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Covilham

Covilhão ou Covilham (João Peres da). - Voyageur né dans la bourgade de Covilhão (Portugal) vers le milieu du XVe siècle, mort en Abyssinie après 1515. C'était l'époque brillante des découvertes du prince Henri, et l'aurore de l'expansion coloniale portugaise. D'abord au service de Don Alfonse, duc de Séville,  il retourna bientôt au Portugal où, à l'exemple des plus grands seigneurs, Covilham, qui, sous le règne d'Alphonse V, avait servi avec distinction dans la guerre de Castille et qui ensuite, sous le roi Jean II, avait fait un assez long séjour en Afrique, et y avait conclu, au nom de son souverain, des traités avantageux avec les rois maures, se livra aux entreprises commerciales, et s'y fit remarquer par ses connaissances et son activité. 

En raison de sa connaissance parfaite de l'arabe, le roi, dont la préoccupation constante était de trouver la route des Indes, le choisit pour aller à la recherche d'Ogane ou du Prêtre Jean, dont les Portugais, sur la foi des ambassadeurs du roi du Benin (l'histoire du Nigéria), plaçaient l'empire en Abyssinie. Covilham avait l'ordre de s'informer encore si, du cap de Bonne-Espérance, que Diaz venait de découvrir, la navigation était possible aux Indes. On lui donna pour compagnon Alphonse de Payva (Païva), et tous deux, munis d'une carte tirée de la mappemonde de Calsadilla, évêque de Viseu, et suivant laquelle en pouvait faire le tour de l'Afrique, partirent de Santarem le 7 mai 1487. 

Après être passés par Naples, Rhodes, Alexandrie et Le Caire. Covilham et son compagnon s'unirent à une compagnie de Maures venus de de Fès et de Trémisen, qui les conduisirent à Tor, au pied du mont Sinaï, dans l'Arabie Pétrée, où ils reçurent de précieux renseignements sur le commerce de Calicut. Les deux voyageurs se séparèrent à Aden. Payva prit la route de l'Abyssine, et Covilham suivit celle des Indes, où il voulait s'assurer de la vérité de ce que les Arabes lui avaient appris. C'est alors que les mers d'Orient virent, pour la première fois, un Portugais chercher la fortune en les traversant. 

Covilham s'embarqua à Aden sur un navire arabe pour les Indes. Il aborda la côte de Malabar à Cananor, puis visita Calicut et Goa; il se rendit ensuite sur la cote d'Afrique à Sofala, où il s'arrêta quelque temps pour examiner les mines d'or de cette contrée. C'est là qu'il obtint les premières notions sur l'île de la Lune, nommée ensuite île de Saint-Laurent ou Madagascar; il acquit sur le commerce d'Inde en Inde, et sur la possibilité de la navigation autour de la pointe méridionale de l'Afrique, les renseignements les plus étendus  (L'exploration de l'Afrique). 

Riche de ce trésor de découvertes, il se proposait de retourner en Portugal, lorsqu'il reçut au Caire la nouvelle de la mort de Payva; deux juifs dépêchés par le roi la lui avaient apportée. Il résolut alors d'aller à la recherche du Prêtre Jean. Dans ce dessein, il renvoya un des émissaires, Josepe (de Lamago), au Portugal, avec des notes et l'itinéraire de son voyage; il y joignit une carte qu'un Maure lui avait donnée, et, se faisant accompagner par l'autre, nommé Abraham, qu'il renvoya peu de temps après; il visita l'île d'Ormuz, puis il se rendit tout seul en Abyssinie (1490). Il y arriva après avoir visité une partie des côtes de la mer Rouge. Covilham reçut du Négus Iskander l'accueil le plus honorable, et il lui devint tellement nécessaire que ce prince l'obligea, soit par force, soit par adresse, à finir ses jours dans ses États. 

Covilham, qui s'était marié en Abyssinie, et qui y jouissait d'une grande fortune, occupant des charges importantes, revit néanmoins ses compatriotes avec une grande joie en 1525, lors de l'ambassade de don Rodrigue de Lima. Alvarez (Alvarès), l'historien de cette ambassade, assure que ce voyageur pleura de joie à l'aspect des Portugais et au souvenir de son pays, qu'il ne devait plu revoir à cause de son grand âge et des engagements qu'il avait pris. Il était dans ce pays depuis 33 ans. Il fut très utile à Alvarez et à ses compagnons, qui sollicitèrent vainement la permission de l'emmener avec eux. Il finit ses jours dans cette terre étrangère.

On trouve le détail de ses voyages dans la première Décade de Barros. Sa relation originale n'existe plus; mais l'influence qu'elle a exercée assure à son auteur un rang distingué dans l'histoire de la géographie. En fournissant, sur la possibilité de la circumnavigation de l'Afrique, des renseignements précis, en indiquant la route des Indes, en donnant sur le commerce de ces contrées les notions les plus positive. et les plus étendues, en offrant surtout la description des mines d'or de Sofala, dut exciter la cupidité portugaise, Covilham contribua puissamment à fortifier Emmanuel dans projets de découvertes et de conquêtes, et à accélérer l'expédition de Vasco de Gama. (L. R-e. / G. P-i.).

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Dictionnaire biographique
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