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L'Alsace

48.33 N, 7.50 E
L'Alsace, qui a été jusqu'en 2015 l'une des régions administratives de la France, est aujourd'hui intégrée à la région Grand-Est. D'une superficie de 8280 km² et peuplée de 1,86 million d'habitants (janvier 2010), elle est subdivisée en deux départements, soit 13 arrondissements, entre lesquels se distribuent 75 cantons et 904 communes.
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67 - Bas-Rhin
Strasbourg, Hagueneau, Molsheim, Saverne, Sélestat, Wissembourg, Erstein
68 - Haut-Rhin
Colmar, Altkirch, Guebwiller, Mulhouse, Ribeauvillé, Thann

Située entre la Suisse, le Rhin, la Lauter (avant 1815, la Queich) et la chaîne des Vosges, l'Alsace est limitée au Sud par la Suisse, à l'Est par le land du Bade-Wurtemberg, au Nord par le Palatinat (land de Rhénanie-Palatinat), à l'Ouest par la le plateau Lorrain et les Vosges.

Elle peut se diviser en trois zones allant du Sud au Nord : la première, celle de l'Ouest, limitée par la crête des Vosges, est un pays montagneux; celle de l'Est longe le Rhin et est formée par la plaine rhénane; entre les deux s'étend le pays des collines jurassiques et sous-vosgiennes : 

Zone montagneuse. 
La chaîne des Vosges est recouverte dans les régions supérieures de forêts de Conifères (Pin, Sapin, Épicéa, Mélèze) et de forêts de Hêtres, de Chênes, de Charmes et de Châtaigniers dans ses parties inférieures. Au delà de 1200 m, les sommets ne produisent plus que du gazon formant de vastes et beaux pâturages. Les céréales sont cultivées encore à une altitude de 900 m. Il faut distinguer, dans les Vosges, deux chaînes de montagnes, nettement tranchées : (a) celle du Sud, de beaucoup la plus élevée, composée de roches cristallines ; (b) celle du Nord formée de grès

Les montagnes du Sud.
Les montagnes cristallines, à leur tour, peuvent se subdiviser en montagnes à roches granitiques et en montagnes à roches métamorphiques. Les premières s'étendent, dans un enchaînement continu qui marque la limite entre le Haut-Rhin et le département des Vosges, depuis le Ballon d'Alsace (1250 m) jusqu'à la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines en formant le Gresson (1249 m), la Tête du Drumont (1223 m), le Grand-Ventron (1204 m), le Rainkopf (1304 m), le Hohneck (1362 m, la cime la plus élevée des montagnes granitiques), le Gazon du Faing  et le Rocher Belmont (1303 m et 1272 m), qui surplombent le lac Noir (960 m) et le lac Blanc (1054 m), le col du Bonhomme (949 m) et enfin le Brézouard (1228 m). Plus au Nord, une dernière montagne granitique, le massif du Champ du Feu (1095 m), qui forme un système à part.

Les roches métamorphiques (ou de transition, principalement les grauwackes) forment une crête en demi-cercle qui s'étend depuis le Kahlenwasen (1274 m) en passant par le Rothenbach (1240 m) jusqu'au Ballon de Guebwiller (ou de Soultz ou Grand-Ballon, 1426 m), sommet le plus élevé des Vosges; à son pied se trouve le lac du Ballon (1060 m). Les roches métamorphiques sont encore très répandues dans les vallées de Giromagny, de Masevaux, de Saint-Amarin, de Guebwiller, de Munster, de l'Andlau et de la Bruche. Les montagnes des Vosges cristallines offrent une pente ordinairement très abrupte du côté rhénan, plus douce du côté occidental. Les cours d'eau ont leurs sources à la crête; ils suivent tous la même direction, celle de l'Est vers la plaine du Rhin, avec de légères déviations vers le Nord ou le Sud. De là, une série de crêtes secondaires allant de l'Est à l'Ouest et se rattachant en ligne perpendiculaire à l'axe principal du Sud au Nord. 
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Ballon d'Alsace.
Le Ballon d'Alsace (versant alsacien).

Les principales rivières de cette partie de l'Alsace sont toutes des affluents de l'Ill, qui prend sa source dans le Jura, baigne la plus grande partie de l'Alsace, traverse Altkirch, Mulhouse, Colmar, Sélestat, Benfeld, Strasbourg, pour se jeter, après un cours de 180 km, à 15 km en aval de Strasbourg, dans le Rhin, dont il est l'affluent le plus important. Toutes les vallées formées par les rivières tributaires de l'Ill sont riches en établissements industriels. Les toits d'eau les plus importants sont :

1° la Doller qui sort du lac de Sewen (510 m), traverse Masevaux pour se jeter dans l'Ill à Mulhouse; 

2° la Thur qui descend du Grand-Ventron et forme la vallée de Saint-Amarin;

3° la Lauch qui a sa source au Lauchen (1160 m) et traverse la vallée de Guebwiller qu'on nomme Florival; 

4° la Fecht qui descend du Wissort forme la vallée de Munster ou de Saint-Grégoire et reçoit la Weiss et la Strenge; 

5° la Liepvrette (die Lober) qui prend sa source au col du Bonhomme et traverse Sainte-Marie-aux-Mines; 

6° l'Andlau qui descend du Champ du Feu et se réunit à la Kirneck;

7° la Bruche qui a sa source près du col de Saales, sur le versant ouest du Climont, traverse le Ban de la Roche pour se jeter dans l'Ill à quelques kilomètres en amont de Strasbourg; une partie de ses eaux forme avec la Mossig le canal de la Bruche, creusé en 1682 par Vauban lors de la construction de la citadelle de Strasbourg. 

Il faut encore mentionner deux petits bassins houillers, enclavés dans les roches cristallines : l'un se trouve au Nord, l'autre au Sud de la Liepvrette; ils ne sont plus exploités aujourd'hui.

Les montagnes du Nord.
Les Vosges septentrionales, formées du grès qu'on appelle le grès vosgien, ne sont pas une continuation de la chaîne à roches cristallines. D'un côté, elles forment une vaste bande, à l'Ouest et hors de l'Alsace, qui, partant de Phalsbourg (Moselle), passe par Epinal (Vosges) et s'étend jusqu'à Luxeuil, Lure (Haute-Saône) et Belfort; ses principales montagnes sont le Donon (1009 m), le Hengst (890 m). D'un autre côté, nous trouvons, déjà dans le Haut-Rhin, une série de montagnes granitiques surmontées d'un cône de grès vosgien, comme le Hohneck (1362 m), Hohkoenigsbourg (807), le Climont (974 m) le plateau de la Bloss avec le Moennelstein (819 ) et Sainte-Odile (764 m). 

Evidemment, ce ne sont plus que des restes isolés d'une combe de
grès qui devait recouvrir autrefois, sur une grande étendue, les Vosges cristallines. Depuis la montée de Saverne et Phalsbourg (428 m) jusqu'à Wissembourg, les Vosges arénacées ont un caractère moins imposant; elles ne sont plus qu'une série de collines plus ou moins élevées dont les plus importantes sont : la Petite-Pierre (fort déclassé après 1870,  433 m), le Wasenkaepfel (528 m), le Wintersberg (577 m), tous deux près de Niederbronn, le fort de Bitche (320 m) et enfin près de Wissembourg le col du Pigeonnier (Scherhohl, 507 m).

Les rivières qui descendent de cette partie des Vosges ont toutes un cours très sinueux, la plupart ont leur source au haut plateau lorrain ; presque sans exception elles se jettent directement dans le Rhin. Les principales sont :

1° la Zorn qui a sa source à Dabo, traverse Saverne, se réunit à la Moder, elle-même grossie par la Zintzel pour se jeter dans le Rhin près de Dahlhunden; 

2° la Sauer, qui traverse Woerth; 

3° la Lauter qui passe par Wissem bourg, forme en partie la frontière septentrionale et se jette dans le Rhin près de Lauterbourg.


Zone des collines. 
Elle comprend les derniers prolongements du Jura ainsi que les collines sous-vosgiennes qui trois fois, à Strasbourg, à Bischwiller et à Seltz, s'avancent jusqu'à proximité du Rhin. La composition géologique de ces collines est assez variée; elles sont formées tour à tour par des terrains tertiaires (Cénozoïque), triassiques et jurassiques; le plus souvent elles sont recouvertes par les alluvions' pléistocènes alpino-rhénans caractéristique pour toute la vallée du Rhin et connus sous le nom de loess. Cette partie de l'Alsace est très peuplée et très fertile. Ces collines sont en grande partie plantées de vignes et d'arbres fruitiers dans le Haut-Rhin; dans le Bas-Rhin on cultive de préférence les céréales ; les forêts y sont plus rares.

Zone de la plaine. 
Toute cette partie de l'Alsace a comme sous-sol le gravier du Rhin, qui, le long du fleuve, n'est recouvert que d'une couche très mince de sable et d'humus; mais à mesure qu'on s'éloigne du Rhin pour se rapprocher des collines, la couche d'alluvion (surtout le loess) devient plus considérable et plus fertile. De là deux bandes de terre bien différentes. 

La première, toujours exposée aux inondations et de beaucoup la moins fertile, est couverte, de même que les nombreuses îles du Rhin, de prairies et de forêts. L'autre par contre, surtout celle qui s'étend entre l'Ill et les collines, depuis Colmar jusqu'à Strasbourg et de là jusqu'à Brumath, est d'une grande fécondité et produit, outre les plantes agricoles les plus usitées. Enfin, à partir de Strasbourg jusqu'à la frontière du Palatinat, il y là le long du Rhin une zone de vastes tourbières et de prairies marécageuses. Autrefois le Rhin se divisait en un grand nombre de bras, dont quelques-uns se convertissaient souvent en marais. De grands travaux de correction et d'endiguement ont dû être exécutés, et le lit du fleuve, qui était large de 300 à 1000 m, a été réduit à une largeur de 200 à 250 m. 

Le terrain d'inondation entre les digues parallèles et le fleuve a une largeur de 1700 m en amont et de 2400 m en aval de Strasbourg. La pente du fleuve est de 1 : 1000 près de Huningue, de 6 :10.000 près de Strasbourg et de 4 : 10.000 près de Lauterbourg. A Huningue, son altitude est de 240,8 m, à Lauterbourg de 104,9 m au-dessus du niveau de la mer. Le Rhin roule en moyenne un volume de 960 mètres cubes d'eau par seconde près de Strasbourg et 1000 mètres cubes près de Lauterbourg. Lors des inondations, le Rhin forme quelquefois de nouveaux bras et ses nombreuses îles et ses bancs de sable se déplacent souvent. Sur une étendue de 184 km, le fleuve forme la frontière entre l'Alsace et le Bade-Wurtemberg. 

Climat.
L'Alsace jouit d'un climat modéré, avec une tendance continentale (forte amplitude thermique entre la saison la plus chaude et la plus froide). Avec une hauteur barométrique moyenne de 749 à 752 mm, la température moyenne de l'année s'élève à 10°C. (A Strasbourg, le maximum de température est +35° 9 C et le minimum - 23° 4 C). La pluie moyenne annuelle a une hauteur de 680 m, c.-à-d. qu'il en tombe 68,000 hectolitres par hectare. Dans la région montagneuse le climat est plus rude, la pluie et la neige plus abondantes.

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