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Les départements français
Le Calvados
[Histoire du Calvados]
Le département du Calvados , qui fait aujourd'hui partie de la région Normandie, a été formé de la partie de la Normandie historique, comprenant le Bessin, la plaine de Caen, le pays d'Auge, une partie du Lieuvin et le Bocage. Sa superficie est de 552*072 hectares. Sa plus grande longueur, - de l'est au nord-ouest, de l'extrémité du canton d'Orbec à l'embouchure de la Vire, - est d'environ 120 kilomètres; sa plus grande largeur, - du nord au sud, de l'extrémité du canton de Vire à la Manche -, est d'environ 60 kilomètres; enfin son pourtour, en ne tenant pas compte des sinuosités secondaires, est d'environ 424 kilomètres. Sa population est de  680.951 habitants (2010) . 

Le Calvados est situé dans le Nord-Ouest de la France, et Caen, son chef-lieu. Il est à 200 kilomètres ouest-nord-ouest de Paris à vol d'oiseau, et à 259 par le chemin de fer. Le bras de mer qui le sépare de la Grande-Bretagne, la Manche, n'a guère que 156 kilomètres vis-à-vis de l'embouchure de la Seulles.

Ce département est un pays de plaines ondulées et couvertes de plantureux herbages dans la partie septentrionale et orientale (Bessin, plaine de Caen, pays d'Auge et Lieuvin). La partie méridionale, au contraire, est traversée par des collines accidentées, qui appartiennent aux collines du Perche et de la Normandie. Partout on cultive le pommier, et le cidre est une des principales productions agricoles de ce riche pays. Les herbages du Calvados engraissent une grande quantité de bétail (Bessin, Auge) et nourrissent de très beaux chevaux (plaine de Caen et Auge).

Principales communes

Rang Arr. Commune Population
1
2
Caen 112 478
2
3
Lisieux 23 582
3
2
Hérouville-Saint-Clair 22 959
4
1
Bayeux 14 353
5
4
Vire 13 031
6
2
Ifs 10 893
7
2
Mondeville 10 333
8
2
Ouistreham 9 393
9
2
Falaise 8 764
10
3
Honfleur 8 359
Rang Arr. Commune Population
11
3
Dives-sur-Mer 6 048
12
2
Colombelles 5 836
13
4
Condé-sur-Noireau 5 827
14
2
Blainville-sur-Orne 5 610
15
2
Douvres-la-Délivrande 5 150
16
3
Trouville-sur-Mer 5 075
17
2
Giberville 4 798
18
3
Mézidon-Canon 4 737
19
2
Cormelles-le-Royal 4 508
20
2
Bretteville-sur-Odon 4 283

Codes des arrondissements : 1 = Bayeux, 2 = Caen, 3 = Lisieux, 4 = Vire.
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Arromanches : le musée du Débarquement.
Le musée du débarquement, à Arromanches (Calvados). Source : The World Factbook.

Nom, formation, limites

Le département du Calvados, autrefois appelé département de l'Orne-Inférieure, doit son non actuel à un banc de rochers à fleur d'eau, d'une étendue de 20 kilomètres, situé à environ 2 kilomètres de la côte, entre l'embouchure de l'Orne et Port-en-Bessin.

Il a été formé, en 1790, de sept petits territoires appartenant à la Normandie, l'une des provinces qui constituaient alors la France, et dont l'actuelle région Normandie conserve le nom : le pays d'Auge et le Lieuvin, qui faisaient partie de la Haute-Normandie; la Campagne de Caen, le Bessin, le Bocage, le Cinglais et une partie de l'Hiémois, détachés de la Basse-Normandie.

Le Calvados est borné : au nord, par la mer de la Manche; à l'est, par le département de l'Eure; au sud, par celui de l'Orne; au sud-ouest et à l'ouest, par celui de la Manche. Sur le quart de son contour environ, il a des frontières naturelles : au nord, la Manche et l'estuaire de la Seine, sur un parcours de près de 100 kilomètres; au nord-ouest, le cours de la Vire ou celui de l'Elle, son affluent, sur une distance de 16 kilomètres environ, et enfin, sur divers autres points, trois ou quatre cours d'eau : la Drôme, la Jouvine, la Baize et la Morelle. Partout ailleurs, les limites sont conventionnelles, c'est-à-dire tirées à travers champs sans tenir compte des obstacles naturels.

Le Littoral

Le littoral du Calvados se divise tout naturellement en deux sections, séparées par l'embouchure de l'Orne. Elles offrent un contraste frappant : car tandis que la première (de la limite de l'Eure à l'embouchure de l'Orne) présente presque partout (sauf entre la Dives et l'Orne et sur une partie de la route de Trouville à Villers) des falaises élevées et une campagne verdoyante, la côte qui s'étend de l'Orne à la Vire est nue et plate, ou bordée de très petites falaises, sauf dans les environs d'Arromanches et de Port-en-Bessin. Le Calvados a un développement de côtes de 130 km, dont 47 de la limite de l'Eure à l'Orne, et 83 de l'Orne à la Vire.

La mer a peu de profondeur, même à une assez grande distance de la côte : à 4 ou 5 km d'Ouistreham, elle atteint à peine 15 mètres. 

De l'Eure à l'embouchure de l'Orne.
De la limite de l'Eure à l'Orne, la côte appartient d'abord à la rive Sud de l'estuaire de la Seine; elle se dirige vers l'Ouest jusqu'à Honfleur, port de commerce le plus important du Calvados. A partir de ce port, elle incline vers le Sud-Ouest, direction qu'elle garde jusqu'à l'Orne. La ligne de falaises qui s'étend de Honfleur à Trouville, et dont le point culminant, sur le plateau qui les domine, atteint 140 m aux roches d'Hennequeville, porte le nom de Roches-Noires. Villerville, qui occupe le point extrême de l'estuaire de la Seine, juste en face du Havre, est situé entre Honfleur et Trouville. Cette dernière localité est adossée à une colline de 140 m, sur laquelle s'étale la forêt de Touques, et séparée de Deauville par la rivière de même nom. Trouville et Deauville ont un caractère bien différent Trouville est une vieille cité normande, dont on a fait une station balnéaire, tandis que Deauville, construite en une année, porte la marque de son origine hâtive. 

De Deauville à Villers, la côte, basse et plate, ne se relève qu'un instant à Bénerville, qui est installé sur les pentes du mont Canisy (112 m), colline isolée, séparée des hauteurs des pays d'Auge par une plaine marécageuse. A égale distance à peu près entre la Touques et la Dives, Villers-sur-Mer, ville balnéaire créée en 1857, souvent considérée comme le plus bel endroit des côtes du Calvados. Il est étagé sur les collines d'Auberville, qui atteignent 113 m au-dessus de Villers et 120 m à la
butte de Houlgate, qui domine Houlgate-Beuzeval. De Villers à Houlgate s'étend une ligne de falaises curieusement découpées, auxquelles leur teinte noirâtre donne un aspect pittoresque. Houlgate-Beuzeval, qui prend beaucoup d'extension, se prolongé jusqu'à l'embouchure de la Dives, que domine la Butte-Caumont (105 m). Au pied de cette colline, à 1 km, dans l'intérieur des terres, se trouve le petit port de Dives, d'où Guillaume le Conquérant s'embarqua pour l'Angleterre en 1066. En face de Dives, Cabourg élève ses villas au milieu de dunes dont la ligne monotone s'étend de la Dives à l'Orne.

De l'Orne à la Vire. 
A l'embouchure de l'Orne (rive gauche), et à l'issue du canal de Caen à la mer, se trouve le port d'Ouistreham (Oyestreham), puis Lion-sur-Mer, ou commence une ligne de falaises basses, et, à une petite distance en mer, la chaîne des rochers du Calvados. Ces roches, presque toujours environnées d'écueils à fleur d'eau, forment des groupes qui portent, de l'Est à l'Ouest, les noms de hoches de Lion, Essarts de Langrune, Îles de Bernières. A la hauteur d'Arromanches se dressent les Calvados, formidables récifs qui causèrent la perte d'un vaisseau de l'Invincible Armada, le Salvador, d'où l'on aurait fait Calvados, par corruption, le nom, dit-on, ayant été en partie effacé. L'étymologie est au moins douteuse. A partir d'Arromanches, la côte est tout aussi dangereuse; les rochers bordent la grève et se prolongent jusqu'au delà de Port-en-Bessin. A l'Ouest de cette localité, le rivage devient sablonneux jusqu'à la pointe de la Percée, et ce n'est qu'à la hauteur de Saint-Pierre-du-Mont qu'ils recommencent pour former une nouvelle chaîne (les roches de Grandcamp), qui suit la côte jusqu'à la Vire.

De l'Orne à la Seulles, les stations balnéaires, pourvues de belles plages de sable, se succèdent presque sans interruption : Ouistreham, Lion-sur-Mer, Luc, Langrune, Saint-Aubin, Bernières, Courseulles. Toutes ces localités se ressemblent, jusque dans l'architecture sobre de leurs maisons. Ouistreham est l'avant-port de Caen. 

Au delà de la Seulles, Graye et Ver-sur-Mer, petits villages de pêcheurs; puis les localités assez fréquentées d'Asnelles-la-Belle-Plage et d'Arromanches, où les falaises se relèvent et conservent une certaine hauteur jusqu'à Port-en-Bessin.

A l'Ouest, les falaises atteignent 67 m, et l'on rencontre les petits villages côtiers de Sainte-Honorine-sur-Mer, Saint-Laurent-sur-Mer, Vierville, Saint-Pierre-du-Mont. Entre ces deux derniers se trouve la pointe de la Percée, où la côte se dirige vers l'Ouest. Peu après, Grandcamp, station balnéaire, possède une plage étendue, en face des roches du même nom. Enfin, le port d'lsigny, sur l'Aure, à 1 km de son embouchure dans la baie des Veys.

C'est dans cette partie de la côte que se situent la plupart des plages du débarquement allié de l'opération Overlord (du 6 au 12 juin 1944). Ces plages ont conservé les noms qui leur avaient été conférés à l'occasion : Sword, à la hauteur de Lion-sur-Mer;  Juno, à la hauteur de Courseulles-sur-Mer; Gold, entre Courseulles et Arromanches; Omaha, à la hauteur de Saint-Laurent-sur-Mer et de Vierville-sur-Mer. (La plage Utah se trouve dans le département de la Manche, au sud des Dunes de Varreville).

Physionomie générale

Le Calvados, appuyé au sud aux collines du département de l'Orne, comprend plusieurs vallées et de vastes plateaux. Ces vallées, qu'arrosent six fleuves côtiers dont les eaux courent du sud au nord, sont séparées l'une de l'autre par des chaînes de collines peu élevées qui s'abaissent jusqu'à la côte, où elles se transforment en falaises hautes de 50 à 120 mètres. Verdoyantes, fécondes, riches en prairies, elles offrent sur certains points de charmants paysages.

Les collines, dont la composition géologique est loin d'être uniforme et qui ne présentent pas les mêmes caractères, forment trois régions naturelles très distinctes : les régions crétacée, calcaire et granitique.

La première comprend la partie orientale du département. La craie en effet domine dans le pays d'Auge, situé entre les frontières de l'Eure et le cours de la Dives. Les arrondissements de Pont-l'Évêque et de Lisieux, presque entièrement compris dans ces limites, présentent de vastes plateaux crayeux, coupés de profondes vallées argileuses. Le haut pays d'Auge est en partie boisé; le bas pays ou vallée d'Auge est riche en pâturages, et sur les hauteurs, comme dans les vallées, s'étendent des champs de blé, de lin, de navets, de trèfle, séparés par des plantations de pommiers qui fournissent un cidre célèbre. Çà et là des bouquets de hêtres et de chênes interrompent la monotonie du paysage. La plupart des vallons sont souvent dépourvus de sources et de ruisseaux. Quelques-uns, plus favorisés, possèdent de magnifiques eaux courantes, des sources abondantes et limpides dont les deux plus belles donnent naissance à l'Orbec et à la Calonne.

La deuxième région, où domine le calcaire (Bajocien, Bathonien, Lias et Trias), embrasse tout l'arrondissement de Caen et une portion de ceux de Falaise et de Bayeux. Cette zone, moins élevée en général que la précédente, comprend la vaste plaine de Caen, dont l'uniformité n'est interrompue que par de légères éminences et par quelques vallées. Dans les parties humides seulement croissent des frênes, des ormes, des peupliers ; le reste du territoire, admirablement cultivé, produit en abondance des céréales. A peine existe-t-il çà et là quelques landes appelées Vignets. La partie occidentale, le Bessin, moins bien cultivée que la plaine de Caen, possède de belles et immenses prairies, où paissent les nombreux troupeaux de vaches qui fournissent le beurre renommé d'lsigny.

Toute la partie du département qui comprend l'arrondissement de Vire, le sud de celui de Bayeux, l'ouest de celui de Falaise et le sud de l'arrondissement de Caen, connue sous le nom de Bocage, a une physionomie particulière : ses granits, ses grès rouges, ses schistes, ses plateaux arides semés de grands blocs de rochers, ses maisons construites avec des matériaux de couleur sombre, lui donnent un aspect un peu triste, sévère même. Le pommier, le poirier, le chêne, l'orme, moins commun ici que dans les pays d'Auge et du Bessin, se montrent dans cette région; le hêtre et le châtaignier, qui couvrent les pentes des hautes collines de l'arrondissement de Vire, contribuent à embellir cette partie du département, qui offre, sur certains points, des paysages grandioses. C'est dans cette région que se trouvent les points les plus élevés du département. Le mont Pinçon ou Montpinçon, au sud d'Aulnay, à l'ouest de Thury-Harcourt, est le point culminant du Calvados : il atteint 230 mètres au-dessus de la plaine, soit 359 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le mont de Brémoy, d'où descend l'Odon, a 321 mètres d'altitude, et la butte Saint-Clair, dans la commune de Saint-Omer, 306 mètres.

Géologie du Calvados

Le département du Calvados est à la limite occidentale d'un vaste bassin secondaire qui s'est déposé dans la partie septentrionale de la France, auquel on a donné le nom de Bassin parisien. En suivant les falaises, d'Isigny à Honfleur, on peut observer la succession stratigraphique des couches qui constituent le sol du département. 

Au point de vue géologique, le Calvados comprend trois régions naturelles bien distinctes : la région granitique, la région calcaire et la région crétacée. La région granitique forme entièrement le Bocage normand (arrondissement de Vire, partie des arrondissements de Bayeux et de Caen). Cette région contraste singulièrement par sa nature accidentée avec les deux autres. Dans la partie Sud du canton d'lsigny apparaît un îlot d'éocène, formation tertiaire qui s'étend jusque dans le département de la Manche, aux environs de Saint-Lô. La région calcaire forme la plus grande partie du département. Elle comprend la vallée de la Dives, la campagne de Caen, le Bessin, et descend jusqu'à l'embouchure de la Vire. La région crétacée occupe la partie orientale du Calvados. C'est dans cette région que se trouvent les plateaux du Lieuvin et du pays d'Auge, entre les limites de l'Eure et le cours de la Dives. Dans ces trois régions, on rencontre, au fond des vallées, des alluvions quaternaires (bassin inférieur de la Dives, cours de l'Orne, etc.), et, sur le faite des collines, quelques lambeaux de miocène et de pliocène, particulièrement aux limites du département de l'Eure.

Formations Paléozoïques.
Les terrains les plus anciens, c.-à-d. les terrains granitiques, émergent, particulièrement à Vire, le Gast, Saint-Martin, Saint-Germain-de-Tallevende, Vaudry, Roullours, etc. 

Cambrien.
Aux environs de Vire viennent ensuite les couches cambriennes, surtout près de Thury-Harcourt, où l'Orne coule. 

Silurien.
Le Silurien est observé dans les bruyères de Clécy; il s'étend au delà de Falaise (Corday, Villedieu-en-Bailleul, etc.). D'autres bandes de terrain silurien se trouvent dans la vallée de la Laize, dans celle du Laison, avec émergence aux rochers de la Brèche-au-Diable et de Rouvres. A Périères et à Olendon, des massifs siluriens traversent les couches mésozoïques. Le Silurien du Calvados est développé près de Caen, à May, à Feuguerolles, dans la vallée de l'Orne et à Baron, dans la vallée de l'Odon. Les grès font saillie entre ces deux vallées à Maltot et à Fontaine-Etoupefour. Il y a là de puissantes couches de marbre fossilifère, qui s'étendent de Fontenay-le-Marmion à Vieux. 

Dévonien.
Le terrain dévonien, qui fait suite au silurien, n'est pas représenté dans le Calvados ; mais on y trouve des lambeaux de terrain houiller (Littry, Saint-Martinde-Blagny, Engleville, etc.). Telles sont les formations paléozoïques du département.

Formations mésozoïques.
Triassique.
Le terrain triassique, qui commence les formations mésozoïques, est observé à Littry, au Tronquay, à Noron et dans les environs de Bayeux. 

Jurassique.
Le terrain jurassique est assez développé dans le Calvados. Il comprend du lias, s'étendant d'Isigny jusqu'à la vallée de la Seulles (Osmanville, Agy, Crouay, Sables, Arganchy, Guéron, Vieux-Pont, Tilly, Monts, Pont-de-la-Lande, Curcy et Croisilles). Il y a des marnes liasiques des environs de Bayeux à Thury-Harcourt et dans les localités riches en fossiles, qui s'étendent de Thury-Harcourt à Falaise; puis à Sables, près de Bayeux, à Curcy, etc. 

Le Bajocien, ferrugineux, émerge à Saint-Vigor et Sully, près Bayeux, à Fontaine-Etoupefour, à Bretleville-sur-Odon, Mesnil-de-Louvigny, Etterville, Saint-André-de-Fontenay, près Caen, aux Moûtiers, près de Thury-Harcourt, et sur la côte, près de Sainte-Honorine; on en trouve encore au pied de Falaise, où les fossiles sont très nombreux. Au-dessus du Bajocien vient le calcaire de Caen, riche en sauriens. On le rencontre d'Arromanches à Grandcamp, surtout près de Sainte-Honorine, et dans toutes les carrières, depuis Orival et Banville jusqu'aux Moûtiers et à Falaise, Eraines et Ville-la-Croix. 

Le calcaire à polypiers fait suite au calcaire de Caen. Il affleure entre Caen et la mer. Les géologues l'étudient à Banville, Bénouville, Biéville et Périers. On cite la crête des falaises, depuis Grandcamp jusqu'à Arromanches, comme très riche en fossiles. 

L'étage moyen du système jurassique (Bathonien)  est observé à Sannerville, Argentes, Moult, où il débute par des argiles peu fossilifères. Au-dessus de ces formations s'étalent des argiles de Dives, qui sont typiques aux falaises dites « des Vaches noires-», entre Villers et Houlgate. On les observe dans beaucoup de points de la vallée de la Vie et de la Touques, au bas de la falaise d'Hennequeville et près de Lisieux. 

Au Jurassique supérieur, le passage de l'Oxfordien au Kimmeridgien se superpose aux argiles de Dives (falaises d'Hennequeville, côte de la houblonnière, sur la route de Caen à Lisieux). Ce terrain est typique à Glos et à Saint-Martin-de-la-Lieue où il abonde en fossiles. 

Enfin,  au-dessus se trouvent les argiles d'Honfleur (falaises entre Trouville et Villerville, Honfleur, Pont-l'Evêque).

Crétacé.
Le terrain crétacé comprend d'abord des grès verts et de la craie chloritée (Livarot, Orbec, Lisieux, Blangy, Honfleur, Pont-l'Evêque, Dives, Cambremer, Mézidon, Saint-Pierre-sur-Dives), puis des argiles avec silex (Manerbe, Pré-d'Auge, la Boissière, Courtonne).

Cours d'eau

Presque toutes les eaux du département s'écoulent directement dans la Manche; une très faible partie se déverse dans l'immense estuaire que forme la Seine à son embouchure. L'essentiel du territoire du département appartient aux bassins des fleuves côtiers, la Touques, la Dives, l'Orne, la Seulles, l'Aure, la Vire et la Sienne.

La Seine.
La Seine est l'un des principaux fleuves de la France. Sa longueur, y compris ses détours, est de 770 kilomètres. Elle prend sa source à 471 mètres au-dessus de la mer, dans le département de la Côte-d'Or. Après avoir baigné Paris et Rouen, chef lieu du département de la Seine-Maritime, elle arrive au point où elle touche au Calvados, elle a déjà parcouru environ 738 kilomètres, et reçu cinq rivières importantes-: l'Aube, l'Yonne, la Marne, l'Oise et l'Eure. Après avoir séparé le Calvados de la Seine-Maritime sur une longueur d'environ 13 kilomètres, les eaux du fleuve tombent dans la Manche par un vaste estuaire qui se rétrécit près de Honfleur, où il n'a plus que 7 kilomètres de largeur. A Paris, la Seine roule 44 mètres cubes par seconde à l'étiage, 250 en eaux moyennes et de 1200 à 1500 pendant les crues. A Rouen, le fleuve, qui depuis Paris a reçu l'Oise et l'Eure, débite une masse d'eau presque double de celle qu'il roule dans cette dernière ville. La Seine est navigable de l'embouchure de l'Aube à la mer.

Les affluents de la Seine qui ont tout ou partie de leur cours dans le Calvados sont : 

• la Morelle (10 kilomètres), qui vient de Quetteville, sépare le département de l'Eure de celui du Calvados et se jette dans l'estuaire de la Seine à Fiquelleur; 

• le ruisseau de Saint-Sauveur, qui tombe également dans l'estuaire en amont de Honfleur;

• la Claire, qui a son embouchure à Honfleur.

La Touques.
La Touques a un cours de 108 kilomètres, dont 80 dans le Calvados. Elle naît au sud de Gacé, près du Merlerault (Orne); entre dans le Calvados un peu en amont de Moutiers-les-Hubert; baigne Lisieux, où elle croise le chemin de fer de Paris à Caen ; arrose Pont-l'Évêque, Touques, et tombe dans la Manche à Trouville. Ce fleuve, dont le cours est très sinueux, arrose une des plus jolies vallées de la Normandie. Il est navigable du Breuil à son embouchure (31 225 mètres, dont 25,500 pour la navigation fluviale et 5525 pour la navigation maritime). La marée se fait sentir jusqu'à Touques, ou elle atteint 60 centimètres aux grandes marées. La pente du fleuve est de 50 centimètres par kilomètre jusqu'à Pont-l'Evêque; au-dessous de cette ville, elle atteint 1 mètre. 

La Touques reçoit dans le département : 

• en face de Saint-Martin-de-la-Lieue, (rive gauche) le Mesnil-Eudes; 

• à Lisieux, l'Orbec ou Orbiquet (rive droite; 32 kilomètres), qui sort de la source de la Folletière, une des plus limpides et des plus abondantes de la Normandie; reçoit le ruisseau qui longe l'ancien prieuré de Friardel, baigne Orbec, passe au pont de Glos sous le chemin de fer de Paris à Caen, et reçoit la Courtonne; 

•  (rive gauche) le Sirrieux, qui vient de Saint-Pierre-des-Ifs; 

• à Ouilly-le-Vicomte, (rive droite) le ruisseau d'Hermival; - au-dessous de Coquainvilliers, (rive gauche) le ruisseau de Manerbe;

• (rive droite) le Douel (9 kilomètres), qui baigne Blangy; 

• à Pont-l'Évêque, (rive droite) la Calonne (40 kilomètres), qui naît d'une très belle source à Fontaine-la-Louvet (Eure); entre dans le Calvados à 5 kilomètres environ au sud-est d'Authieux, et longe, à une faible distance, le chemin de fer d'Honfleur; 

• à Pont-l'Évêque, (rive gauche) l'Hyvie, ruisseau dont la pente est rapide comme celui de la Calonne, et qui a plusieurs fois inondé la ville.

La Dives.
La Dives (100 kilomètres de cours, dont 60 environ dans le Calvados) naît de la fontaine de Dives, au-dessus de Courménil (Orne), baigne Trun, chef-lieu de canton, entre dans le Calvados au hameau de la Bourdonnière, passe au nord de Beaumais, à Morteaux, à Saint-Pierre-sur-Dives, et, s'éloignant du chemin de fer du Mans, atteint bientôt Mézidon, passe sous le chemin de fer de Paris à Caen, au confluent de la Vie; incline vers le nord-est, baigne Troarn, Bures, et, deux kilomètres en aval de Cabourg, tombe dans la Manche. Le lit de la Dives, redressé sur certains points, est encore très sinueux. Les crues de cette rivière sont très fortes, bien que la pente de ses eaux (86 centimètres par kilomètre dans la Basse-Dives, et 2 mètres 25 en amont du pont d'Anneray) soit assez considérable. La Dives est navigable du pont de Corbon à la mer, sur une longueur de 33 kilomètres, pour les petites embarcations. La navigation y est maritime jusqu'au pont d'Anneray. Le tirant d'eau varie de 50 à 90 centimètres.

La Dives reçoit dans le département : 

• en aval de Crocy, (rive gauche) la Filaine, qui vient de Brieux, par Fourches; 

• à Cantepie, (rive gauche) le Gué-Pierreux, qui naît à Couvrigny, près de Saint-Pierre-du-But, et baigne Villy; 

• en aval de Morteaux-Couliboeuf (rive gauche), l'Ante (24 kilomètres), qui a son origine dans la commune de Martigny, baigne Saint-Vigor-de-Mieux, Falaise, Damblainville, et croise le chemin de fer du Mans; - en amont d'Ouville-la-Bien-Tournée, (rive droite) I'Oudon (20 kilomètres), qui descend des hauteurs de Grandmesnil; 

• à 3 kilomètres de Corbon, (rive droite) la Vie (59 kilomètres, dont 30 dans le département), qui sort de Saint-Pierre-de-Rivière (Orne), passe à Vimoutiers et, accrue de la Viette, entre dans le Calvados près de Saint-Germain-lès-Montgommery; reçoit la Monne, baigne Livarot, Grandchamp, croise le chemin de fer de Paris à Cherbourg; et, grossie de la Grande Viette, qui vient des Authieux-Papion, elle baigne Corbon où elle commence à être navigable; 

• au-dessous du confluent de la Vie, (rive gauche) le Laison (42 kilomètres), qui a sa source près du château de Longpré, à l'ouest de Falaise, coule, près de Saint-Quentin, dans une des plus belles gorges de la Normandie, au pied des rochers à pic (172 mètres) de la Brèche-du-Diable, et croise le chemin de fer de Paris à Caen; 

• à Bures, (rive gauche) la Muance (27 kilomètres), qui, formée par plusieurs sources jaillissant près de l'église de Grainville-Langannerie, se perd sous terre, reparaît 8 kilomètres plus loin près de Saint-Sylvain, croise le chemin de fer de Paris à Cherbourg, puis baigne Argentes et Troarn; 

• à Hotot-en-Auge, (rive droite) la Dorette ; - à Saint-Samson, (rive droite) la Beu-vronette ; 

• à Brucourt, (rive droite) l'Ancre, qui vient de Danestal et baigne Dozulé; - à Cabourg, (rive gauche) la Divette, qui, venue de Varaville, arrose d'immenses prairies.

L'Orne.
L'Orne, le cours d'eau le plus important du département (158 kilomètres, dont 100 dans le Calvados), naît à Aunou près de Séez (Orne), dans des collines de 200 mètres d'altitude. Il baigne Séez, Argentan, Écouché, Putanges, chefs-lieux de canton ou d'arrondissement du département de l'Orne; sépare l'Orne du Calvados sur un parcours d'environ 6 kilomètres , et, après s'être accru de six cours d'eau de quelque importance, il entre dans le Calvados au confluent du Noireau. Il coule du sud-est au nord-ouest, au-dessus de Thury-Harcourt, dans une étroite vallée. Il baigne ou longe plus de 24 communes, dont les plus importantes sont : Thury-Harcourt et Caen, et se jette dans la Manche près d'Ouistreham. L'Orne est navigable entre le port de Caen et son embouchure, sur une longueur d'environ 16 kilomètres, avec une pente de 4 mètres. La navigation de ce fleuve est exclusivement maritime. Le tirant d'eau est très variable. En vive eau, l'Orne porte des navires calant de 3 à 3,5 m. En morte eau, le tirant d'eau tombe à 2,3 et même à 1,60. Un canal, en majeure partie creusé sur la rive gauche, met en communication directe Caen et la mer.

L'Orne reçoit dans le Calvados : 

• au Mesnil-Villement (rive droite) la Baize (20 kilomètres), qui se forme au nord de Courteilles (Orne) et sert de limite au Calvados sur un parcours de 10 kilomètres environ; 

• à Pont-d'Ouilly, (rive gauche) le Noireau (42 kilomètres), dont la source est à 7 kilomètres de Tinchebray (Orne) et qui entre dans le département à 5 kilomètres en amont de Condé-sur-Noireau, et lui sert de limite sur un parcours de 10 à 11 kilomètres. Les affluents du Noireau sont : la Jouvine, qui naît à l'est de Truttemer-le-Petit, sert de limite au Calvados sur un parcours de 8 kilomètres, quitte le département et tombe dans le Noireau en aval de Montsecret (Orne); la Druance (50 kilomètres), qui descend de la chaîne de collines d'Ondefontaine et de Brémoy (307 à 364 mètres), et a son confluent à Condé; la Vère, qui sort d'un étang, au nord d'Échallou (Orne), passe à Flers et tombe dans le Noireau un peu en aval du confluent de la Druance, après avoir un instant servi de limite au département; 

• au hameau de Saint-Christophe, (rive droite) la Hère, qui vient de Tréperel ; 

• au-dessous de Laize-la-Ville, (rive droite) la Laize (34 kilomètres), qui a sa source à Saint-Germain-Langot, passe à Bretteville et longe la forêt de Cinglais; 

• à Bully, (rive gauche) la Guigne; 

• à Caen (rive gauche), où elle débouche par plusieurs bras, l'Odon (50 kilomètrées), qui a sa source dans la colline de Brémoy, baigne Aulnay, s'accroît, en face de Longvillers, de la Louvette qui descend de Roucamps, et, en amont du Locheur, de l'Ajon qui vient de Maisoncelles.

La Seulles.
La Seulles (cours, 62 kilomètres), née à Saint-Pierre-du-Fresné, au pied de la colline de Jurques, coule d'abord du sud au nord; mais, à Vienne, elle oblique vers l'est, puis reprend à Amblie sa première direction, pour arroser Juvigny, Tilly, Chouain, où elle croise le chemin de fer de Paris à Cherbourg, Condé, Creully, et tomber dans la Manche entre le rocher de Ver et le rocher Germain. 

La Seulles reçoit : 

• non loin du pont de Saint-Louet (rive droite), la Seuline (10 kilomètres), qui a sa source à l'est de Coulvain, et passe à l'ouest de Villers-Bocage; 

• à Saint-Vaast, (rive droite) le ruisseau de Coisel; 

• à Amblie, (rive droite) la Thue, qui sort de la fontaine de ce nom à Sainte-Croix-Grand-Tonne, et s'accroît de la Gronde à Pierrepont; 

• au-dessous de Reviers, (rive droite) la Mue (22 kilomètres), qui sort de la Fontaine-des-Romains, à Cheux, croise le chemin de fer de Paris à Cherbourg, et se grossit de la Chizomme à Thaon.


La Vire.
La Vire, qui n'appartient au département du Calvados que par une faible partie de son cours supérieur, par une portion de son cours inférieur et son estuaire, prend sa source sur les confins de la Manche et du Calvados, au pied de la colline de Saint-Sauveur-de-Chaulieu (367 mètres), coule directement vers le nord, contourne Vire, croise le chemin de fer de Paris à Granville; et, au confluent de la Souloeuvre, tourne brusquement vers l'ouest; entoure Malloué; reprend à Pleines-Oeuvres la direction nord et, après un cours d'environ 50 kilomètres dansle Calvados, passe dans le département de la Manche, où elle baigne Tessy, Saint-Lô, longe le chemin de fer de Saint-Lô à Lison; puis, à a kilomètres au-dessous d'Airel, se rapproche du Calvados auquel elle sert de limite sur un parcours de 2 kilomètres environ; s'en éloigne ensuite un instant pour y entrer définitivement en aval du château de Neuilly, où elle sépare les départements de la Manche et du Calvados sur une distance de 8 à 9 kilomètres. A partir du confluent de l'Aure, au nord d'Isigny, la Vire parcourt une grève recouverte à marée haute; enfin elle tombe dans la Manche entre les bancs du Grand-Vey et les rochers de Grandcamp. Son cours est de 132 kilomètres. La pente entre Vire et la mer est de 103,6 mètres  rachetée des écluses. Le tirant d'eau normal est de 1,50 m, la charge maxima de 40 tonnes. En aval du chenal d'Isigny, la navigation est exclusivement maritime.

Les affluents de la Vire appartenant au Calvados sont : la Virène, la Brévogne, l'Allière, la Souloeuvre, la Drôme, l'Elle, l'Aure-Inférieure.

• La Virène (rive gauche; 12 kilomètres environ) se forme à la Girardière, au pied d'une colline de 310 mètres, près de Saint-Sauveur-de-Chaulieu; arrose la gorge des Vaux, l'une des plus pittoresques de la Normandie, et se jette dans la Vire à sa sortie de Vire. 

• La Brévogne (rive gauche; 14 kilomètres) sort de la forêt de Saint-Sever, passe à Clinchamps et tombe dans la Vire à l'est de Coulonces.

• L'Allière (rive droite; 15 kilomètres) naît à l'ouest de la Rocque, baigne Burcy et a son confluent à 1500 mètres au nord de Neuville. 

• La Souloeuvre (rive droite; -16 kilomètres) prend sa source au nord d'Estry, arrose Montchamp-le-Grand; et, au-dessous du Tourneur, courant vers l'ouest dans une vallée formée par des collines de 160 à 205 mètres, se perd dans la Vire à 5 kilomètres en aval de Sainte-Marie-Laumont.

• La Drôme (rive gauche; 19 kilomètres) naît au pied des collines de Margueray (Manche) et, après avoir, sur un parcours de 5 kilomètres, servi de limite au département, se jette dans la Vire à Pont-Farcy (commune rattachée audépartement de la Manche depuis 2018).

• L'Elle (rive droite; 29 kilomètres) a sa source au-dessus de Notre-Dame-d'Elle, près de Rouxeville, croise le chemin de fer de Cherbourg à Saint-Lô ; sert un instant de limite au département dans lequel elle entre, au confluent du Coquerel, et tombe dans la Vire à Saint-Lambert.

Le système de l'Aure.
L'Aure-Inférieure (rive droite; 40 kilomètres) jaillit à 780 mètres en ligne droite de la Petite-Fosse du Soucy (V. ci-dessous), un des quatre gouffres dans lesquels se perd l'Aure. Elle forme une rivière d'un mètre de profondeur sur 12 de largeur, coule pendant 397 mètres, disparaît ensuite pendant 238 mètres, et reparaît définitivement à la Noue-du-Grand-Herbage. Elle passe à Etreham, Russy, Aignerville; arrose les plus belles prairies du Bessin, et Trévières; reçoit la Tortonne (cette rivière, née au pied de la colline de Vaubadon, se grossit de la Siette, au château de Bernesq, et de l'Esque, qui baigne Cérisy-la-Forêt avant de se diviser en deux bras dont l'un se perd directement dans l'Aure et l'autre tombe dans la Tortonne). Ainsi accrue, l'Aure-Inférieure, courant toujours directement vers l'ouest, se perd dans la Vire au-dessous d'Isigny. Elle est censée navigable de Trévières à son confluent (20 kilomètres).

L'Aure (40 kilomètres), dont une partie s'écoule directement dans la Manche et dont l'autre alimente la source de l'Aure-Inférieure, naît dans les environs de Caumont, fertilise une riche vallée de prairies, reçoit l'Aurette en amont de Juaye, croise le chemin de fer de Paris à Caen, traverse Bayeux, et reçoit la Dromme ou Drôme (60 kilomètres). 

La Dromme prend sa source dans les collines de Saint-Symphorien (Manche) et de Saint-Ouen-des-Besaces, baigne Balleroy, croise le chemin de fer de Cherbourg à Caen, passe à l'est de Bayeux et tombe dans l'Aure au-dessous de Maisons. 

L'Aure et la Dromme réunies se perdent presque aussitôt dans les Fosses du Soucy. Ces Fosses sont au nombre de quatre. La Fosse Tourneresse (45 mètres sur 40) « est couverte, dit Gaston Lavalley, d'herbes, de plantes aquatiques, de peupliers, saules, frênes, ormes, et remplie de lafunes larges et profondes, dans chacune desquelles on remarque des bétories, petites crevasses où les eaux se perdent sans bruit, avec un léger mouvement circulaire »; sa profondeur est de 5,60 mètres. La Fosse Grippesulais est la moins curieuse. La Grande-Fosse, la plus vaste, est un abîme rempli de lagunes, de crevasses, bordé d'arbres et de broussailles épaisses. La Petite-Fosse est la plus profonde. Pendant neuf à dix mois de l'année, l'Aure ne dépasse pas cette dernière Fosse. Dans les hautes eaux, elle ne se perd pas tout entière, et va se jeter, à 1400 mètres de là, dans l'Aure-Inférieure. Quant aux eaux engouffrées, elles vont en partie rejaillir, après un cours souterrain de près de 5 kilomètres, au pied des falaises de Port-en-Bessin, et en partie former la source de l'Aure-Inférieure.

La Sienne.
La Sienne (76 kilomètres), fleuve dont la source est dans la forêt de Saint-Sever, sert de limite au Calvados sur un parcours de 5 kilomètres, traverse, de l'est à l'ouest, le département de la Manche, où il arrose deux chefs-lieux de canton , Villedieu et Gavray, et tombe dans la Manche au havre de Regnéville.

Les autres cours d'eau.
Le Glénon.
Le Glénon, affluent de droite de la Sée (Manche), n'appartient pas au Calvados; seulement il sert, sur un parcours de 4 kilomètres, de limite au département, et passe dans celui de la Manche, où il a son embouchure au sud de Saint-Pois.

Ruisseaux divers.
Une étendue assez importante du littoral n'appartient ni à l'un ni à l'autre des bassins des fleuves et rivières décrits ci-dessus. Les eaux de cette région se déversent directement dans la Manche par des ruisseaux dont la source est peu éloignée de la côte. De l'embouchure de la Seulles à celle de la Vire on rencontre : 

• Le ruisseau de Provence, qui, né à Crépon, a son embouchure au-dessous de Ver;

• La Gronde (8 kilomètres), qui naît à Magny, baigne Ryes et se jette dans la mer au-dessous d'Asnelles; 

• Le Baquet, qui vient de Surrain et tombe dans la Manche entre Colleville et Saint-Laurent-sur-Mer;

• Le ruisseau de Grandcamp, qui, né au nord de Formigny, passe près de Louvières, d'Asnières, reçoit le ruisseau des marais de Sainte-Croix, et tombe dans la mer au Pont-du-Diable; 

• Enfin le Rhin, qui vient de Fontenay et se jette dans la mer à l'est des rochers de Grandcamp.

Climat du Calvados

Le Calvados, qui ne possède que des collines peu élevées et se trouve situé sur le bord de la mer, jouit d'une température plus douce que ne le supposerait sa latitude géographique. Il fait partie de la zone où règne le climat séquanien ou parisien, ainsi nommé parce qu'il est spécial au bassin de la Seine (en latin, Sequana), et particulièrement à Paris. Ce climat a pour caractère général d'être modéré, sans grands froids, sans chaleurs extrêmes, mais en même temps il est humide et variable.

La faible pente du terrain et des pluies fréquentes (135 jours par an) maintiennent dans l'atmosphère une humidité persistante. Les parties occidentales du canton d'Isigny et les pays situés à l'embouchure de la Touques et de la Dives sont moins bien favorisés que le reste du département. Le printemps y est froid et pluvieux, la belle saison ne dure guère qu'un mois et demi, de juin à août.

La température moyenne annuelle de Caen est un peu plus forte que celle de Paris, qui est de 10,6 °C. La moyenne de l'année et de l'hiver y est moins froide qu'à Paris, mais l'été y est moins chaud.

Les vents dominants sont ceux de l'ouest, du nord et du sud. De violentes bourrasques désolent souvent les campagnes à l'époque des équinoxes.

Il pleut plus souvent sur la côte que dans l'intérieur du département. Si toute l'eau tombée du ciel pendant l'année n'était pas absorbée par le sol ou vaporisée par le soleil, elle formerait une nappe d'eau de 74 centimètres environ de profondeur, quantité moindre que celle de la moyenne des pluies en France, qui est de 77 centimètres. 

Flore et faunes naturelles

Le Calvados est situé sur la pente septentrionale des collines de Normandie, avec un littoral peu accidenté. Au centre du pays se trouve la fertile  « Campagne de Caen ». La terre végétale présente une certaine épaisseur dans tout le département. Elle est surtout riche en argile. Les brouillards, moins durables et moins intenses que ceux des îles Britanniques, sont pourtant assez abondants pour laisser souvent le ciel trop couvert. 

La flore naturelle s'en ressent. Les essences caractéristiques sont le Peuplier, le Frêne, l'Erable et le Chêne. Les arbres cultivés, le pommier, le Poirier, le Noyer, etc. Les plantes herbacées sont très abondantes et la culture des prairies extrêmement prospère. Le Calvados nourrit pour cette raison un grand nombre de bêtes à cornes et d'animaux de trait.

La faune naturelle comprend surtout des rongeurs (Lièvres, Lapins). Le monde des Oiseaux est représenté par le Geai, la Pie, le Corbeau, l'Alouette, la Perdrix. Les Insectes voyageurs sont en petit nombre. 

La faune domestique est nombreuse, comme dans tout le Nord-Ouest de la France. Grâce aux limons charriés par les très nombreux cours d'eau du Calvados, la culture est homogène; il faut signaler pourtant les environs de Caen, qui prennent surtout l'aspect des campagnes normandes, tandis que la région du Bocage garde encore l'apparence du sol breton, qu'il avoisine.

Curiosités naturelles du Calvados

Comme toutes les contrées qui n'ont pas été bouleversées par des soulèvements de montagnes et des éruptions volcaniques, le département n'est pas riche en curiosités naturelles proprement dites; mais il possède, en revanche, les sites les plus gracieux de la Normandie : des paysages pittoresques dans le Bocage, tels que la vallée de la Vire, le val des Vaux parcouru par la Virène, le vallon du Noireau, les gorges de Saint-Quentin (la Brèche-du-Diable), les bords de l'Orne à Clécy et à Thury-Harcourt. Il a surtout la mer, dont l'admirable spectacle varie sans cesse, et de belles falaises dont les plus élevées, les rochers des Vaches-Noires, entre Villers et Beuzeval, ont 120 mètres de hauteur et sont remarquables par leurs fossiles.
« Les phénomènes de disparition et de rejaillissement des eaux sont assez communs dans les formations jurassiques et crétacées du pays, dit E. Reclus; plusieurs ruisseaux abondants se montrent tout à coup à l'issue des cavernes. » 
Nous citerons la disparition de la rivière d'Aure qui, après avoir reçu la Dromme, s'engouffre dans les Fosses-du-Soucy, et celle de la Muance, affluent de la Dives, qui se perd sous terre à Grainville-Laugannerie et reparaît 8 kilomètres plus loin, à Saint-Sylvain. 

Il existe enfin dans le département des sources abondantes, entre autres celle de Saint-Julien à Vaucelles, et deux fontaines incrustantes, l'une à Sainte-Honorine-des-Pertes, l'autre à Manvieux. (A. Joanne / GE).

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