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Diogène d'Apollonie

Diogène, d'Apollonie (en Crète), est philosophe grec, qui vécut vers 469 av. J.-C. et paraît avoir été contemporain d'Anaxagore. Il nous est impossible de fixer avec prévision la date de sa naissance et de sa mort, et nous n'avons aussi sur sa vie qu'un petit nombre de renseignements. Il vécut à Athènes, et on dit qu'il fut persécuté comme Anaxagore, peut-être pour les mêmes raisons. II avait écrit un traité De la Nature dont nous n'avons que quelques fragments.

Ce que nous savons de la doctrine de Diogène nous montre qu'il appartenait à l'école des anciens physiciens d'Ionie, mais qu'il avait modifié leur doctrine par des emprunts faits à Anaxagore. Il démontrait d'abord qu'il doit y avoir un être primordial, qui constitue la substance commune de toutes choses : on voit en effet les différentes substances se mêler et se transformer les unes dans les autres, ce qui serait impossible si tous les êtres étaient d'essence distincte. 

Cette partie de la doctrine de Diogène parait avoir été dirigée contre la théorie des homoeoméries d'Anaxagore. Mais, en second lieu, Diogène prouvait que ce principe de toute existence doit être douée de pensée : il est impossible d'expliquer autrement l'ordre et la mesure que nous voyons régner en toutes choses, la régularité des saisons, l'harmonie du monde. Il faut donc qu'il y ait, à l'origine des choses, un corps éternel et immuable, grand et puissant, sachant beaucoup : ce corps intelligent, c'est l'air. 

L'air, en effet, pénètre toutes choses: la semence des animaux est analogue à l'air : dans tous les êtres vivants, la vie et la pensée sont produites par l'air qu'ils respirent, et en dépendent. Et cet air qui, répandu partout, organise tout, c'est, non pas comme l'ont cru quelques historiens, un fluide plus subtil, enflammé par la chaleur : c'est « ce qu'on nomme ordinairement l'air ». 

Selon que cet air primordial se condense ou se dilate, les différents corps, avec leurs propriétés distinctes, se constituent: la sécheresse, l'humidité, la légèreté, la pesanteur s'expliquent par les variations de la substance primitive. La matière lourde a formé la Terre : la matière légère, les étoiles et le Soleil que Diogène se représentait comme un corps percé de trous, analogue à la pierre ponce, et dont les pores étaient remplis de feu ou d'air enflammé. 

Les êtres vivants sont nés sur la Terre sous l'influence de la chaleur solaire; l'âme est un air chaud et sec provenant d'abord de la semence, et renouvelé dans les poumons par l'air extérieur. Le sommeil et la mort résultent de l'expulsion partielle ou totale de l'air par le sang. Les sensations naissent du contact de l'air avec les impressions extérieures et elles ont pour siège le cerveau.

Enfin Diogène paraît avoir admis, comme Anaximène et Anaximandre, qu'il y a une continuelle alternative de créations et de destructions et une série infinie de mondes successifs. (V. Br.).



En bibliothèque - Schleiermacher, Oeuvres complètes, t. II. - Panzerbieter, Diog. Apolloniates, 1830. - Schörn, Diog. Apoll. fragm.; Bonn, 1888. Mullach, Fragm. philos. grec.; Paris, t. I.
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