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Les
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| Clitarque,
historien grec C'est vers cette année qu'on s'accorde à placer la publication de l'ouvrage de Clitarque. Cet ouvrage, dont le titre exact n'est pas certain (Athénée, IV, p. 148 D l'appelle Ai peri Alexandron historiai, et XII, p. 530, Ta peri Alexandron tandis que Stobée, Floril., LXIV, 36, l'intituleTa peri Alexandrou) était une biographie d'Alexandre le Grand divisée en 12 livres et même en 14 ou 15 livres, suivant une hypothèse de Kampe (Philologus, t. IV, p. 120). Cet ouvrage a disparu en entier, et ne nous est connu directement que par trente et quelques fragments conservés en grande partie par Élien et Strabon. Ces fragments, qui nous donnent surtout des détails relatifs à l'Inde, ont été recueillis et publiés par R. Geier (Alexandri magni Historiarum Scriptores aetate suppares; Leipzig, 1844, pp. 151-190), et par C. Müller (Scriptores rerum Alexandri magni; Paris, 1846, pp. 74-85). La connaissance directe de l'ouvrage de Clitarque nous manque; nous pouvons cependant nous faire une idée assez exacte de ce qu'il était d'après Diodore, Quinte-Curce et Justin qui l'ont utilisé dans une mesure plus ou moins large. Cette biographie eut dès l'origine un très grand succès, et ce succès se maintint longtemps; en effet, elle a non seulement servi de modèle à plusieurs écrivains, relativement récents, mais encore - d'après une hypothèse assez peu solidement établie d'ailleurs, - elle a été remaniée et publiée à nouveau par un historien grec contemporain d'Auguste. Si cette biographie eut du succès, ce fut surtout un succès littéraire; au point de vue historique, elle a toujours été tenue en médiocre estime par les anciens et les modernes. Chez les anciens, Cicéron
(Brutus, XI, 42; De Legg. I, 7), Quintilien
(De inst. orat. X, I, 74), pour ne citer que les plus célèbres,
ont suspecté la bonne foi de Clitarque ; chez les Modernes, il n'est
peut-être pas d'écrivain qui ait pris sérieusement
la défense d'un biographe qu'on assimile volontiers à un
romancier. Cet historien vaut cependant mieux que sa réputation;
sans doute, il est ampoulé, amoureux des formules de rhétorique,
trop crédule et doué d'un sens critique médiocre,
mais il a un mérite dont on ne lui a pas tenu compte, et qui devrait
tout au moins lui attirer l'indulgence des Modernes, il représente
une tradition différente de celle d'Arrien,
il raconte des faits omis, sciemment ou non, par l'auteur de l'Anabase |
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© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.