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Les départements français
Les Bouches-du-Rhône
[Histoire des Bouches-du-Rhône]
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Le département des Bouches-du-Rhône a été formé de la Basse Provence. Sa superficie est de 510,487 hectares, et sa population de 1,979,267 habitants (2010).

Ce département se divise en deux parties : à l'Est, jusqu'à une ligne menée d'Orgon à Marseille par Lambesc, le sol est couvert de montagnes calcaires souvent nues et arides. A l'Ouest, le sol est plat, à l'exception du pays traversé par les Alpines, petite chaîne qui sépare la plaine de la Durance de la Crau. La partie plate des Bouches-du-Rhône présente, entre l'étang de Berre et le Rhône, la Crau (12,000 hectares), plaine caillouteuse, sans arbres et sans culture, et dans laquelle, pendant l'hiver, poussent des herbes savoureuses (thym, lavande, centaurée et absinthe). 

La Camargue, qui se compose des îles comprises entre les embouchures du Rhône, est une steppe plate, basse, marécageuse, alternativement inondée par la mer ou par le fleuve, le plus souvent stérile, quelquefois cependant couverte de maigres pâturages, où paissent des bovins et chevaux à demi sauvages. On y a établi quelques rizières.

Les deux cinquièmes du département sont ainsi formés de steppes et de terres incultes (164,000 hectares), ou couverts par les étangs (12,000 hectares) et par les rivières (23,000 hectares). La culture de l'olivier (dans l'arrondissement d'Aix-en-Provence) est la principale industrie agricole du pays. On compte dans les Bouches-du-Rhône environ 24,000 hectares plantés d'oliviers et 44,000 hectares plantés de vigne. Le cinquième seulement de la superficie (110,000 hectares) se compose de terres cultivées.

Principales communes

Rang Arr. Commune Population
1
3
Marseille* 809 000
2
1
Aix-en-Provence 146 690
3
2
Arles 53 293
4
4
Martigues 46 911
5
3
Aubagne 45 234
6
4
Istres 43 680
7
1
Salon-de-Provence 41 616
8
4
Vitrolles 37 867
9
4
Marignane 33 499
10
3
La Ciotat 33 321
11
4
Miramas 25 621
12
1
Gardanne 21 191
13
1
Les Pennes-Mirabeau 20 390
14
3
Allauch 19 011
15
4
Port-de-Bouc 17 134
Rang Arr. Commune Population
16
4
Fos-sur-Mer 16 018
17
2
Châteaurenard 14 661
18
4
Berre-l'Étang 13 921
19
1
Bouc-Bel-Air 13 888
20
2
Tarascon 13 364
21
4
Rognac 12 247
22
3
Auriol 11 786
23
4
Châteauneuf-les-Martigues 11 776
24
2
Saint-Martin-de-Crau 11 381
25
3
Plan-de-Cuques 10 758
26
2
Saint-Rémy-de-Provence 10 454
27
1
Septèmes-les-Vallons 10 446
28
1
Trets 10 289
29
1
Pélissanne 9 368
30
4
Gignac-la-Nerthe 9 340
31
1
Fuveau 8 838
*Population de l'agglomération marseillaise : 1,4 millions d'habitants.
Codes des arrondissements : 1 = Aix-en-Provence, 2 = Arles, 3 = Marseille.
4 = Istres. Cliquer sur les liens pour afficher la liste de toutes les communes.

Situation, Limites, Superficie. 

Le département des Bouches-du-Rhône doit son nom aux différentes embouchures par lesquelles le Rhône se jette dans la Méditerranée.  Il est borné au Nord par le département du Vaucluse, à l'Ouest par celui du Gard, au Sud par la Méditerranée, à I'Est par le département du Var. Il a  presque partout des frontières naturelles : au Nord la Durance sur 96 km, depuis le confluent du Verdon jusqu'au Rhône, à l'Ouest le Rhône, puis la branche du delta nommée Petit Rhône, sur 84 km, depuis le confluent de la Durance jusqu'à la mer; au Sud la mer sur 190 km environ.

La ville de Marseille, chef-lieu du département, est éloignée de 660 km de Paris à vol d'oiseau, et de 863 km par le chemin de fer; elle est distante de 252 km de la frontière italienne.

Le pourtour total du département est à peu près de 460 km et enveloppe une superficie de 510,487 hectares. Sa plus grande longueur est d'environ 130 km du Nord-Est au Sud-Ouest, comptés du confluent du Verdon avec la Durance à l'embouchure du Rhône Vif; sa plus grande largeur du Nord au Sud, 58 km comptés de l'embouchure de la Durance à celle du Galéjon.

Côtes.
L'étendue des côtes du département est de 200 km environ à partir de l'embouchure du Petit Rhône à l'Ouest jusqu'au cap Saint-Louis à l'Est.

A l'Est du Petit Rhône est le golfe des Saintes-Maries ou golfe de Beaudac.

Dans toute la région du delta la côte est basse et marécageuse; tout le long s'étendent de nombreux étangs, qui communiquent avec la mer par des chenaux peu profonds. La côte avance sans cesse vers le Sud par suite des apports du Rhône; on évalue à 14 km ce progrès du littoral de la Camargue depuis le IVe siècle de l'ère commune. De 1841 à 1872 l'embouchure du Grand Rhône s'est avancée vers le Sud-Est de 2 km, resserrant de la sorte l'entrée du golfe de Fos. En ce point ont pris naissance de nouveaux graus ou canaux et de nouveaux theys ou îlots, formés de vase accumulée parfois autour des épaves d'un navire (they de Roustan). 

Au Sud du petit port de Bouc situé dans une île, à l'entrée du canal d'Arles, l'aspect est tout autre. Les côtes sont rocheuses, découpées et dominées par des montagnes. Le cap Couronne forme l'extrémité orientale du golfe du Fos. C'est entre le cap Couronne et le cap Croisette que s'ouvre la baie de Marseille dont l'entrée est signalée aux navires par le phare du Planier, construit sur un rocher bas et isolé à 8 km de Marseille. Le vieux port de Marseille est un golfe naturel qui a amené tout naturellement la fondation de la ville; les nouveaux ports, bien plus vastes, sont l'oeuvre de l'humain. Au Sud de Marseille se trouve un petit archipel de onze îles, dont les plus importantes sont en allant du Nord au Sud : Ratonneau et Pomègue, réunies par une chaussée et formant devant Marseille le port de Frioul; entre eux deux se trouve l'îlot d'If, couronné par un château célèbre; puis Tiboulen, le Maire, Saros et Riou.

Au delà du cap Croisette la côte forme la baie de Cassis; cette petite ville maritime, célèbre par ses vins blancs, a un port vaste et spacieux. Les escarpements du cap Canaille que termine le Bec de l'Aigle, séparent la baie de Cassis du golfe de Lègues, au fond d'une anse duquel est la Ciotat, ainsi abritée des vents de l'Ouest et du Nord : c'est là que sont les chantiers de construction navale.

Curiosités naturelles

Le département des Bouches-du-Rhône renferme un grand nombre de sites très pittoresques, des vallons charmants, des grottes curieuses. Au point de vue de la géologie, le volcan éteint de Beaulieu (Rognes), dans les montagnes de la Trévaresse, la commune de Martigues, celles de Cassis et d'Allauch, sont fort remarquables.

Les rochers des Baux, le mont Canaille (Cassis), le Bec de l'Aigle, près de la Ciotat, offrent des aspects superbes.

Les vallons agréables sont nombreux. Ceux qui méritent d'être visités sont : celui de Saint-Pons (Gemenos), au fond duquel jaillit une belle source, auprès des ruines d'un monastère du XIIIe siècle; le vallon des Aygalades (Marseille), le vallon des Masques près d'Aubagne, sorte de défilé sombre et étroit, où l'on voit des cascades, des rochers et des grottes; celui du Tholonet, qu'alimente un ruisseau abondant ; et surtout celui de Roquefavour, que traverse le magnifique aqueduc du canal de Marseille.

Près de Vauvenargues s'ouvre le fameux gouffre de Garagaï où Marius, d'après la tradition, aurait fait précipiter cent prisonniers ambrons.

Les calanques pittoresques et les grottes marines sont communes sur les côtes de l'arrondissement de Marseille. La plus belle de ces anses est celle de Pormiou, où une puissante source jaillit du fond de l'eau.

Parmi les étangs, on doit citer l'étang de Lavalduc, qui est à 10 mètres au-dessous du niveau de la mer, bien qu'il en soit à peine séparé par une langue de terre large de 800 mètres.

Les grottes les plus remarquables sont : celles de la Baume-Rolland, la Baume-Loubière, sur le territoire de Marseille; le Regage, dans la commune de Cassis; la grotte de Lascours, dans les environs d'Aubagne. Les plus célèbres sont celles de Calès, près de Lamanon : elles forment plusieurs étages et ont évidemment été habitées à diverses époques, et notamment à l'époque celto-ligure.

Relief du sol

Le département des Bouches-du-Rhône, situé à la fois sur le versant occidental des Alpes françaises et sur le cours inférieur du Rhône, participe à cette double nature; il se divise en deux parties très inégales et bien distinctes : le Nord et l'Est, c.-à d. les trois quarts environ sont occupés par des chaînes de montagnes d'une hauteur variant entre 200 et 1000 m; le Sud-Ouest du département, c.-à-d. le quart compris entre la mer, l'étang de Berre, Saint-Chamas, Arles et le Petit Rhône, est formé par de vastes plaines caillouteuses ou marécageuses qui présentent à peine quelques monticules peu élevés.

Région orientale et supérieure.
Les montagnes que contient cette région peuvent se décomposer en cinq chaînes principales assez distinctes les unes des autres, dirigées, toutes, de l'Est à l'Ouest, séparées par trois vallées principales et présentant au point de vue géologique des caractères particuliers. Ce sont : 

1° Les Alpines ou mieux Alpilles, massif montagneux, dirigé de l'Ouest à l'Est qui s'étend de Tarascon jusque vers Orgon sur la Durance. Cette chaîne, séparée par la Durance du Léberon ou Lubéron (Vaucluse), a dû s'y rattacher dans les temps géologiques, c'est dans tous les cas an prolongement des Alpes elle est comprise entre le canal de Craponne et la Durance; ses hauteurs vont en diminuant de plus en plus jusqu'au Rhône au Nord et jusqu'aux plaines de la Crau au Sud. Les Alpilles se composent d'un massif central assez abrupt que l'on nomme les monts d'Aureille, et d'un certain nombre de chaînons tels que celui des Calons, celui de Saint-Remy et celui d'Orgon. Les hauteurs de ces petites chaînes ne dépassent pas 500 m. Le point le plus élevé est le mont des Aupies ou Houpies (492 m) : on cite encore le Signal de la Chaume (386 m); le Défends (309 m); Les Baus (210 m), et enfin le plateau de Roquemartin (225 m).

2° La Trévaresse, région montagneuse assez verte et fertile qui s'étend entre la dépression du canal de Craponne, le vallon de la Touloubre et la Durance; elle se dirige du Nord-Est au Sud-Ouest et compte dans le sens de la longueur environ 35 km de la plaine du Lamanon à la vallée de la Vaulubière. On la décompose en trois petites chaînes : 

1° les monts de Trévaresse ou l'on remarque le volcan éteint de Beaulieu avec les sources du Grand-Valat et de la Concernade;

2° la chaîne des Côtes;

3° la chaîne de Vernègues. 

Les hauteurs principales de ces trois lignes de montagnes ne dépassent guère 500 m, ce sont : la Fin de la Trévaresse (520 m), le mont de Saint-Jean-de-laTrévaresse (482 m), la Crète (489 m), le Costelas (465 m), la Butte du Signal (432 m), au-dessus du volcan de Beaulieu.
3° La chaîne de Sainte-Victoire, ainsi nommée parce qu'une tradition place dans la plaine voisine la victoire de Marius sur les Cimbres, région aride et dévastée, contient des pics d'une hauteur presque double de celles atteintes par les montagnes que nous venons de passer en revue. Cette chaîne est comprise entre l'étang de Berre, l'Arc, la Durance et la Touloubre, du Nord-Est au Sud-Ouest, sur une longueur de 60 km environ. Elle commence à l'étang de Berre, s'étend jusqu'à Aix-en-Provence avec la chaîne d'Eguilles, puis sort du département par les monts du Grand-Sambuc et la chaîne de Sainte-Victoire auxquelles s'adossent la montagne du Cengle et le curieux plateau de Pallière, creusé d'innombrables fissures où disparaissent toutes les eaux de la région. Les hauteurs principales de Ia chaîne sont la Croix de Sainte-Victoire (963 m) et le pic de Confosse (762 m).

4° La chaîne de l'Etoile qui s'étend dans l'espace compris entre l'étang de Berre, la mer, l'Huveaune, la frontière du département et l'Arc : elle sort même des Bouches-du-Rhône et projette quelques chaînons peu importants dans le département du Var. Le point central de cette chaîne est le massif de l'Etoile compris entre les villes de Roquevaire, Gardanne, Aubagne et Marseille. On y trouve les hauteurs les plus importantes qui sont le mont Mimet (758 m), le Pilon du Roi (712 m), la Gardelaban (687 m), le Castellas (675 m), le pic de l'Etoile (598 m) et Notre-Dame-des-Anges (546 m); la chaîne de l'Etoile projette : à l'Est, la chaîne de Regagnais qui s'y relie par le plateau de la Pomme (400 m), et où l'on trouve la mont Olympe à l'Ouest (705 m), dominant la ville de Trets, au Nord-Ouest la chaîne de Vitrolles, et à l'Ouest la chaîne de l'Estaque coupée par le célèbre tunnel de la Nerthe; ces deux ramifications se relient à la chaîne principale par le plateau de la Viste (150 m).

5° La chaîne de Sainte-Baume qui projette dans les Bouches-du-Rhône ses principales ramifications, mais a son point d'attache et son massif central dans le département du Var. Ses prolongements dans les Bouches-du-Rhône ont la forme d un demi-cercle d'une longueur de 30 km, dont la concavité est tournée vers le Sud-Ouest du département. Ce demi-cercle peut se décomposer en trois massifs principaux :

1° le massif de la Gardiole qui borde la Méditerranée et y projette de superbes et dangereux escarpements; 

2° la chaîne de Roquefort;

3° la chaîne de la Roussargue qui contient le mont le plus haut du massif et du département, le Bau de Bretagne (1044 m). 
Les autres hauteurs de la chaîne de Sainte-Baume sont le mont ou tête de Roussargues (860 m) qui domine la ville d'Aubagne; le mont de Carpiagne (646 m), la tête de Puget (635 m); la petite chaîne de Saint-Cyr qui atteint 659 m à son point culminant; la Marsillaveyre (467 m); enfin Notre-Dame-de-la-Garde, au-dessus de Marseille (150 m) séparée du reste de la chaîne par l'Huveaune. 

Les îles qui bordent la côte du golfe de Marseille appartiennent certainement à ce massif montagneux et étaient, selon toutes probabilités, rattachées autrefois au continent.

Région occidentale et intérieure.
Les parties basses du département des Bouches-du-Rhône se subdivisent en deux parties : une plaine caillouteuse et aride, appelée la Crau; et un delta marécageux, formé de terres limoneuses, la Camargue.

La Crau. 
La Crau est une vaste plaine toute couverte de cailloux, entre le Rhône et l'étang de Berre. Elle a 980 km² de superficie, et est traversée par le canal de Craponne, qui l'a rendue en partie à l'agriculture. 

La Camargue.
La Camargue est un large delta compris entre les deux branches principales du Rhône, le petit Rhône et le grand Rhône, et sans cesse agrandi par les alluvions du fleuve. Elle est remplie de marécages et d'étangs, coupée de fossés et de canaux, gorgée d'eau et pleine de terres limoneuses. On la divise en huit parties : Corrège, Albaron, Montlong, Crau-de-Mar, Petite-Montlong, Méjanes, grande Camargue et île du Plan du Bourg. Dans la partie nord on trouve 14,000 hectares de terres cultivées et de vastes pâturages où paissent librement 80,000 bêtes à laine, 600 bêtes de trait, des « manades » de taureaux presque sauvages destinés aux courses, et des chevaux blancs que l'on prétend issus de ceux laissés dans le pays par les Sarrasins.

On n'y trouve pas d'arbres, sauf quelques bouquets de pins vers les dunes sablonneuses de la mer, et de rares groupes de tamaris qui ont résisté à la violence du mistral et d'où s'échappent des nuées de moustiques. L'horizon de lagunes et de roseaux n'est limité que par les digues qui encaissent le Rhône et qui, en défendant les terres contre les invasions du fleuve, ont l'inconvénient de retenir les eaux et de former de nouveaux marécages; à peine aperçoit-on çà et là quelques constructions et hangars pour les troupeaux et les bergers. Un seul grand village y existe; celui des Saintes-Maries. Le paludisme y a longtemps règné comme dans les marais Pontins, mais à un moindre degré par suite de l'influence bienfaisante des vents du nord. Sur la côte s'étendent d'anciens fonds marins désséchés nommés sansouires extrêmement salés et incultes. La puissante évaporation de l'été appelle à la surface les eaux salées da sol, qui viennent former des efflorescences blanchâtres.

Géologie 

Lorsqu'en descendant la vallée du Rhône on pénètre dans la Provence du littoral, le paysage revêt un aspect caractéristique. On aperçoit de toutes parts de vastes plaines ondulées, formées par les dépôts sénoniens ou tertiaires et dominées par des monts calcaires aux arêtes et aux versants dénudés et couverts de blocs anguleux. Ce sont ces calcaires compacts, dits à caprotines, qui donnent à la Provence son caractère aride et sec. On les retrouve partout. Ils sont débités en pierres d'appareil, en moellons ; ils servaient  jadisà empierrer les routes et couvraient tout le pays d'une poussière blanchâtre.

Voici par ordre chronologique les divers terrains que l'on rencontre dans les Bouches-du-Rhône.

Terrains mésozoïques.
Les terrains jurassiques sont assez mal représentés dans le département. On les rencontre seulement dans la partie orientale où leurs différentes assises dirigées de l'Ouest à l'Est prennent une part importante dans la constitution des chaînes de Sainte-Baume et de Sainte-Victoire. Ils forment au bord de la mer la chaîne de l'Etoile que le chemin de fer de Marseille traverse par le tunnel de la Nerthe et le mont de Carpiagne.

Les terrains crétacés sont au contraire très développés et présentent des caractères tout différents de ceux de l'Europe septentrionale.

L'ensemble des terrains néocomiens forme sur les deux rives du Rhône une sorte de delta qui enveloppe le delta d'alluvion du fleuve, et dont le sommet est marqué sur la rive gauche par la mont Ventoux. Le sous-étage dominant est celui des célèbres calcaires blancs et jaunâtres à caprotines (Chama, Requienia) que l'on reconnaît de loin à ses arêtes et à ses parties dénudées. Ce calcaire est très blanc, presque crayeux : on y trouve Requienia ammonia, R. gryphoïdes, Monopleura trilobata, Pygaulus depressus, etc., avec des nérinées gigantesques et des polypiers. La direction générale de toutes les montagnes formées par les soulèvements des terrains néocomiens est celle de l'Ouest à l'Est. Cette orientation caractérise la montagnette de Tarascon, la chaîne des Alpilles, les chaînons qui encaissent les dépôts tertiaires d'Aix-en-Provence, de Fuveau, de Marseille; elle se poursuit à travers le département du Var jusqu'au col de Tende. Le massif des Alpilles, situé sur le prolongement du Luberon dont il est séparé seulement par la Durance, présente en superposition régulière; des cal caires bréchiformes à térébratules perforées (Pygope janitor), puis marneux remplis de bélemnites plates (B. latus, B. dilatatus) et de petites ammonites ferrugineuses, surmontés de calcaires compacts et marneux à Toxater complanatus, Ostrea Couloni, au-dessus desquels se trouve un calcaire compact avec couches marneuses à la base à Ancyloceras et Crioceras. Tout au voisinage des Alpilles, à Orgon, le calcaire à caprotines est assez développé pour que la localité ait donné son nom à ce sous-otage (urgonien).

Ces calcaires crétacés entourent encore la bassin de Marseille, de la Nerthe à Montredon et se prolongent jusque dans la mer par les îles Pomègue et Ratonneau. Ils forment une sorte de désert . La route de Salon à Marseille franchit ces crêtes désolées; le chemin de fer de Marseille traverse le beau tunnel de la Nerthe, long de près de 5 km.

Au sortir du tunnel on débouche dans un petit bassin tertiaire à l'extrémité duquel apparaît Marseille. L'horizon est fermé par des crêtes calcaires escarpées, élevées de 200 à 400 m au-dessus de la plaine. Les étages néocomiens et crayeux s'y succédaient dans l'ordre suivant, conformément à la coupe de Martigues à l'étang de Berre en traversant la gueule d'Enfer

A. Calcaires néocomiens à Chama durs, compacts; 150 m.

B. Marnes schisteuses, 30 à 40 m.

C. Grès calcarifères à Ostrea Columba, surmontés de calcaires compacts à Caprines et à Ostrea carenata.

D. Calcaires marneux à radiolites en bancs de 2 à 4 m.

E. Sables et grès jaunâtres, dits grès d'Uchaux.

F. Grand développement de calcaires compacts quelquefois un peu grenus et crayeux : abondance de rudistes, radiolites, sphérulites, hiippurites. Ces rudistes, que l'on ne rencontre jamais dans le Nord, forment le trait saillant des terrains crétacés supérieurs de la Provence et de la France méridionale. Le calcaire à hippurites et le calcaire à Chama sont caractéristiques de cette région.

Les sous-étages A et B appartiennent au néocomien; le sous-étage C au cénomanien ancien; les sous-étages D, E, F, au turonien. Les calcaires néocomiens, durs et compacts, constituent les reliefs et les points culminants: les calcaires marneux turonien forment à leur pied des combes verdoyantes.

L'ensemble des terrains sénonien et danien forme une région naturelle souvent décrite par les géologues sous le nom de Bassin des Bouches-du-Rhône.

A cette date, la mer en voie de retrait s'est peu à peu convertie en lagunes saumâtres; puis, finalement, les espaces qu'elle occupait se sont montrés recouverts par de grands lacs, encombrés de plantes palustres dont les débris ont fourni les couches de combustibles connus sous le nom de lignites du bassin de Fuveau. Les dépôts qui se sont formés dans ces conditions offrent la succession suivante :

1. Calcaires, marnes schisteuses et grès. Étage inférieur des lignites de Fuveau. Epaisseur, 200 à 250 m.

2. Calcaires marneux et argiles, 100 m.

3. Argiles rougeâtres et calcaires compacts alternant six fois; 300 m.

4. Sables et argiles rougeâtres, 70 à 80 m.

5. Marnes et calcaires marneux avec gypse interstratifié, 90 m.

6. Marnes et calcaires marneux lacustres. Etage supérieur des lignites du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence; 300 m.

Les quatre assises inférieures manquent au nord d'Aix-en-Provence; les deux assises supérieures, développées surtout au delà de la Durance, dans la département du Vaucluse, se super posent et se lient aux précédentes entre les chaînes d'Eguilles et de Sainte-Victoire.

L'assise lacustre inférieure correspond aux couches à Bélemnitelles du sénonien septentrional. Tandis que la craie blanche se déposait dans le bassin parisien, la Provence était couverte de vastes marais tourbeux ou s'accumulaient des roches combustibles. On compte en effet cinq ou six couches de lignites généralement régulières dans leur allure et interrompues seulement par des failles. La composition de ces lignites, qui sont très activement exploitées, rappelle celle des houilles maigres. Elles sont d'ailleurs utilisées par l'industrie marseillaise pour les mêmes usages. On les retire principalement de deux couches : l'une dite la grande mine dont la puissance atteint souvent 1 m, et l'autre dite des quatre pans qui a de 50 à 70 cm.

Les assises inférieures semblent plonger toutes vers un centre commun représenté par l'assise gypseuse : durant le temps où se déposèrent ces sédiments le sol s'exhaussait progressivement et les eaux se retiraient jusqu'à ne plus occuper que la partie extrême, celle où se sont formés les gypses.

Au-dessus des couches à lignites viennent les calcaires à lychnus, les argiles rouges, avec poudingues et brèches à galets calcaires jaunes et rouges; de ce nombre sont les marbres exploités sous le nom de brèches d'Alep et du Tholonet.

Terrains cénozoïques.
Tertiaire.
Dans la plus grande partie du delta, les terrains tertiaires sont représentés par une alternance de couches marines et lacustres. Nous avons déjà signalé le bassin miocène de Marseille, composé d'une molasse d'eau douce (marnes et argiles recouverts de poudingues à fossiles lacustres). Les montagnes de Trévaresse sont formées de couches gypseuses, antérieures à la molasse de Marseille; on y trouve des palmiers et des fossiles lacustres; on les place dans le tongrien, c. -à-d. au niveau des sables de Fontainebleau, au milieu du miocène inférieur. Ces gypses sont surmontés d'une molasse coquillière, à fossiles marins postérieurs à la molasse lacustre de Marseille. On retrouve des lambeaux de cette molasse coquillère le long de la côte et de l'étang de Berre.

La chaîne des Alpines contient également des dépôts tertiaires, arénacés on argileux. Il faut surtout y signaler les gisements de bauxites des Méjans et des Baus, tantôt ferrugineuses et rouges avec pisolithes calcaires, tantôt violacées ou jaunâtres avec pisolithes ferrugineuses. Ces bauxites crétacées, exploitées comme minerais d'aluminium, s'appuient sur des calcaires néocomiens-urgouiens formant voûte, et pénètrent dans leurs anfractuosités.

Quaternaire.
La vaste plaine de la Crau est couverte de gros galets dont les intervalles sont remplis par un limon argileux rougeâtre. Les Romains lui donnaient le nom de Campus lapideus. Son inclinaison qui est de 0,00156 m/m démontre à première vue que l'on a affaire à une formation géologique toute autre que la Camargue. Le plan incliné de la Crau coupe le plan horizontal de la Camargue sous un angle de 5' 25". Les cailloux de la Crau se retrouvant sur la rive droite du Rhône au-dessous de Nîmes, il est facile de calculer, si l'on creuse un puits dans les alluvions de Camargue, à quelle profondeur on rencontrerait les cailloux sous-jacents de la Crau. La Crau a été le résultat de grands courants d'alluvions, venus des Alpes, qui ont suivi la vallée de la Durance et couvert des débris qu'ils charriaient toute la plaine du bas Rhône. Les galets, parfois énormes, sont, pour les neuf dixièmes, des quartzites; le reste se compose d'amphibolites, de granits, de porphyres, de variolites, etc., provenant des Alpes Dauphinoises. Quant aux terres rougeâtres qui bouchent les interstices, elles proviennent des fissures des calcaires néocomiens et jurassiques.

Terrains actuels. Le delta du Rhône est une région alluvienne qui représente sur le sol français la manifestation la plus importante des causes géologiques actuelles. Il comprend : la grande Camargue, placée entre les branches du Grand et du Petit Rhône (73,000 hectares), les plaines du Plan du Bourg sur la rive gauche, et les plaines qui aboutissent à la petite Camargue sur la rive droite. Les alluvions du delta couvrent 110,000 hectares. Arles, qui était au IVe siècle à 26 km de la mer, en est aujourd'hui distante de 48 km; le progrès des alluvions a donc été de 22 km. On estime à 21,000,000 de mètres cubes le volume des limons, annuellement apportés par le fleuve la pointe du Grand Rhône avance de 57 m par an. Les sables dominent dans la petite Camargue et sur le littoral; en nombre de points le vent les entraîne pour former des dunes. C'est de la sorte qu'a été ensablé le Petit Rhône de Saint-Gilles à Aigues-Mortes. On a planté depuis quelques-unes de ces dunes. Le limon domine au contraire dans la grande Camargue; n'étaient les marécages et les oscillations de niveau des 12,000 hectares. d'étangs et de lagunes, et surtout n'était la salure du sol, cette région serait apte à la culture.

Roches volcaniques
On voit affleurer au milieu des zones crétacées de la chaîne des Alpilles deux bandes éruptives parallèles, dirigées comme l'ensemble du soulèvement de l'Est à l'Ouest. On a encore signalé une petite masse éruptive au Nord des monts de Trévaresse.

Régime des eaux

Tous les cours d'eau des Bouches-du-Rhône appartiennent au bassin de la Méditerranée, où ils se déversent par la Rhône, le chenal du Port- de-Bouc et l'Huveaune.

Le système hydrographique du département est déterminé par le relief du sol. En dehors du Rhône et de la Durance qui forment les limites de l'Ouest et du Nord, on ne peut citer que trois rivières importantes qui coulent dans les vallées comprises entre les chaînes principales. La Touloubre entre la Trévaresse et la chaîne des Eguilles; l'Arc entre la Sainte-Victoire et l'Etoile, l'Huveaune entre l'Etoile et la Roussargue. 

Outre ces cours d'eau un grand nombre de ravins se transforment en torrents à l'époque des pluies, mais ils sont à sec le reste de l'année.

Le Rhône.
Le Rhône forme, à partir de son confluent avec la Durance jusqu'à Arles, la limite occidentale du département. Il arrose durant ce trajet les communes de Barbentane, Boulbon, Mézoargues, Tarascon, Arles; à Arles il se divise en deux branches : le Grand Rhône à gauche (50 km) entraîne les 6/7 des eaux; le Petit Rhône, à droite, sépare les Bouches-du-Rhône du Gard. Chacune de ces deux branches se subdivise à son tour, le Petit Rhône se bifurque à 16 km de la mer : la branche orientale de ce delta secondaire garde le nom de Petit Rhône; elle débouche au Grau d'Orgon, la branche extérieure prend celui de Rhône Mort. Le Grand Rhône se bifurque de même à 14 km de la côte : la branche de l'Ouest, aujourd'hui insignifiante, dite Bras de Fer ou Bras du Japon, se termine par le Vieux Rhône; le bras principal, le plus oriental de tous, a créé à son embouchure deux îles marécageuses séparées par trois canaux dits Grau du Levant, Grau du Ponant, Grau du Midi. Entre le Grand Rhône et le Petit Rhône s'étend la Camargue. La longueur du fleuve dans le département est de 84 km. Sa largeur est de 150 m à Arles, de 310 m. à la Tour-Saint-Louis. 

Son débit varie entre 500 et 14,000 mètres cubes. Il verse à la mer en moyenne 2200 mètres cubes d'eau par seconde; c'est le fleuve de France qui a le débit le plus considérable. Son lit se déplace continuellement. Il coulait jadis sur la rive droite d'Arles à Aigues-Mortes. Il y a deux mille ans, ce régime était déjà changé. Le Rhône coulait plus à l'Est; c'est cette ancienne branche qui est dite le Bras Mort. Puis la branche du Grand Rhône s'est développée et a séparé de la Camargue le Plan du Bourg. Les alluvions du fleuve sont très considérables. La tour Saint-Louis, construite en 1707 au bord de la mer, en est aujourd'hui distante de 8 km.

Affluent et sous-affluents.
Le Rhône n'a, dans les Bouches-du-Rhône,qu'un seul afluent, la Durance.

La Durance sépare le département des Bouches-du-Rhône de celui du Vaucluse. Elle arrose les commune de Saint-Paul, Jonques, Peyrolles, Puy-Sainte-Réparade, Saint-Estève-Janson, la Roque d'Anthéron, Charleval, Mallemort, Sénas, Orgon, Saint-Andiol, Cabanes, Noves, Rognonas et Barbentane, puis se jette dans le Rhône à 4 km au-dessous d'Avignon. La Durance est un cours d'eau torrentiel; son débit est de 80 à 100 m aux basses eaux, il atteint 300, 1000 et même 6000 mètres cubes lors des crues; son lit insuffisant en hiver est à demi desséché en été. La largeur varie entre 1000 et 2000 m : elle n'est que de 150 m dans le défilé de Mirabeau. Sa pente est de 3 mm. par mètre. Son cours inférieur, qui alimentait dis les Fosses-Mariennes, s'est beaucoup modifié depuis les temps historiques. De nombreuses prises d'eau ont été faites à la Durance, ainsi qu'à son affluent le Verdon qui sont devenus les bienfaiteurs des campagnes et même des villes dans le Comtat et la Basse-Provence. La Durance donne son eau à Marseille. Citons les canaux d'arrosage de Cadarache, de Puy Sainte-Réparade, de Marseille, de Craponne, de Boisgelin, des Alpilles, de Sénas, de Cabanes, de Châteaurenard, etc.

La Durance reçoit : le Verdon, dont l'embouchure seule appartient aux Bouches-du-Rhône et qui donne son eau à Aix; le Riaou qui se jette un peu en amont de Peyrolles, la Valubière et le Grand-Vallat.

La Touloubre.
La Touloubre sort des monts de la Trevaresse, au-dessus du village de Puyricard, reçoit la Concernade, née au volcan éteint de Beaulieu, arrose Lambesc, Pélissane, Grans, Cornillon, traverse une gorge pittoresque avant de se jeter dans l'étang de Berre à 3 km de Saint Chamas, après un cours de 68 km.

L'Arc.
L'Arc, né dans le département du Var, passe au Nord de Trets, s'enrichit de la Cose, passe à 2 km au Sud d'Aix-en-Provence, puis sous l'aqueduc de Roquefavour, reçoit le trop plein du canal de Marseille, et finit dans l'étang de Berre, à 4 km de Berre, après un parcours de 80 km dans le département. Cette rivière devient torrentielle à l'époque des pluies et cause parfois des inondations redoutables.

L'Huveaune.
L'Huveaune, né dans le département du Var, arrose Auriol où il se grossit du Merlançon et de la Vède, traverse Roquevaire, Aubagne où il reçoit la Fauge qui a traversé Saint-Pons et Gémenos, puis traverse Saint-Menet, Saint-Marcel, Saint-Loup, la Pomme, reçoit le Jarret, descendu des monts de l'Etoile et se jette dans la Méditerranée après un cours de 36 km. Ses eaux sont abondantes et ne tarissent jamais; elles alimentent plusieurs canaux d'irrigation et sont conduites à Marseille par un aqueduc.

Les canaux.
Le département des Bouches-du-Rhône est traversé par trois canaux de navigation et par de nombreux canaux d'irrigation.

Etangs et marais.
On y trouve un grand nombre d'étangs et marais le plus important, l'étang de Berre, a 22 km de longueur, 72 km de circonférence et 15,000 hectares de superficie. Il communique avec la mer par un passage d'environ 5 km environ, appelé canal de Martigues. Sa profondeur varie entre 3 et 10 m. Ses rives sont bordées de collines où poussent les vignes, les amandiers, les oliviers. Martigues, Saint-Chamas et Berre en sont les principales localités. Cet étang, bien que la profondeur n'y dépasse pas 10 m, aurait une rade magnifique, sept fois aussi étendue que celle de Toulon, comparable à la rade de Brest, si le chenal avaité été assez profond pour donner accès aux navires de guerre. Mais les alluvions du Rhône comblant sans cesse le chenal, des travaux importants auraient été nécessaires pour y remédier.

Les autres étangs sont beaucoup moins importants : ils n'ont pour la plupart aucune profondeur. Ils se trouvent dans la Camargue et la Crau. L'étang de Vaccarès, situé dans le Sud de la Camargue, a 2500 hectares de superficie; c'était autrefois un golfe, mais les dunes l'ont séparé de la Méditerranée avec laquelle il ne communique plus que par de petits chenaux, appelés arours. Sa partie méridionale est découpée par les atterrissements en plusieurs petits étangs secondaires : étangs de Monro, de Gniès, de la Consécanière, de Faurnelet, du Lion, de Mala groy, etc.; la Crau renferme ceux de Meyrannes, Dezeaumes, la Peluque, etc. Enfin dans l'arrondissement d'Arles on cite les étangs de Scamandre, des Baux, de Mollèges, et dans l'arrondissement. d'Aix ceux de Lavalduc, de l'Estoma, d'Engrenier, du Pourra, de l'Olivier, etc.

Climat

La région montagneuse est assez froide; mais la région littorale jouit du climat méditerranéen, le plus beau des sept climats qui partagent la France. Il est caractérisé par la chaleur et par la rareté des pluies d'été.

A Marseille la température moyenne est de 14,8 °C  (7,4 ° pour l'hiver, 12,8 °C pour le printemps, 21,11 °C pour l'été, 14,96 °C pour l'automne). La plus haute température observée en vingt ans a été de 30,7 °C, la plus basse de -4,6 °C. La chaleur s'y soutient en été entre 25°C et 30° C, mais de dix heures du matin à six heures du soir la brise de mer, dite le garbin, rafraîchit un peu l'atmosphère. Le nombre annuel moyen des jours de pluie est de 17 en hiver, 17 au printemps, 8 en été, 17 en automne. A Arles, la température maximum en neuf ans a été de 37,5 °C, la température la plus basse de -6,2 °C.

La quantité annuelle des pluies est évaluée à 512 mm, dont 40 seulement pour l'été, à Marseille; à 600 mm. sur les bords de la Durance, à 691 à Gréasque au milieu des montagnes. La Provence est la partie la plus sèche du littoral français. C'est seulement en octobre que la pluie commence à devenir abondante; encore la chose est-elle très variable d'une année à l'autre. « Hiver pluvieux, été abondant » est un dicton courant.

Un vent redoutable souffle parfois avec violence : c'est le mistral ou vent du Nord-Ouest. Les Grecs le connaissaient déjà bien. Strabon le décrit ainsi :

« C'est le vent violent qui renverse les rochers, précipite les hommes du haut des chars, brise leurs membres et les dépouille de leurs vêtements et de leurs armes ». 
Sa vitesse atteint parfois 20 m par seconde. C'est dans les Cévennes que se forment d'habitude les orages : « mer claire et montagne obscure annoncent la pluie sure ». Les autres vents dominants de terre sont le grégali (Nord-Est), la tramontane (Nord), le ponant (Ouest); les vents de mer sont : le labech (Sud-Ouest), le miéjou (Sud), Peisseroq (Sud-Est) et le lévant (Est).

Faune et flore naturelle

La flore des Bouches-du-Rhône appartient au type dit méditerranéen. L'olivier, le mûrier, le laurier, le myrte, le grenadier, le laurier-rose y poussent en pleine terre. L'oranger et le citron mûrissent sur les coteaux; en quelques points, le palmier porte des dattes. Les plantes aromatiques (thym, lavande, sauge, etc.) poussent sur les montagnes calcaires; les pâturages couvrent les bords du Rhône, de la Durance, de la Touloubre et de l'Arc; les joncs et les tamaris viennent seuls dans les régions basses de l'Ouest. Presque toutes les forêts ont disparu du département. La seule forêt un peu importante qui ait été respectée est celle de Sainte-Baume, entre l'Huveaune supérieure et le golfe de la Ciotat. L'if, le chêne, le hêtre, l'orme, le peuplier, le tilleul, l'érable y sont les essences les plus fréquentes.

Il y a peu de gibier et peu d'animaux sauvages dans le département. Au bord des étangs et marais se rencontrent des cygnes, des outardes, des flamants roses, des hérons, des cigognes; on pêche dans les rivières des truites, des anguilles, des esturgeons, et dans la mer, des sardines et des anchois. Un grand nombre d'oiseaux africains se plaisent dans les solitudes de la Camargue, où nul humain ne vient les troubler. Le castor a été signalé dans les îles désertes de l'embouchure du Rhône. (GE).

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