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Disraeli

Disraeli (Isaac). - Ecrivain anglais, né à Enfield (Middlesex) en 1766, mort à Bradenham buse (Bucks) le 19 janvier 1848. Fils d'un riche marchand juif venu à Londres en 1748, de Venise, où sa famille, chassée d'Espagne par l'Inquisition, était établie depuis le XVe siècle, il fit ses études à Amsterdam et à Leyde, et en dépit de l'opposition paternelle renonça de bonne heure au négoce pour la carrière des lettres. Sa première production fut un poème contre le commerce, puis de 1791 à1793 parurent Curiosities of Literature, le plus intéressant de ses écrits.

Le succès obtenu le fit s'attacher à ce genre toujours recherché du public lettré et il donna successivement Dissertation on Anecdotes; Essay on the manners and genius of the literary character; Calamities et Quarrels of Authors; Memoirs of Literary controversy; Inquiry into the Literary and Political character of James I; Commentaries on the Life and Reign of Charles l; Amenities of Literature, etc. Il fut avec George Canning l'un des fondateurs de la Quarterly Review (1809). 

Le style d'Isaac Disraeli est bizarre et négligé, mais il raconte d'une façon amusante et mérite d'être lu. En 1802, il épousa Maria Basevi, avec laquelle il eut une fille et quatre fils, dont l'aîné devint le célèbre lord Beaconsfield (ci-dessous); quinze ans plus tard, il rompit avec la synagogue et fit baptiser ses enfants. Ses oeuvres ont été réunies en 1858, en 7 vol. (Hector France)

Disraeli (Benjamin), comte  Beaconsfield. - Homme d'Etat britannique et écrivain  né et mort à Londres (1804-1881). Il était fils d'Isaac Disraeli (ci-dessus). A douze ans, il se convertit au protestantisme. Après quelque temps de cléricature chez un solicitor, il entra à la fois dans la littérature et la politique en acceptant la rédaction d'un journal, the Representative, tout dévoué au parti tory (Tories et Whigs). Le journal sombra faute d'abonnés. Il se vengea de l'indifférence que le parti lui avait témoignée pendant cette courte tentative, en traçant un tableau très vif et peu flatteur des moeurs de l'aristocratie anglaise, dans son romanVivian Grey (1826). Tel il se montre en cette circonstance, tel on le retrouve dans presque tout le cours de sa carrière politique s'attachant avec ardeur aux idées et aux hommes qu'il croit propres à aider ses projets ambitieux; les combattant avec âpreté dès qu'il s'aperçoit qu'ils ne peuvent pas le servir.

Disraeli entra dans la politique active, alors que l'Angleterre était en pleine agitation pour la réforme électorale. En 1832 et 1835, Disraeli échoua aux élections, bien qu'il se fût présenté alternativement comme radical et comme tory. Il n'occupa de siège à la Chambre des communes qu'à partir de 1837; il est vrai qu'il ne le quitta plus. Peu écouté d'abord, il finit par s'imposer à force de talent, et devint, en réalité, le leader de l'opposition jusqu'au ministère tory de lord Derby, dans lequel il entra comme chancelier de l'Echiquier. Dans un remarquable rapport, il proposa tout un plan de réforme des taxes qui amena la chute du cabinet. De 1852 à 1868, il reprit son rôle brillant dans l'opposition, et revint aux affaires avec un nouveau cabinet Derby. Il présenta un budget qui fut accepté, obtint l'admission des juifs au parlement, mit fin à la Compagnie des Indes. Mais il succomba, en 1859, sur un bill élargissant le cercle de l'électorat. Un ministère présidé par lord Palmerston, puis par lord Russell, tint Disraeli en dehors du pouvoir pendant sept ans.
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Disraeli.
Benjamin Disraeli (1804-1881).

Lord Derby revint pour la troisième fois aux affaires en 1866; Disraeli reprit son poste à la chancellerie; il fit triompher le bill de réforme électorale, et lord Derby, quittant le ministère pour raison de santé, conseilla à la reine Victoria de choisir Disraeli pour lui succéder. Malgré de brillants succès, Disraeli fut forcé de donner sa démission en 1868. Jusqu'en 1874, Gladstone occupa le pouvoir; Disraeli en fut investi pour la seconde fois. Ce fut sa période la plus brillante. Il obtint les bills sur les trade-unions, sur les heures de travail, sur l'hygiène publique, sur les logements insalubres. Il racheta la part du vice-roi d'Egypte dans les actions du canal de Suez, fit déclarer la reine impératrice des Indes, défendit la Turquie contre la Russie, fit signer le traité de Berlin contre le tsar, et obtint du sultan la remise de l'île de Chypre. En récompense de ses services, la reine, en 1876, l'avait élevé à la pairie, avec le titre de « comte Beaconsfield » .

Son activité politique n'entrava jamais sa production littéraire. Les romans où il a exposé ses doctrines politiques et religieuses, et parfois ses rancunes, sont nombreux. Parmi les principaux, dont plusieurs ont été traduits en français, on peut citer : Young Duke (1832); Contarini Fleming (1833); Coningsby (1844); Sybil (1845); Tancred (1847); Iothair (1870); Endymion (1880). Il a laissé, en outre, un certain nombre d'ouvrages politiques et des recueils de discours. (NLI).

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