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Conceptualisme,
système
intermédiaire entre le
Réalisme
et le Nominalisme, imaginé par Abélard
pour concilier, en les corrigeant, leurs prétentions excessives
et opposées. Les Universaux ne sont
ni des choses, comme le prétendent les Réalistes, ni des
mots, comme le veulent les Nominalistes : ce sont des conceptions
de l'esprit, des notions collectives formées
par voie de comparaison et d'abstraction.
Cependant Abélard, en définitive, se rapproche du Nominalisme,
en déclarant qu'il n'existe que des individus,
et, dans les individus, rien que d'individuel, l'essence
ou la forme, aussi bien que la substance ou
la matière. Ex. : la socratité
n'est nulle part hors de Socrate; et le sujet,
la matière de la socratité n'est pas non plus l'humanité
en général, mais quelque chose de la nature humaine, la nature
propre de Socrate. Ainsi, la matière, dans l'individu, est tout
aussi individuelle que la forme, et c'est la similitude
entre la matière des différents individus, similitude perçue
par l'esprit, qui constitue l'universel.
En vain Abélard s'efforçait
de frapper également sur le Réalisme et sur le Nominalisme.
C'est surtout le Réalisme qui se trouvait atteint par sa polémique.
Et quand il prétendait que les Universaux sont des conceptions de
l'esprit et non des mots, parce que s'ils n'étaient que des mots
ils ne seraient rien, les Nominalistes pouvaient répondre qu'apparemment
quand la bouche prononce un mot, l'esprit y attache un sens,
lequel est une conception de l'esprit. Conservez-lui son nom de conception
ou donnez-lui le nom du signe qui la représente dans le langage,
au fond, c'est la même chose, et la doctrine est la même. (B-E.).
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En
bibliothèque - Sur le sens,
la portée et les conséquences du Conceptualisme, voir L'Introduction
aux ouvrages inédits d'Abélard, par V. Cousin, et le
livre de Résumat, Abélard. 2 vol. in-8°, 1845. |
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