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Les départements français
Le Var
[Histoire du Var]
Le Var est un département de la France riverain de la Méditerranée. Sa superficie est de 580,477 hectares, et sa population de 1 million d'habitants (2014).

Lors de sa formation, ce département reçut le nom d'un torrent impétueux descendu des Alpes-Maritimes, le Var, qui porte, en eaux basses, 28 mètres cubes par seconde à la mer Méditerranée, à quelques kilomètres au sud-ouest de Nice. Quand, en 1860, le comté de Nice revint à la France, en même temps que la Savoie, à la suite d'un vote presque unanime des habitants, l'arrondissement de Grasse, détaché du Var, fut réuni au comté de Nice pour former le nouveau département des Alpes-Maritimes. Depuis cette séparation, le Var ne coule plus dans le département auquel il a donné son nom.

Le Var a été formé, en 1790, d'une partie de la Basse-Provence, fraction de la Provence, l'une des provinces qui constituaient alors la France.

Ce département renferme environ  350,000 hectares de landes, terres incultes et de montagnes nues, déboisées, ou dont les bois sont ravagés. Le littoral et la vallée de l'Argens sont de riches et beaux pays, bien cultivés, et produisent en abondance les fruits, le raisin, les olives et la soie. Le chêne-liège abonde dans les parties encore boisées des montagnes.

Principales communes

Rang Arr. Commune Population
1
2
Toulon 168 768
2
2
La Seyne-sur-Mer 59 032
3
2
Hyères 56 199
4
1
Fréjus 53 286
5
1
Draguignan 38 250
6
2
Six-Fours-les-Plages 35 505
7
1
Saint-Raphaël 34 958
8
2
La Garde 25 955
9
2
La Valette-du-Var 22 656
10
2
Sanary-sur-Mer 18 066
Rang Arr. Commune Population
11
2
La Crau 16 607
12
3
Brignoles 16 059
13
3
Saint-Maximin-la-Sainte-Baume 14 470
14
1
Sainte-Maxime 13 909
15
2
Ollioules 13 452
16
2
Saint-Cyr-sur-Mer 11 942
17
1
Roquebrune-sur-Argens 11 677
18
1
Cogolin 11 318
19
2
Le Pradet 11 273
20
2
Solliès-Pont 10 925
Codes des arrondissements : 1 = Draguignan, 2 = Toulon, 3 = Brignoles.
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Situation, limites, superficie

Le Var est situé au Sud-Est de la France, au bord de la Méditerranée. Draguignan est à 950 kilomètres Sud-Sud-Est de Paris par le chemin de fer, à 870 km par la route et à 660 seulement à vol d'oiseau. Draguignan est à peu près sous la même latitude qu'Aix-en-Provence, Arles, Montpellier, Castres, Toulouse, Auch; à peu près sous la même longitude qu'Embrun, Bonneville, Lure, Épinal, Lunéville.

Le département du Var, qui est un ovale irrégulier, est borné : au Nord, par le département des Alpes-de-Haute-Provence; à l'ouest, par celui des Bouches-du-Rhône; au Nord-Est, par celui des Alpes-Maritimes; au Nord-Ouest, sur une petite étendue (4 kilomètres), par celui du Vaucluse; et partout ailleurs, par la Méditerranée. S'il a des limites conventionnelles, tirées au hasard à travers champs, sans souci des montagnes et des cours d'eau, il a aussi des limites naturelles. La mer exceptée, ses principales frontières non conventionnelles sont : au Nord, le cours du Verdon, qui le sépare sur une longue distance du département des Alpes-de-Haute-Provence; au Nord-Est, celui  de la Siagne, qui le sépare du département des Alpes-Maritimes; au Nord-Ouest, celui de la Durance, qui le sépare du département du Vaucluse.

Il a, sous le parallèle de Drabuignan, 100 kilomètres environ de longueur (de l'Est à l'Ouest); dans le sens contraire, du nord au sud, du Verdon, près d'Aiguines, à la presqu'île de Giens, il a bien 95 kilomètres de largeur, 100 jusqu'à la côte méridionale de l'île de Porquerolles. Enfin son pourtour, en ne tenant pas compte d'innombrables sinuosités maritimes, est de 350 kilomètres.
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Carte du département du Var.
Carte du Var.

Physionomie générale

Par la splendeur de ses côtes, la douceur de son climat, le charme pittoresque de ses rochers et de ses forêts, l'extrême abondance de ses foux (sources), le département du Var est incontestablement l'un des plus beaux et des plus agréables de la France.

Ses montagnes ne sont pourtant pas très élevées. La plus haute, la Pyramide de Lachens, n'a que 1713 mètres. De cette montagne, qu'on appelle aussi la Chans, « on embrasse d'un seul coup d'oeil toutes les côtes de la Provence, de Nice à Marseille ». Elle se dresse tout au Nord-Est du département, aux frontières des Alpes-Maritimes, au Sud des gorges de l'Artuby, qui est un affluent du Verdon, au Nord-Est de Draguignan, au Nord-Ouest de Grasse, non loin de Roque-Esclapon, au-dessus des plateaux stériles où des embus (entonnoirs) absorbent les eaux de pluie et d'orage qui alimentent la grande source de la Siagne.

Les montagnes du Var autres que les Maures et l'Esterel appartiennent généralement à la craie inférieure, roche assez tendre, très fissurée, qui laisse filtrer les eaux coulant à sa surface : aussi remarque-t-on une grande sécheresse, une triste aridité, sur les plateaux, et une charmante fraîcheur dans les vallées où vont rejaillir ces eaux arrêtées par la couche imperméable. Cette fissuration des plateaux a fait du Var le département de la France le plus riche peut-être en fontaines abondantes.

Un petit nombre de ses montagnes dépasse 1000 mètres, sauf au Nord du pays, entre Aups, Draguignan, le Verdon et les frontières du département des Alpes-Maritimes. Mais, près de la Chans, se dressent des cimes supérieures à 1400 et même à 1500 mètres : la montagne de Brouis, au Nord et au Nord-Est de Bargènme, a 1595 mètres; la montagne de Malay, à l'Est de Roque-Esclapon, en a 1427. Non loin de Callaz, le Pierrion atteint 1086 mètres; entre le Pierrion et le bourg d'Aups, la Cabrière s'élève à 1130 mètres, et, au Nord de la Cabrière, la montagne de Barjaude à 1175. Enfin, tout au Nord du département, dans le grand angle formé par le Verdon, au-dessus des deux Plans de Canjuers, le mont d'Aiguines a 1577 mètres. 

Pour trouver ensuite 1000 mètres d'altitude, il faut se transporter à l'Ouest extrême du département, aux frontières des Bouches-du-Rhône, au sud-est de Saint-Maximin : là se dresse une montagne célèbre, faîte du partage des eaux entre l'Argens, le Gapeau, qui est le fleuve d'Hyères, et l'Huveaune, qui est le fleuve de Marseille; c'est la Sainte-Baume, où l'on remarque : le Joug de l'Aigle (1120 mètres) et un sommet sans nom de 1154 mètres. Quant au Baou de Bretagne, montagne pittoresque, il a 1043 mètres. 

La Sainte-Baume (ou la Sainte-Grotte), qui a donné son nom à la chaîne, a été l'un des pèlerinages les plus fréquentes du midi de la France; on venait y vénérer sainte Madeleine, qui, d'après la mythologie chrétienne, y aurait vécu dans la pénitence. Près de cette grotte a été bâti un couvent de dominicains, au-dessus d'une belle et pittoresque forêt de 158 hectares, semée de rochers et riche surtout en hêtres magnifiques; du couvent, on monte en une heure environ au Saint-Pilon, qui est le sommet non le plus haut, mais le plus fameux de toute la Sainte-Baume : il n'a que 994 mètres.

Les montagnes de la banlieue de Toulon, très visitées et fort dignes de l'être à cause de leurs belles ravines et des superbes panoramas qu'offrent leurs sommets, sont cependant peu élevées : le rayon ou Pharon, mont reboisé de pins d'Alep et portant une série de forts très importants, a 546 mètres; le Coudon, où doit être construite une nouvelle forteresse, en a 702 : c'est un des belvédères les plus justement célèbres de la Provence.

Les Maures.
Les Maures ne ressemblent nullement, pour la nature de leur sol, aux monts crétacés et calcaires dont le plus haut sommet est la Pyramide de Lachens . Ce groupe de montagnes qui servit de boulevard aux Maures pendant le cours du IXe et du Xe siècle, conserve encore le nom de ses conquérants africains; il forme à lui seul un système orographique parfaitement limité. Ses massifs de granit, de gneiss et de schistes sont séparés des montagnes calcaires environnantes par les profondes et larges vallées de l'Aille, de l'Argens, du Gapeau. En réalité, il constitue un ensemble aussi distinct du reste de la Provence que s'il était une île éloignée du continent. La grande route et le chemin de fer de Marseille à Nice décrivent une grande courbe autour des montagnes des Maures, sans pénétrer dans un de leurs vallons; peu de routes rattachent les bourgs et les villages de cette région montueuse au reste du réseau des voies de communication françaises. Ces montagnes sont dignes au plus haut degré de l'intérêt par la constitution géologique de leurs roches et le nombre de leurs plantes rares.

Aussi bien que les Alpes et les Pyrénées, le système des Maures, qui couvre seulement une superficie de 80 000 hectares, et dont la hauteur moyenne ne dépasse pas 400 mètres, a sa chaîne principale et ses chaînons latéraux, ses vallons et ses gorges, ses torrents et ses rivières; il a même son bassin fluvial complètement fermé, offrant en miniature tous les phénomènes que présentent les vallées des grands fleuves. 

Les plus hautes cimes des Maures s'élèvent au nord de Collobrières : le pic de Notre-Dame-des-Anges, qui porte un ermitage, a 779 mètres; la Sauvette, à 5500 mètres en ligne droite à l'Est de Notre-Dame-des-Anges, s'élève également à 779 mètres. Parmi les cimes secondaires, nous citerons : la Roche de Valescure, au Nord-Est de Collobrières (648 mètres); le Boussicaut (640 mètres), à l'Est-Sud-Est de cette même ville, et, près du Boussicaut, le mont qui domine la chartreuse de la Verne (629 mètres); les Roches-Blanches (658 mètres), près de la route du Luc à Saint-Tropez; le Roc de la Garde-Freinet (451 mètres), qui fut, au IXe et au Xe siècle, la principale citadelle des Maures ou Sarrasins en Provence (ils ne la perdirent qu'en 973); les Pradels (524 mètres), au-dessus du rivage de Cavalaire; le Bisquart (481 mètres), qui commande aussi le littoral, en arrière du cap Nègre, etc.

L'Esterel.
L'Esterel, comme les Maures, est une chaîne littorale. Elle est séparée des Maures par la vallée de l'Argens et par la plaine encore marécageuse que ce charmant petit fleuve a gagnée peu à peu sur la mer. Ce massif se compose de roches primitives d'éruption, autour desquelles se sont redressés des schistes. Comme les Maures, c'est un système absolument indépendant des Alpes crayeuses et calcaires du reste du département du Var. Projetant sur la mer de superbes promontoires de porphyre, notamment l'admirable cap Roux, il s'étend le long du rivage, des alluvions du golfe de Fréjus aux rives du golfe de la Napoule, à l'est de Draguignan, à l'Ouest de Cannes, au nord de Fréjus et du val d'Argens, au Sud du val du Biançon, qui est un affluent de la Siagne. Plus de deux fois moins grand que les Maures, il n'a guère que 50 000 hectares, dans sa longueur de 20 kilomètres avec une largeur de 15. Jadis il était entièrement couvert de forêts. Quelques sommets y dépassent 500 mètres, et la cime culminante, le mont Vinaigre, n'en a que 616 : elle s'élève près du hameau de l'Esterel, dans le voisinage de la route de Fréjus à Cannes. Bien des montagnes, deux, trois, quatre et cinq fois plus hautes, n'offrent pas, de leur sommet, un panorama aussi grandiose. La seconde cime du massif, comme altitude, est le mont des Civières (560 mètres), à 4 kilomètres en ligne droite à l'Est du Vinaigre; la troisième, le Marsaou (552 mètres), tient au mont des Civières.

Littoral et cours d'eau

Le littoral du Var, harmonieusement découpé, est un des plus beau, des plus variés , des plus pittoresques de la France et même de l'Europe.

C'est au fond du golfe des Lèques ou de la Ciotat que la côte cesse d'appartenir au département des Bouches-du-Rhône pour dépendre du Var. De ce point à Toulon, on remarque successivement : la plage où s'élevait Tauroentum, colonie phocéenne dont les sables de la mer recouvrent de plus en plus l'emplacement; Bandol, port de peu de profondeur, mais d'une entrée facile; l'embouchure de la Reppe ou Rèpe, descendue des monts calcaires du canton du Beausset; Saint-Nazaire, port d'un peu moins de 6 hectares qui reçoit des navires d'un tirage moyen, et où se déverse dans la mer une autre Reppe ou Rèpe : ce torrent, qui sort d'une foux ou source donnant à l'étiage 106 litres par seconde, passe dans les gorges sauvages d'Ollioules, défilé long de 4 kilomètres entre des roches volcaniques arides, au pied des monts d'Évenos, à l'Est, et du Grand-Cerveau (443 mètres), à l'Ouest. Entre les eaux de Saint-Nazaire et celles de Toulon, s'avance en mer la presqu'île du cap Sicié, célèbre pour la grandeur de ses caps et la grâce de ses calanques ou petites baies; le cap qui lui donne son nom a 559 mètres d'altitude; une chapelle de pèlerinage fort ancienne, Notre-Dame de la Garde, en occupe le sommet.

Toulon est le grand arsenal naval français sur la Méditerranée : sa rade, très vaste, complètement sûre, a également pour riveraine, à 4 ou 5 kilomètres Sud-Ouest de Toulon, la ville de la Seyne, très importante par ses chantiers de construction de navires elle se nomme la petite rade, par opposition à la grande rade la presqu'île du cap Cépet, qui est un long appendice de la presqu'île du cap Sicié, la protège en partie des vents du large; à son tour, la grande rade communique, à l'Est-Sud-Est, avec la rade ou golfe de Giens. La petite rade reçoit la Dardennes, charmant torrent né d'une source donnant 146 litres par seconde à l'étiage, et grossi, en temps de pluie, par le tribut du gouffre dit Ragas. La Dardennes passe entre le Faron et les monts d'Evenos.

La rade de Giens est bordée au Nord par  des montagnes de 300 mètres d'altitude dominant la plage où fut Pomponiana, ville gallo-romaine; elle est longée, à l'Est, par un cordon de sable parallèle, ou peu s'en faut, à une autre levée; de sable également. Ces deux jetées, entre lesquelles miroite l'étang des Pesquiers, d'où l'on tire du sel, unissent au continent la presqu'île de Giens, qui fut évidemment une île : cette péninsule montueuse, assez boisée, très propre, comme d'ailleurs presque tout ce littoral, à la construction de résidences secondaires, a 7 kilomètres de longueur sur 1 kilomètre de largeur. Un détroit de 3 kilomètres environ la sépare de Porquerolles, l'une des îles d'Hyères.

Les îles d'Hyères séparent de la grande mer la rade d'Hyères, longue de 18 kilomètres, large en moyenne de 10 kilomètres, vaste de plus de 15,000 hectares, avec des profondeurs qui vont jusqu'à 70 mètres; cinq passes de 16 à 60 mètres de profondeur font communiquer avec la Méditerranée ce bassin. Les îles d'Hyères² , espacées de l'Ouest à l'Est, sont au nombre de trois, les îlots à part. Porquerolles, longue de 8 kilomètres, large de 2, haute à son point culminant de 150 mètres, n'est guère qu'une forêt de pins et de chênes. Port-Cros, qui a 4000 mètres sur 2500, s'élève à 197 mètres; elle est sauvage et à peu près déserte. L'île du Levant, appelée aussi île du Titan, le cède peu comme étendue à Porquerolles ; elle est très boisée; sa principale colline , les Pierres-Blanches, monte à 129 mètres.

La rade et les îles d'Hyères doivent leur nom à une ville d'hiver, Hyères, bâtie à 4 kilomètres de la plage, sur le pen chant d'une colline abrupte, à quelque distance du Gapeau. Le Gapeau naît de foux abondantes dans le vallon de Signes, environné de monts de 800 à 850 mètres : grossi presque immédiatement du Latay, il passe à Belgentier, à Solliès-Toucas, à Solliès-Pont, à la Crau et reçoit le Réal-Martin : celui-ci, long de près de 40 kilomètres, est formé par deux beaux ruisseaux qui s'unissent près de Pierrefeu, venus, l'un de Pignans, l'autre de Collobrières, ville des Maures ; de belles foux lui envoient leurs eaux (notamment celles de Pignans, de Carnoules, de Cuers), et lui-même se répand eu canaux d'irrigation dans la charmante vallée de Sauvebonne. Le Gapeau, dont le cours dépasse 50 kilomètres, verse à la rade d'Hyères 1718 litres d'eau par seconde à l'étiage.

De la rade d'Hyères, bordée de salines, au golfe de Grimaud ou de Saint-Tropez, la côte est admirable : elle s'arrondit en courbes harmonieuses, et les montagnes des Maures y plongent par de fiers promontoires entre lesquels se succèdent de charmantes calanques. Ou sort de la rade d'Hyères au cap Benat, qui fait partie d'un massif de 187 mètres, et l'on entre dans la rade de Bormes, dont le port, où les vents du Nord ne soufflent jamais, est le Lavandou, ancienne colonie génoise que domine la Pierre-d'Avignon (442 mètres). De cette rade on passe dans celle du Port-Mousquier, commandée par le Bisquart (481 mètres); puis vient la ravissante plage arrondie de Cavalaire, au-dessus de laquelle se dresse le mont des Pradels, haut de 521 mètres.

Si l'on veut aller de la plage de Cavalaire au golfe de Grimaud, il faut contourner une presqu'île des Maures dont le point culminant, le moulin ruiné de Paillas, atteint 525 mètres. Cette presqu'île est très nettement séparée du reste du massif par la dépression fort basse comprise entre le moulin de Paillas, à l'Est, et le chaînon des Pradels, à l'Ouest. En la contournant, on rencontre successivement le cap Lardier, le cap Cartaya, le cap Camarat (131 mètres), ou s'élève un phare de 50 kilomètres de portée, l'anse de Pampelune, ouverte et allongée, et le cap des Salines ou de la Moutte.

Le golfe de Grimaud ou de Saint-Tropez, abrité de presque tous les vents, est l'un des meilleurs de la Provence : il a environ 2000 hectares de superficie, de grandes profondeurs, et 7 kilomètres de longueur, sur il de largeur à l'entrée. Ses ports principaux sont : Saint-Tropez, où parvient malheureusement le mistral; Sainte-Maxime, mouillage parfait; il reçoit la Molle et le Préconiou. La Molle est la plus grande rivière, ou, si l'on veut, le plus grand ruisseau qui appartienne en propre aux Maures, dont elle arrose la vallée centrale : formée par le confluent du torrent des Campeaux et du torrent de la Verne, qui passe près des ruines de la Chartreuse de ce nom, elle coule devant le château de la Molle et reçoit, près de Cogolin, la Giscle ou rivière de Grimaud. Son cours est de 32 à 35 kilomètres. Le Préconiou a ses sources au Nord-Est de la Garde-Freinet, sur un des versants des Maures qui atteint 511 mètres, et son embouchure à Sainte-Maxime.

De Sainte-Maxime au golfe de Fréjus, on continue de longer les collines sylvestres des Maures dont les petits caps sont dominés par le Lissandre (241 mètres). Aux pointes de Saint-Aigoux, la montagne finit brusquement, et des rives basses longent le golfe de Fréjus ou plage de Saint-Raphaël.

Ce golfe, aujourd'hui fort évasé, se modifie de plus en plus, Jadis il s'avançait profondément dans les terres; mais peu à peu l'Argens (on prononce Argent) l'a comblé avec ses dépôts; les alluvions apportées par le petit fleuve, suivant une progression continue des plages, repoussent incessamment la mer. L'Argens est un fleuve charmant qui a tout son cours, tout son bassin, dans le département du Var. Il naît à quelques kilomètres au Nord-Est de Saint-Maximin, non loin de Seillons, d'une grande source qui coule à 270 mètres environ d'altitude, au pied de collines crayeuses hautes de 400 à 624 mètres au-dessus de la mer, dont les roches fissurées expliquent son abondance.

L'Argens coule d'abord vers le Sud-Est, puis vers le Nord-Est, comme s'il devait atteindre le Verdon, tributaire de la Durance; mais bientôt il prend la direction de l'Est-Sud-Est, qu'il barde jusqu'à la mer. Il court sinueusement dans une belle vallée, qui tantôt se rétrécit en gorges pittoresques, tantôt s'élargit en plaines fertiles; il reçoit un grand nombre de petites rivières qui, malgré la brièveté de leur cours, roulent constamment une grande quantité d'eau provenant des foux de leur bassin. Il passe à Châteauvert, où plusieurs sources sortent des rochers; à Correns, site délicieux où déjà sou altitude n'est plus que de 150 mètres; à Carcès, où elle n'est même plus que de 115; à 2 kilomètres à droite de l'abbaye du Thoronet, située au fond d'un vallon latéral. Au point où il quitte définitivement les défilés pour entrer dans une vallée de quelque largeur, à 4 kilomètres environ de Vidauban, dans une gorge profonde, il formé une belle cascade, le Saut de Saint-Michel. 

Tout près de la chute, l'Argens passe sous deux ponts naturels, débris d'une grotte de 230 mètres de longueur sous laquelle il s'engouffrait, et qu'un effondrement de la roche a divisée en deux passages voûtés. C'est ce qu'on appelle la Perte de l'Argens. A 1500 mètres en aval de Vidauban, le chemin de fer de Paris à Menton le traverse par un pont de 5 arches de 50 mètres d'ouverture. Puis il entre pour la dernière fois dans des gorges, qui s'ouvrent au Muy. A quelque distance au-dessous de ce bourg, il pénètre dans les terres basses et, laissant à gauche la vieille cité de Forum Julii, verse à la Méditerranée les eaux qu'il a recueillies dans un cours qu'on peut estimer à 115 kilomètres, dans un bassin de 321,600 hectares. Quoiqu'il perde une partie de son débit normal dans les irrigations de sa vallée, il porte à la mer, en temps d'étiage, 12,688 litres par seconde. Officiellement, l'Argens est flottable du Muy à la mer, pendant 18 kilomètres.

L'Argens reçoit la rivière de Sceaux, le Caurou, l'Eau Salée, la Ribeirotte, la Cassole, l'Issole, la Bresque, la Florieye, l'Aille, la Nartubie, l'Indre et le Reyran.

La rivière de Sceaux a pour origine la belle foux de Meyronne. Elle tombe dans l'Argens (rive droite) à 1500 mètres seulement de la source de ce fleuve. 

Le Cauron ou Caulon, peu abondant malgré son cours de 50 kilomètres, commence par la source de la Grand-Foux, que dominent les monts de la Sainte-Baume; il laisse à gauche Nans, Saint-Maximin et passe à Bras; quand il atteint l'Argens (rive droite), il est sept à huit fois plus long que ce fleuve, dont la source n'est qu'à 4500 mètres du confluent. 

L'Eau-Salée se forme dans le joli vallon de Barjols, surnommé le Tivoli de la Provence, par la réunion du Fovery ou Fouvery, qui descend du Bessillon (814 mètres), et de la rivière des Écrevisses. Tout près de Barjols, elle reçoit la rivière de Varages. Elle mérite bien son nom d'Eau-Salée, et communique à l'Argens une saveur amère, qui toutefois n'est plus appréciable à quelque distance du confluent.  C'est un affluent de gauche. 

La Ribeirotte , tributaire de droite, naît près du Val, par les Treize Raïs, fontaine considérable qui sort de treize trous. 

La Cassole, affluent de gauche, naît de la foux de Saint-Martin, à Cotignac; elle a son embouchure à Carcès. 

L'Issole, charmante rivière d'une soixantaine de kilomètres de cours dans un vallon ravissant, a son origine dans le même massif que le Gapeau, à Signes : elle passe à la Roquebrus sanne. Près de Besse, elle laisse à quelques centaines de mètres à droite, sur la montagne, le lac de Gavoti, qui n'a pas d'écoulement apparent, et reçoit un peu plus bas, sur la rive gauche, le déversoir du lac de Besse, qui a plus de 30 mètres de profondeur. Elle baigne ensuite Flassans, Cabasse, et, grossie du Carami, forme une belle cascade avant de tomber dans l'Argens (rive droite), à Carcès, par moins de 115 mètres d'altitude. Le Carami ou Caramy, appelé également Calami, naît, comme l'Issole, dans le massif de la Sainte-Baume; il se forme dans le vallon de Mazaugues, au pied d'une chaîne de rochers de 800 à 900 mètres, reçoit l'écoulement d'un des trois lacs de Tourves, et tout le long de son cours, de plus de 40 kilomètres, des foux abondantes et limpides; il coule dans une délicieuse vallée, immense verger bordé de belles montagnes,  baigne Brignoles, et, à l'issue de profonds défilés, s'unit à l'Issole (rive gauche), entre Cabasse et Carcès. Son principal affluent est la rivière du Val de Camps (rive droite), en amont et près de Brignoles.

La Bresque ou Bresc, longue de 56 kilomètres, absorbe aussi de grandes foux, notamment celle du château de Bresque ou Bresc, qui est sa véritable origine et lui donne son nom; à Seillans, elle forme une cascade haute de 50 mètres; à Salernes (forte source), elle recueille la Grave, venue d'Aups par l'étroit mais pittoresque et joli vallon de Saint-Barthélemy, puis un peu plus bas la rivière de Villecroze. Devenant alors très sinueuse, elle coule dans la vallée d'Entrecasteaux. C'est un affluent de gauche. 

La Florieye ou Floriège, ou encore Florieille, vient des hauteurs de Tourtour, qui, ruissellent d'eaux vives; elle reçoit le Flayosquet ou ruisseau de Flayosc et envoie à Flayosc un canal d'irrigation; elle passe a kilomètres à l'est de Lorgues; son embouchure, sur la rive gauche, est au-dessous de Vidauban, au-dessus du pont du chemin de fer sur l'Argens. 

L'Aille, affluent de droite, naît en vue et tout près des cimes les plus élevées des Maures, à 1500 mètres sud-ouest de Gonfaron, à la fontaine d'Aille ; elle passe a Gonfaron et arrose  une des vallées les plus belles de toute la France.  Grossie, à droite, d'une foule de torrents des Maures, et, à gauche, du Ritord ou Riotord, qui vient du Luc, elle a un cours très long dans la plaine, et ne s'engage dans des gorges qu'à quelques kilomètres en amont de son confluent avec l'Argens, entre Vidauban et le Muy. 

La Nartubie, nommée aussi Pis dans son cours inférieur, est un riant cours d'eau de 40 à 45 kilomètres : elle naît dans une gorge dominée par les montagnes de 1000 à 1175 mètres qui portent le Grand Plan de Canjuers, l'un de ces vastes plateaux qui couvrent le nord du département en dominant le profond précipice où coule le Verdon; elle baigne Montferrat, reçoit la rivière de Baudron, se grossit, au sortir des gorges pittoresques de Châteaudouble, dominées par d'immenses rochers, de la grande source des Frayières, et envoie à Draguignan un canal. De cette ville à l'Argens, qu'elle atteint au Muy (rive gauche), la Nartubie recueille encore (rive gauche), en aval du pont du chemin de fer de l'embranchement de Draguignan, le ruisseau de la Foux, puissante source  aux eaux salines aluminées; elle forme à Trans plusieurs chutes, puis, près de la Motte, le Saut du Capelan (du Prêtre), cascade haute d'une trentaine de mètres. 

L'Indre, affluent de gauche, long de 30 kilomètres environ, descend des hauteurs de Saint-Paul-de-Fayence et coule dans le beau vallon de Penafort. Il reçoit le Riou de Bargemon et de Claviers, torrent souvent à sec en été qui passe à quelque distance de Callas, le ruisseau du Val de Saint-Pons, où tombe la source de Figanières, et les deux sources d'Esclans nommées la Doux et les Cabanons. 

Le Reyran, affluent de gauche, d'un peu moins de 30 kilomètres, a son cours dans l'Esterel, au fond de gorges que dominent deux ou trois cônes volcaniques,  et dans la plaine de Fréjus, ville dont il arrose les jardins.

Fréjus n'est plus sur le bord du golfe qui porte son nom, et où elle a pour escale le petit port de Saint-Raphaël, charmante station balnéaire. De la jusqu'au département des Alpes-Maritimes, la côte , le long de l'Esterel, aux promontoires de porphyre, est fort belle. On y rencontre d'abord la tour de Darmont, cap conique haut de 140 mètres portant une tour ancienne et un sémaphore; puis la rade d'Agay, abritée des vents du Nord par les escarpements des Mornes-Bouges et du Rastel-d'Agay (309 mètres); cette rade, ouverte au sud et grande de plus de 100 hectares, avec des profondeurs de 25 mètres, est certainement une des plus sûres de toute la Provence. Puis les promontoires succèdent aux promontoires, et les calanques aux calanques; on admire successivement le sémaphore d'Agay (170 mètres), le cap Roux, le pic d'Aurelle (516 mètres) et l'Ours (492 mètres). Le cap Roux, haut de 453 mètres, et formé d'un  porphyre rougeâtre qui brille au soleil sur la sombre verdure des pins, offre un des plus beaux panoramas de la France entière.

Ce sont là toutes les côtes du Var, mais ce ne sont pas toutes ses rivières : à l'Ouest du département, des vallons donnent naissance à l'Huveaune et à l'Arc; à l'Est, la Siagnolle et le Biançon courent vers la Siagne; au Nord, des rivières, des ruisseaux, des foux se déversent dans le Verdon.

L'Huveaune naît à la Sainte-Baume. Elle quitte le Var par environ 250 mètres d'altitude, après un cours d'une douzaine de kilomètres au plus, au-dessous de Saint-Zacharie, bourg où son étiage est de 666 litres par seconde. Dans les Bouches-du-Rhône, elle arrose le vallon d'Aubagne et tombe dans la mer à Marseille, à l'extrémité du Prado. Cours total, 50 à 60 kilomètres.

L'Arc naît à 3 ou 4 kilomètres au Sud-Ouest de Saint-Maximin, au pied de montagnes arides, hautes de 600 mètres, qui se rattachent au massif de l'Étoile ou de Notre-Dame-des-Anges, dont le point culminant, l'Olympe (893 mètres), est dans le Var, mais qui prend tout son développement dans les Bouches-du-Rhône. L'Arc laisse à gauche Pourcieux, à droite Pourrières, et quitte le Var après 15 ou 16 kilomètres de cours. Dans les Bouches-du-Rhône, il coule au pied des collines d'Aix et passe sous l'aqueduc de Roquefavour. Il tombe, au-dessous de Saint-Chamas, après 80 kilomètres de cours, dans l'étang de Berre, grande nappe d'eau salée communiquant avec la mer.

La Siagnole, qui, sous les Romains, alimentait Fréjus, et le tortueux Biançon, qui reçoit les sources du canton de Fayence, sont des affluents de droite de la Siagne : cette rivière est courte, mais fort abondante, car elle reçoit un grand nombre de foux; elle forme sur une certaine étendue la limite entre le Var et les Alpes-Maritimes, et va se perdre dans le golfe de la Napoule, au sud-ouest de Cannes. Cours, 50 kilomètres.

Le Verdon est une fort belle rivière d'environ 170 kilomètres, qui a la plus grande partie de son bassin dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, ou elle prend ses sources dans des montagnes de 2500 à 3000 mètres, et où elle arrose Castellane. Sauf pendant les 6 ou 7 kilomètres qui précèdent son embouchure, le Verdon n'appartient que par sa rive gauche au département du Var, qu'il sépare des Alpes-de-Haute-Provence. C'est une rivière abondante, ou plutôt un grand torrent, qui serpente au fond de gorges régulières, très profondes, très pittoresques, où l'on ne rencontre ni villes, ni bourgs, mais seulement de petits villages ou des hameaux. Il se jette, au-dessous de Vinon, par environ 260 mètres d'altitude, dans la Durance, à laquelle il porterait 10 mètres cubes par seconde à l'étiage, s'il ne fournissait 6000 litres, également par seconde, au Canal d'Aix, qui a son origine dans le département, ainsi qu'une partie de son cours vers Saint-Julien, Ginasservis et Rians.

Dans le Var, le Verdon reçoit, sur sa rive gauche, le Jabron, l'Artuby, la Fontaine-l'Évêque.

Le Jabron (32 kilomètres), venu des Alpes-de-Haute-Provence, passe près de Trigance.

L'Artuby (52 kilomètres), également venu des Alpes-de-Haute-Provence, baigne le rocher de Comps, et recueille la Bruyère, qui descend de la Pyramide de Lachens.

La Fontaine-l'Évêque est une des plus grandes sources qu'il y ait en France, s'il est vrai qu'à la saison des eaux basses elle donne encore 5000 litres d'eau par seconde. Alimentée par les hauts plateaux des cantons d'Aups et de Tavernes, et notamment parle grand Plan de Canjuers, elle naît près de Bauduen et gagne presque aussitôt le Verdon en amont des ruines d'un pont romain. 

Entre Bauduen et Baudinard, on rencontre plusieurs sources ayant toutes la même origine.

Climat

Le climat du Var est le plus beau et le plus doux de la France avec ceux de la Corse et des Alpes-Maritimes, et celui qui offre avec ces mêmes départements la température moyenne la plus élevée. Cette température est à Toulon de 14,4°C, soit près de 4 degrés de plus qu'à Paris; à Hyères, elle est de 15°C; elle se rapproche de 16°C dans les vallons méridionaux les mieux abrités des Maures et de l'Esterel, vallons  où les hivers sont plus doux que ceux de Rome et de Naples. Ce beau climat, du 43e au 44e degré de latitude, est dû à l'heureuse exposition des côtes, faisant face au midi et protégées par de hautes montagnes contre les intempéries du Nord et les bourrasques du mistral. Aussi, dans certaines vallées moins bien abritées, perd-il de sa douceur et de son égalité. L'altitude modifie aussi beaucoup, qu'on ne l'oublie pas, les températures des lieux dans un pays dont les hauteurs au-dessus du niveau de la mer sont comprises entre 0 et 1713 mètres. 

Le climat du Var, dit climat méditerranéen, est le plus gai, qu'on nous permette cette expression, le plus brillant, le plus doux des climats maritimes de la France. Si toute la pluie tombée dans l'année restait sur le sol sans pénétrer dans la terre ou sans s'évaporer dans l'air, on aurait, au bout de douze mois, une hauteur d'eau moyenne de 500 millimètres à Toulon et à Hyères, de 600 le long de l'Argens et de la Siagne, la moyenne de la France étant de 770 millimètres.

Curiosités naturelles

Le Var possède un grand nombre de curiosités naturelles. C'est le pays des foux, des clus et des grottes. Les cascades y sont charmantes, les cascatelles innombrables; enfin les rivages de la mer offrent des paysages enchanteurs. Selon l'expression d'un poète, le Var est une « terre de beauté. » . (A. Joanne).
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