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Derjavine
(Gavril Romanovitch), poète et homme d'Etat russe ,
né à Kazan
le14 juillet 1743; mort à Zvanka le 21 juillet 1816. II descendait
d'une famille tatare et fit ses études à Orenbourg et au
gymnase récemment ouvert de Kazan. Il s'y fit remarquer par son
talent pour le dessin et entra comme conducteur au corps des ingénieurs.
En 1762, il devint soldat à Pétersbourg, au fameux régiment
de la Transfiguration
(Preobrajensky). En 1772, il fut élevé au grade de porte-enseigne.
Il accompagna en cette qualité Bibikov dans l'expédition
contre Pougatchev. En 1777, il quitta le service militaire, reçut
le titre de conseiller de collège et une terre dans la Russie Blanche,
puis il devint huissier du Sénat.
Derjavine.
Son ode, Felitsa, le fit remarquer
de Catherine II qui le nomma conseiller d'Etat
actuel, puis gouverneur d'Olonets et ensuite de Tambov ;
son mauvais caractère lui avait fait de nombreux ennemis et au bout
de deux ans et demi il dut résigner ses fonctions. En 1791, il devint
secrétaire d'Etat, en 1793, sénateur, en 1794, président
au collège du commerce, puis sous Paul Ier,
directeur de la chancellerie du Conseil suprême. Son impertinence
lui fit encore perdre ce poste. Mais à la suite dune mission dans
la Russie Blanche et d'une ode
sur l'ordre de Malte ,
il rentra en faveur et devint ministre des finances (1800), puis, sous
Alexandre Ier, ministre de la justice (1802).
Il fut mis à la retraite en 1804 avec une pension de 10 000 roubles.
II se retira à la campagne, dans sa terre de Zvanka (gouvernement
de Novgorod ).
Il fut marié deux fois et ne laissa pas d'enfants.
Au milieu de ses nombreuses occupations,
il n'avait pas cessé un seul jour de cultiver les lettres. Il a
célébré à diverses reprises Catherine sous
le nom de Felitsa : on l'appelait le chantre de l'impératrice;
ses odes tantôt lyriques; tantôt d'une tournure satirique,
laissent bien loin derrière elles celles de ses prédécesseurs.
Parmi ses oeuvres lyriques, les plus célèbres sont : Felitsa,
la Vision de Mirza, la Prise d'Izmaïl et l'Ode à
Dieu, qui fut, dit-on, traduite même en chinois. Parmi ses oeuvres
en prose, ses Mémoires (1800) sont particulièrement
intéressants. Il y parle plus de sa carrière officielle que
de sa carrière littéraire. II a lui même donné
un commentaire de ses oeuvres poétiques dans deux ouvrages intitulés
: Clef des oeuvres de Derjavine, Commentaire. Vers le déclin
de sa vie, Derjavine salua l'astre naissant de Pouchkine
et prédit le brillant avenir du poète qui devait l'éclipser,
comme il avait lui-même éclipsé Lomonossov.
Les Russes lui ont élevé un monument à Kazan .
( L. L.).
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En
bibliothèque - Ses oeuvres
ont été souvent réimprimées : la plus belle
édition a été donnée par les soins de l'Académie
impériale de Saint-Pétersbourg (1864 -1872, 8 vol., avec
introduction de Grote). Grote a également publié une
Vie
de Derjavine (Saint-Pétersbourg, 1880). Pavlivanov a donné
(Moscou, 1884) un recueil d'oeuvres choisies. Bielinsky, Gogol, Aksakov,
Pouchkine, se sont plu à rendre hommage au génie de Derjavine.
Un certain nombre de ses oeuvres poétiques ont été
traduites en allemand. En français, l'Ode à Dieu a
été traduite en vers par Eichhoff (Histoire des littératures
slaves; Paris, 1839). |
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