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Les départements français
L'Isère
[Histoire de l'Isère]
Le département de l'Isère a été formé de la partie du Dauphiné qui comprenait le Grésivaudan, le Royans ou Royanez et le Viennois. Sa superficie est de 7909 km², et sa population de 1,198,421 habitants (2010).

C'est en général un pays montueux. Toute la partie Sud-Est du département (au Sud de l'Isère) est couverte de hautes montagnes (les Alpes du Dauphiné), aux aspects pittoresques, mais souvent nues, ravagées par une foule de torrents destructeurs. La partie Nord-Ouest du département (au Nord de l'Isère) est accidentée; mais les montagnes entre Rhône et Isère, qui la traversent, sont moins hautes que les Alpes du Dauphiné. Deux grandes vallées coupent ce massif : la vallée du Rhône, au Nord-Ouest, généralement aride et sablonneuse, et la vallée de l'Isère, appelée le Grésivaudan jusqu'à Voreppe, et vallée de Tullins au-dessous de Voreppe. Cette vallée, longue de 60 kilomètres, sur 3 ou 4 de large, est un très beau pays, comme richesse et comme aspect. Le sol, formé d'alluvions et des marnes calcaires du terrain miocène, est d'une prodigieuse fertilité.

Principales communes

Rang Arr. Commune Population
1
1
Grenoble 159 410
2
1
Saint-Martin-d'Hères 35 817
3
1
Échirolles 35 753
4
3
Vienne 30 409
5
2
Bourgoin-Jallieu 24 491
6
1
Fontaine 22 565
7
1
Voiron 21 345
8
2
Villefontaine 19 046
9
1
Meylan 17 766
10
2
L'Isle-d'Abeau 15 841
Rang Arr. Commune Population
11
1
Saint-Égrève 15 702
12
1
Seyssinet-Pariset 12 794
13
1
Le Pont-de-Claix 11 683
14
1
Sassenage 10 919
15
1
Voreppe 9 952
16
1
Eybens 9 432
17
1
Crolles 8 660
18
1
Vif 8 231
19
3
Roussillon 8 175
20
1
Saint-Marcellin 8 010
Codes des arrondissements : 1 = Grenoble, 2 = La Tour-du-Pin, 3 = Vienne.
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Situation, limites, superficie

Le département de l'Isère doit son nom à la rivière qui le traverse et baigne son chef-lieu. Ce département est situé dans la région Sud-Est de la France, ou région alpestre. Il n'est pas très éloigné de la frontière italienne, dont le séparent le département des Hautes-Alpes ou celui de la Savoie, ni de la frontière suisse dont le sépare le département de l'Ain. Son chef-lieu, Grenoble, est situé à 480 km de Paris à vol d'oiseau et à 633 km par le chemin de fer. Il est compris entre le département de l'Ain au Nord, de la Savoie à l'Est, des Hautes-Alpes au Sud-Est, de la Drôme au Sud-Ouest, de la Loire à l'Ouest, du Rhône au Nord-Ouest. Traversé par le 45° lat. N., il est à égale distance du pôle et de l'équateur, au milieu de la zone tempérée.

Ses limites sont naturelles au Nord et à l'Ouest où elles sont formées par le Rhône, sauf dans le coude de ce fleuve ou une ligne conventionnelle a été tracée sur la rive gauche, laissant au département du Rhône les environs immédiats de Lyon; elles sont encore naturelles à l'Est où la ligne de démarcation avec la Savoie est formée par le Guiers, puis par le Guiers-Vif, puis à gauche de l'Isère par le Bréda et un de ses affluents. Sur le reste du pourtour, les limites sont conventionnelles; cependant elles suivent à plusieurs reprises des crêtes de montagnes formant ligne de partage des eaux, notamment le long des bassins du Bréda et du Vénéon; enfin la Bourne et l'Isère, puis la Collières forment la limite avec le département de la Drôme pendant quelques kilomètres.

La superficie de l'Isère est de 790,900 hectares. Sa forme est très irrégulière. Sa plus grande longueur du Nord-Ouest au Sud-Est, entre le Rhône en amont de Lyon et les glaciers du Pelvoux est de 150 km; elle est de 130 km environ du Nord au Sud entre Virieu et le col de Croix-Haute. Sa largeur est de 100 km (parallèlement à l'équateur) entre le col de Merlet, près d'Allevard, et Saint-Maurice-d'Exil, sur le Rhône; elle n'est que de 65 km au Nord, entre le confluent du Guiers et du Rhône à l'Est et le cours du Rhône à l'Ouest; de 44 km, dans l'étranglement central entre Roybon à l'Ouest, d'Entre-deux-Guiers à I'Est, de 47 km entre la Bourse et le Guiers-Vif; de 60 à 70 km dans la région méridionale. Son pourtour, en négligeant les petites sinuosités, est de 611 km.
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Carte des environs de Grenoble et du Grésivaudan.
Carte des environs de Grenoble.

Curiosités naturelles du département

On n'en finirait pas d'énumérer toutes les curiosités naturelles de l'Isère, glaciers, chaînes de rochers, cavernes, gorges, gouffres, sources, lacs et cascades. Mais nous devons au moins constater que le département de l'Isère renferme à lui seul les sept merveilles du Dauphiné. On appelait ainsi autrefois certaines curiosités naturelles dont plusieurs devaient une partie de leur renommée à la crédulité populaire. Quatre de ces merveilles sont les Cuves de Sassenage, la Tour-sans-Venin, la Fontaine-Ardente et le Mont-Inaccessible ou Mont-Aiguille.

Les Cuves de Sassenage sont des excavations naturelles en forme de cône renversé, situées dans des grottes, et qui, suivant la tradition populaire, indiquent la fertilité ou la stérilité, suivant la plus ou moins grande quantité d'eau qu'elles contiennent au printemps. Mais ce qu'on admire le plus à Sassenage sont les grottes dont les Cuves ne sont que le vestibule, et qui ont été creusées par des filtrations du Furon.

La Tour-sans-Venin, dont il reste un pan de mur sur la montagne de Saint-Nizier, au-dessus de la vallée du Drac, non loin de Grenoble, était, dit-on, construite au milieu de terres (apportées par le paladin Roland) qui avaient la propriété de faire mourir les serpents venimeux. A la vérité, sans venin paraît être une corruption de Saint-Véran.
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Isère : la Tour Sans-Venin.
La Tour Sans-Venin. - Une légende en avait fait l'une des sept merveilles du Dauphiné; ce n'est
qu'une ruine, mais de ses 750 m d'altitude le panorama est splendide.

La Fontaine-Ardente, au bord d'un ruisseau, à 5 ou 6 kilomètres de Vif, est un petit dégagement de gaz  hydrogène qu'on peut allumer ou éteindre à volonté.

Le Mont-Inaccessible ou Mont-Aiguille est un énorme obélisque calcaire, isolé, de 2097 mètres d'altitude, qui domine Clelles au sud. Il fut longtemps considéré comme absolument inaccessible, mais l'ascension en fut faite, pour la première fois, l'année même de la découverte de l'Amérique, par quelques officiers de Charles VIII. Sa réputation légendaire était cependant intacte encore au XIXe siècle.

Les trois autres merveilles du Dauphiné sont le pont de Lesdiguières sur le Drac, la Balme et la Motte-Tremblante de Saint-Laurent-du-Pont.

Une autre classification mettait au nombre des sept merveilles du Dauphiné le Preciosier de Sassenage et la Manne de Briançon; mais en les expliquant  on leur a enlevé leur prestige.

La Balme, canton de Crémieu, tout près du Rhône et du département de l'Ain, se compose d'une série de salles ou chambres dans lesquelles ont été faites de curieuses découvertes paléontologiques.

Relief du sol

Le département de l'Isère se divise en deux régions bien différentes : au Sud la montagne, au Nord les plateaux et les plaines. Cette division orographique correspond à la division politique, l'arrondissement de Grenoble comprenant la montagne et les trois autres se partageant les plateaux et les plaines. La vallée de l'Isère sépare à peu près les deux régions, mais le massif de la Grande-Chartreuse est au Nord. Dans la partie montagneuse on distingue deux zones qui sont séparées par les vallées de l'Isère (jusqu'à Grenoble) et du Drac : à l'Ouest sont les montagnes calcaires d'une hauteur moyenne; à l'Est les Grandes Alpes du Dauphiné avec leurs gneiss, schistes et granits revêtus de glaciers et de névés. La zone des montagnes calcaires de la Grande-Chartreuse, du Lans et du Vercors est intermédiaire entre les Grandes Alpes et les plateaux, collines et vallées de la moitié septentrionale du département. Celui-ci est d'une manière générale, inclinée du Sud-Est vers le Nord-Ouest. On peut le diviser en trois régions orographiques: la région des chaînes alpines ou Grandes Alpes, avec sommets de 3000 à 4000 m; celle des chaînes subalpines ou Petites Alpes, avec sommets de 2000 m; celle des plateaux du Bas-Dauphiné septentrional,

Les Grandes Alpes.
A l'angle Sud-Est du département est l'Oisans, cirque sauvage occupé par le bassin du Vénéon; au-dessus se dresse le massif du Pelvoux dont le point culminant (Barre des Ecrins, 4103 m) est en dehors du département de l'Isère, dans celui des Hautes-Alpes. Le nôtre possède les glaciers de la Pilatte, du Chardon, du Vallon, des Sellettes, dominés par le pic du Temple (3756 m), la Grande-Ruine (3754 m), la Roche-Faurio (3716m), l'Aiguille du Plat-de-la-Selle (3602 m), les Rouies (3634 m), les Bans (3651 m), l'Aiguille d'Olan (3883 m). Au Nord-Est, entre les vallées du Vénéon et de la Bonne, s'avancent l'Aiguille des Arias, le glacier du Vallon, le pic Turbat, le rocher de la Selle, de Rochan (3070 m).
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Les Bans et le glacier de la Pilatte. - Les Bans sont à 3651 m d'altitude; à leur pied, au Nord,
s'étend le glacier de la Pilatte, l'un des plus beaux du Pelvoux; il donne naissance au Vénéon.

Au Nord du Pelvoux, entre le Vénéon et la Romanche, s'élève la Meije ou Aiguille du Midi (3987 m), le point culminant du département de l'Isère; elle est, comme la plupart des cimes du Pelvoux, située entre ce département et celui des Hautes-Alpes; elle domine les glaciers des Etançons, de la Selle et celui du mont de Lans (7 km de long sur 3 km de large) et des pics à peine moindres, pic Gaspard (3880 m), Rateau (3754 m), pics de la Grave (3673 m et 3469 m), Jandri (3292 m); le confluent de la Romanche et du Vénéon se fait au bas du Piedmontet (2344 m).

Au Nord de l'Oisans, séparé des précédents par la vallée de la Romanche, s'élève le massif des Grandes-Rousses auquel la teinte de ses rocs aurait valu ce nom. Ses plus hauts pics sont les cimes jumelles des Grandes-Rousses (3473 m chacune); on les nomme l'Etendard au Nord, la Scie ou pic Bayle au Sud; elles dominent le glacier des Grandes-Rousses, de Saint-Sorlin, de la Cochette, des Quirlies, du Grand-Sablart; les autres pics situés dans le département de l'Isère sont : le Savoyat (3340 m), la cime des Torches (2957 m) plus à l'Est; le rocher de Rission (2627 m) à l'Ouest; le val de l'Eau-d'Olle borne au Nord et à l'Ouest le massif des Grandes-Rousses et le sépare de celui des Sept-Laux, dont les sept petits lacs, presque toujours glacés, s'échelonnent entre 2277 m et 2100 m d'altitude, au pied du pic de la Pyramide ou Rocher-Blanc (1931 m); au Nord, le long de la limite de la Savoie, sont le Rocher d'Arguille (2893 m), le Grand-Charnier, le col de Merlet (2564 m); près d'Allevard, le Grand-Collet.

Parallèlement à ces montagnes, de l'autre côté des vallées du Bréda, de l'Eau-d'Olle et de la Romanche, entre celles-ci et celles de l'Isère et du Drac, s'allonge la chaîne de Belledonne, au col de la Coche, elle confine au massif des Sept-Laux. Ses principales cimes sont : les trois pics de Belledonne, dont le plus haut mesure 2981 m; la Grande-Voudène (2789 m), la Grande-Lance d'Allemont (2844 m), la Grande-Lance de Domène (2833 m), Chanrousse (2255 m); au pied est le vallon d'Uriage. De l'autre côté de la Romanche, qui y a creusé les gorges de Livet, la chaîne de Belledonne se continue par le Cornillon ou Infernet (2494 m), le Grand-Galbert (2565 m), le Taillefer (2861 m), le Quaro (2610 m) au Nord de Valbonnais; ce massif ferme au Nord-Ouest la région de l'Oisans. A l'extrémité méridionale du département, on trouve le massif décharné du Dévoluy contigu aux département de la Drôme et des Hautes-Alpes; son plus haut sommet, le mont Obiou (2793 m), est à la limite; de même le Grand-Ferrand (2761 m) et le col de la Croix-Haute (1500 m); au Nord de l'Obion, ses contreforts entre l'Ebron et le Drac s'abaissent à 1942 m à l'Est de Mens et à 1074 m à l'Ouest de Mens. Au Nord-Ouest du col de Croix-Haute par où passent la route et le chemin de fer de Grenoble à Marseille sont les monts crétacés de Trièves, grisâtres, nus, profondément ravinés, qui sont contigus aux monts du Vercors.

Les Petites Alpes.
La rangée des Petites Alpes comprend, du Nord au Sud, les massifs de la Grande-Chartreuse, de Lans et du Vercors. Elle est coupée en deux perpendiculairement par la vallée de l'Isère qui remonte au Nord-Ouest de Grenoble à Moirans. Au Nord-Est de cette coupure est le massif de la Grande-Chartreuse, dans le coude de la rivière; délimité presque aussi nettement au Nord par le Guiers-Vif, il forme une île calcaire de 120 km de tour, dominant les plaines voisines de ses escarpements qui semblent de formidables remparts. Le long du Grésivaudan, la muraille porte le nom d'Alpette, Haut-du-Seul, Rochers du Midi; après la Dent de Crolles ou Petit-Som (2066m), dominant le col des Ayes, elle continue par les rochers de Saint-Eynard et finit près de Grenoble par le mont Rachais (1053 m) et le mont Jala. Le mur occidental, un peu moins élevé, ne dépasse pas 1924 m. 

La cuvette intérieure du massif forme le bassin du Guiers-Mort; au Nord de celui-ci se dresse le Grand-Som (2033 m), dominant le couvent de la Grande-Chartreuse; au Sud, Chamechaude (2087 m), le point culminant du massif, et le Charmant-Som (1857 m), séparés par le col de la Porte, où passe la route qui, par le Sappey, mène à Grenoble; elle se continue au Nord du couvent jusqu'à Entremont; en descendant le val du Guiers-Mort, on aboutit à Saint-Laurent-du-Pont. 
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Isère : Saint-Pierre de Chartreuse.
Saint-Pierre de Chartreuse et le Grand Som (2000 m).

Le massif de la Chartreuse a gardé ses forêts de sapins, de hêtres, de pins, de frênes, d'érables, de bouleaux, de trembles, d'aunes, qui rafraîchissent et assombrissent ses gorges austères, taillées à pic dans le calcaire. Quelques montagnes, situées en dehors du massif proprement dit, s'y rattachent : au Nord, le mont Granier (1938 m), au-dessus du fort Barraux; au Sud, le Casque de Néron (1305 m), redouté des randonneurs pour ses pentes abruptes, isolé par les gorges où coulent la Vence et le torrent de Saint-Martin ou Pique-Pierre; à l'Est, le Raz (804 m), isolé par la Roize et l'Hérétang, qui coulent dans la faille de Voreppe.

Les monts de Lans, d'Autrans ou du Villard-de-Lans sont compris dans le second coude de l'Isère et font face à ceux de la Grande-Chartreuse. Ils se terminent au Nord par le promontoire du Bec de l'Echaillon, à 200 m au-dessus de l'Isère, au Sud-Ouest; ils sont limités par la profonde vallée de la Bourne; leur altitude moyenne est de 1500 m; aucun de leurs sommets n'arrive à 2000 m. Ils sont sillonnés de gracieux vallons; signalons les Cuves de Sassenage, excavations en forme de cône renversé situées dans des grottes creusées par le Furon dans le calcaire. 

Le Vercors, qui s'étend sur le Nord du département de la Drôme, commence dans celui de l'Isère; il longe le Drac; citons le pic Saint-Michel (1938), le col de l'Arc (1743 m), le Grand-Arc ou Grande-Moucherotte (2289 m), le Grand-Veymont (2346 m), le mont Aiguille (2097 m) appelé mont Inaccessible, bien qu'il ait été gravi dès 1492; les plus beaux sites du Vercors sont dans le département de la Drôme où l'on pénètre au col de Bachassons (1700 m.).

Les plateaux et les plaines.
La région des plateaux et des plaines du Bas-Dauphiné septentrional comprennent environ la moitié du département. On y distingue plusieurs districts nettement tranchés. Au Nord, dans le coude du Rhône, entre ce fleuve et la Bourbre, sont les Balmes de Crémieu, collines calcaires, avant-monts du Jura; elles ne dépassent pas 444 m, sont un peu boisées et doivent leur nom aux balmes ou baumes, grottes nombreuses sur le versant septentrional le long du fleuve. Ce massif calcaire est complètement isolé au Sud et à l'Ouest par un fossé marécageux qui représente l'ancien lit du Rhône; il est occupé aujourd'hui par les marais des Avenières, de Morestel, d'Aoste, de Granieu, par la vallée tourbeuse de la Bourbre, formant le district des Terres-Basses. Au Sud de celles-ci sont les Terres-Froides, plateau humide dont les collines atteignent 809 m; on y trouve le lac de Paladru; c'est une région très fraîche, avec de nombreuses sources, qui s'étend sur le Sud de l'arrondissement de La Tour-du-Pin (cantons de Virieu, Grand-Lemps, Saint-Geoire, Pont-de-Beauvoisin, La Tour-du-Pin, Bourgoin). Au Sud des Terres-Froides s'allonge la plaine de la Bièvres, longue et étroite, entre ce plateau continué par les collines du Banchet (700 m) au Nord, et le plateau de Chambaran au Sud. La Bièvres a 30 km de long, 4 à 10 km de large; sa pente est de l'Est à l'Ouest; son altitude décroît de 450 à 300 m. On l'appelle à l'Ouest plaine de La Côte-Saint-André; c'est un pays nu, peu fertile, sans eau parce que le sol l'absorbe.

Elles ressortent à l'Ouest dans la Valloire qui la prolonge à l'Ouest jusqu'au Rhône; celle-ci est une belle plaine alluviale de 20 km de long, 4 à 7 de large, très fertile grâce à ses eaux abondantes. Elle comprend le bassin des Claires ou Collières et s'étend sur le Nord du département de la Drôme. 

Il en est de même du plateau de Chambaran compris entre la Bièvre et la
Valloire au Nord, la vallée de l'Isère au Sud; dans l'Ouest de l'arrondissement de Grenoble, près de Tullins, la colline de Marsonna, arête crétacée qu'on y peut rattacher, atteint 787 m; le Chambaran, entre les cantons de Tullins et Roybon, a 735 m. Le plateau est accidenté et bien boisé. 

Au Nord de la plaine de la Valloire et à l'Ouest de la Bourbre, au Nord de l'arrondissement. de Vienne (cantons de Saint-Symphorien, Heyrieu et Meyzieu), sont les Balmes viennoises, plateaux ondulés, recouverts de limon pliocène et d'alluvions anciennes, fertiles, mais sans ruisseaux ni sources, d'une altitude médiocre; le plus haut point est à 370 m. Au Sud est le plateau de Saint-Jeande-Bournay. 

Au Nord-Ouest, la plaine de Lyon, ou sol alluvial, encombré de graviers qui s'étend aux abords de la grande ville.

Géologie 

Le département de l'Isère renferme des terrains sédimentaires appartenant à toute la série des âges géologiques : gneiss et schistes cristallins, triassique, lias, jurassique, crétacé, miocène, pliocène, alluvions; en outre, plusieurs groupes de roches éruptives. Ces terrains se répartissent en trois zones, correspondant aux trois régions orographiques.

A l'Est des vallées de l'Isère et du Drac s'étendent les chaînes alpines formées essentiellement de gneiss, de schistes et de lias; elles décrivent une sorte de courbe convexe vers l'Ouest et dont le sommet se trouverait vers Monestier sur le Drac, se dirigeant du Nord-Nord-Est à l'Ouets-Sud-Ouest, puis du Nord au Sud et ensuite du Nord-Ouest au Sud-Est; le centre de cette convexité, plus accentuée que celle de la chaîne frontière des Alpes, se trouve le soulèvement granulitique du mont Pelvoux. Les chaînes subalpines sont parallèles aux précédentes et forment à l'Ouest des vallées alluviales de l'Isère et du Drac une zone jurassique et crétacée de 22 à 23 km de large. A l'Ouest de celle-ci sont les plateaux tertiaires du Bas-Dauphiné septentrional, formés essentiellement des étages miocènes supérieurs, recouverts par endroits d'alluvions et dépôts glaciaires et bordés par la plaine alluviale du Rhône; à l'angle Nord-Est du département, nous trouvons la terminaison méridionale des terrains jurassiques du Jura; elle correspond aux Balmes de Crémieu. 

La structure orographique est coordonnée à de grandes lignes de failles dont l'orientation dominante est vers le Nord-Nord-Est, dans la moitié septentrionale appartenant au système des Alpes occidentales, et Nord-Sud-Est, dans la moitié méridionale appartenant au système du Vercors. Cette direction se manifeste dans le redressement des schistes cristallins antérieurs aux terrains mésozoïques, phénomène très marqué dans le sommet de Chanrousse formé d'un calcaire magnésien de la base du lias, horizontal, reposant sur des tranches de schistes amphiboliques presque verticaux; dans le cantons de La Mure, on constate que ces plissements sont antérieurs aux dépôts de grès à anthracite. Mais ils se sont reproduits à différentes époques dans les dislocations qui ont affecté : dans les chaînes alpines le trias et le lias; dans les chaînes subalpines, les étages jurassiques supérieurs, toute la série crétacée et même la molasse. 

Dans les chaînes alpines, le lias formé principalement de calcaires argileux très flexibles s'est prêté à des plissements très compliqués, coordonnés en direction à l'orientation dominante des failles qui ont découpé le soubassement rigide formé par les terrains anciens déjà antérieurement disloqués et plissés. La grande bande de lias de la rive gauche de l'Isère est affaissée en faille par rapport au massif des schistes cristallins; la vallée du Grésivaudan a pour origine une faille marquée par le creusement de la vallée et les alluvions qui l'ont remplie, mais très visible dans son prolongement septentrional, aux environs d'Albertville (Savoie). 

Dans la région des chaînes subalpines, les failles, généralement très étendues en direction, sont plus distantes les unes des autres. La plus remarquable est la grande faille du Vercors, prolongée au Nord par la faille de Voreppe; on la suit sur une longueur de 78 km. Il faut citer ensuite la faille de la Grande-Chartreuse, régnant sur toute la longueur du massif, et la faille d'Entremont commençant au Grand-Som et se prolongeant vers Chambéry. Ces failles sont dirigées dans le même sens et marquées par l'affaissement de la lèvre occidentale. Elles correspondent aux limites d'extension ou à des changements brusques de faciès des étages secondaires ou tertiaires. 

La grande faille de la vallée du Grésivaudan forme un rivage que n'a dépassé aucun des dépôts postérieurs au lias ou tout au moins au bathonien (jurassique moyen). La faille de Voreppe marque la limite entre les derniers prolongements du Jura, caractérisés par le calcaire coralligène et les chaînes subalpines où paraissent les assises jurassiques supérieures et les marnes à bélemnites du crétacé. 

Les failles de la Grande-Chartreuse et d'Entremont déterminent la limite d'extension de la molasse. Ces faits confirment ce que nous avons dit de l'origine ancienne de ces failles existant ici dans le soubassement invisible des roches cristallines qui supporte les terrains mésozoïques et cénozoïques; elles ont joué à diverses époques ultérieures déterminant de brusques variations de faciès des dépôts les plus récents et limitant leur extension. Dans le massif de la Grande-Chartreuse, les failles sont nombreuses et très rapprochées, de sorte que les couches ne présentent que rarement des plis réguliers synclinaux ou anticlinaux; les premiers se trouvent même plus souvent dans les sommets que dans les vallées. 

Dans le massif de Lans, les failles sont plus écartées et laissent place à de larges plis ou ondulations dans les assises de calcaires compacts du crétacé et du jurassique; ces plis déterminent une orographie analogue (sur un plus grand modèle) à celle du Haut-Jura, avec de grands escarpements au bord des failles, des cirques ou des cluses ou coupures transversales; elles donnent à cette région un caractère très pittoresque. La vallée de l'Isère entre Grenoble et Moirans, c.-à-d. dans son coude vers le Nord-Ouest, correspond à une grande rupture transversale contemporaine des plissements et du dernier jeu des failles, et en rapport avec le changement de direction de ces accidents lorsqu'on passe du massif de la Grande-Chartreuse au massif de Lans. 

Voyons maintenant comment se répartissent les différents terrains entre les régions que nous avons indiquées et dont on connaît les alignements et les limites.

Chaînes alpines. 
La région des chaînes alpines a pour éléments principaux les schistes cristallins, les terrains éruptifs et le lias; on y rencontre également un peu de terrain houiller (carbonifère supérieur) et quelques affleurements triassiques. Le cours du Drac creusé dans les roches argilo-calcaires du lias et la plaine du Grésivaudan formée par l'Isère dans une des grandes failles délimitent nettement cette région. Les schistes cristallins sériciteux, talqueux, chloriteux, amphiboliques et micacés sont intimement liés entre eux par des alternances multiples; on l'aperçoit nettement dans la coupure des gorges de la Romanche. On ne peut donc qu'indiquer la prédominance de tel on tel groupe, plutôt que sa présence exclusive. Le gneiss domine dans le massif des Sept-Laux et la chaîne frontière située au Nord; puis dans les hauts bassins du Vénéon et de la Bonne; les schistes amphiboliques sont très développés dans une sorte de triangle comprenant le centre du massif de Belledonne, dont ils constituent l'arête, y compris le pic majeur au sommet du triangle; la base est parallèle à la Romanche, à quatre kilomètres au Sud de cette rivière. Les talcschistes et micaschistes s'étendent des deux côtés des gneiss à l'Est. et à l'Ouest formant à l'Est l'Olan, les Grandes-Rousses, à l'Ouest une bande continue de 3 à 4 km de large, surmontée de nombreux affleurements houillers et triasiques, entre le gneiss et la bande liasique qui longe la vallée du Grésivaudan et celle du Drac. Les roches éruptives n'ont de développement que dans le massif du Pelvoux, formé de granulite. Le lias, outre la bande occidentale large de 5 à 10 km, forme des lambeaux étendus au Sud et au Nord de Bourg-d'Oisans et au Nord de la Romanche, à l'Est des Grandes-Rousses.

Les schistes cristallins représentent l'extrémité méridionale de la chaîne des Alpes occidentales, l'alignement le plus régulier constituant le massif de Belledonne, il appartient à la zone du mont Blanc ou première zone alpine dont le caractère distinctif est que les schistes cristallins et les grès à anthracite ont été redressés antérieurement aux dépôts du trias et du lias, de sorte que ceux-ci reposent souvent en couches horizontales ou peu inclinées sur les tranches des terrains primitifs. On voit des exemples de ces discordances entre Vizille et Séchilienne, auprès de Laffrey, de La Mure, sur le plateau de Brouffier (2500 m), au mont Taillefer, etc. Les schistes cristallins sont stratifiés en feuillets très inclinés prolongeant vers l'Ouest-Nord-Ouest. Les grès à anthracite représentent le carbonifère supérieur : ils sont bien développés dans le canton de La Mure où leur épaisseur atteint 300 m. Ils appartiennent, d'après les empreintes végétales, à un horizon intermédiaire entre ceux de Rive-de-Gier et de Saint-Etienne. La grande couche, épaisse de 8 à 10 m, est exploitée à La Motte-d'Aveillans, à Putteville, au Peychagnard; elle est située à la partie supérieure de cet étage et manque dans les petits affleurements moins épais situés à l'Est; dans ceux-ci la discordance de stratification n'est pas sensible. 

Le trias a peu d'importance; il manque très souvent et le lias repose alors directement sur le carbonifère supérieur ou sur les schistes cristallins. On trouve en quelques points les grès du trias inférieur, accompagnés de schistes argileux noirs ou verdâtres à clivage ardoisier; plus souvent des affleurements de l'étage supérieur contenant des gisements de gypse avec anhydrite (exploités à Champ, Vizille, etc.); à Vizile, l'anhydrite est exploitée comme marbre. Le gypse est associé a des dolomies et à des schistes argileux bariolés, rouges, noirs ou verdâtres, lesquels correspondent aux marnes irisées.

Le lias est représenté par un puissant ensemble de calcaires noirs plus ou moins argileux et feuilletés, prenant souvent des clivages ardoisiers dans un sens autre que celui de la stratification. A la base sont des couches à Avicula contorta superposées aux gypses triasiques de Champ; en ce point elles constituent une zone infraliasique. Dans le canton de La Mure et de Corps, le lias débute par les assises moyennes (liasien d'Orbigny); ce sont des calcaires compacts qui donnent des pierres de taille, du marbre gris (Laffrey, Peychagnard). Le lias supérieur à bélemnites, Ammonites bifrons et heterophyllus, est toujours plus développé. On y exploite des marbres noirs (Sainte-Luce, près de Corps), des calcaires argileux pour ciments hydrauliques (Monteynard, Villard-Saint-Christophe, Pont-du-Prêtre, près de Valbonnais), des ardoises (Oulles, Ornon), des dalles ou lauzes (Montchabond, près de Vizille). Les eaux sulfureuses et salines d'Uriage sortent de ce terrain mais paraissent provenir du trias non visible à la surface. 

Les terrains éruptifs percent en plusieurs points : outre le massif granulitique du Pelvoux, nous avons à citer : l'euphotide qui traverse les schistes cristallins entre la cime de Chanrousse et la crête de Vaudaine, auprès du lac Achend et du lac Robert; elle est bordée de serpentine qui est une modification de la même masse éruptive; à l'Ouest elle devient porphyrique; un épanchement d'emphotide amphibolique dans une rupture des schistes chloriteux près de Valdens; à son contact avec le trias on retrouve la serpentine; on attribue aussi à la période du trias supérieur les spilites, qui se continuent dans les premiers dépôts liasiques. Les schistes cristallins sont entrecoupés de nombreuses veines discontinues dont la nature varie avec celle des roches. Ce sont dans le groupe supérieur des veines de quartz et de chlorite écailleuse, avec quelquefois de l'albite; dans les schistes amphiboliques, des veines granulitiques et dioritiques avec de l'épidote ; dans les micaschistes et les gneiss des veines granulitiques à mica blanc passant à la pegmatite. Ces veines, comparables à celle de spath calcaire qu'on trouve dans le lias et les calcaires jurassiques ne semblent être que des filons de sécrétion, formés aux dépens des roches encaissantes. Les filons métalliques sont nombreux; la gangue est ordinairement le quartz ou le fer spathique ou, pour les filons plombifères, la barytine. On les voit dans les schistes cristallins, dans les grès à anthracite, dans le lias. Ils sont en rapport avec les grandes failles. Les principaux sont ceux de la mine de Chalanches ou Allemont (minerais argentifères de cobalt, nickel, antimoine, etc.), de la Sitre, du Cros (fer spathique), etc.
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Isère : Bourg d'Oisans.

Vue générale de Bourg d'Oisans.

Chaînes subalpines.
Cette région est divisée en deux par la coupure transversale de la vallée de l'Isère, laissant au Nord-Est le massif de la Grande-Chartreuse, au Sud-Ouest ceux du Lens et du Vercors. Elle est caractérisée par le développement des divers étages crétacés, le long desquels on trouve à l'Est, bordant les vallées du Grésivaudan et du Drac, les terrains jurassiques. A travers les deux massifs, la faille de Voreppe marque la séparation entre les alignements qu'on peut rattacher au Jura et ceux de l'Est qu'on rattache aux chaînes subalpines. Le jurassique inférieur existe à peine. Le bajocien est représenté par des calcaires argilo-sableux à la base des coteaux de Bouquéron, de Montbonnot et du fort Barraux; les fossiles y sont rares. Le bathonien est représenté par le calcaire de Corenc, près de Grenoble, avec traces de structure oolithique. Au jurassique moyen et supérieur appartiennent les terrains suivants : 

Callovien. Schistes argilo-calcaires sableux à posidonomyes, Belemnites hastatus, Ammonites coronaius, etc. 

Oxfordien représenté par des marnes à géodes, dites de Meylan, contenant des cristaux limpides de quartz, de petites ammonites pyritisées (zone à Ammonites cordatus) et par des calcaires argileux exploités pour chaux hydraulique et ciments aux environs de Vif, à Crolles, Saint-Imier (zone à Ammonites canaliculatus et Martelli.

 3° et 5° Calcaires de la Porte-de-France divisés en groupe inférieur avec Ammonites tenuilobatus et polyplocus; et groupe supérieur à Terebratula janitor, Ammonites ptychoicus, calcaires lithographiques; ces deux assises de calcaires compacts bruns, superposées l'une à l'autre forment les grands escarpements caractéristiques des montagnes subalpines, notamment sur le front occidental et oriental du massif de la Grande-Chartreuse. 

4° Entre elles s'intercalent chronologiquement les calcaires de l'Echaillon; ceux-ci forment la chaîne la plus occidentale, coupée par la cluse de Chaille et par l'Isère, entre Voreppe et l'Echaillon; ils se rattachent vers le Nord au Jura. Leurs fossiles (Terebratula Moravica, Diceras) ont des caractères spéciaux qui rendent difficile de déterminer leur place exacte dans la série jurassique; ils sont directement recouverts par les calcaires valanginiens du crétacé. Cependant plus au Nord la limite entre les terrains jurassique et crétacé est indiquée par les couches du berriasien à petites coquilles lacustres, comme dans le Sud du Jura.

Le crétacé débute par les marnes à Belemnites latus, peu fossilifères au Nord, bien plus dans le Sud, très épaisses; elles renferment les couches à ciment de la Porte-de-France contenant les fossiles de la faune dite de Berrias; elles perdent peu à peu le caractère argilo-bitumineux et deviennent de plus en plus calcaires à mesure qu'on approche vers le Sud. On exploite les calcaires argilo-bitumineux pour ciment à la Porte-de-France (Grenoble), au Chevallon (Voreppe), au rocher de Comboire (Seyssins), au Sappey, à Saint-Laurent-du-Pont. 

Le néocomien proprement dit et le valanginien prennent vers le Sud le faciès à céphalopodes; aux environs de Grenoble ils sont d'un type mixte, comprennent : le calcaire du Fontanil (valanginien) à Natica Leviathan, Ammonites Thurmanni, etc.; le calcaire roux siliceux à Ostrea rectangularis; la couche glauconieuse à Belemnites pistilliformis et dilatatus; les calcaires à Crioceras Duvalii; les marnes à Toxaster complanatus. 

L'urgonien, épais de 300 à 500 m, est un calcaire compact, blond clair, à requienies, passant souvent au coralligène, accompagné de calcaires magnésiens et de vraies dolomies. Son grand développement est caractéristique des chaînes subalpines, auxquelles il fournit toutes les hautes cimes et les grands escarpements. Il est divisé nettement en deux assises séparées par une zone un peu marneuse à Orbilalines, Heteraster oblongus, etc.; au sommet se trouve une zone à Salenia prestensis, Codechinus rotundus, contenant quelques espèces aptiennes. 

L'aptien marno-calcaire n'affleure que dans le département de la Drôme.

Le gault sableux, à fossiles phosphatés, forme une couche très mince sur laquelle est une petite assise de lumachelle jaunâtre avec les mêmes fossiles (Ammonites Milteti, etc.). 

Les sables glauconieux à Discoidea cylindrica, Turrilites Bergeri, ne sont fossilifères que dans les environs de Villard-de-Lans. 

L'étage sénonien ou des calcaires à silex, puis calcaires sableux sans silex, donnant de grandes dalles (lauzes) et d'autres finement siliceux exploités pour chaux hydraulique à Sassenage et Seyssinet; on y trouve des ammonites et hamites non déterminés, des inocerames, Belemnitella mucronata, etc. Autour d'Entremont-le-Vieux et de la Grande-Chartreuse, cet étage s'amincit, devient crayeux, se recouvre de couches à baculites; on y rencontre les fossiles de la craie de Meudon, Ananchytes ovata, Micraster Brongniarti, etc. 

La série crétacée se termine par des calcaires à orbitoïdes, Ostrea larva, Nerita pontica étudiés à Méaudre.

L'éocène est représenté par un étage de sables et argiles réfractaires activement exploités qui repose soit sur le sénonien, soit sur l'urgonien; il proviendrait de la dissolution des calcaires sableux à rognons siliceux; on n'y a pas trouvé de fossiles qui le datent. 

Le miocène débute par l'étage de calcaire lacustre à Helix Raimondi qu'on ne rencontre qu'en deux points. 

La molasse marine est, au contraire, fort développée. Cet étage helvétien est fortement redressé, en stratification à peu près concordante avec les couches crétacées sur lesquelles il repose. Les couches inférieures fossilifères, à Pecten praescabriusculus, Echinolampas scutiformis, sont suivies d'une grande épaisseur de molasse sableuse et de poudingues, alternant à diverses reprises. Au toit de la molasse exploitée à Voreppe on trouve l'Ostrea crassissima. Dans la pente supérieure de la masse de poudingues superposés, à Pommiers (canton de Beaurepaire), s'intercalent une couche d'argile à Cerithium pavaveraceum et Duboisi et une couche de lignite compact avec débris coquilliers d'eau douce. A mesure qu'on se rapproche des Alpes, le faciès de poudingues domine de plus en plus dans toute l'épaisseur, avec quelques rares alternances de molasse sableuse (plateau de Saint-Nizier, Proveysieux). Au voisinage et à l'intérieur des massifs crétacés la molasse a été fortement redressée et a partagé toutes les dislocations des terrains mésozoïques; les assises inférieures sont très fossilifères dans le Royans.

Plateau du Bas-Dauphiné. 
La région septentrionale du département qui se rattache à la Bresse, au Nord du Rhône, est d'une constitution géologique assez uniforme. Les assises miocènes y sont presque toujours horizontales; leurs inclinaisons ne se manifestent qu'au voisinage des montagnes de l'Est-Sud-Est où elles se relèvent rapidement. Le plateau miocène est à découvert dans la région orientale du Bas-Dauphiné, du Guiers jusque vers la limite de l'arrondissement de Vienne, à l'Ouest et aux Terres-Basses au Nord; c'est la région des Terres-Froides et du plateau de Chambaran. Les limons pliocènes revêtent le sol miocène à l'Est et dans le plateau de Chambaran. La Valloire est formée d'alluvions : de même les Terres-Basses. Au Nord de celles-ci les Balmes de Crémieu correspondent à des terrains jurassiques intimement liés à la chaîne principale du Jura; les étages inférieurs y sont très développés. On sait qu'autrefois le Rhône passait au Sud de ce massif par la vallée marécageuse de la Bourbre, qui est la vraie limite méridionale du Jura, aujourd'hui percé par le fleuve. Le Nord du département, au delà d'une ligne passant au Sud de Saint-Symphorien, Heyrieux et Bourgoin, et à l'Ouest du massif jurassique, est recouvert d'alluvions : anciennes dans les Balmes viennoises, plus récentes dans la plaine de Lyon. Sur le prolongement du bassin de Saint-Etienne sont des terrains du carbonifère supérieur qui forment une sorte de traînée depuis Givors jusqu'à Chamagnieu, à droite de la Bourbre; ici un soulèvement fait apparaître le granit et ramène au jour le miocène; mais c'est un simple pointement.

L'étage de la molasse marine ou helvétien ne laisse rien que ses assises moyennes et supérieures formées de grès tendres à ciment calcaire (molasse) ou de poudingues à cailloux bien arrondis. Dans les couches sableuses sont de menus débris de coquilles marines; les poudingues ne renferment généralement pas de fossiles. Au-dessus est un étage de marnes à lignites où on trouve successivement des marnes bleuâtres contenant des bois fossiles, presque toujours, et quelques gisements de lignites de Virieu à Saint-Marcellin; on ne peut les exploiter; les sables et poudingues supérieurs ne renferment pas de coquilles marines et alternent avec de petites couches marno-calcaires d'origine lacustre. 

Le terrain pliocène a été formé à la surface des plateaux miocènes émergés : les actions atmosphériques ont dissous ou désagrégé la majeure partie des matériaux des poudingues; il n'en est guère resté que des galets purement siliceux, surtout des quartzites triasiques enveloppés dans un limon rougeâtre entièrement privé de calcaire. Ce limon spécial caractérise les plateaux qui ont échappé à l'invasion des glaciers quaternaires.

Alluvions.
Dans les trois régions que nous venons de décrire et dont chacune est caractérisée par des terrains d'époque fort différente de ses voisins (schistes et lias, calcaires jurassiquesr et crétacés, sédiments miocènes), ceux-ci ont été partiellement recouverts par des formations plus récentes dues à l'action des glaciers ou des eaux : 

1° les alluvions anciennes préglaciaires, stratifiées, ne contenant pas de blocs erratiques et formées de graviers et de cailloux roulés pendant la phase d'extension progressive des glaciers sur les régions montagneuses. La grande vallée de la Bièvre, que suit le chemin de fer de Rives à Saint-Rambert, a dû être creusée durant la période pliocène puis remplie par ces alluvions préglaciaires que l'on retrouve sur les terrasses d'Echirolles et d'Eybens (au Sud de Grenoble) et dans la vallée du Drac. Elles forment des terrasses qui dominent les cours d'eau actuels, souvent de plusieurs centaines de mètres; très développées le long du cours du Drac et de l'Isère, leurs matériaux proviennent des bassins de ces rivières et prouvent qu'elles coulaient jadis à un niveau bien plus élevé et dans des lits plus larges qu'aujourd'hui.

 2° Les dépôts glaciaires sont boueux, à cailloux striés et blocs anguleux non stratifiés; ils recouvrent les alluvions préglaciaires et les terrains plus anciens. Les blocs erratiques, venant des chaînes alpines, se rencontrent sur les flancs des chaînes subalpines, à l'Oust de Grenoble, jusqu'à l'altitude de 1200 m et sur les collines et plateaux tertiaires jusqu'à la région pliocène. Dans les hautes chaînes subalpines où ne pénétrèrent par les grands blocs, il y eut des glaciers locaux; la moraine de Sassenage fut formée, après le retrait du grand glacier alpin, par un glacier secondaire venant de la vallée de Lans. La moraine d'Autrans marque le terme d'un petit glacier local. Le plateau de la Mateysine, entre La Mure et Laffrey, est entièrement recouvert par de vastes moraines. On classe à part les alluvions glaciaires contemporaines de la plus grande extension des glaciers et contenant des blocs erratiques émoussés; par exemple les terrasses de la vallée de l'Isère entre l'Albenc et Saint-Marcellin, à 200 m au-dessus de la rivière.

3° Les alluvions modernes formées le long des cours d'eau actuelles ont des caractères locaux un peu dissemblables. Elles sont généralement sableuses et caillouteuses, particulièrement dans la plaine au Sud de Grenoble, formée par le Drac; celles de la vallée de l'Isère sont sableuses et limoneuses; les lits de déjection des torrents sont d'une structure très grossière; dans les hautes vallées de La Mure, de Lans, du Vercors, le remaniement des boues glaciaires et autres dépôts quaternaires a formé dans les dépressions des alluvions argileuses; celles de l'ancien lit du Rhône constituent une vaste tourbière de 35 km de long.

Régime des eaux

Le département de l'Isère appartient entièrement au bassin du Rhône. Tous ses cours d'eau aboutissent à ce fleuve, soit directement, soit par l'intermédiaire de l'Isère, un de ses grands affluents. La région des montagnes alpines et subalpines appartient presque entièrement au bassin de l'Isère; les trois quarts de celle du Bas-Dauphiné envoient directement leurs eaux au Rhône. 

Le Rhône.
Le Rhône longe le département au Nord et à l'Ouest sans y pénétrer pendant 130 km environ, ne cessant de le toucher qu'à l'angle extrême de son coude Ouest-Sud, vers Lyon. Il commence à longer l'Isère au confluent du Guiers, à l'altitude de 204 m, se dirige vers le Nord-Ouest; son lit est large avec de nombreuses îles; il s'enfonce dans les terrains jurassiques où il s'est creusé un lit récent entre le Jura et les Balmes de Crémieu, il s'y rétrécit au point de n'avoir plus que 36 m près de Mérieu, que 8 m au saut du Rhône où existe une sorte de barrage naturel; il se replie vers le Sud-Ouest à Vertrieu, longe la grotte de la Balme, les rochers d'lllières, change encore de direction, tournant vers l'Ouest, et, grossi de la Bourbre, s'étale de nouveau dans la plaine alluviale qu'il a formée, passe à Anthon, forme de nombreux îlots près de Villette-d'Anthon et de Jons et Jonage, quitte le département pour traverser celui du Rhône, le rejoint en aval de Lyon, passe le long de Feyzin, Solaise, Ternay, Chasse, de la vieille tour de Gorneton, des ruines du château de Seyssuel, décrit vers le Sud-Est un coude au sommet duquel est Vienne; il a en cet endroit 200 m de large, 5 m de profondeur et son courant parcourt 2 m par seconde; il longe les coteaux qui portent Reventin, Chanas, les ruines du château de Montbreton, Saint-Maurice-l'Exil, le Péage, Roussillon, où commence la fertile plaine de la Valloire, et quitte le département à l'altitude de 134 m en ayant descendu 70 depuis son entrée.
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Trenay. A 250 mètres sur une colline qui commande la rive gauche du Rhône, 
en vue du Pilat (1434 m), qui est ici le maître de l'espace.

Il y reçoit sur sa rive gauche le Guiers, la Bièvres, la Braille, la Save, le Fouron, l'Amby, la Bourbre, le ruisseau de Meyzieux, l'Ozon, le ruisseau de Levau, la Gère, la Varèze, le Dolon; puis, en aval les Claires, la Galaure et l'Isère qui viennent de notre département, mais finissent dans celui de la Drôme.

Le Guiers (55 km de long) est formé par le Guiers-Vif et le Guiers-Mort qui descendent l'un et l'autre du massif de la Grande-Chartreuse. Le Guiers-Vif, le plus septentrional, sort d'un haut rocher au pied de la Lance-Malessard, passe à Saint-Pierre d'Entremont, Saint-Christophe, entre Les Echelles (Savoie) et Entre-deux-Guiers, où il se réunit au Guiers-Mort; pendant presque, tout son cours, il sépare le département de l'Isère et de la Savoie. Le Guiers-Mort naît au pied de la Dent de Crolles, traverse les gorges du Désert, entre les portes de l'Enclos et de Fourvoirie, y reçoit à droite le ruisseau de la Grande-Chartreuse et passe sous le pont de Saint-Bruno, sort du massif à Saint-Laurent-du-Pont, reçoit à gauche l'Hérétang qui passe près du château de Villette. Le Guiers, formé par la jonction de ses deux branches supérieures, sépare les département de l'Isère et de la Savoie, traverse les belles gorges de la Chaille, reçoit à gauche l'Ainan (qui passe à Saint-Geoire), baigne Pont-de-Beauvoisin, Romagnieu, Saint-Genix.

La Bièvres (18 km) passe à Aoste et écoule les eaux du marais des Avenières. 

La Braille (16 km) passe à Vézeronce et recueille au Sud les eaux du marais de Morestel. 

La Save les recueille au Nord.

Le Fouron passe à Chareste.

L'Amby reçoit les eaux du petit lac d'Ilières. 

La Bourbre (80 km) naît dans les Terres-Froides et coule dans l'ancien lit du Rhône, décrivant une courbe vers l'Ouest; elle passe à Virieu, Saint-André-le-Gaz, Fitilieu, La Tour-du-Pin, Cessieu où elle reçoit l'Hien (gauche), Bourgoin, où elle reçoit l'Agny (g.), L'Isle-d'Abeau où elle reçoit par un canal les eaux du marais des Vernes, près de La Verpillière, de Chamagnieu; puis baigne Vignieu, Pont-de-Chéruy et aboutit au Rhône. 

Les limpides ruisseaux de Meyzieux et de Pusignan (son affluent) sont formés par une quantité de fontaines qui jaillissent au pied des Balmes viennoises. 

L'Ozon (20 km) naît près d'Heyrieux et passe à Saint-Symphorien. 

Le ruisseau de Levau, appelé aussi Sevennes, finit au Nord de Vienne. 

La Gère (40 km) descend du plateau de Saint-Jean-de-Bourny, passe à Villeneuve-de-Marc, se grossit d'une foule de petits ruisseaux, la Varèze, la Vesonne, la Suze, la Véga qui passe à Septème et Pont-Evêque, finit à Vienne.

La Varèze (40 km) finit à Saint-Alban. 

Le Dolon (40 km) parcourt la Valloire, baigne Pact et Jarcieu, et se grossit à droite de la Sonne qui passe à Ville-sous-Anjou.

Les Claires ou Collières appartiennent au département de la Drôme où jaillissent leurs belles sources; mais celles-ci sont alimentées par des eaux venues du département de l'Isère, principalement celles de l'Auron qu'on peut regarder comme la branche supérieure des Claires. 

L'Auron (50 km) naît au pied de la colline de Beaumont dans un marais où jaillissent de belles sources, passe au Sud de la Bièvre, à Saint-Etienne, Marcilloles, Beaufort, reçoit à droite le Suzon, passe à Beaurepaire et entre dans le département de la Drôme où il disparaît. 

La Galaure naît dans la forêt de Chambaran, arrose Roybon et Montfalcon, puis passe dans la Drôme.

L'Isère.
L'Isère est une des rivières de France les plus abondantes; seul, le Rhône roule plus d'eau à l'étiage; elle parcourt 110 km, dans le département auquel elle donne son nom. Elle y entre au sortir de celui de la Savoie, en aval de Montmélian, à une altitude de 250m; elle coule vers le Sud entre des digues qui lui laissent 130 m de large dans la Savoie, 112 m seulement de son entrée dans l'Isère jusqu'à Grenoble; ces digues protègent 6800 hectares de terre de l'admirable vallée du Grésivaudan où la rivière coule entre les monts de la Grande-Chartreuse et de Belledonne; elle passe auprès de La Buissière, Le Cheylas, Le Touvet, Goncelin, La Terrasse, Tencin, La Pierre, Les Adrets, Villard-Bonnot, Domène, villages bâtis sur les pentes qui dominent la vallée large de 3 à 4 km; celle-ci s'élargit auprès de Grenoble, bâtie dans la plaine formée par l'Isère et le Drac; la rivière tourne vers le Nord-Ouest, reçoit le Drac et traverse un nouveau couloir entre les monts de la Grande-Chartreuse et de Lans, laissant à gauche Sassenage et Veurey, à droite Saint-Egrève et Voreppe; au Bec de l'Echaillon, l'Isère reprend la direction du Sud-Ouest et sa vallée s'élargit; elle laisse à droite Tullins, L'Albenc, Vinay, Saint-Marcellin, Saint-Lattier; à gauche, Saint-Gervais, Beauvoir, Saint-Romans et pénètre dans le département de la Drôme à 145 m d'altitude, en ayant descendu 105 dans la traversée du département de l'Isère. Elle roule, aux plus basses eaux, 105 mètres cubes par seconde en aval du confluent du Drac, 64 mètres cubes en amont; ce débit minimum est plus que double de celui de la Seine à Paris, quadruple de celui de la Loire à Tours. Aux crues, l'Isère débite 1000 mètres cubes par seconde. Son lit est, malgré les digues, très irrégulier, et le courant rapide, de sorte qu'elle n'est navigable que théoriquement. 
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L'Isère à la Sône.
L'Isère à La Sône.

Les affluents que l'Isère reçoit dans le département sont : le Bréda (gauche, 40 km) descend des Sept-Laux dont il recueille les eaux, traverse la belle vallée d'Allevard, reçoit, à droite, le Gleyzon, le Veyton, le Bens, passe à Poncharra; le Bens passe dans la gorge où fut la Chartreuse de Saint-Hugon et sous le pont du Diable. 

Le ruisseau de Tencin (g.) traverse la gorge du Bout du Monde. 

Le ruisseau du Carre ou de Vors (g.) descend du pic de Belledonne, où il forme le lac Blanc à 2168 m d'altitude. 

Le ruisseau de Lancey (g.) forme le lac Crozet. 

Le Mannival (droite) est un violent torrent descendu des monts de la Chartreuse par le vallon de Saint-Ismier. 

Le Doménon (g.) sort des lacs glacés de Doménon au pied de la triple cime de Belledonne, reçoit les eaux du lac Robert, se précipite du haut de la cascade de l'Oursière et passe à Domène. 

Le Sonnant (g.) parcourt le vallon d'Uriage.

Le Drac (g., 148 km, dont 76 dans le département de l'Isère) est un des torrents les plus redoutables des Alpes; très abondant, il roule encore à l'étiage plus de 40 mètres cubes par seconde, plus que la Seine à Paris dans les grandes sécheresses. Il entre dans lisère à l'altitude de 750 m et finit à Grenoble à l'altitude de 214 m, descendant 7 m par km. Il entre dans le département de l'Isère au pied des rocs décharnés du Dévoluy, les contourne à gauche, laissant à droite les jolies montagnes de Beaumont, passe à Corps, au pied des monts de Trièves, puis quitte la direction de l'Ouest pour descendre droit au Nord, tantôt encaissé entre des rochers à pic dans d'étroits défilés, tantôt s'étalant dans la plaine qu'il a formée; il passe auprès des sources thermales de La Motte, et, après le confluent de la Romanche, à Champ, entre à Claix dans la plaine du Grésivaudan où il est contenu par des digues distantes de 150 m; il longe à droite la ville de Grenoble défendue contre les inondations par des ouvrages importants. Il reçoit dans le département : la Souloise (g.) descendue du Dévoluy; le ruisseau de la Salette (dr.) qui baigne le fameux pèlerinage; la Bonne (40 km) qui naît au pied de l'Aiguille d'Olan, passe entre les monts de Beaumont et de l'Oisans, reçoit à droite les torrents de Berange, de Malsanne grossi du grand Merdenet, la Roisonne qui vient du Taillefer et passe à Lavaldens; la Jonche (dr.) sortie du lac de Pierrechâtel qui parcourt le plateau de Mateysine et passe à La Mure; l'Ebron (g.) qui parcourt le Dévoluy et le Trièves et dont les affluents passent à Mens et Clelles; la Romanche, son principal affluent; la Gresse (g., 40 km), qui longe les monts du Vercors, passe à Grosse, Le Gua et Vif. 

La Romanche, affluent de droite du Drac, est aussi importante et redoutable que lui; longue de 90 km (dont près de 70 dans le département de l'Isère), elle reçoit des glaciers du Pelvoux un grand volume d'eau; lors de la fonte des neiges, ses crues sont terribles. « Son cours n'est qu'une succession de défilés obscurs, de bassins désolés, de larges grèves de pierre »; elle se dirige vers l'Ouest, mais décrit une série de sinuosités, contournant les montagnes ; elle passe dans la combe de Malaval, dans la gorge de l'Infernet, dans l'ancien lit de lac où est Bourg-d'Oisans, dans les gorges du Livet, à Saint-Barthélemy-de-Séchilienne, entre Vizille et Notre-Dame-de-Mésage et franchit le défilé de l'Etroit au débouché duquel elle s'unit au Drac. La Romanche reçoit : le Ferrand (dr.) descendu des glaciers des Quirlies et des Sablats (massif des Grandes-Rousses) et grossi de la Salse (g.); le Vénéon (g., 40 km) formé par les glaciers du Pelvoux dont plusieurs petits torrents ruisselant des pentes du cirque de la Bérarde lui apportent les eaux; il descend ensuite par la vallée de Saint-Christophe; le ruisseau de la Rive (g.) formé par les sources de la Gardette : la Sarenne (dr.) par les glaciers des Grandes-Rousses (lac de la Fare); l'Eau-d'Olle (dr., 36 km) qui coule entre les massifs des Sept-Laux et des Grandes-Rousses; le ruisseau de Laffrey (g.) qui coule dans une dépression prolongée au Sud par la vallée de La Mure, et où sont les lacs de Laffrey et du Petit-Chat dont il est le déversoir. 

Le Furon (g.) naît à Lans, coule dans les monts de Lans, au fond des gorges d'Engins, dans de magnifiques défilés revêtus de verdure; il reçoit à Sassenage le Germe ou ruisseau des Grottes qui sort des grottes ou cuves creusées dans le calcaire néocomien. 

La Vence (dr.) vient du massif de la Grande-Chartreuse, passe au Sappey, à Vence, à Sainte-Egrève. 

La Roize (dr.) coule à l'Ouest de ce masif dans la faille de Voreppe, à Pommiers et Voreppe. 

La Morge (dr.) vient des Terres-Froides et actionne les usines de Voiron; elle se joint près du confluent à la Fure (40 km) qui sort du joli lac de Paladru (6 km de long, 1 km de large, 4 km², 25 à 30 m de profondeur, 494 m d'altitude); encaissée entre d'assez hautes collines, elle passe à Charavines, Rives où elle reçoit la Fure de Réaumont, près de Tullins.

La Drévenne (g.) vient des monts de Lans. 

L'Ivery (dr.) passe à Vinay. 

La Cumane (dr.) descend du plateau de Chambaran et arrose Saint-Marcellin. 

La Bourne (g., 40 km) naît à un millier de mètres de haut dans les monts de Lans qui lui fournissent des eaux abondantes, dont une partie est dérivée dans un canal d'irrigation qui lui emprunte 1000 litres d'eau par seconde; elle passe au Villard-de-Lans et s'engage dans un défilé qui est un des sites les plus remarquables de France; les parois ont de 500 à 800 m de hauteur verticale au-dessus de la rivière, au point que pendant 3 km la route qui suit la rivière a dû être taillée dans le roc; la ville de Pont-en-Royans est suspendue au-dessus d'un gouffre au fond duquel se mêlent les eaux de la Bourne et du Vernaison; sortie de ce défilé, la Bourne arrose une gracieuse vallée. 

Le Furand (dr.) descend des bois de Chambaran et passe à Chatte et à Saint-Lattier.
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Isère : route de la Grande Chartreuse.
Route de la Grande Chartreuse. Le Désert.

Climat 

La différence d'altitude entre la Meije (3987 m) et la sortie de l'Isère (134 m) étant de 3853 m suffit pour donner lieu à d'énormes différences de climat; tandis que les hautes cimes ont le climat glaciaire, celui de la plaine est très tempéré. Le département de l'Isère est traversé par le 45° lat. N., c.-à-d. qu'il se trouve à égale distance du pôle et de l'équateur; mais dans les régions des montagnes et même dans celle des plateaux le climat est froid. L'Isère appartient à la zone du climat rhodanien, assez inégal et intermédiaire entre les climats franchement continentaux ou maritimes. 

La partie la plus chaude du département est la plaine du Rhône; à Vienne la température moyenne de l'été est de +22,1 °C, celle de l'hiver de +3,8 °C. La quantité de pluie est partout supérieure à la moyenne française, à cause des hauteurs, le long desquelles se condensent les nuages; elle est de 80 cm par an à Vienne; de 1 m à Saint-Marcellin, de 1,40 m à La Tour du Pin et à Grenoble; de plus de 2 m au pied des Grandes-Rousses et du Pelvoux; elle augmente régulièrement de l'Ouest à l'Est.

Flore naturelle

La flore du département de l'Isère est extrêmement variée; c'est dans la zone montagneuse celle des Alpes; dans l'angle Nord-Est celle du Jura; enfin dans les plateaux du Nord celle de la région lyonnaise.

La richesse botanique du Dauphiné est extrême, en raison de la réunion à peu de distance de flores très differentes, tant au point de vue de la constitution du sol que du climat. Les lieux les plus favorisés sont le massif de la Grande-Chartreuse et les monts de Lans. (GE).

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