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| Claude Bernard
est
un physiologiste français,
né à Saint-Julien (Rhône) le 12 juillet 1813, mort
à Paris
le 10 février 1878. Ses parents étaient de petits propriétaires
campagnards. Le curé de Saint-Julien lui fit faire quelques études
qu'il continua au collège de Villefranche et acheva à Lyon.
On le destinait d'abord à être pharmacien et il commença
son stage dans une officine du faubourg de Vaise. Mais sa pensée
était ailleurs. La littérature
l'attirait, il vint à Paris, muni d'une lettre de recommandation
pour Saint-Marc Girardin, à
qui il présenta un essai de tragédie;
le spirituel professeur l'accueillit avec bienveillance et n'eut pas de
peine à le convaincre qu'il devait chercher ailleurs sa voie.
Claude Bernard se tourna vers la médecine.
Il s'appliqua surtout à l'anatomie Ses travaux se multiplièrent rapidement et, en quelques années, ses découvertes l'avaient placé au premier rang parmi les physiologistes de la France et de l'Europe. Cependant il échoua, en 1844 au concours d'agrégation à la Faculté de médecine. En 1847, il supplée Magendie au Collège de France et il lui succède définitivement dans la chaire de médecine en 1855. Peu de temps auparavant, en 1854, il entrait à l'Académie des sciences, et il occupait à la Sorbonne la chaire de physiologie expérimentale, créée pour lui. En 1868, il abandonna la Sorbonne, où il fut remplacé par Paul Bert, pour le Muséum d'histoire naturelle où il professa la physiologie générale. Il avait été nommé membre de l'Académie francaise à la place de Flourens, en 1868, et sénateur de l'Empire, en 1869. Claude Bernard a exercé une grande
influence sur le mouvement de la physiologie
en France
Claude Bernard (1813-1878). Dans les dernières années de sa vie Claude Bernard était en possession d'une renommée universelle. Le prestige qui résultait de ses découvertes était soutenu par l'aspect de sa personne, sa haute stature et un air de dignité imposante. L'ascendant qu'il a exercé autour de lui s'explique, en dehors de son oeuvre propre, par cette rencontre rare d'un caractère simple, bienveillant et noble, avec un esprit profond et juste. A sa mort, la Chambre des députés, sur la proposition de Gambetta, lui vota des funérailles nationales. Un monument, dû au ciseau de Guillaume, et dont les frais ont été couverts avec empressement par les savants français et étrangers, lui a été élevé sur le terre-plein du Collège de France à Paris. Oeuvres.
1° Cours du Collège de France : Leçons de Physiologie expérimentale appliquée à la médecine (1854- 1855, 2 vol.); Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses (1857); Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (1858); Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations pathologiques des liquides de l'organisme (1859) ; Leçons de pathologie expérimentale (1874); Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxie (1874); Leçons sur la chaleur animale (1876); Leçons sur la diabète et la glycogénèse animale (1877).Les cours de Claude Bernard au Muséum et au Collège de France, de 1872 à 1878, ont été publiés dans la Revue scientifique par Dastre. Doctrine.
La méthode expérimentale,
souveraine dans les sciences physico-chimiques, a rencontré des
difficultés particulières à s'introduire dans les
sciences
biologiques Déterminisme.
Dans les sciences physiques, ce principe est la base, l'évidence même. Dans les sciences biologiques, il était presque nouveau, car selon les anciennes écoles, la force vitale en faussait les applications. Selon elle, les manifestations vitales dépendaient non seulement des conditions physiques ambiantes, mais aussi de l'action d'un principe immatériel; la spontanéité de l'être vivant intervenait et dès lors, pour reproduire un phénomène, il ne suffisait pas d'en ramener les conditions matérielles. Claude Bernard a beaucoup contribué à écarter ces cruelles erreurs médicales et par suite à faire entrer les sciences biologiques dans le domaine expérimental. Rôle
de l'hypothèse.
Méthode
statistique.
Claude Bernard donnant une leçon de physiologie. Critique
expérimentale.
Ce sont là des règles qui sont en quelque sorte l'expression du bon sens ou de la sagesse pratique. Elles ne rencontrent plus aujourd'hui aucune contradiction. Elles ont triomphé : après avoir été presque une nouveauté, elles sont devenues une banalité et l'on ne peut presque plus se représenter l'effort philosophique qui a été nécessaire pour les apercevoir d'abord clairement et les faire passer ensuite dans les esprits. Ces idées générales en entraînent une foule d'autres relativement au rôle de la physiologie, à la conception des phénomènes vitaux, etc. Nous n'insisterons plus ici que sur les deux pensées les plus générales de l'enseignement de Claude Bernard. Médecine
expérimentale.
L'idée qui se dégage de ce
brillant enseignement, celle qui l'a inspiré et qui en forme le
lien est une idée médicale. En suivant la voie physiologique,
Claude Bernard avait la ferme conviction de travailler au perfectionnement
de la médecine : le développement progressif de la physiologie
était à ses yeux la condition rationnelle
et méthodique du développement de la médecine Cette prétention fut combattue comme utopique par l'école médicale contemporaine de CIaude Bernard, par l'école clinique. Elle est le centre vers lequel viennent converger tous les enseignements donnés par Claude Bernard au Collège de France. Il s'efforçait par là de fonder la médecine expérimentale. Ici encore on peut dire que les idées du célèbre physiologiste ont triomphé et qu'elles sont devenues une vérité presque banale pour la génération qui l'a suivi. Physiologie
générale.
La vie ne se soutient que par l'enchaînement de ces deux ordres de phénomènes indissolublement unis, constamment associés et réciproquement causés. Cette affirmation constitue l'axiomede la physiologie générale. Cet axiome était méconnu par les doctrines régnantes. La théorie de la dualité vitale, qui attribuait les phénomènes de synthèse aux végétaux et la destruction fonctionnelle aux animaux, est fausse au point de vue physiologique. Les premiers efforts de Claude Bernard ont tendu à la renverser et à lui substituer la doctrine de l'unité tant anatomique que physiologique. C'est la première partie de la physiologie générale. La seconde partie devait être consacrée à l'examen des phénomènes de destruction vitale, fermentations, combustions, considérés en eux-mêmes et dans leur rapport avec les formes fonctionnelles. La troisième partie comporte l'étude plus difficile des phénomènes de synthèse chimique et morphologique. Claude Bernard n'a pu que tracer ce plan et en réaliser la première partie : l'exécution complète en appartenait à l'avenir. Cette oeuvre a exercé une grande influence, en France, tant au profit de la physiologie animale qu'au profit de la physiologie botanique. Ajoutons que Claude Bernard était
très inégal comme professeur. Sa parole avait à l'occasion
une grande autorité et une réelle élévation;
mais son enseignement n'était ni régulier, ni dogmatique.
Ses Leçons étaient en quelque sorte le prolongement
de ses séances de laboratoire : il expérimentait devant ses
auditeurs et les associait ainsi au travail éminemment intéressant
de sa propre recherche et de ses découvertes.
Statue de Claude Bernard, à l'entrée du Collège de France. © Photo : Serge Jodra, 2010. Travaux originaux.
Découvertes.
On signalera encore parmi les résultats
du premier ordre : les recherches sur la sensibilité récurrente,
sur les fonctions du pancréas Il est presque sans exemple que dans aucune science la part d'un seul homme ait été aussi considérable que celle de Claude Bernard en physiologie. Il faut être pénétré de cette exacte vérité pour comprendre que ses admirateurs aient pu dire de lui : "Claude Bernard n'est pas un simple physiologiste : il est la physiologie même."Si l'on réfléchit en outre que ce chercheur s'est élevé, en quelque sorte, du rang d'expérimentateur à celui de législateur de la méthode expérimentale - et qu'enfin, la bienveillante sérénité, l'élévation et la sincère passion de la vérité ont été les traits distinctifs de son caractère - on se fera alors une idée précise de la place qu'il a occupée dans l'affection et dans l'admiration des biologistes de son temps. (A. Dastre). |
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