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Les
dominations romaine et wisigothique
Le nom de Toulouse
a été donné à deux localités distinctes,
bien que distantes de 13 km. environ. L'une, désignée sous
le nom de Vieille-Toulouse depuis le XIIIe
siècle, se trouve sur un éperon
culminant des collines du Pech-David (239 à 253 m d'altitude), non
loin du confluent de l'Ariège et de la Garonne, sur la rive droite
de ce dernier fleuve. C'était à l'origine un oppidum celtique,
clos de murs de terre, destiné à servir d'abri en cas d'attaque
subite aux habitants des villages voisins et à leurs troupeaux,
et leur servait probablement de lieu de marché. L'autre était
primitivement un de ces villages, qu'auraient fondés des Volques,
peuplade avec laquelle négocia Hannibal.
Strabon
dit de Toulouse, d'après Posidonius,
que sa situation à l'endroit le plus étroit de l'isthme entre
deux mers, en avait déjà fait une ville remarquable par son
commerce, dont les habitants cultivaient la terre et possédaient
une organisation politique.
Capitale des Tectosages,
cette ville qui était un emporion, dont la Garonne drainait
le commerce, ne pouvait pas être sur les collines. Les Tolosates
passèrent de la domination des Arvernes sous celle des Romains,
lorsque ceux-ci constituèrent la province Narbonnaise; mais Toulouse
ne fut pas érigée en colonie, elle fut simplement ville alliée;
au moment de l'invasion des Cimbres
(107 av. J.-C.),
elle secoua le joug, jetant en prison sa garnison romaine. Q. S. Coepion
la reprit, grâce à une trahison, et pilla les trésors
de ses temples; les malheurs de ce général firent dire que
l'or de Toulouse lui avait porté malheur. La ville avait dans sa
rébellion un chef, Copillus, que Sylla vainquit
et fit prisonnier; elle retomba sous la domination romaine; écrasée
par les impôts du gouverneur Fonteius, elle prit part à l'accusation
portée contre lui devant le Sénat romain. Elle fournit des
soldats à Crassus contre les Aquitains
(56 av. J.-C.).
Sous Jules César ou sous Auguste,
elle reçut le droit latin.
Au Ier
siècle ap. J.-C., Martial
parle de la gloire intellectuelle de Toulouse
(Tolosa Palladia). Galba y aurait fait construire
un capitole et un amphithéâtre.
Vers 250,
saint Sernin (Saturninus) vint évangéliser la ville et y
fut martyrisé : attaché à un taureau furieux, précipité
du haut du Capitole. Les écoles
de Toulouse étaient célèbres au temps d'Ausone,
les trois frères de l'empereur Constantin
y furent éduqués. La ville tenait à cette époque
le quinzième rang parmi celles de l'Empire et le troisième
parmi celles de Gaule ,
ses murs enfermaient cinq quartiers. Les Toulousains subirent les persécutions
de l'empereur arien'
Constance,
qui exila Rhodanius, leur évêque (356).
L'église de Saint-Sernin
fut élevée par les évêques Sylvius et Exupère;
celui-ci défendit la ville assiégée par les Vandales
(début du Ve
siècle). Toulouse fut prise par
Ataulphe
et ses Goths (413).
Wallia y établit en 419
la capitale du royaume wisigoth, l'empereur Honorius
lui ayant cédé l'Aquitaine ,
de Toulouse jusqu'à l'Océan. Le général romain
Litorius ne put reprendre cette ville sur Théodoric
(439);
elle fut enrichie des dépouilles des Suèves
par Théodoric Il qui y avait fait
prendre la pourpre à Avitus (453-456).
Toulouse
sous les Mérovingiens et les Carolingiens
En 508,
Clovis
prit
Toulouse sans résistance, car
les habitants étaient catholiques,
il s'y empara des trésors d'Alaric. Cette
ville importante et le pays environnant furent possédés successivement
par Clotaire ou Childebert
(511-561),
Caribert,
Chilpéric
(567-584)
et Gontran, comme tuteur de Clotaire
Il. Au milieu du VIe
siècle, Toulouse renfermait les
basiliques
de Saint-Vincent, dont il n'a plus été fait mention depuis
Grégoire
de Tours, de Notre-Dame de
la Daurade, qui servit de refuge à la malheureuse Rigonthe,
fille de Chilpéric, de Saint-Sernin,
qui fut reconstruite vers 570
par le duc Launebode. Le territoire conquis sur les Wisigoths
semble en effet avoir été constitué en duché,
occupé par l'aventurier Gondovald, repris
par le roi Gontran (vers 585),
possédé par Clotaire II (613-630)
et érigé en royaume d'Aquitaine
par Dagobert pour son frère Caribert
(630-632).
Ce pays est alors réuni à ses Etats par Dagobert, qui le
rattache à la Neustrie ,
laissée par lui à Clovis Il (639-657).
L'indépendance de l'Aquitaine s'accentue à cette époque,
et le sort de Toulouse reste obscur jusqu'à
la guerre de Pépin le Bref contre le
duc d'Aquitaine Waïfre, successeur des ducs Hunald et Eudes, qui dominait
sur Toulouse (759). Pépin triompha et soumit Toulouse (767),
qui, après avoir appartenu à Carloman,
revint à Charlemagne (771).
Le Toulousain
fut organisé en comté, dont le chef avait aussi le titre
de duc, parce qu'il défendait toute l'Aquitaine contre les Gascons.
Le royaume d'Aquitaine ayant été constitué en faveur
de Louis le Pieux, fils de Charlemagne
(778),
Toulouse en fut la capitale, et les assemblées du royaume s'y tenaient.
Le comté de Toulouse
était érigé en marche ou duché contre les Sarrasins
et les Gascons le comte Chorson (778-790)
fut pris par ces derniers, et déposé; Guillaume, dit de Gellone,
qui le remplaça, augmenta la marche par ses conquêtes (790-806);
Béranger (mort en 835)
lui succéda, puis Ecfrid ou Acfred, révoqué après
la prise de Toulouse par Charles le Chauve
(844),
ensuite Frédelon (845-852)
et son frère Raimond (mort en 864),
comte de Limoges,
desquels descendent les comtes héréditaires, connus sous
le nom de dynastie des Raimond (Raymond).
Vers 848, les Vikings
prirent Toulouse; le bourg de Saint-Sernin se formait auprès de
la cité, qui renfermait dans ses murs le monastère'
bénédictin
de Notre-Dame de la Daurade,
situé près de la Garonne. Bernard, fils de Raimond et comte
de Toulouse
(mort en 875),
eut des démêlés avec Hincmar,
archevêque de Reims,
pour avoir pillé les biens de son église, qui étaient
en Aquitaine. La marche de Toulouse, réduite à peu près
au Toulousain ,
après avoir eu plusieurs maîtres, surtout Charles le Chauve,
fut réunie au royaume par l'avènement de Louis
le Bègue (877),
mais resta au comte Eudes (mort en 918),
frère de Bernard, qui possédait héréditairement
les comtés de Rouergue
et de Quercy
et en bénéfice le Carcassès
et le Razès. Par mariage, il acquit l'Albigeois .
En 880, le comté de Toulouse passa sous la domination de Carloman.
Toulouse
sous ses comtes
Le roi Eudes
fut reconnu en 888
par le comte Eudes, qui a souscrit l'acte de fondation de Cluny
par Guillaume le Pieux, duc d'Aquitaine
(910).
Le comte Eudes s'associa son fils Raimond Il, qui lui succéda, après
avoir eu des différends avec Benoît, vicomte de Toulouse.
En 918,
Raimond devint marquis de Gothie en indivis avec son frère Ermengaud,
tous deux restèrent fidèles à Charles
le Simple (922),
Raimond combattit les Sarrasins
qui arrivèrent jusqu'à Toulouse (920)
et les Hongrois (923)
( Les Invasions au Moyen âge ).
Raimond III Pons son fils, qui lui succéda en 924,
ne reconnut pas Raoul comme roi; il acquit l'Uzège
et le Vivarais, intervint dans la vicomté de Narbonne ,
et mit en déroute les envahisseurs hongrois il fonda une abbaye
à Thomières en l'honneur de saint Pons. Raimond et Ermengaud,
en se soumettant au roi Raoul, reçurent le duché d'Aquitaine
(932),
qui leur fut confirmé par Louis IV d'Outre-Mer
(944),
mais sortit de leur famille, à la mort de Raimond-Pons (950).
Le comte Guillaume III Taillefer, son fils, fit un partage avec Raimond
Il, descendant d'Ermengaud; Raimond ll, comte de Rouergue, Quercy et Albigeois,
fut la tige des comtes de Saint-Gilles (vers 975).
Guillaume, par son mariage avec Emme, acquit une partie de la Provence ,
il mourut vers 1037.
Son fils Pons, qui lui succéda, lui était associé
dès 1004; il unit l'abbaye de Moissac à l'ordre de Cluny .
Le titre de vicomte
de Toulouse était
porté vers 940
par Aton, vers 961
par Adhémar, par un autre Adhémar (1050)
et son frère Armand (1074).
A la mort de Guillaume III, l'aîné de ses fils, Guillaume
IV, devint comte de Toulouse; le cadet, Raimond, épousa l'héritière
du comté de Provence, hérita des domaines en Rouergue de
la branche cadette. Guillaume IV, en donnant le fief du Lauragais
au comte de Barcelone ,
reçut son hommage féodal (1071);
en 1056,
un concile provincial réuni à
Toulouse prit des décisions disciplinaires importantes. Le duc d'Aquitaine
Gui Geoffroi s'empara de Toulouse (1079).
Guillaume IV fit des concessions à l'abbaye
de la Daurade qu'il choisit pour lieu de sépulture des comtes,
il régularisa le chapitre de la cathédrale
de Toulouse; ses deux fils étant morts, il légua le comté
de Toulouse au comte de Saint-Gilles, Raimond, son frère, et mourut
en 1093
pendant son pèlerinage à Jérusalem.
Le bourg de Saint-Sernin
existait en 1077,
la nouvelle église collégiale
y fut consacrée par le pape Urbain II (1096)
( L'église
de Saint-Sernin). Le comte Raimond IV prit la croix et partit pour
Jérusalem, laissant ses domaines à son fils Bertrand; il
prit une part brillante à la première croisade ,
avec ses chevaliers, aux sièges de Nicée,
d'Antioche,
de Jérusalem,
refusa la couronne de Jérusalem ,
conquit pour lui le comté de Tripoli, où il mourut (1105)
et où son neveu Guillaume-Jourdain lui succéda. Guillaume
IX d'Aquitaine, qui avait épousé Philippa, fille du comte
Guillaume IV, revendiquait le comté de
Toulouse ,
il s'empara de cette ville et l'occupa de 1097
à 1100.
Le comte Bertrand partit pour la Terre Sainte (1109)
où il mourut (1112),
laissant le comté de Toulouse à son frère Alphonse-Jourdain,
né en 1103
en Palestine, qui fut chassé de sa capitale (1114-1119)
par Guillaume IX d'Aquitaine .
En 1120,
les Hospitaliers de Jérusalem
fondèrent le prieuré de Saint-Rémi, à Toulouse.
Dans cette ville,
Alfonse-Jourdain créa autour du Château-Narbonnais, sa résidence,
une salvetat. Il guerroya contre le duc d'Aquitaine et le comte
de Barcelone ;
un traité avec ce dernier régla le partage de la Provence
(1125) entre les maisons de Toulouse et
de Barcelone .
Alphonse étendit son influence sur Carcassonne .
Il accorda aux Toulousains, parmi lesquels saint
Bernard vint prêcher contre les hérétiques, leurs
premières franchises (1141
et 1147)
et exemptions d'impôt. Il mourut à la croisade ,
empoisonné à Césarée
(1148).
Le comte Raimond V, son fils, était très puissant, il épousa
Constance, sœur du roi Louis VII.
En 1152,
les Toulousains ont un conseil commun, qui promulgue un petit code pénal
et commercial, et un conseil plus étroit appelé capitulum.
Une ligue formée contre Raimond V par le comte de Barcelone fut
soutenue par le roi d'Angleterre '
Henri
II, qui assiégea Toulouse, mais se retira devant Louis VII entré
dans la ville pour la défendre (1159).
Raimond V reçut les hommages des vicomtes de Carcassonne, de Nîmes,
du comte de Melgueil; sa cour était fréquentée par
les plus brillants troubadours. Depuis 1166
jusqu'à sa mort, il lutta contre le roi d'Aragon '
Alphonse
II, sans pouvoir lui enlever la succession de Provence, contre Henri
II d'Angleterre et son fils Richard Coeur
de Lion, qui menaça Toulouse d'un siège (1188).
Toulouse,
en 1175, avait douze capitouls, six pour la cité et six pour le
bourg, qui l'administraient et rendaient la justice au civil et au criminel.
L'abbé de Cîteaux y vint prêcher contre les hérétiques
albigeois, déjà très nombreux, dénoncés
par le comte (1177).
Raimond VI, qui lui succéda (1194),
réunit à ses domaines le comté de Melgueil, le Quercy,
la vicomté de Nîmes, reçut les hommages du seigneur
de Montpellier
et du vicomte de Narbonne ,
reçut en gage les vicomtés de Millau
et de Gévaudan .
La ville de Toulouse également augmentait en puissance : ses consuls
obtenaient par les armes de leur milice des exemptions de leudes et de
péages des seigneurs de Lomagne, de Villemur ,
de villes de Rabastens, Gaillac ,
Saverdun (1202-1204).
L'organisation communale
se complétait par les mesures bienveillantes du comte, qui, de 1181
à 1182,
avait pacifié les esprits, en confirmant les règlements de
police des consuls. Depuis 1181,
il y avait vingt-quatre consuls. Les progrès de l'hérésie
des Albigeois à l'égard desquels
Raimond VI était très tolérant attirèrent l'attention
de la papauté, secondée par l'évêque Folquet
de Marseille
(1206);
le meurtre du légat Pierre de Castelnau, qui avait excommunié
le comte, provoqua la prédication de la croisade. La défaite
de Raimond VI et ses alliés à Muret
(1213),
laissa Toulouse sans défense, et
Simon
de Montfort y entra (1215),
il y établit un châtelain qui rendait la justice, assisté
de quatre prud'hommes nommés par le conquérant. Les Raimond
n'avaient pas donné de privilèges formels à leurs
fidèles Toulousains, Montfort en profita pour supprimer le consulat.
Le concile de Latran dépouilla Raimond VI, ne laissant à
son fils que Nîmes
et le marquisat de Provence.
Saint
Dominique fonda son ordre à Toulouse (1215)
( Les Dominicains).
Simon de Montfort, violant son serment, fit raser les fortifications de
Toulouse, excepté le Château-Narbonnais, où il établit
son gouvernement, et leva sur la ville une amende de 3000 marcs d'argent,
exila en outre les principaux bourgeois. Aussi Raimond VI, revenant d'Aragon
avec des troupes, fut-il accueilli avec joie par les Toulousains (1217),
qui, par un effort héroïque, fortifièrent leur ville
démantelée, ainsi que le faubourg de la rive gauche, du nom
de Saint-Cyprien (San Subra), et soutinrent un long siège, où
Simon de Montfort trouva la mort (1218).
Raimond VI reprit alors l'avantage, et Toulouse résista au siège
fait par le prince Louis de France (1219).
Le comte (mort en 1222),
reconnaissant, accorda à sa ville des exemptions et franchises considérables;
en 1223,
Raimond VII, son fils, reconnut aux habitants le droit d'élire leurs
vingt-quatre consuls, deux par quartier ou partida; voici les noms
des quartiers : dans la cité, la Daurade, le Pont-Vieux, la Dalbade,
Saint-Géraud (plus tard la Pierre), Saint-Etienne et Saint-Rome;
dans le bourg, Saint-Pierre-des-Cuisines, Las Croses, Arnaud-Bernard, Pouzonville,
Matabiau, Villeneuve.
Les consuls avaient
l'administration des finances et de la justice, ils nommaient les gardes
de nuit, les surveillants des marchés, les peseurs publics. Raimond
VII commença les négociations pour sa réconciliation
avec l'Eglise, mais le légat, cardinal
de Saint-Ange, lui était très hostile, et il détermina
le roi Louis VIII à se mettre à
la tête d'une nouvelle croisade contre le comte excommunié
(1226);
Toulouse
ne fut pas prise, les armes de Raimond ne furent pas constamment malheureuses,
le concile de Meaux
(1229)
lui accorda l'absolution, mais il dut céder ses domaines au roi
de France, détruire les murailles de Toulouse et de trente villes
et châteaux, et entretenir pendant
dix ans des maîtres de théologie,
droit canon, philosophie et grammaire.
Ce fut l'origine de l'Université
de Toulouse, constituée (1245)
par l'adjonction de professeurs de droit civil et de médecine; elle
était organisée démocratiquement,
comme celle de Bologne ,
car l'assemblée générale des maîtres et écoliers
nommait ses administrateurs, sous le contrôle du chancelier du chapitre
de la cathédrale, chargé
de surveiller les croyances religieuses.
En outre, l'Inquisition
fut établie dans la ville réconciliée avec l'Eglise
(1229).
Les capitouls furent excommuniés, lorsque les Toulousains eurent
chassé leur évêque et les inquisiteurs (1235).
Raimond VII, chargé de la répression de l'hérésie,
fut plusieurs fois excommunié quand son zèle faiblissait;
il essaya en vain, par sa diplomatie, de faire et préparer des obstacles
à l'exécution du traité de 1229.
Des commissaires royaux firent prêter serment au roi par tous les
Toulousains (1243)
; le droit de nomination des consuls que ceux-ci avaient transféré
à Raimond VII en 1241
leur fut rendu par lui (1248).
Raimond VII avait différé le voyage en Palestine, qui lui
était imposé jusqu'au moment de sa mort (1249).
Ses domaines : le comté de Toulouse ,
une partie de l'Albigeois ,
le Rouergue
et le Quercy ,
l'Agenais et le marquisat de Provence
passaient à sa fille unique Jeanne, femme d'Alphonse,
comte de Poitiers,
au nom duquel des commissaires royaux reçurent au Château-Narbonnais
les serments des chevaliers de ces domaines et des consuls et habitants
de Toulouse. Ce prince venu du Nord trouvait exagérée l'indépendance
de cette ville, il la combattit dès 1254,
réduisant à douze le nombre des capitouls, qu'il prétendit
nommer. Le débat durait encore à l'époque de sa mort
(1271).
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Les monnaies
toulousaines
Des
tiers de sou mérovingiens portant
la légende TOLOSA FIT prouvent l'existence d'un atelier monétaire
à Toulouse depuis cette époque. Des deniers carolingiens
y furent frappés, avec la légende TOLVSA ou TOLOSA CIVITAS,
sous Charlemagne, Louis le Pieux, Pépin
Il d'Aquitaine, Charles le Chauve ou Charles
l'Enfant, Carloman, Charles
le Gros et Eudes. Depuis Guillaume III Taillefer
(950-1037), la monnaie de Toulouse a porté le nom du comte
qui la faisait frapper. A l'origine, l'évêque de Toulouse
battait monnaie. La monnaie des comtes eut une grande influence dans tout
le Midi sous le nom de deniers raimondins ou tolsas, dont
le type est à l'avers une croix. Alphonse
de Poitiers introduisit la monnaie tournois, mais en conservant
la légende TOLOSA CIVITAS; Philippe III
fit de même; il fit frapper à Toulouse des doubles tournois
dits toulousains. Sous les rois ses successeurs, l'atelier monétaire
de Toulouse frappa toutes sortes de monnaies royales. |
Toulouse
sous la monarchie française
Toulouse
passa, avec l'héritage d'Alphonse
de Poitiers, sous la domination du roi Philippe
III; ses consuls prêtèrent serment entre les mains du
sénéchal de Carcassonne .
Les coutumes et privilèges de la ville furent confirmés (1273).
Philippe III, en effet, se montra plus conciliant qu'Alphonse, réprima
les empiétements et exactions de son viguier, accorda l'exemption
de la leude pour les marchandises circulant en gros (1278).
Une commission temporaire, tirée du Parlement de Paris,
fut instituée à Toulouse (1280)
où le roi fit trois séjours en 1280
et 1283.
Une ordonnance donna la nomination des 12 capitouls au viguier, mais sur
une liste de 24 présentée par les capitouls sortants (1283).
Les coutumes de la ville, remarquables sur beaucoup de points, furent rédigées
en 1283
et soumises à l'approbation du roi, qui, en ajournant vingt articles,
les fit promulguer en 1286.
Toulouse fournit à Philippe le Bel
un corps de troupes considérable (1294).
L'évêché de Toulouse fat diminué par l'érection
de celui de Pamiers
(1294).
A cause des plaintes
contre l'Inquisition, le roi lui imposa
le contrôle de l'évêque (1301-1304)
; pendant le séjour qu'il fit dans la ville (1304),
Philippe IV accorda aux consuls la juridiction criminelle, et l'intervention
du sénéchal dans leurs conflits avec le viguier. Le pape
Clément
V passa par Toulouse (1309)
et fut pris pour arbitre par les consuls et le sénéchal.
En 1317,
Toulouse devint siège archiépiscopal; Louis
X confirma ses privilèges. Les Etats de Languedoc
y furent tenus (1319).
Les pastoureaux y massacrèrent tous les juifs
(1320).
La société de la gaie science, fondée par sept
troubadours
(1323),
y institua les Jeux floraux, que subventionnèrent
les capitouls. En 1329,
le pape Jean XXII réforma l'Université ,
autour de laquelle furent fondés, au XIVe
et au XVe
siècle, de nombreux collèges.
Un étudiant, Aimeri Bérenger, qui avait tué un capitoul
dans une rixe (1332),
ayant été décapité sur sentence des capitouls,
le consulat fut supprimé ainsi que la commune. Moyennant 50.000
livres, le roi les rétablit, en décidant que ses officiers
choisiraient les 12 consuls sur une liste de 36, dont les deux tiers pour
la cité, l'autre tiers pour le bourg. La ville offrit, en 1343,
12.000 livres
pour le rachat des infractions monétaires et pour la réforme
des monnaies.
En 1352,
la ville fut menacée par les troupes anglaises ,
le comte d'Armagnac
y leva des troupes parmi les habitants, il faillit y être tué
par une violente sédition (1357).
Le comte de Poitiers
y rétablit l'ordre, y réunit les Etats de Languedoc
(1358).
Toulouse
fournit 6000 moutons d'or pour la rançon du roi Jean;
elle eut à souffrir de la tyrannie et
des exactions du duc d'Anjou
qui y fit de longs séjours (1365-1380).
Sous prétexte de «-rébellions,
désobéissances, tuchineries », Charles
VI condamna Toulouse à payer une amende de 184.000
livres qui fut recouvrée au moyen d'une taxe sur la viande (1384)
; il réduisit à 4 le nombre des capitouls, que le réclamations
le forcèrent à porter à 8 en 1389
(pendant le séjour qu'il fit à Toulouse) et à 12 en
1400.
Les juifs ,
persécutés en 1322,
y étaient revenus cinquante ans après, au nombre d'environ
cinquante familles, ils y avaient une école, une synagogue
et un cimetière. En 1406,
à l'occasion de deux candidatures à l'archevêché
de Toulouse, il y eut des troubles graves, où l'Université
prit part. Le dauphin Charles accorda aux habitants le privilège
de franc-fief, et aux capitouls l'exemption d'impôts, c'est là
l'origine de la noblesse conférée aux capitouls par l'exercice
de leur charge, et il institua le Parlement de Toulouse (1420).
Aussi les habitants
de Toulouse et du Languedoc le soutinrent-ils
de leurs deniers ; il confirma les privilèges de la ville (1422).
Le Parlement en fut chassé par la peste
(1425)
et alla à Béziers .
Charles
VII rendit aux capitouls la justice criminelle (1434),
mais leur nombre fut réduit définitivement à huit
(1438),
et les officiers royaux d'un côté, le Parlement de l'autre,
empiétèrent désormais sans cesse sur leurs attributions.
Charles VII séjourna à Toulouse (1442-1443)
et conserva à la ville son hôtel des monnaies; il y établit
définitivement le Parlement. La peste y sévit (1451);
un incendie en détruisit les trois quarts (1463),
et la peste suivit; aussi Toulouse fut-elle exemptée de tailles
pour cent ans, le Parlement quitta la ville et n'y revint, ainsi que la
Cour des aides, qu'en 1468.
C'est vers 1450
que la tradition place l'existence de dame Clémence
Isaure, bienfaitrice de la société des Jeux
floraux, mais c'est un personnage imaginaire.
Peste
en 1472,
peste et famine en 1474.
Toulouse
est la quatrième ville de France
ou l'on ait imprimé
(12 juillet 1476).
La Cour des aides de Toulouse est transférée à Montpellier
(1477).
Charles
VIII accorda à Toulouse l'exemption des tailles moyennant 2500
livres par an (1487).
Des troubles sanglants y éclatèrent à cause de l'opposition
entre l'archevêque élu par le chapitre et l'archevêque
nommé par le pape (1493-1494).
Toute cette période fut presque continuellement marquée à
Toulouse par la peste, qui y enleva 3000 personnes en août 1506.
Les capitouls détruisirent toutes les maisons situées hors
des remparts qui furent réparés (1525).
La Réforme,
introduite à Toulouse par des étudiants
étrangers, fit de 1532
à 1538
des progrès dans l'Université. le Parlement commença
une énergique répression : le professeur Boissonné,
le bachelier Cadurque, l'inquisiteur Rochette furent brûlés
en place du Salin. Une bourse des marchands fut créée par
édit royal (1349).
L'archevêque Odet de Châtillon embrassa le protestantisme .
Quatre cents étudiants demandèrent pour la nouvelle religion
une église (1560),
plusieurs capitouls embrassèrent la Réforme. Entre Catholiques
et Huguenots,
il y eut une émeute (1561);
les réformés, qui exerçaient leur culte, selon l'édit
de janvier, hors des murs de la ville, protégés par les hommes
d'armes des capitouls, tentèrent de livrer la ville au prince de
Condé;
ils mirent le siège devant le Palais, où le Parlement prenait
la tête du parti catholique, une partie de la ville fut incendiée
et pillée par les deux partis en armes, mais les protestants furent
forcés de s'enfuir et furent tués en partie (12-15 mai 1562).
Le gouvernement royal
réintégra huit capitouls protestants, condamnés à
mort par le Parlement. Les catholiques y formèrent une Sainte ligue
(1563).
Les difficultés entre les capitouls et le Parlement furent réglées
par arrêt du conseil (1566).
A la nouvelle du projet des protestants de livrer la ville au prince de
Condé, les Toulousains s'armèrent, l'Université et
le Parlement se formèrent, les catholiques ligués s'organisèrent
en croisade (1567).
Condé
et Coligny ravagèrent les environs et
les faubourgs de la ville, favorisés par l'inertie du gouverneur
Damville. Les protestants de Toulouse,
emprisonnés par ordre du roi, furent massacrés par un certain
nombre de fanatiques, qui pillèrent leurs maisons, malgré
la défense du Parlement (1572).
Les personnes suspectes de protestantisme furent arrêtées
à plusieurs reprises; la peste fit quelques apparitions.
Montmorency, gouverneur
du Languedoc ,
était à la tête de la Ligue à
Toulouse;
son lieutenant Joyeuse, le Parlement et les capitouls dirigeaient les modérés
et les royalistes; les deux partis en vinrent aux armes, mais la Ligue
domina, à partir de 1586,
dans la ville, au milieu des ravages de la peste. Les ligueurs instituèrent
un conseil des dix-huit pour l'administration de la ville, ils assassinèrent
le premier président Duranti et l'avocat général Daffis,
qui préchaient la soumission au roi (1589),
et tinrent à Toulouse leurs états généraux.
Le nouvel archevêque, cardinal de Joyeuse, les soutenait; à
la mort du duc de Joyeuse (1592),
son frère, jusque-là capucin,
reprit le titre de duc, et continua la guerre civile. Mais la conversion
de Henri IV et ses concessions aux capitouls
amenèrent la soumission de la ville ; après une nouvelle
tentative de Joyeuse (1595),
le Parlement enregistra l'édit de Folembrai
et proclama la paix (1596),
qui ne fut pas troublée en 1620,
grâce aux arrêts tolérants du Parlement.
La ville s'imposa
fortement pour aider le roi au siège de Montauban
(1621)
et lui fournit de l'artillerie et des munitions peu après. On évalue
à 50.000
personnes les victimes de la peste à Toulouse
(1628-1630-1631).
Louis
XIII et Richelieu y vinrent pour obtenir
du Parlement la condamnation à mort de Montmorency; le garde des
sceaux présida le jugement, la ville fut occupée militairement,
et les capitouls furent suspendus jusqu'après l'exécution
(1632).
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Les
armoiries de Toulouse, qui dans l'Armorial général
de 1690 ont été défigurées, sont : de gueules
à une croix cléchée, vidée et pommetée,
d'or (la croix dite de Toulouse), en un cercle de même, sur une hampe
de même, portée droite par un agneau pascal passant, d'argent,
accostée à dextre d'un château d'argent donjonné
de même (le château Narbonnais, représentant la Cité)
et à senestre d'une église d'argent avec clocher de même
(Saint-Sernin représentant le Bourg), au chef d'azur semé
de fleurs de lis d'or. |
A la fin des guerres
civiles, Toulouse était fort appauvrie; or les impôts augmentaient,
et elle avait à supporter continuellement les frais d'étape
des troupes allant en Catalogne ;
un bateau chargé de blé y provoqua une émeute (1643).
Les capitouls voulurent faire payer la taille aux membres du Parlement,
qui laissa supprimer les élections capitulaires par arrêt
du Conseil (1644-1645),
la résistance de la bourgeoisie fut brisée. Les nouveaux
capitouls, nommés par lettre de cachet, entrèrent en conflit,
à cause de la taille, avec le Parlement (1645-1646),
il y eut de longs troubles. Le consistoire municipal accorda des secours
au poète Goudelin. L'abonnement des tailles
fut rétabli au profit de la ville (1650);
en 1653, la peste sévit; les Etats de Languedoc s'y réunirent,
Louis
XIV y vint (1659).
Les dettes de la
ville s'élevaient à 2 millions de livres en 1662. Le faubourg
Saint-Michel fut dévasté par un incendie qui ruina quatre
ou cinq cents familles (1672).
Les protestants n'y étaient pas
plus de 479, d'après l'intendant d'Aguesseau
en 1685.
Le Parlement, avec l'appui du roi, était le maître à
l'hôtel de ville, d'où les libertés avaient à
peu près disparu, malgré le serment prêté par
le roi en 1659.
Les capitouls, nommés par lettres de cachet, préoccupés
seulement d'acquérir l'anoblissement par leur charge, délaissent
les affaires municipales, dont s'occupe l'intendant, surtout Lamoignon
de Baville, de 1685
à 1717.
Le roi se fait livrer les canons de la ville (1685)
et se réserve formellement la nomination des capitouls, qui faisaient
construire au Capitole la salle
dite des Illustres, destinée à renfermer les bustes
des plus célèbres Toulousains.
En 1692,
la vénalité de la charge de maire est introduite; rachetée
en 1699,
elle fut ensuite plusieurs fois rétablie, de même que celles
des charges de lieutenant, de maire et de capitouls. L'intendant évalue
à 18.040
familles la poputation de la ville (1698)
où, malgré sa belle situation, le commerce est à peu
près nul, parce que les fils de marchands prennent des charges de
magistrats ou de capitouls. Cependant, en 1701,
une chambre de commerce y fut créée, à la place de
l'ancienne bourse; une direction des gabelles y fonctionnait. Les capitouls
se plaignirent à l'intendant L. de Bernage de la décadence
de la ville (1717),
où une inondation de la Garonne fit de terribles dégâts,
surtout dans le faubourg Saint-Cyprien (1727).
En 1726,
le peintre Rivalz fonda une école des beaux-arts sous les auspices
des capitouls.
Des troubles éclatèrent
à cause de la cherté du blé et de l'exagération
des impôts (1747).
L'affaire célèbre de Jean Calas s'y
passa (1761),
Le cardinal-archevêque de Brienne fit construire les quais de la
ville. Le Parlement, qui refusait d'enregistrer les nouveaux édits
de finances, vit le palais occupé militairement (1764)
et dut céder; il fut dissous en 1771,
pour l'établissement d'un Parlement Maupeou qui eut à prendre
des mesures contre une grave épizootie (1775).
La chambre de commerce de la ville obtint des mesures pour l'amélioration
du cours de la Garonne où la navigation était devenue très
difficile (1776).
En 1778,
le capitoulat fut réorganisé : un conseil général
devait élire quatre commissions permanentes et les quatre officiers
de la ville. Le Parlement réclama contre ces mesures. Ses refus
d'enregistrement le firent exiler et remplacer par cinq grands bailliages
(1788).
Toulouse
de la Révolution à 1900
La convocation des Etats
généraux de 1789
trouva à Toulouse la désorganisation
: les trois ordres demandèrent des réformes, relatives surtout
aux impôts. Le 26 novembre 1789,
les capitouls prirent l'initiative d'une adresse au roi et à l'Assemblée
nationale. Toulouse fut déclarée chef-lieu du nouveau département
(1790).
La municipalité de Toulouse organisa le 4 juillet 1790
une fête de la fédération ( Les
Fêtes révolutionnaires )
avec les départements du Sud-Ouest. L'archevêque, M. de Fontanges,
n'ayant pas prêté serment, le corps électoral élut
le P. Sermet (1791),
que ses harangues en langue d'oc rendirent populaire. Le tribunal révolutionnaire
de Toulouse, créé en novembre 1794, fonctionna pendant 92
jours : un de ses condamnés fut Jean du Barry. Les Toulousains combattirent
glorieusement dans la 32e demi-brigade
à Lonato.
La ville vota en
faveur de Napoléon Ier
(1804),
qui en 1808
y fit un séjour et décréta des travaux d'utilité
municipale. Le 10 avril 1814,
bataille de Toulouse entre le maréchal Soult et les Anglais
de Wellington. Sous la Restauration, la municipalité
royaliste ne put empêcher le meurtre du maréchal de camp Ramel,
commandant de la place, par les royalistes exaltés (1815).
Les inondations de la Garonne de 1827
et 1835
furent de beaucoup dépassées par celle de 1875
qui dévasta les quartiers Saint-Michel et des Amidonniers et surtout
le faubourg Saint-Cyprien. |
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