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| Arrière-plans | ||
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Un mythe généalogique |
| Turks
et Mongols ( Cette généalogie
forgée artificiellement revêt un caractère similaire
à la généalogie que la Bible |
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| Le
fantasme des origines
Suivant les historiens
mongols Chaque nuit elle
le voyait en songe lui disant qu'il ne téterait que lorsqu'elle
se serait convertie à l'islam. Elle le fit en cachette de peur d'être
massacrée par la famille de son mari. Quand l'enfant eut atteint
l'âge d'un an, on réunit tous ses parents pour lui choisir
un nom, mais tout à coup il se mit à crier qu'il voulait
se nommer Oughouz. Quand il fut en âge d'être marié,
son père lui offrit successivement deux de ses cousines, mais il
les dédaigna parce qu'elles ne voulurent pas se convertir à
l'Islam Cette question divisa les tribus en deux camps et une guerre terrible s'ensuivit. Elle dura soixante-quinze ans et se termina par la défaite et la mort de Kara Khan, et le triomphe d'Oughouz. Les tribus qui ne voulurent pas se soumettre à lui se retirèrent du côté de l'Est et leurs descendants furent les Mongols; celles qui, au contraire, l'avaient soutenu, furent nommées par lui Ouïgours ou « alliés » : ce sont les Turks. Quelques-unes des tribus ouïgoures prirent par la suite des noms particuliers, tels que Kankli, Kiptchak, Karlouk, Kaladj, Aghadjari. Il serait trop long d'en expliquer ici l'origine. Oughouz eut six fils
: Goun, Ai, Youldouz, Keuk, Dagh et Dingis; qui signifient le soleil Goun Khan succéda à Oughouz; ce fut lui, qui, sur les conseils de son ministre, Ikit Arkil, inventa les armoiries des 24 petits-fils d'Oughouz et détermina rigoureusement leur rang et les honneurs auxquels ils avaient droit. On a vu qu'après le triomphe définitif d'Oughouz et de ses partisans, plusieurs tribus refusèrent de reconnaître son autorité et se rendirent dans l'Est de l'Asie où elles donnèrent naissance aux Mongols. Ce mot s'écrit Mongkhol dans la langue originale, et nous ne mentionnerons pas l'étymologie artificielle qu'en donnaient les historiens turcs. Rachid
ed-Din raconte qu'à une époque qu'il fixe à environ
20 siècles avant celle où il écrivait, les Mongols
et les Turks se firent la guerre. Les Mongols furent écrasés
et anéantis à ce point qu'il ne resta de toute leur nation
que deux hommes, nommés Nikouz et Kyan, et deux femmes. Pour éviter
le sort de leurs compatriotes, ces quatre individus s'enfuirent et arrivèrent
dans une plaine entourée de montagnes et de forêts Ni Rachid-ed-Din
ni aucun autre historien des Mongols ne dirent combien dura le séjour
des Mongols dans l'Arkineh-Koun, et ils ne donnent pas davantage le nom
de leurs chefs. Ils se bornent à dire qu'au bout d'un certain temps,
les Mongols s'étaient tellement multipliés qu'ils ne pouvaient
plus tenir dans l'Arkineh-Koun et qu'ils durent songer à en sortir.
Il y avait dans la barrière de montagnes qui les enserrait de toutes
parts, un endroit d'où ils tiraient le fer dont ils se servaient.
Ils y amassèrent une quantité énorme de bois qu'ils
enflammèrent et dont ils attisèrent le feu Rachid ed-Din raconte
que, de son temps, plusieurs Mongols s'étaient rendus dans ce cirque
entouré de montagnes et qu'ils avaient trouvé que c'était
un endroit d'un accès très difficile, mais cependant pas
autant que le bizarre expédient des Mongols pourrait le faire croire.
Du temps de Gengis Khan,
il n'était pas oublié, et durant la nuit L'un des chefs des tribus mongoles qui sortirent de l'Arkineh-Koun se nommait Bourta-tchina (le Loup gris) et était marié à Kouti-maral. Il eut pour successeur dans le commandement de sa tribu, son fils Tadji-Kiyan, père de Tamadj. Ce personnage eut cinq fils dont l'aîné, Kaidjou-Markan, lui succéda. Les quatre autres s'étant embarqués sur un tas de fumier traversèrent ainsi un bras de mer qui séparait leur pays d'une autre contrée où ils allèrent se fixer. Rachid ed-Din dit
que la tribu de Dourban descend d'eux; le mot dourban signifie en
effet quatre en langue mongole Douboun-Bayan mourut
jeune. Quelque temps après qu'elle fut devenue veuve, Alankava était
couchée dans sa tente quand elle aperçut tout à coup
une grande lumière qui l'inonda et lui pénétra dans
le ventre. Suivant Rachid ed-Din, cette lumière entra par la fenêtre;
tandis que dans l'inscription funéraire de Timour Alankava accoucha en effet de trois fils que l'on appela, suivant l'auteur du Mesalek-el-Absar, les fils de la lumière, et qui reçurent les noms de Boukoun-Katgi, ancêtre des tribus Katghin, Boukoun-Saldji, ancêtre des Saldjyout, et Bouzandjar Khan. Les tribus qui descendent de ces trois hommes sont nommées Mongols Niroun, c.-à-d. de sang pur. Bouzandjar est l'ancêtre commun de Gengis Khan et de Timour. Rachid ed-Din propose ensuite un arbre généalogique détaillé et consacre une assez longue notice, plutôt légendaire qu'historique, à chacun de ces personnages. Si bien qu'au total, on ne sait trop avec quel ancêtre de Gengis Khan commence la réalité historique et où finit la fable. Il est évident que tout le commencement de de ce récit n'a rien d'historique, mais il est impossible de démêler par la suite ce qu'il peut y avoir de vrai et ce qu'il y a de faux. Le seul synchronisme que l'on trouve dans toute cette histoire est celui qui fait d'Alankava l'ancêtre des Mongols d'ascendance solaire, la contemporaine des premiers Abbassides. Il serait inutile d'insister sur l'étrangeté de la légende d'Oughouz et d'Alankava, si l'on n'y sentait pasles traces d'une retouche et d'un démarquage à peu près certains. On ne saurait fixer une date, même approximative pour Oughouz. Rachid-ed-Din ne donne sur ce point aucun renseignement précis, ce qui prouve que l'époque à laquelle il vécut était absolument indéterminée pour lui. On peut même dire qu'il ne rattache pas la lignée d'Oughouz à celle des Mongols avant Noé, l'ancêtre des Turks. Les historiens postérieurs ont tenu à combler cette lacune, et ils y sont facilement parvenus en développant d'une façon tout arbitraire les généalogies déjà si fantaisistes du vizir de Ghazan. D'après la préface du Zafer Nameh de Chéref ed Dîn, Alankava serait la petite-fille de Youldouz, descendant de Youldouz Khan, petit-fils d'Oughouz; entre Oughouz et Kayan, le Mongol qui se réfugia dans l'Arkineh-Koun, se placent 6 générations et depuis la sortie de l'Arkineh-Koun jusqu'à Gengis Khan, 15 générations, soit, en ne comptant pas le séjour des Mongols dans l'Arkineh-Koun, 21 générations ou environ 630 ans. Gengis Khan étant mort vers l'an 624 de l'hégire, on voit que dans ces conditions, les plus défavorables qu'on puisse imaginer, Oughouz est antérieur à l'Islam. Sans donner une généalogie aussi précise, Rachid-ed-Din, qui fait d'Oughouz le descendant à la cinquième génération de Noé, le place 20 siècles avant lui, soit enron 13 siècles avant l'hégire, et cependant il prétend qu'il fut le premier Turk converti à l'islam et au culte d'Allah. Il existe chez d'autres historiens de l'antiquité mongole, en particulier chez Chéref ed Din Ali Yezdi, une version légèrement différente et qui n'est que le développement de celle de Rachid ed-Din. Son origine est aisée à deviner : suivant cette version, Japhet, fils de Noé, aurait eu un fils nommé Turk ou Yafet Oghlan, contemporain du premier roi de Perse-Gayomart, et qui aurait régné cent vingt ans. Les noms de ses autres fils sont Khazar, Saklab, Roum qui eut pour fils Iskender (Alexandre le Grand) et Tchin, père de Matchin. Turk eut pour fils Abouldja Khan, qui fut père de Dib-Bakoui. Dib-Bakoui eut pour fils Keuk Khan, père d'Alendja Khan, dont les deux fils jumeaux furent Tatar et Moghol, ancêtres des peuples tatar et mongol. Chacun d'eux hérita de la moitié de l'empire de son père. Moghol eut pour fils Kara Khan, Our Khan, Kour Khan et Kouz Khan. Comme dans la version de Rachid ed-Din, Oughouz est fils de Kara Khan, mais aucun des fils d'Ai Khan n'est appelé Menkeli Khan par cet historien. Dans la version timouride de Chéref ed Din, on voit que le Mongol Kiyan, l'ancêtre de Gengis Khan par Alankava, est un descendant d'Oughouz, tandis que d'après Rachid-ed-Din, il appartient à l'une des tribus qui se sont séparées d'Oughouz pour rester fidèle à la religion de ses ancêtres. (A19). |
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