Jurassique moyen et du Crétacé, elle passe dans le département devant l'antique Vaison et, entre collines tertiaires, « s'y répand, en graviers plutôt qu'en flots, dans la plaine quaternaire; étiage absolu, zéro; eaux basses, 1 m3/s; bonnes eaux en saison pluvieuse, 10; crues, 750; irrigations, 1350 hectares. En somme, torrent dont il faut se méfier. Il reçoit le Toulourenc ou Thoulourenc et le Groseau : le Toulourenc, parti de la Drôme, se déroule entre la montagne de Bluye (1064 m) au Nord et le Ventoux au Sud, en gorge profonde, absorbe la superbe fontaine de Notre-Dame-des-Anges, et, fort ordinairement de 2 m3, avec étiage de 500 litres, arrive à l'Ouvèze à l'issue de 160 km², au bout d'un voyage de 45 km, le tout à peu près exactement partagé entre Drôme et Vaucluse. 

Le Groseau.
Le Groseau s'épanche, en un admirable site, au pied Nord du Ventoux, d'une superbe fontaine, de 173 litres par seconde en étiage absolu, 300 en volume ordinaire; il arrose le vallon de Malaucène.

La Durance.
La Durance, extérieure au territoire par une rive, comme le Rhône, longe le département de sa rive droite, vis-à-vis du Var (très peu) et des Bouches-du-Rhône. Ce n'est pas le premier venu des torrents, mais, tout contrairement, un énorme, autant que fantasque courant dont le bassin de 15.051 km² égale le sixième de celui du grand fleuve d'Avignon, une rivière sauvage qui parcourt 350 km, dont 96 en contact avec le Vaucluse, où son aire de drainage est de 1350 km², soit le onzième de la conque totale. Son volume varie fort, suivant les semaines, les saisons, les années, et l'on ne peut attribuer de module constant à ce torrent qui est l'inconstance même. La Durance, en effet, sparsis incerta Druentia ripis, dit Ausone, la Durance, qui court à raison de 7 à 8 m par seconde, dans ses grande crues, varie généralement suivant les années, du simple au triple, de 125 mètres cubes par seconde , module des années sèches, à 350, module des années humides.

On estime que l'étiage le plus bas est de 40 m3/s. Les plus grandes crues ont roulé probablement plus de 6000 m3/s.

La Durance arrive à toucher de sa rive droite le sol de Vaucluse un peu, très peu au-dessus de la rencontre d'un fort bel affluent, le Verdon, par 250 m, au-dessus de la mer; elle court quelque temps vers le Sud-Ouest, puis passe à l'Ouest, ensuite au Nord-Ouest. Elle effleure ou avoisine plus ou moins dans le département, d'abord au pied méridional du Luberon, puis en bordure de la plaine du Comtat : Mirabeau, à 1500 m; Pertuis (étranglement de 200 m), à 2300 m; Cadenet, à 1500 m; Lauris, Puget, Mérindol; le Cheval-Blanc (1170 m de largeur); Cavaillon, Caumont; le pont de Bonpas; son embouchure est en aval d'un pont de 534 m pour le passage du chemin de fer de Paris à Marseille. Aucun de ses tributaires vauclusiens, Lèze, Merderic, Aiguebrun, CouIon, n'a une grande importance.

La Lèze.
La Lèze (24 km, 132 km² de bassin) descend du Lubéron; c'est le torrent de pertuis, fort de 180 litres par seconde en portée ordinaire, de 36 en étiage. 

Le Merderic.
Le Merderic, également lubéronnais, parcourt 20 km, draine 7000 hectares et verse 18 litres par seconde en étiage, 90 à l'ordinaire. 

L'Aygue brun.
L'Aygue brun ou Aiguebrun, c.-à-d. l'Eau brune, est fort remarquable en ce que, né au Nord du Luberon, il coupe en deux cette chaîne par la combe de Lourmarin; il se continue et s'achève au Sud après 20 km en 8310 hectares, étiage de 120 litres (?), débit ordinaire de 180. 

Le Coulon.
Le Coulon, Caulon, ou encore Calavon, arrivé des Alpes-de-Haute-Provence, est d'une pauvreté de flots presque inconcevable : ses 899 km² (dont 668 dans le Vaucluse), son cours de 95 km (dont 67 dans le département), se résument, parfois ou souvent, au confluent avec la Durance, par un débit de zéro, l'étiage ordinaire n'étant que de 80 litres, le volume normal de 230; mais ses crues peuvent monter à 740 m3/s. C'est qu'il se détruit à mesure de son accroissement par des fuites à travers les graviers, les sous-roches urgoniennes, au profit évident de la fontaine de Vaucluse; étant données les conditions pluviométriques de la contrée, le Coulon débiterait, sur un sol consistant, 5, ou 6, ou 7 m3/s, soit 217 à 300 fois ses 230 litres de portée coutumière. Entre Monts de Vaucluse au Nord, Luberon au Sud, c'est le torrent de la ville d'Apt; il mord (et surtout ne mord pas) les piles du pont Julien, arches romaines d'une admirable conservation, et reçoit le tribut (presque toujours illusoire) du Doua (16 km), de l'Urbane (17 km.), de l'Imergue ou Limergue (20 km, 109 km², 65 litres, étiage 10), de la Sénancole, qui coule au bas de la colline rapide où s'est bâtie Gordes - tous affluents de droite.

Les canaux.
On n'ignore pas que la Durance est une des rivières du monde les plus utiles à l'irrigation : tant en Bouches-du-Rhône, par des canaux tirés de sa rive gauche, qu'en Vaucluse, par des détournements sur la rive droite; elle arrose des dizaines de milliers d'hectares. Du coté vauclusien ses dérivations principales sont le canal de Cadenet, le Cabédan Neuf, le canal de Carpentras, le Cabédan Vieux, la Durançole.

Le Canal de Cadenet a pris en 1859 la suite des affaires du canal de Moulin de Pertuis, qui datait du temps des comtes de Provence et qui fut acheté en 1859 et «-retouché » en 1873; il prend 4200 litres par seconde au grand torrent, dont 1600 servent aux moulins de Per- , tuis et à l'arrosage de 1600 hectares; en dehors du territoire de Pertuis, il rafraîchit aussi ceux de Villelaure, de Cadenet, de Puyvert; longueur: du tronc principal, 23 km; des sous-canaux, 11 km; des canalicules ou rigoles, 130. 

Le Cabédan Neuf date de 1770; il prend théoriquement 10 mètres cubes par seconde, que le torrent, saigné de tous côtés, n'est pas toujours capable de lui fournir; 4 mètres cubes lui appartiennent en propre, à lui, Cabédan Neuf, et au canal de l'Isle qui le prolonge dans la plaine d'Avignon, spécialement dans la plaine qui va de Cavaillon à l'Isle-sur-Sorgue; 6 sont pris par le canal de Carpentras (89 km, 500 en compatnt les sous-canaux et rigoles), oeuvre entreprise en 1857.

Tout ceci pour la Durance. Pour le Rhône, il faut dire deux mots du canal de Pierrelatte, qui dépend surtout du département de la Drôme, où il puise 8 mètres cubes par seconde dans le fleuve; le tronc principal date de 1880-1884. Dans le Vaucluse, il passe à ou près de Bollène, à Mondragon, Marnas, Orange, Châteauneuf-du-Pape, et se termine dans la Sorgue, en aval de Bédarrides; longueur, 77 à 78 km; sous-canaux, 150 km; rigoles, 500 km; périmètre arrosable, 20.000 hectares.

Etangs, marécages.
Le département possédait autrefois plusieurs étangs, desséchés aujourd'hui, entre autres les étangs salés de Courthézon et de Baumes-de-Venise.

Le seul véritable étang qui existe dans le département est celui de la Bonde, situé au sud-ouest de la Motte-d'Aigues et alimenté par des sources. Sa superficie est d'environ 10 hectares. Son canal s'écoule dans la Lèze. 

Sur les bords du Rhône on rencontre aussi des étangs dont quelques-uns ont une certaine étendue; mais, formés par le fleuve qui les alimente par infiltration, ils sont souvent modifiés, comblés, ou agrandis lorsque le fleuve franchit ses digues.

Il existe sur certains points du département des terrains marécageux, connus sous les noms de Pouillagues à l'ouest de Carpentras, de Confins sur le territoire de Monteux, et d'lscles sur les bords de la Durance.

Climat

Le département du Vaucluse, quoique situé dans l'intérieur des terres, au nord du Delta du Rhône, a, par les phénomènes du climat, comme par l'aspect du sol et la nature de ses produits, une grande ressemblance avec les contrées qui bordent le golfe du Lion; aussi appartient-il au climat méditerranéen. Sur les confins de la Drôme, dans la région montueuse de l'est, le climat est sensiblement moins tempéré que dans les plaines. Toutefois la vallée de l'Aygues, la plus septentrionale du département, est une des moins froides parce que le mistral, ce vent terrible et glacial qui désole la vallée du Rhône, n'y souffle pas avec la même violence. La vallée du Coulon, moins bien protégée contre le fléau de la Provence, quoique plus méridionale que la vallée de l'Aygues, est peut-être plus froide, tandis que la belle et large vallée de la Durance, abritée par la longue et haute crête du Luberon, est la partie la plus chaude du département.

Dans les plaines, au milieu de l'hiver, lorsque l'atmosphère est calme et le ciel sans nuage, et, dans les lieux abrités, même lorsque le vent souffle, on jouit d'une température exceptionnelle : les lauriers-roses, les grenadiers, l'olivier, le jujubier, le figuier et une foule d'arbustes des régions méridionales y prospèrent en pleine terre.

La température moyenne est de 5,8 °C en hiver, au printemps de 13,9 °C, de 23,1 °C en été, et de 14,6 °C en automne. La température moyenne de l'année est de 13,07 °C à Orange et de 14,42 °C à Avignon, soit 3,68 °C de plus que la moyenne de Paris. Pendant l'été, le thermomètre marque souvent 35 à 40 degrés à l'ombre. La température maxima peut atteindre +40,2 °C et la température minima -15 °C. Si toute l'eau tombée du ciel pendant l'année n'était pas absorbée par le sol ou évaporée par le soleil, elle fournirait, dans les douze mois, une nappe d'eau de 75 centimètres dans la région montagneuse et de 57 dans les plaines, ainsi répartis : en hiver, 106 millimètres; au printemps, 178; en été, 103; en automne, 308.

Il ne tombe de la neige dans la plaine que très rarement, tous les cinq ou six ans seulement, et elle disparaît rapidement. Les jours de pluie sont au nombre de 59. Les orages sont rares, mais violents; ils éclatent, en général, au printemps et en été.

Les vents qui règnent ordinairement sont : le mistral, qui souffle du nord-nord-ouest pendant la plus grande partie de l'année et dont la violence est telle qu'il déracine les arbres, renverse les voitures, et enlève les toitures des maisons sur lesquelles on a l'habitude, au moins dans les campagnes, de placer des rangées de lourdes pierres pour maintenir en place les tuiles, qui sans cette précaution seraient fréquemment enlevées. Le vent du sud, très fort aussi, souffle souvent en été et amène ordinairement la pluie ainsi que les vents du sud-est et du sud-sud-ouest.

Curiosités naturelles

Alors même que Vaucluse ne posséderait, en fait de curiosités naturelles, que la belle source à laquelle il doit son nom, il n'aurait rien à envier aux départements voisins. Cette source, d'une abondance extraordinaire, est sans doute alimentée, en partie, par les eaux de pluie qui s'engouffrent dans les avens ou puits naturels ouverts sur le vaste plateau qui domine Sault à l'est. Il existe de ces avens à Monieux, à Villes, à Saint-Christol et sur divers autres points de cette région.

Les curiosités les plus dignes d'une mention spéciale sont dans les environs du Mont-Ventoux, qui se dresse brusquement à près de 1700 mètres au-dessus de la belle plaine qu'il domine. Quelques sources peu abondantes jaillissent sur les flancs du Ventoux à des altitudes diverses : la source d'Angel est à 1164 mètres; le puits du Mont-Serein, à 1455 mètres, et enfin la Font-Filiole, à 1788 mètres; cette dernière source est remarquable par la fraîcheur de ses eaux dont la température ne dépasse jamais 5 °C.

Au bas du versant nord du Ventoux jaillit la belle source du Grozeau. Nous citerons enfin les abondantes sources de Lafare, du Boulon, des Taillades, etc.

Dans une région accidentée comme celle qui s'étend de la vallée de l'Aygues à celle de la Durance, les paysages agrestes, les grottes profondes, les gorges sauvages, les riantes et fraîches vallées ne sauraient être rares. 

Nous ne mentionnerons, parmi les gorges les plus remarquables, que celle de Lourmarin dans le Luberon, et celles du Croc, de la Nesque, de la Combe-Carnier dans le Ventoux; et, parmi les vallées, l'admirable vallée de Sault, celles de l'Ouvèze, de l'Aygues et de la Durance. (A. Joanne / E.-D. Grand).

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