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La
Confrérie de la Passion était composée de bourgeois
et d'artisans de Paris,
est la plus célèbre des corporations dramatiques du Moyen
âge .
Elle était vouée à la représentation de drames
sacrés, et notamment du mystère
de la Passion. Le document le plus ancien qui
la concerne (mais qui démontre son existence antérieure)
est une défense qui lui est faite par le prévôt de
Paris (3 juin 1398) de représenter "aucun jeux de personages". Elle
en appela au roi et, en 1402, obtint non seulement l'autorisation demandée,
mais un véritable monopole. Les confrères exploitèrent
ce monopole durant plus d'un siècle à l'hôpital de
la Trinité, près de la porte Saint-Denis ,
établissement destiné primitivement à héberger
les pèlerins et voyageurs arrivant à Paris après la
fermeture des portes. C'est un souvenir confus
de ce fait qui se retrouve dans les fameux vers de Boileau
:
De
pèlerins, dit-on, une troupe grossière
En
public, à Paris, s'y montra la première.
Les Confrères
de la Passion s'adjoignaient souvent d'autres confréries; notamment,
celle des Enfants sans souci, qui représentaient
sur la même scène des moralités,
des soties ou des farces.
En 1534. ils émigrèrent à l'hôtel de Flandre ,
puis, en 1518, à l'Hôtel de Bourgogne ,
rue Mauconseil. Ils y étaient à peine établis quand
le parlement, qui depuis longtemps les voyait de mauvais oeil, rendit un
arrêt (17 novembre 1548), qui, tout en maintenant leur privilège,
leur interdisait de jouer des Mystères
sacrés, c'est-à-dire les privait, en fait, de leur répertoire.
C'est contre cette situation sans issue que les confrères se débattirent
durant près d'un siècle.
Parmi les mystères joués
à Paris
par les Confrères de la Passion, on trouve :
La Vie
et les Miracles de saint Andry;
L'Assomption
de la glorieuse vierge Marie, mystère à trente-huit personnages;
La Vie de Madame
sainte Barbe;
Le Mystère
de la sainte Hostie;
Le Mystère
de Griselidis, marquise de Sallues, à trente-cinq personnages;
Le Mystère
de l'institution des frères prêcheurs.
Ils jouèrent ensuite des moralités
allégoriques comme :
La Mort
de Narcissus, moralité à trois personnages;
Le Las d'amour
divin, moralité à huit personnages;
La moralité
du mauvais Riche et du Ladre.
Les mystères
et les moralités n'étaient
pas les seuls ébattements de cette époque de dissipation,
ou la société parisienne semblait chercher à s'étourdir.
Les mascarades étaient fréquentes dans les grands hôtels;
on y donnait aussi des bals, et à cette occasion
les salles étaient décorées de marjolaines, de muguets
et de giroflées. Les Confrères de la Passion, essayèrent
de jouer aussi des pièces profanes. On citera
notamment ces farces dont les titres
seule indiquent le genre graveleux et cynique :
Farce
de l'Ante-Christ et de trois femmes, l'une bourgeoise et les deux autres
poissonnières, à quatre personnages;
Farce joyeuse
et récréative d'une femme qui demande les arrérages
à son mari; à cinq personnages;
Farce du médecin
qui guérit toutes sortes de maladies et de plusieurs autres, aussi
fait le nez de l'enfant d'une femme grosse, et apprend à deviner;
à quatre personnages;
Farce de Colin,
fis de Thenot le Maure, qui revient de la guerre de Naples, et amène
un pèlerin prisonnier, pensant que ce fût un Turc; à
quatre personnages;
Farce de ceux
qui aiment mieux suivre et croire fol conduit et vivre à leur plaisir
que d'apprendre aucune bonne science, à quatre personnages;
Farce contenant
le débat d'un jeune moine et d'un vieil gendarme, par-devant le
Dieu Cupidon, pour une fille; à
quatre personnages.
A la fin, les Confrères
de la Passion firent exploiter leur privilège, moyennant un droit
fixe, par une troupe de comédiens. Ceux-ci, locataires forcés
des confrères, protestèrent de bonne heure (dès 1615)
contre cette redevance. Après un demi-siècle de lutte, ils
finirent par l'emporter : un arrêt rendu par Louis
XIV, en décembre 1676, déclara dissoute la société
de la Passion, et attribua ses biens à l'Hôpital général,
auquel les comédiens durent payer la redevance qu'ils acquittaient
auparavant envers les confrères. C'est l'origine du célèbre
droit des pauvres, auquel les théâtres français ont
ensuite été astreints.
(NLI). |
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