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Clauberg
(Johann). - Philosophe, disciple de Descartes,
né à Solingen (Westphalie) le 24 février 1622 (selon
d'autres en 1625), mort à Duisbourg
le 31 janvier 1665. Il fut élevé par ses parents dans la
religion réformée, et il était, suivant Leibniz,
d'une piété qui allait jusqu'à l'extase. Après
ses études, commencées à Brême et continuées
à Groningue, il entreprit un voyage en France et en Hollande. C'est
à Leyde que pour la première fois il connut le cartésianisme.
Ce fut pour lui une révélation, et il aimait à dire
« qu'après les livres saints il n'en estimait point audessus
de ceux de Descartes ». Aussi pendant sa courte existence n'eut-il
pas d'autre but que de les répandre. On l'a appelé «
le plus pieux et le plus enthousiaste des cartésiens ».
En 1650, il fut nommé par le duc
de Nassau professeur de philosophie et de théologie à Herborn
: il y resta jusqu'en 1652. A cette époque il fut appelé
à diriger le gymnase de Duisbourg
où il enseigna la philosophie jusqu'à sa mort. Il a publié
un assez grand nombre d'ouvrages. Les uns ont pour objet l'apologie du
cartésianisme et la réfutation de ses adversaires; telles
sont par exemple sa Defensio Cartesiana adversus Jacobum theologum leidensem
et Curiacum Lentulum professorem herbornensem (1652, in-12); Initiatio
philosophi, sive dubitatio cartesiana ad metaphysicam certitudinem viam
aperiens (Muhlberg, 1687, in-12); d'autres sont de simples commentaires
de la doctrine du maître, comme sa Paraphrasis in Renati Descartes
meditationes de prima philosophia, ouvrage clair et exact, malgré
quelques longueurs.
Mais il ne s'est pas borné à
ce rôle de vulgarisateur; il a eu aussi l'ambition de combler une
lacune du cartésianisme par sa Logica vetus et nova, vel novantiqua
(Duisbourg ,
1656, in-8), mise, à profit plus d'une fois par les auteurs de l'Art
de Penser, de Port-Royal. Dans deux autres volumes,
De Corporis
et animae in homine conjunctione et surtout De Cognitione Dei et
nostri exercitationes centum, qui est son ouvrage principal, il apporte
quelques modifications à la doctrine de Descartes,
et fait un pas vers le panthéisme il
est le premier chaînon logique qui relie Descartes à Spinoza.
Johann Clauherg a en outre composé
deux traités en allemand : le premier sur la Différence
de la philosophie cartésienne et de la philosophie vulgaire,
le second sur les Langues. Ses oeuvres complètes ont été
publiées à Amsterdam en 2 vol. in-4 (1694). Clauberg était
un homme doux et paisible ; l'amour de la tranquillité tempéra
beaucoup sa hardiesse. Il était de santé délicate
et mourut à quarante-trois ans. (GE). |
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