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Démétrius
de Phalère. - Orateur athénien. Son père s'appelait
Phanostratos. Son frère Himéraeos avait été
un des accusateurs de Démosthène
dans l'affaire d'Harpale; c'est pour lui probablement que Dinarque composa
son Discours contre Démosthène. Démétrius
fut un des hommes les plus instruits de son temps. Il nous apparaît
à la fois comme un homme d'Etat, comme un professeur et comme un
écrivain. Il avait été l'élève de Théophraste.
Sa carrière politique ne commence guère qu'au procès
d'Harpale. On ignore la date exacte de sa naissance. Sans doute, il était
né vers le milieu du IVe siècle.
Pendant plus de dix ans, de 318 à 307 av. J.-C., il gouverna Athènes
pour le compte de Cassandre et y développa
une grande prospérité matérielle. Aussi les Athéniens
ne
lui dressèrent-ils pas moins de trois cent soixante statues ,
qui furent toutes renversées après sa chute.
Bien qu'ennemi du luxe, contre lequel il
fit plusieurs lois, il déployait lui-même, dans ses appartements
et dans sa tenue, un luxe inouï et donnait le spectacle de moeurs
corrompues qui contrastaient vivement avec l'austérité à
laquelle il prétendait ramener le peuple d'Athènes. Chassé
par Démétrius Poliorcète,
il se réfugia en Egypte
auprès de Ptolémée Soter
et contribua à fonder, sous la direction de ce prince, la bibliothèque
d'Alexandrie.
L'avènement de Ptolémée Philadelphe (283) lui fut
peu favorable; exilé dans une province éloignée de
l'Egypte, il ne tarda pas à y mourir.
Démétrius de Phalère
avait beaucoup écrit sur toute sorte de sujets, sur l'histoire,
les poètes, les philosophes, etc. L'Antiquité
connaissait de lui un traité de rhétorique, une apologie
de Socrate et plusieurs discours. De tout cela,
rien ne subsiste, à part quelques fragments. Cicéron
fait de lui, comme orateur, les plus grands éloges. Il avait une
éloquence douce, de parade plutôt que d'action, mais qui ne
manquait pas d'éclat. C'était un styliste, qui s'efforçait
d'imiter l'atticisme des anciens orateurs en lui donnant une couleur nouvelle,
appropriée aux circonstances et au peu de liberté qu'avait
conservée la parole publique. (P. Girard). |
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